FAIS CE QUE DOIT, ADVIENNE QUE POURRA
^ La meilleure des mères , et qui méritmt d'être la plus heureuse des épouses^ la reine Hortense, s'empara de cette deTise et en fit la base de l'éducation de ses fils. Pour la leur mieux inculquer, elle la para des grâces de la poésie et des charmes d'une musique délicieuse.
Aimables enfants, songez aux jours heurdux que tous ayez passés dans la charmante vallée qu'a remplie de si doux
Quoique l'ordre de la Réunion fut regardé comme inférieur à celui de la Légion-d'Honneur, sa dénomination , combinée avec toutes les armoiries entassées dans sa grande décoration , donna lieu à de vastes conjectures. On y voyait non seulement le faisceau de flèches hollandaises et le lion belgique, les clejfe de saint Pierre et les armoiries appartenant à diverses puissances^ mais une case à remplir, prête à recevoir les insignes des états qu'il se proposait sans doute d'envahir.
souvenirs celle qui tous a donné le jour!... Que ses sages leçons dissipent à jamais tous les prestiges dont fut entouré Yotre berceau 1 Ne regrettex point la couronne que l'abdication de TOtre père youlut placer sur vos jeunes têtes , et dont l'usurpation de Napoléon tous a préservés. Considérez cette longue série de monarques de tous les pays , de tous les temps , et comptez ceux qui ont fait le bonheur des peuples et qu'elle offre pour modèles !... Voyez tous les dangers qui n'ont cessé de menacer le trône, les hommes qui le plus souvent l'entourent, les flatteurs qui l'assiègent, tous les obstacles que les meilleurs , que les plus grands rois ont rencontrés lorsqu'ils ont voulu faire le bien , la facilité avec laquelle les plus célèbres ont fait le mal. En lisant la vie de tant de princes malheureux , de Napoléon surtout^ apprenez combien la puissance est fragile, et félicitez-vous d'être à l'abri de tous les malheurs qu'elle traîne après elle ; de n'être pas exposés à acheter aussi chèrement quelques pages brillantes dans l'histoire.
Ce fut par la création successive de tous ces ordres de chevalerie, que Bonaparte, qui n'osa pas d'abord qualifier de ce nom la Légion-d'Honneur , qui à l'époque de sa création n'osa parler ni de grands cordons ni d'insignes, remplit la France d'hommes à cordons de toute espèce, cordons rouges , cordons bleus , cordons oranges , avec autant de plaques diverses , à quoi il faut ajouter les petites et grandes croix , les petits et grands cordons que donnaient les puissances alliées, ou de la famille, sur la provocation de son chef, et dojit ses courtisans furent accablés.
Du moment que l'écharpe répubhcaine fut abandonnée , que ce simple et modeste costume militaire fut remplacé par tant de nobles quolifichets; du moment que Bonaparte eut fait placarder sur l'habit de ses grands dignitaires et sur leurs manteaux la devise sacrée Honneur tt patrie ^ qui était gravée dans le cœur de tous les citoyens, l'honneur, dont le cri ne cessa jamais d'être entendu par le militaire français , anima seul nos guerriers : Bonaparte eut de grandes, de superbes armées qui firent trembler toute l'Europe; la patrie cessa d'avoir des défenseurs, ou plutôt il n'y avait plus de patrie, lorsque tant de braves versaient leur sang en croyant toujours la défendre.
Mais , avec toutes ces anomalies, cette égalité si solennellement promise pourrait-elle du moins exister encore? Oui, sans doute; tous les Français, plus que jamais, seront égaux! tous seront également dans les fers du despotisme : la seule dififérence, c'est que les chaînes des uns seront dorées , et que les chaînes des autres seront de fer; c'est que les uns baiseront leurs chaînes, et que les autres ne respireront qu'après l'instant de les briser !!!...