‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 3 sur 142 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

et la société des dévots, affiche une religion sincère, mais intéressée, et profite de cette intimité pour faire entendre à la reine ce qu'on dit d'elle et en obtenir quelques confidences.

C'est Brienne lui-même qui les a rapportées et rien ne permet de soupçonner sa bonne foi. Ainsi, au début de ses propres souvenirs, il marque de traits précis et vrais les premiers temps du ministère de Mazarin, les manœuvres de celui-ci, l'ignorance et l'inconséquence de la reine, l'éducation incomplète, donnée, par calcul, semble- t-il, au nouveau roi, qui en saura toujours assez au gré de ceux qui souhaitent le dominer le plus longtemps possible. On voit comment Brienne partage ces distractions, qu'il décrit et qui le détournent lui-même de ses études. Il les a commencées au collège des Grassins, sous la direction de Jean Coqueret et de Jean Le Houlx, et les poursuit un peu à bâtons rompus, autant que les circonstances le permettent, tantôt sous la direction du Père Toussaint Desmares, de l'Oratoire, et tantôt avec le singuUer Jean- Baptiste de Rocoles, tour à tour calviniste ou catholique, mal fait assurément pour enseigner la pondération à un disciple qui en manquait déjà.

A peine ces études achevées, le jeune Brienne était nommé, le 24 août 1651 , à l'âge de moins de seize ans, survivancier de son père, qui avait succédé, en juin 1643, à Léon BouthiUier de Chavigny, comme secrétaire d'État des Affaires étrangères et ministre d'État. La reine régente avait eu une très large part au choix du père et n'en eut pas moins à la désignation du fils, faite au moment où la régence allait prendre fin et tandis que Mazarin était loin de France. Brienne lui-même a conté, dans ses souvenirs, comme la chose se fit, à l'instigation de la duchesse d'Aiguillon, et comment il fut pourvu de la charge de son père, avec la permission de l'exercer, quand il aurait vingt-cinq ans, en cas d'absence ou de maladie du titu-

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