INTRODUCTION. V
lande, de là en Danemark, puis en Suède, à Stockholm, où il abordait le 5 septembre pour y complimenter le nouveau roi Charles-Gustave, le successeur de Christine, de son mariage avec la princesse îledwige-Éléonore de Holstein-Gottorp. L'accomplissement de cette mission, et aussi un mal d'yeux, retint Brienne cinq mois à Stockholm, elle 2 février 1655 il en partait, toujours conduit par François Blondel, dont l'humeur d'exploration n'était pas pour le retenir, pour côtoyer la Laponie et de là, à travers les glaces du golfe de Bothnie, passer en Finlande, pour en redescendre les rivages jusqu'en Courlande et en Prusse ducale. C'était évidemment une excursion peu banale et dont Brienne pouvait tirer quelque vanité. Il semble qu'il ne s'en soit pas suffisamment garanti et que. poussé par une disposition ambitieuse qui devait se muer plus tard en un sentiment excessif, il ait voulu faire de cette intéressante prouesse un exploit tout à fait exceptionnel.
Quoi qu'il en soit, à partir de Dantzig, Brienne poursuivit avec plus de régularité son voyage à travers l'Europe. Le l*' avril, il était à Varsovie, accueilli comme un parent par la reine de Pologne, Louise-Marie de Gonzague; puis, par Cracovie. Vienne et Prague, il passe dans le Tyrol, à Trente, et delà à Venise, où il arrive le 14 juillet. Florence et Rome sont ensuite les deux capitales où Brienne s'arrête un peu, et, à la fin d'octobre, après avoir rempli les devoirs qu'un croyant de sa façon ne pouvait négliger, notre voyageur s'embarquait le 29 à Palo, sur la galère de Gènes, en compagnie du cardinal Grimaldi, pour regagner la France par mer. Il aborde à Toulon ; puis, par Marseille, remontant le Rhône d'Avignon à Lyon, il est à Paris le 19 novembre 1G55, tout heureux de retrouver les siens, et de raconter aussitôt des aventures qu'il entend bien ne pas laisser ignorer.
La France n'est plus dans l'état où elle se trouvait trois ans