‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 93 sur 427 · M. de Noailles, archevêque de Paris · texte numérisé non relu

M. de Noailles, archevêque de Paris

2. Comparez notre tome II, p. 358-360. — 3. Au est récrit sur h son. 4. Il est bon de faire observer que la correspondance de Mme de Main-

dans l'instant même la perte de l'un et l'élévation de l'autre étoit déclarée. Mais, si la vertu et le détachement de M. de Beauvillier m'avoient pénétré d'admiration et de surprise, celles' de l'archevêque de Paris furent, s'il se peut, encore plus admirables^, puisqu'il y a peut-être moins à faire pour s'abandonner humblement à la chute et ne s'en vouloir garantir par rien de peur de s'opposer à la volonté de Dieu, qu'iP n'y a à prendre sur soi pour conserver dans les plus grandes places le protecteur de son adversaire et d'une cause qu'on a si solennellement entrepris de faire condamner, et devenir sciemment l'obstacle de la plus grande fortune d'un frère avec qui on est parfaitement uni, et des établissements de sa maison Grantle les plus éclatants et les plus solides. C'est là pourtant ce et prodiciense ^ g^^j^^ balancer, fit l'archevêque de Paris '^. 11 s'écria

action de T ; ^

l'archevêque sur la peusée du Roi comme passant le but, lui représenta^

de Pans. avec forco la vertu, la candeur, la droiture de M. de

Beauvillier, la sécurité où le Roi devoit être à son égard

tenon, telle que Lavallée l'a reconstituée, ne parle point de ce projet de donner au duc de Noailles la succession de M. de Beauvillier.

1. L'accord avec vertu et détachement voudrait le masculin ceux.

2. Comparez la suite des Mémoires, tomes II de 1873, p. 183 et 188, VII, p. 124, X, p. 284-283, XI, p. 37, etc.

3. Il corrige pr. Nous avons déjà dit que Saint-Simon figurait, avec ou sans élision, la conjonction que par une seule lettre q, dont la queue se relève à droite en forme de signe d'abréviation : il n'a donc pas eu à la modifier ici, malgré le remplacement de pour par il.

4. Sa conduite à l'égard de Fcnelon et de Mme Guyon, depuis 1693, est exposée dans les lettres à son frère l'abbé publiées au tome IX des Archives de la Bastille, p. 48-32. Dans une autre relation faite par luimême, en 1708, pour le duc son neveu (Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, tome IV, p. 274), le prélat dit : « Les autres craignirent que je ne fusse trop modéré ; ils virent, dans la suite, qu'ils avoient eu tort, et que je fis mon devoir aussi bien qu'eux sur la condamnation du livre de Monsieur de Cambray. » C'est lui qui, en 1703, fit mettre Mme Guyon en liberté, et cela lui valut la reconnaissance de tout le « petit troupeau » (suite des Mémoires, tome III, p. 402).

5. Il semble que Saint-Simon, ayant d'abord écrit reprocha, l'ait changé, par surcharge, en représenta.

pour ses petits-fils', le tort extrême que cette chute feroit à sa réputation, attirer- dans Rome un dangereux blâme à la bonne cause par celui qu'y encourroient ceux qui seroient si naturellement soupçonnés de l'avoir opérée. Il conclut à ôter d'auprès des princes quelques subalternes dont on n'étoit pas si sûr, et dont la disgrâce feroit voir à Rome la partialité et les soins du Roi, sans faire un éclat aussi préjudiciable et aussi scandaleux que seroit celui d'ôter M. de Beauvillie^^ Ce fut ce qui le sauva, et le Roi en fut fort aise. Le fond* d'estime et la force de l'habitude n'avoient pu être arrachés"^ par tous les soins que Mme de Maintenon avoit pris d'en venir à bout, et par elle-même, et par tout ce qu'elle avoit pu y employer d'ailleurs". Il en fut de même, à divers degrés, du duc de Chevreuse, que la chute de M. de Beauvillier eût entraîné, et que sa conservation raffermit; et le Roi, rassuré sur le point de la conscience par un homme en qui, sur ce

t. Petit fils, sans accord, dans le manuscrit, et, deux lignes plus loin, encour croient, ce qui est toujours l'orthographe de Saint-Simon.

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