IV INTRODUCTION
laire. Dix-huit jours après, le 12 septembre 1651, le nouveau survivancier était nommé conseiller d'État et sa situation ainsi complétée. Il est vrai que, cinq jours auparavant, le 7 septembre, Louis XIV avait été déclaré majeur et un nouveau régime commençait ainsi, en droit sinon en fait.
Pour le mieux préparer à la tâche qui devait lui incomber un jour, la famille de Brienne résolut de faire voyager le futur ministre et de l'envoyer visiter les cours étrangères avec lesquelles il devait négocier plus tard. C'était un excellent moyen d'information et que peu de secrétaires d'État avaient eu jusqu'alors l'occasion de pratiquer. Le 14 juillet 1652, âgé de dixsept ans, Louis-Henri de Loménie quittait Paris en compagnie de François Blondel, un des hommes les plus savants du temps, diplomate, maréchal de camp, ingénieur, architecte, esprit ouvert et cerveau bien garni, qui devait conduire ce débutant à travers l'Europe et le faire profiter de tout ce qui s'y pourrait voir.
Brienne fut très fier de parcourir ainsi les pays étrangers et peut-être en tira-t-il une vanité excessive. Il commença, d'abord pour lui-même et pour en conserver le détail, à tenir un journal de son voyage, que. plus tard, il se résolut à publier et qui semble lui avoir plus nui que profité. On connaît donc par lui-même toute la suite de cette longue pérégrination, qui dura trois ans et demi et qui mena notre voyageur à Stockholm, puis à Rome, par un énorme détour. Parti de Paris aux jours les plus effervescents de la Fronde, il traverse l'Est de la France mal assuré à l'autorité du roi, et, par les bords du Rhin, arrive le 31 août 1652 à Mayence, oîi il devait achever ses études et prendre, chez les jésuites de cette ville, son degré de maître es arts. Cela dura près de deux ans et ne finit que le 1" juin 1654.
Aussitôt après, Louis-Henri de Loménie passait en Hol-