ARTICLE DEUXIEME
Le Roi se charge de la conduite de son Etat et veut être lui-même son premier ministre et T âme de son conseil.
J'ai déjà rapporté comment Sa Majesté se mit en possession de la conduite des affaires, et on a vu la relation exacte de ce qui se passa au premier conseil qu'elle tint en qualité de pilote de la barque de la France, qui n'a jamais été mieux gouvernée.
De tous ses ministres celui qui avoit plus de part dans sa confiance, c'éloit .M. Le Tellier ; aussi ce fut lui qui fit seul avec le Cardinal mourant' ladistribu-
1. Brienne revient ici sur un sujet qu'il a déjà amplement traité (t. II, p. 37), la dévolution des biens de Mazarin.
tion de tous ses bénéfices. Les fils du duc de Vendôme et du comte de Soissons, petits-neveux du Cardinal, furent les mieux partagés. M. Le Tellier ne s'oublia pas et prit Saint-Bénigne de Dijon pour l'abbé son fils et ne fit tomber à mon frère que l'abbaye de Cercamp dans l'Artois, dont mon père ne voulut pas à cause qu'elle est régulière. Il eut en échange celle de Saint-Germain d'Auxerre. M. de Lionne attrapa Saint-Mélainede Rennes en Bretagne ; l'abbé Bentivoglio Saint- Valery-sur-Somme, et M. Colbert le Bec, Bonport et quelques autres. Il commençoit à se faire connoître au Roi et les quarante millions du Cardinal qu'il fit entrer dans les coff'res de Sa Majesté, quoique par le testament qu'elle signa ils appartinssent de droit au ducMazarin que cette opulente succession a ruiné, furent le premier échelon de sa fortune. En cela il ne fit rien que de louable ; mais la ruine de M. Foucquet, qui fut un coup de sa main, est un crime dont sa mémoire ne peut être justifiée.
Le Roi, après la mort du Cardinal, changea tout l'ordre des Conseils, ou pour mieux dire rétablit le bon ordre, car ce n'avoit été proprement que confusion sous le ministère du Cardinal. Les Conseils se tenoient dans sa chambre, pendant qu'on lui faisoit la barbe et qu'on l'habilloit, et souvent il badinoit avec sa fauvette ou sa guenon pendant qu'on lui parloit d'afl'aires. Il ne faisoit asseoir personne dans sa chambre, pas même le Chancelier ni M. le maréchal de Villeroy.
Le Roi ne manquoit jamais de venir prendre une longue leçon de politique après que le Conseil étoit
fini. Le Cardinal, dil-on, ne lui a rien caché et peutêtre quelque jour verra-t-on le testament politique de ce grand politique. Or, je dirai au sujet de ces sortes de testaments, tels que sont celui du cardinal de Richelieu à Louis XllI, celui de MM. Colbert et marquis de Louvois au Roi qu'on a imprimé dans les pays étrangers, que ce ne sont que des pièces feintes par d'habiles écrivains qui ne raisonnent pas tant mal '. Ces mémoires pourront me servir un jour pour faire celui de M. le comte de Brienne, ministre et secrétaire d'État, mon père, et, si je ne me trompe, il vaudra bien les autres. Mais cela demande beaucoup de loisir et de travail ; pour le loisir, j'en ai de reste ; pour la peine, je la crains, quoique homme du monde n'écrive autant que moi et ne barbouille si grande quantité de papier.
Dès que Sa Majesté eut réglé son Conseil en la forme que j'ai dit, on commença à s'assembler une fois la semaine : le chancelier Pierre Séguier, les ministres, Brienne, Lionne et Le Tellier, les secré-
1. Il convient de faire une distinction. Le Testament politique de Colbert parut pour la première fois en 1693, à La Haye, et le Testament politique du marquis de Louvois en 1693, sans lieu d'impression. — Ces deux dates confirment, en passant, celle que nous attribuons à la composition de cette rédaction des Mémoires (1694 au plus tôt). — Bien que ces deux testaments, de Colbert et de Louvois, aient été réimprimés l'un et l'autre dans le Recueil des Testaments politiques (Paris, 1749, 4 vol. in-12), ce ne sont, en effet, que des compilations sans valeur, attribuées à Courtilz de Sandras. Au contraire, si le Testament politique du cardinal de lîic/ielieu, qui parut pour la première fois en 1688, à Amsterdam, a été regardé comme apocryphe par Voltaire, il y a longtemps que Foncemagne en a démontré l'authenticité (1750, in-12).
taires d'État, La Vrillière, Guénegaud, Brienne le fils, et Louvois, qui étoil reçu en survivance du vivant du Cardinal, mais qui n'exerça qu'après sa mort * ; ces huit personnes composoient le conseil sans compter Sa Majesté. Le Roi nous écoutoit assis. Tous les ministres étoient debout, le Chancelier à la gauche de Sa Majesté, du côté du lit et s'appuyoit s'il vouloit sur le balustre, tous les autres comme ils se trouvoient. Le secrétaire d'État qui rapportoit s'avançoit vis à vis Sa Majesté, et, s'il falloit écrire, il s'asseyoit sur un placet qui étoit au bout de la table, où il y avoit une écritoire et du papier ^. Le maréchal de Yilleroy ^ et le surintendant Fouc-
1. « Louvois, pourvu de la survivance de son père dès 1655, avec un brevet de conseiller dl'.tat ei une charge de conseiller au parlement de Metz, vient à peine d accomplir sa vingtième année, et pourtant on le voit prendre une part active à l'exéculionde beaucoup d'affaires, surtout dans les cas urgents, son père et lui agissant avec Colbert contre la Surintendance. » (J. de Boislisle, Mémoriaux, t.I, p. 5.)
2. Les dét:iils que Brienne vient de donner sur les occupations du Conseil du Roi complètent ce qu'il en a déjà marqué en tète des Mémoriaux du Conseil de 1661, publiés par M. Jean de Boislisle, pour la Société de l'histoire de France (1905-1907, 3 vol. in-8i, et en reproduisent la physionomie extérieure. Pour connaître ce qui s'y passait et les affaires qu'on y discuta, il faut se reporter à ce recueil, où Brienne l'a énuméré fort soigneusement jusqu'au 3 septembre 1661. Ce que Brienne ajoute ici s'applique surtout au Conseil des dépêches, qui était bi-hebdoraadaireet composé des personnes désignées ci-dessus, par opposition au Conseil secret ou Conseil étroit, qui se réunissait presque tous les jours et se composait seulement de trois personnes, Foucquet, Le Tellier, Lionne, et Brienne lui-même.
3. Comme chef du Conseil des Finances, après la disgrâce de Foucquet.
quel venoient quelques fois à ces conseils, mais moins exactement que le Chancelier et les secrétaires d'État, Mon père y manquoit souvent à cause de ses grandes infirmités, et comme il ne pouvoit se tenir debout, il s'asseyoit sur le placet qui étoit au bout de la table. M. de Lionne s'appuyoit d'ordinaire contre le chambranle de la cheminée. J'élois celui des secrétaires d'État qui parloit davantage, et si j'avois voulu, à l'exemple de M. Le Tellier, lire tout du long les dépêches que je recevois, j'aurois seul occupé plusieurs séances ; mais je ne rapportois que sur extraits. Cela déplut au Roi qui veut tout voir et tout savoir. Sa Majesté m'ordonna de lui venir lire les dépêches de ses ambassadeurs à mesure que je les recevois et du reste de continuer dans le conseil secret à en faire le rapport sur mes extraits. M. de Lionne étoit informé en droiture par les ambassadeurs des choses les plus importantes et leur écrivoit tous les ordinaires ; mais les longs détails ne se mandoient qu'à moi à qui toutes les dépêches s'adressoient, mon père s'étant entièrement déchargé sur moi de ce soin. Il n'y avoit que M. de Lionne et moi dans le conseil secret qui sussions lire, les autres ne faisoient qu'ânonner, et c'étoit d'ordinaire moi à qui le Roi faisoil lire les longues pièces qu'ils apportoient, hors celles qu'apportoit M. Le Tellier, très mauvais lecteur, mais qui n'aimoit pas d'être soulagé par personne. Peut-être que la vue de ces messieurs baissoit ou plutôt qu'ils n'avoient jamais appris à lire, car il ne faut pas s'y tromper, c'est une science plus difficile qu'on ne s'imagine : cela dépend de la construction des
organes de la voix. Qui l'a bonne en rende grâce au Ciel, car ceux qui l'ont mauvaise et désagréable ne sauroient la rendre ni agréable ni bonne. Je lisois d'une rapidité prodigieuse et le Roi n'en perdoit pas un mot, ce qui faisoit remarquer davantage la lenteur de la voix de M. Le Tellier qui fatiguoit beaucoup Sa Majesté. Je m'offris plusieurs fois à le soulager de cette fatigue, mais en vain. Peut-être qu'il ne vouloit pas qu'on vît ce qui étoit dans les lettres de M. Courtin qui étoient toujours extrêmement longues et qu'il n'en lisoit que ce qu'il vouloit bien que tout le monde sut. Il en rendoit compte du reste à Sa Majesté en particulier. M. Colbert fut enfin agrégea ce conseil ; mais ce ne fut qu'après la prison de M. Foucquet ^ Tel étoit le Conseil de Sa Majesté.
Comme la cour étoit de retour à Fontainebleau, après le voyage de Nantes, la bagarre de Londres arriva ~. Le carrosse de Watteville, ambassadeur d'Espagne, prit de force le pas sur le carrosse de M. d'Estrades, ambassadeur de France, à l'arrivée,
1. Jusqu'au 3 septembre 1661, le nom de Colbert n'est, en effet, pas porté une seule fois sur les procès-verbaux du Conseil, quoiqu'il soit intendant des finances depuis le 8 mars et qu'il ait du prendre séance en cette qualité le 16 mars. Mais son pouvoir occulte est énorme et nul ne s'y méprend. La chute de Foucquet, dont il fut l'artisan, le manifeste bientôt à tous les yeux.
2. Le 10 octobre 1661. On peut voir sur cette affaire les Mémoriaux du Conseil de 1661, t. III, p. 20-26, 72, 75, 85, et appendice V, p. 140-176, qui contient un exposé de l'affaire comprenant quelques extraits des lettres de Brienne. On peut voir aussi les Mémoires de Saint-Simon, édition Boislisle, t. III, p. 240, note 3.
je crois, de l'ambassadeur de Danemark ^ Cette fâcheuse nouvelle me fut apportée par un courrier extraordinaire. Il étoit bien onze heures du soir. J'en fus donner avis à mon père. Il me dit d'en aller sur l'heure avertir Sa Majesté et de ne me pas laisser prévenir, car le courrier avoit des lettres pour M. de Lionne. J'y fus donc. Sa Majesté soupoit avec la Reine et Monsieur à même table chez la Reine sa mère ^. « Qu'y a-t-il, Brienne, de nouveau ? » me dit-il dès qu'il m'aperçut. « C'est, Sire, un courrier de M. d'Estradesqui vient d'arriver, et je rendrai compte à Votre Majesté de l'affaire pour laquelle il le dépêche après qu'elle aura soupe. » Le Roi, sans me répondre, avance sa tête, et me prenant le bras, me commanda de lui dire ce que c'étoit. Il fallut obéir ; je le prévins pourtant et lui dis : « Ne soyez point surpris. Sire, s'il vous plaît, car il y a ici bien des spectateurs. » Après quoi je lui contai que les gens de Watteville ayant coupé les traits des chevaux du carrosse de son ambassadeur, tué le postillon et coupé les jarrets des chevaux, le carrosse de Watteville avoit pris le pas devant l'autre, et que le fils de M. d'Estrades avoit été blessé. Le Roi, sans me répondre, se lève de table si en colère qu'il pensa la renverser, et me tenant toujours le bras me mène dans la chambre de la Reine sa mère pour entendre
1. C'était de l'ambassadeur de Suède qu'il s'agissait. Voy. lettre du 15 octobre 1661 de Brienne au cardinal Antoine Barberini, dans Mémoriaux, t. III, p. ir)4.
2. Le récit qu'on va lire doit être complété parla lettre-circulaire que Brienne écrivit, le 21 octobre, au duc Mazarin, gouverneur d'Alsace, etàd'aulres. [Mémoriaux, t. III, p. 159.)
la lecture de la dépêche de son ambassadeur. La Reine le suivit et lui dit : « Qu'y a-t-il donc ? — C'est qu'on veut nous brouiller, le Roi mon frère et moi », reprit Sa Majesté, fort simplement et en se calmant un peu, carje ne l'ai vu en colère que cette seule fois-là, en tout le temps que j'ai eu l'honneurdela servir K La Reine le pria d'achever de souper. « J'ai soupe, Madame, dit-il en haussant la voix. J'aurai raison de cette affaire ou je déclarerai la guerre au roi d'Espagne, et je l'obligerai à céder à mes ambassadeurs la préséance dans toutes les cours de l'Europe. — Ah ! mon fils, dit la Reine en soupirant, ne rompez pas la paix qui m'a coûté tant de larmes. Songez que le roi d'Espagne est mon frère. » Et elle ne put s'empêcher de pleurer. « J^aissez-moi, je vous prie, Madame, pour entendre la lecture de la lettre de d'Estrades. Allez-vous remettre à table et qu'on me garde seulement un peu de fruit. » La Reine sortit et se remit à table, voyant que le Roi le vouloit. Je restai un bon quart d'heure avec lui ; puis, quand il m'eut donné ses ordres, je passai toute la nuit à écrire et ne laissai pas de me trouver à son lever. On tint conseil extraordinaire sur cette affaire, et enfin le Roi obtint du roi d'Espagne ce qu'il voulut, le Roi son beau-père aimant mieux céder la préséance à son gendre que de rompre la paix. On en prit acte, et l'ambassadeur d'Espagne fit cette déclaration à Sa Majesté en pleine audience, dans le salon
1. La possession que Louis XIV avait de lui-même est bien connue et on en verra des exemples ailleurs, en particulier à l'égard de Lauzun. L'abbé de Choisy en cite aussi. [Mémoires, t. I, p. 24.)
de son appartement du Louvre, où tous les ambassadeurs qui étoient à Paris se trouvèrent : le Nonce, Venise, la Suède, le Danemark, la Hollande et Gênes K Je fis traduire en latin par le Père Cossart cet acte de renonciation que l'abbé Le Tellier lui porta de la part du Roi ^ : ce que le Père Cossart auroit fait encore plus volontiers pour moi que pour lui; mais j'eus ce petit déboire, et à quelques jours de là je fus exilé. Or pour achever cet article que je pourrois beaucoup étendre, si je voulois, de mille petites particularités dont on peut se passer, je dirai seulement qu'au retour du voyage de Nantes, M. Le Tellier me proposa de recevoir M. Le Peletier ^,
1. C'est seulement le 24 mars 1662, au Louvre et dans les conditions que Brienne rapporte, que l'ambassadeur d'Espagne, le marquis de La Fuente, accomplit cet acte de réparation. La Gazette se hâta de l'enregistrer, et on en trouve la relation en plusieurs endroits, par exemple, dans le Journal du roi de Colbert [Lettres, t. VI, p. 489), les Lettres de Chapelain (t. II, p. 181), les Mémoires de Snint-Hilaire [x. I, p. 18). C'est seulement après cette réparation, que Louis XIV consentit à notifier officiellement à son beau-père la naissance du Dauphin, qui remontait déjà à cinq mois,
2. Autlienticum instrumentum, exhibens Régis Catholici declarationem, qua per legatum suum e.rtraordinarium marchionem de La Fuente Régi C/iristianissimo, pro Londinensibus in gallicum legatum injuriis satisfecit, etc. Ex autographe gallico latine redditum. Lutetiae, apud S. Cramoisy, 1662, in-folio. On trouvera ci-dessous (p. 108, en note) de nombreux exemples de la manie latinisante de Brienne, qui sévit particulièrement à cette époque et fut une des causes de sa perte.
3. Claude Le Peletier (1630-10 août 1711), successivement président aux enquêtes, prévôt des marchands, conseiller d'Etat et contrôleur général des finances à la mort de Colbert (1683).
maintenant ministre d'État, pour prendre de lui les ordres, au lieu de M. de Lionne, que la conjoncture étoit favorable pour l'éloigner du Conseil. J'en parlai à mon père, qui se mit fort en colère et n'y voulut jamais consentir. Ce fut la première faute qu'on me fit faire pour me perdre . La seconde démarche qu'on fit ensuite contre moi, ce fut de me laisser traduire en latin un acte de mon département, comme j'avois traduit avec succès les traités de campagne que Sa Majesté fit avec le protecteur Cromwell, pour la conquête de Dunkerque ^. Enfin le troisième coup qui acheva de me perdre, c'est qu'on empoisonna le gain que j'avois fait à l'abbé de Gordes -,
1. Ces traductions latines ne paraissent pas avoir été imprimées.
2. Louis-Marie-Armand de Simiane de Gordes, évêque de Langres depuis janvier 1671 jusqu'au 21 novembre 1695. Voici une note contemporaine qui confirme ce fait : « M. de Cessac, l'abbé de Gordes, à présent évêque de Langres, ont porté M. de Brienne à jouer et ont été cause de sa perte. » (Eug. Griselle, Silhouettes jansénistes et propos de littérature, d'art et d'/iistoire au XVIP siècle, dans Revue d'histoire littéraire de la France, 1916, p. 237). — Voici une autre explication, un peu différente, que Brienne lui-même aurait fournie et qui se retrouve sous la plume du P. Batterel. « Dans des Mémoires que [Brienne] composait [à Saint-Lazare], et dont j'ai vu des morceaux écrits de sa main, il s'y plaint en propres termes que M. de Péréfixe, [archevêque de Paris], mauvais joueur, jusqu'à briser tous les meubles quand il perdoit, l'avait accusé lui, comte de Brienne, d'être un peu filou; ce qui, arrivé peut-être en une ou deux occasions de peu d'importance, aura été exagéré par le public malin, et aura fait regarder comme une exclusion de la cour son renoncement volontaire aux honneurs du siècle. » (Louis Batterel, Mémoires domestiques pour servir à Vliistoire de V Oratoire, p. p. A. -M. -P. Ingold et E. Bonnardet, t. III, p. 265.^
et j'eus cette obligation à la comtesse de Soissons ^ et à M""* de Lionne -. On l'empoisonna, dis-je, de telle sorte, auprès du Roi, qu'on me fit passer dans son esprit pour le plus adroit filou de la cour, jusque là qu'on lui dit que j'avois gagné à la lunette ^, (qu'on appeloit la machine) des sommes considérables au comte Tôt, ambassadeur de Suède ^, et au prince Ferdinand de Fin sien berg ^, maintenant cardinal : ce qui étoit très faux. Le Roi consentit à m'éloigner de la cour pour quelque temps et m'en fit donner l'ordre par mon père afin d'adoucir la chose.
Je ne fus pas plus tôt parti pour Beauchamps ^, maison que mon beau-frère avoit auprès de son marquisat de Gamaches, que le Roi ne me voyant plus sous sa main et n'étant plus servi de mon père aussi ponctuellement, parce que ses grandes infirmités ne le lui permettoient pas, le Roi, dis-je, ne me
1. Olympe Mancini, exilée à son tour, quelques années plus tard, à la suite d'une intrigue contre M"^ de La Vallière.