De Suède. Celait le comte Macrnus de La Gardie
qu'il VOUS auroit bien de l'obligation si vous vouliez lui faire part de toute l'intrigue de ce comte, et du sujet de sou départ de France, Si vous voulez bien lui en faire savoir quelque chose, mandez-le moi : cela me servira à faire ma cour, et je saurai prendre mes précautions pour l'oliliger à tenir caché ce que vous voulez qui ne fasse point de bruit dans le monde. Vous obligerez infiniment ce seigneur, car il a témoigné beaucoup d'empressement pour cela...
Je suis avec respect. Monsieur mon très honoré père, votre très humble, très obligé et très obéissant serviteur et fils.
BiDAL.
De Stockholm, ce 4 mars 1671.
Suscription : A 31onsieur, ^Monsieur le baron Bidal, conseiller du Roi en tous ses conseils et son résident en Basse Allemagne, à Hambourg.
Hambourg, IV, 263.
l'histoire secrète du jansénisme
[On a cru utile de réunir ici les quelques fragments, rares, courts et disséminés, qui ont été recueillis de [Histoire secrète du Jansénisme. Ce sont des pages fort anodines, et sans doute est-ce pour cela qu'elles ont survécu. Le reste était probablement plus piquant : aussi a-t-on pris plus de soin de le détruire ou de le cacher. Ces divers passages ont trait à Pierre Nicole, — dont Brienne n'était pas satisfait, — au grand Arnauld, — qu il admire sans réserve, — à Louis Gorin de Saint-Amour et à quelques autres personnages de moindre importance. Par leur sincérité et par leur pittoresque, ces détails méritaient de ne pas être négligés. On trouvera, à la suite de chacun d'eux, l'indication précise de la source d'où il a été tiré.]
Nicole.
« M. Nicole, nalil de Chartres, est certainement un esprit de premier ordre. Il écrit admirablement en françois et en latin, soit la langue hébraïque et le grec en perfection, fait de fort bons vers latins et françois quand il lui plait, quoiqu'il ait une furieuse aversion pour la poésie. Il pense beaucoup à ce qu'il fait, et jamais homme ne travailla tant que lui ses ouvrages. La première composition qu'il en jette sur le papier n'est qu'un crayon informe de diverses pensées qui lui roulent dans l'esprit ; mais, à la seconde copie qu'il en fait, ce chaos commence à se débrouiller, et à la troisième ou quatrième copie la pièce se trouve en sa perfection. Voilà bien de la peine pour acquérir le vain renom d'auteur ! On peut dire que c'est M. Pascal (dont il n'est que le copiste, et, comme l'on sait les copies ne valent jamais les originaux) qui lui a appris cette manière si laborieuse de composer, parce qu'il en faisoit à peu près de même, et que M. Nicole fait gloire de copier jusqu'à ses défauts. Tous les Pascalins en sont logés là ' . »
« Je dirai de lui qu'il n'y a personne au monde que je sache, qui ait lu tant de livres et de relations de voyage que lui ; sans compter tous les auteurs classiques grecs et latins, poètes, orateurs et historiens; tous les pères depuis saint Ignace et saint Clément pape jusqu'à saint Bernard ; tous les romans depuis les Amadis de Gaule jusqu'à la Clélie et à la Princesse de Clèves ; tous les ouvrages des hérétiques anciens et modernes, depuis les philosophes anciens jusqu'à Luther et Calvin, IMélanchlon et Chamier, dont il a fait des extraits ; tous les polémiques depuis Erasme jusqu'au cardinal Du Perron et aux ouvrages innombrables de l'évêque de Bcllcy : en un mot, car que