‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 74 sur 142 · Gènes en mai 1684 et Alger en 1688, par Toiirville · texte numérisé non relu

Gènes en mai 1684 et Alger en 1688, par Toiirville

dans l'Allemagne et la Hollande. L'Espagne vit prendre Douai, Tournai, Armentières, Audenarde et Lille même ^ la plus importante place après Mons qui lui restoit dans le voisinage d'Arras, sans se donner beaucoup de mouvement. Mais l'Allemagne plus agissante, et la Hollande encore plus que l'Allemagne, se trémoussèrent si bien et ces républicains, toujours ennemis des rois, parlèrent si haut que Louis le Grand consentit de donner un frein à ses conquêtes, lorsqu'il eut pris ces places qui lui tenoient lieu d'équivalent de la dot de la Reine, sa femme. Mais comme la peur ne se guérit pas, celle qu'avoienteu les grenouilles des marais de la Hollande s'augmenta quand elles virent Sa Majesté maîtresse de la Lys ; et Van Beuningen ^, l'une des plus fortes têtes qui fut dans les Provinces Unies, quoiqu'il ne dût sa naissance qu'à un brasseur de bière, se donna de si grands airs qu'il eut même l'insolence de se vanter d'avoir arrêté le soleil, et fit battre à son coin cette médaille qui fit tant de bruit, où d'un côté on voyoit la tête de cet autre Josué, car c'est son nom, et au revers le soleil, qui est la devise du Roi, avec ce mot de l'Écriture : Stat sol.

Il faut peu de chose quelquefois pour causer un grand embrasement. Cet affront s'imprima si avant dans le cœur de Sa Majesté qu'elle se résolut sans

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