II INTRODUCTION
LE MINISTÈRE ET l'aPOGÉE
Né le 13 janvier 1636, du mariage d'Henri- Auguste de Loménie, comte de Brienne, et de Louise de Béon du Masses, tout dévoués lun et lautre à la reine Anne d'Autriche, sans éveiller les soupçons du cardinal de Richelieu, l'enfant était placé dans les conditions les meilleures pour profiter des avantages de la cour. Il le fut mieux encore, quand, en 1638, Henri- Auguste devint secrétaire d'Etat de la maison du Roi et que la naissance d'un dauphin, le 5 septembre de la même année, vint apporter au couple roval de l'rance une joie qu'il espérait de moins en moins. Cette dernière circonstance, la parité des âges aidant, devait mettre les Loménie dans une situation singulièrement favorable auprès de la famille royale, et, en devenant bientôt après le compagnon des jeux du jeune prince, Louis-Henri acquérait ainsi un moyen de plus de plaire et d'avancer dans ses bonnes grâces.
Si l'on en croit Brienne, cette circonstance lui fut nuisible plus tard, quand Louis XIY, à l'apogée de son pouvoir, ne voulut plus auprès de lui ceux qui avaient connu les difficultés de ses débuts. Pour le moment, pendant la minorité du jeune prince, la famille de Loménie tira pour elle tous les avantages de la situation. Le père se fait l'instrument des volontés de la reine-mère sans déplaire àMazarin, qui le ménageait, sachant son intelligence des affaires, sa puissance de travail, sa fermeté de résolution, sa fertihté d'expédients, et supportant sa susceptibilité, sa confiance en soi et l'obstination de son caractère. La mère, elle, vit dans l'entourage d'Anne d'Autriche, partage ses bonnes œuvres et sa piété, fréquente les couvents