Seignelay le 3 novembre 1690 et Louvois le 16 juillet
4. Edouard Colbert, marquis de Villacerf, mort le 18 octobre 1699. Il était le collaborateur de confiance de son cousin Lou-
au Roi et eut sa charge de surintendant des bâtiments. Monsieur étant accouru à ce bruit vint faire son compliment de condoléance au Roi et lui dit : « La grande perte. Sire, que vous venez de faire ! — Moi, point du tout. Dites sa famille. Si Louvois ne fut mort si promptement, vous l'auriez vu à la Bastille avant deux jours ' . » Sa mort avoit dessillé les yeux au Roi et la guerre de Piémont encore plus.
Le marquis de Louvois avoit poussé à bout le duc de Savoie ^ et nous attira par son avarice ce fâcheux contre-temps qui a duré jusqu'à celte année 1696, où j'écris ceci et où les nouvelles de Paris viennent de m'apprendre que Turin est investi ^.
Il ne me reste plus rien à dire sinon que le Roi prit en personne la grande ville de Gand et sa forle citadelle ^. Il se rendit maître ensuite d'Ypres, aussi
vois. « C'était un homme brusque, dit de lui Saint-Simon, mais franc, vrai, droit, serviable et très bon ami; M. de Louvois, du su du roi, l'avoit fait entrer en beaucoup de choses secrètes. »
1. Saint-Simon dit que, si Louvois « n'étoit pas mort le jour qu'il mourut », il aurait été arrêté le lendemain même et envoyé à la Bastille. [Mémoires, éd. Boislisle, t. VI, p. 348 ; XV, p. 39, et XVI, p. 492.; Saint-Hilaire est du même avis [Mémoires, éd. Lecestre, t. II, p. 200), ainsi que bon nombre d'autres contemporains.
2. Emmanuel-Phiiibert-Amédée, duc de Savoie, né le 20 août 1630, mort le 23 avril 1709.
3. La Gazette du 16 juin 1696 annonçait que le maréchal de Catinat avait fait camper, le 2 du même mois, son armée à deux lieues de Turin, et s'en approcha encore davantage le 14 juin. Le 12 juillet suivant, on publiait une trêve entre le roi de France et le duc de Savoie. C'est donc à cette époque, dans la seconde quinzaine de juin 1696, que Brienne écrivait cette partie-ci de ses Mémoires .