‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 8 sur 142 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

manquer de franchise. En réalité on commence à dire — Lorel s'en fait l'écho en novembre 1656 — que Brienne père va résigner sa charge de secrétaire dEtat entre les mains de son fils, qui en remplit les fonctions.

La nouvelle est fausse et vite démentie. C'est seulement un an et demi plus tard que Brienne devint le suppléant officiel de son père. L"état de santé de celui-ci ne s'améliorait pas ; il ne pouvait pas suivre la cour quand elle se déplaçait. De plus, son caractère devenait de moins eu moins traitable, et Mazarin le supportait malaisément. Le fils, au contraire, s'assouplissait et chaque jour se rendait plus commode au cardinal par sa facilité de travail et de compréhension, et aussi par une sorte de communauté de goûts qui les rapprochait encore davantage. Bref, le 22 mai 1658, quoique Brienne fils n'eut que vingt-deux ans, il obtenait la permission de signer et d'exercer la charge de secrétaire d'État, au cas d'absence et de maladie de son père. Mazarin avait demandé cette faveur, et, avant même de l'obtenir, le 15 mai, il se hâtait de l'annoncer à la comtesse de Brienne. La cour était alors à Abbeville, et, un mois après, le jeune roi tomba malade à Calais. Ce fut un moment d'inquiétude ; mais elle passa assez vite, et notre nouveau secrétaire d'État commença alors l'exercice de sa fonction. Il s'en tira assez bien pour qu'on la lui laissât remplir dorénavant, chaque fois que la cour quitta Paris et, notamment, quand elle se rendit à Lyon, à la fin de l'année, sous le prétexte d'un projet d'union de Louis XI"V avec une princasse de Savoie.

Jaloux de son renom, Brienne a commencé dès lors à faire tenir le registre de sa correspondance ministérielle. Grâce à ce recueil, on pourrait suivre ici les actes de ce pouvoir éphémère et les intentions qui les dictèrent. Ce serait long et hors de propos. Le rôle administratif de Brienne mérite un examen à

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