LE SÉNAT
Que devient la constitution de l'an 8 elle-r même?... Un sénat à vie, composé de quatrevingts sages chargés de maintenir l'ordre constitutionnel , devait le défendre contre toutes les attaques qu'on aurait osé lui porter. C'était , s'il fallait en croire les enthousiastes de l'organisation nouvelle, ime borne de granité autour de laquelle le char consulaire pouvait circuler, mais qu'il ne pouvait franchir ; et cette borne , si imposante en apparence, établie sur un sable mouvant, s'abaissa au moindre choc, au moindre contact de la puissance exécutrice !...
Bonaparte sent toute la résistance que. lui fç-
rait indubitablement éprouver un corps émanent en pouvoir dont le sort demeurerait aussi invariablement fixé ; il ne se dissimule point que des hommes placés dans l'indépendance absolue de s^ puissance, n'ayant de sa part rien à craindre, rien à espérer, formeraient tôt ou tard un parti d'opposition dont il lui serait difficile de triompher; mais il voit en même tanps tout ce qu'il pourra faire avec ces mêmes sénateurs , s'il parvenait à les enlever à cette stoïque apathie qui tenait à l'essence de leur institution ; s'il pouvait rendre le mouvement à ces hommes^ qui étaient, pour parler le langage de Garât , placés, en quelque sorte, hors de l* enceinte de la vie; s'il pouvait ouvrir devant eux une carrière nouvelle, les y lancer, en les enivrant de tous les prestiges de l'ambition. C'est ce que Bonaparte s'empressa de faire, et le sénat lui-même ne tarda pas à lui en faciliter les moyens. Suivant l'esprit et la lettre de l'acte constitutionnel , l'élection d'un sénateur devait irrévocablement terminer sa carrière politique, le rendait à toute autre fonction publique à jamais inéligible *. Abrial, Crétet , Régnier et Rœderer, nommés sénateurs, se désistent du titre qui leur est conféré, et viennent déclarer qu'ils
^ a Un sénateur est à jamais inéligible à toute fonction publique. » Art. i8.
DE GOHIER. io5
préfèrent le portefeuille de ministre ou de conseiller d'état.
Le sénat, s'il avait eu le sentiment de sa dignité et de ses devoirs, devait leur répondre que les fonctions auxquelles ils avaient eu l'honneur d'être appelés ne leur en permettaient plus d'autres, et qu'il fallait qu'ils fussent sénateurs ou rien; mais im sénat composé sous l'influence de Bonaparte était incapable d'une pareille énergie : il accepte leur démission, les remet à la disposition du. premier consul , et nomme quatre autres sénateurs.
Ce premier acte de faiblesse est un trait de lumière pour Bonaparte; il en conclut que ces séna}:eurs si terribles, dont on naenaçait l'agrandissement de sa puissance , seraient ceux qui lui aideraient à la fonder , s'il parvenait à leur persuader que leur inéligibilité ne pouvait s'entendre des fonctions à sa nomination. L'empressement avec lequel ils répondirent à son premier appel ne tarda pas à lui prouver qu'il n'avait pas de grands eflforts à faire. Forme-t-il un grand conseil delaLégion-dlIonneur, l'un des membres de ce conseil est pris dans le sénat ; institue-t*îl un comité de consultation composé de sept grands officiers, quatre sénateurs s'honorent
d'en faire partie.
io4 MÉMOIRES
L'acte constitutionnel ainsi entendu par les sénateurs eux-mêmes , les missions les plus iniportantes leur sont proposées, et ils les acceptent On les vit bientôt , comblés de faveurs , revêtus des premiers emplois de la nouvelle république, se glorifier d'être les premiers serviteurs de celui auquel leur institution devait commander le Respect à la loi ; présider à tous les changements que Bonaparte parut désirer, à ceux qu'il voulut faire subir à la constitution même dont la garde leur étai^ confiée. Aussi dans la distribution des titres et des cordons de toute espèce, pas un membre du sénat ne fut oublié; on en vit même couverts de la livrée de l'étranger.
Ce n'était pas encore assez de les avoir aussi brillamment harnachés , d'avoir distribué à ces grands enfants tous les hochets de l'ancien régime, de les avoir éblouis par l'éclat des honneurs , que le véritable honneur aujourd'hui sait apprécier; pour achever de les corrompre , pour mettre le sénat entièrement dans sa dépendance, Bonaparte crée des sinécures , avec des revenus qui doublent tes émoluments attachés au titre de sénateur; il divise la France en sénatoreries qu'il dote richement, et dont il gratifie ceux sur le zèle desquels il croit pouvoir compter, de qui il espère de plus éminents services.
DE GOHIER. io5
Et l'on s'étonnerait aujourd'hui de tout ce que Bonaparte a fait faire au sénat , de tout ce qu'il en a obtenu!!! Que pouvait refuser ce sénat à celui qui l'entourait de tant de séductions?... que pouvait-il conserver , lorsqu'il n'avait pas su se conserver lui-même dans son institution originelle?...
Étonnons-nous plutôt que, dans ce premier corps de l'état, il se soit encore trouvé des citoyens qu'il n'ait pu séduire; étonnons-nous que, dans le sein de ce sénat corrompu , il ait pu se ^ former un parti d'opposition qui, quoique peu nombreux , ait été assez imposant poiu* donner de l'inquiétude au gouvernement le plus fort.
Maître de la majorité du sénat, sûr de l'approbation de tout ce qu'il jugemit à propos de lui faire proposer, Bonaparte n'avait besoin que de trouver des hommes entièrement dévoués au système de gouvernement qu'il avait résolu d'établir, disposés à servir aveuglément tous ses projets : la constitution 4e l'an 8 les plaça auprès de sa personne.
CONSEIL d'ÉTAlT.
§37- Un conseil d'état éminemment instruit devait
io6 MÉMOIRES
entourer le premier consul, de ses lumières , 1 eclairer de son expérience, déblayer devant lui les sentiers difficiles qu'il avait à parcourir. La nomination lui en étant déférée , on dut pressentir, dès sa première organisation , le but qu'il se proposait et la marche qu'il comptait suivre pour y arriver.
Placé entre la république qu'il voulait détruire, et la monarchie qu'il avait entrepris de reconstituer , son choix se composa d'un amalgame de quelques amis de la liberté, et d'un plus grand nombre d'hommes vendus au pouvoir , qui n'avaient marché dans les rangs des républicains que pour s'enrichir des dépouilles de la république. Les premiers étaient destinés à faire illusion , et en imposèrent en effet à tous ceux qui ne pouvaient se résoudre à désespérer des promesses de Bonaparte.
Telle fut constamment sa politique , celle d'appeler avec affectation auprès de sa personne quelques noms imposants par leurs lumières et leur amour pour une sage liberté, qui eussent l'air d'avoir une certaine part au pouvoir , à la faveur, et qui n'étaient placés là que pour honorer l'un et faire supporter l'autre. Il s'attacha surtout les hommes doués d'un travail facile.
Regnault de Saint-Jean -d'Angély fut un des
orateurs les plus distingués du gouvernement impérial, un de ceux qui, en sachant mieux se prévaloir du crédit que lui donnèrent ses talents extraordinaires, a fait le moins de mécontents. Personne n'était plus obligeant que lui; mais, né avec des passions fortes , bien des femmes n'osaient approcher de sa personne qu'en tremblant. Ses amis ( car il en avait beaucoup ) le ménageaient moins sur sa redoutable réputation que Bonaparte lui-même % qui , dans les moments où il se montrait le plus sévère à son égard ., le traitait toujours en homme dont il pouvait difficilement se passer. Et qui aurait pu le remplacer, à la tribune surtout?.,. Regnault était le Barrère du conseil d'état. Mais ses discours n'étaient pas des carmagnoles '. Il fut, dans les dernières années de l'empire surtout, un des conseillers d'état qui montrèrent le plus de caractère, celui qui parla le plus courageusement dans
' Le jour de sa jfête^ il recevait chez lui des gens de lettres et des artistes distingués. Il y avait ordinairement spectacle, et la pièce qui était jouée^ au lieu des basses flatteries qu'on prodigue aux gens en place , était remplie d'une satire aimable, offrait ù Regnault de malignes allusions, qu'il n'était pas le dernier à applaudir.
* Expression dont on se servait pour caractériser la trop facile éloquence de l'orateur du comité du salut public.
io8 MÉMOIRES
toutes les circonstances en fsiveur des droits imprescriptibles des peuples, et contre tous les genres d'oppression dans lesquels de misérables courtisans voulaient engager le chef de l'empire. Lorsque Napoléon fut sur le point de partir pour la folle campagne de Russie , Regnault se rendit dans son cabinet, et ne lui cacha point combien les peuples étaient inquiets. « On attribue , lui dit-il, »à une ambition qui ne peut être satisfaite que » par la conquête du monde, la guerre que vous Dallez recommencer. De grâce, dites-nous où il » vous plaira vous arrêter : depuis long-temps il » n'est plus question du Rhin et du Danube ; vous » arrêterez- vous sur la Vistule, laDwina ou le » Tanaïs ? Quand on saura les bornes que vous «vous imposez à vous-même, les inquiétudes se- » ront fixées. •
Napoléon, après un instant de silence, lui répond avec véhémence : « On veut savoir où nous » allons! ! ! où je planterai de nouvelles colonnes » d'Hercule ! ! ! Nous allons achever l'Einrope , et » tomber ensuite comme des brigands sur des bri- » gands moins courageux que nous qui se sont ren- » dus maîtres des Indes, et nous en emparer ! ! !... »
Regnault , sortant du cabinet de Napoléon les larmes aux yeux, dit au conseiller d'état qui m'a rapporté ce trait, et que je nommerai s'il le faut:
e Le malheureux se perdra! !! nous perdra n,ous-^ » mêmes ! ! ! perdra tout ! ! ! »
Personne ne parlait avec plus de liberté des décisions du conseil d'état qui prêtaient à la censure. Il blâma hautement l'arrêté sorti de la section des finances qui anéantissait toutes les pièces comptables des fournisseurs lorsqu'il s'en trouvait quelques fausses; en sorte que, parmi les deux ou trois cents agents d'une administration , il suffisait d'un seul faussaire pour en i:uiner tous les membres. On a attribué cet arrêté à Fermon, qui ne s'en est pas défendu.
Joseph Fermon ( aujourd'hui le comte de Fermon des Chapellières) fut un des grands faiseurs de Bonaparte : appelé au conseil d'état, il y fit preuve d'adresse et d'esprit de calcul; l'ancien procureur de la maltôte br,etonne, saturé des principes dont il s'était nourri dans sa clientèle, et ne croyant pas devoir témoigner moins de zèle pour les intérêts du trésor qu'il n'en avait eu pour l'accroissement des produits de la ferme, ne cessa, dans toutes les hautes fonctions auxquelles il fut porté, de se montrer le défenseur obligé du fisc.
De mauvais plaisants prétendent qu'en nommant Fermon liquidateur-général de la dette publique, Napoléon avait dit : « Fermons la
iio MÉMOIRES
»gâ.isse !... iQuoi qu'il en soit de ce méchant calembour, il faut convenir que, sous le régime financier de Fermon, si la caisse a été trop sévèrement fermée aux créanciers de l'état, il ne se permit pas de la tenir ouverte pour lui. Toute la fortune de l'ancien procureur, satisfait d'avoir trouvé un client aussi généreux que puissant , a consisté dans les honoraires qu'il en a reçus. De fatales circonstances lui en ont même enlevé une partie, et le conseil d'état, sur unedemande intempestive , n'a pas jugé qu'il en dût être ressaisi.
Quelque génie qu'on attribue à Bonaparte, il faut convenir que l'institution de son conseil d'état n'a pas peu contribué à lui acquérir cette supériorité que l'éminence du rang fortifie de son éclat , et qu'elle rend toujours difficile à apprécier. Doué d'une mémoire prodigieuse et d'un esprit peu commun, il put facilement s'approprier les connaissances des hommes qui l'entouraient , et suppléer à celles qui lui manquaient.
On a remarqué qu'il affectait le plus souvent de ne converser que par interrogation ; était-ce hauteur, et pour prévenir l'épanchement trop familier d'une conversation particulière? était-ce pour s'emparer du savoir des autres sans découvrir ce qu'il avait besoin d'apprendre lui-même? était-ce par les deux motifs tout à la fois?...
DE GÔHIER. 111
Un de nos premiers littérateurs, à qui ce genre de conversation paraissait fort inconvenant, le tribun Ginguené, riant avec moi des questions qui lui échappaient quelquefois dans le commencement de son élévation, a Fort bien, lui » dis-je ; mais, en continuant de s'entretenir ainsi «avec des hommes plus savants que lui, il par- • viendra peut-être un jour à embarrasser ceux » qu'il a besoin de questionner aujourd'hui. »
Au reste, la conversation habituelle de Bonaparte était celle de presque tous les hommes en place , de ceux surtout qui sont à la tête d'un gouvernement. A l'attention qu'ils ont de circonscrire les objets sur lesquels ils veulent obtenir quelques renseignements , on croirait volontiers qu'ils craignent d'apprendre ce qu'ils auraient le plus d'intérêt à savoir, la vérité!...
Si Bonaparte ne perdait aucune occasion de s'instruire, c'était à l'instar de ceux qi%, ayant conîmencé par se créer un système, mettent leur unique application à chercher les moyens de le soutenir. Tourmenté de l'insatiable désir du pouvoir absolu, il n'écoutait volontiers que les leçons qui pouvaient en favoriser l'établissement. Ce n'est pas cependant que, dans les assemblées générales des sections de son conseil d'état, il ne fût permis que d'énoncer des opinions favorables
au despotisine : non seulement Bonaparte ne s'offensait point de la désapprobation des projets soumis à la discussion de son conseil d'état, pourvu qu'elle n'en dépassât pas l'enceinte, mais il provoquait la contradiction, que ne pouvait se permettre le tribunat sans le mettre en fureur. Intra parieies il tolérait tout , aucune objection ne pouvait l'indisposer; celle qui était soutenue avec esprit était toujours sûre de lui plaire, lors même qu'elle ne réussissait pas à le convaincre, et c'était presque toujours celui qui l'avait contrarié avec le plus de force qu'il appelait à dîner avec lui. Aussi, dans plus d'une circonstance, des hommes dignes d'être appelés aux conseils de la puissance signalèrent leur attachement aux vrais principes.
Si le jury n'a pas été tout-à-fait rayé du code français sous l'empire de Bonaparte, s'il nous reste eij^ore qiielques traces de ce qu'il a été, de ce qu'il devrait être , nous le devons à la courageuse défense que les Berlier, les Merlin, les Thibodeau, les Réals, les Faure,etc. , opposèrent aux ennemisde cette salutaire institution, dont les coupables efforts sont parvenus à la dénaturer, ne pouvant absolument l'anéantir.
Si tous les propriétaires de vignobles ont été affranchis du droit d'inventaire, droit odieux qui
DE GOHIER. ii3
les assujettissait à ces visites domiciliaires que supportent si impatiemment ceux même qui s'y soumettent volontairement en prenant patentes, ils en sont redevables au conseiller d'état Français, qui eut plus d'un apôtre du fisc à combattre ; à ce directeur-général des droits réunis, qui a mérité le reproche d'avoir honore son administration en s'entourant de gens de lettres , en trouvant les moyens d'enrichir la France des précieux tributs du génie.
Ce n'était pas avec ceux qui se montraient toujours prêts à servir ses desseins, quels qu'ils fussent , que Bonaparte était le plus aimable. Plus jaloux de l'opinion publique que de celle des hommes qui l'entouraient, l'opposition de la tribune, seule, lui était instipportable; etd'ailleurs s'il l'avait placée dans son conseil , c'est qu'il en était toujours le maître , c'est que les opinions de ceux à qui il accordait le plus d'estime ne l'obligeaient pas à dévier des siennes ^ à abandonner le parti qu'il avait pris.
Par la manière dont il s'exprimait on peut juger de l'importance qu'il attachait aux discussions d'apparat, qu'il se plaisait à provoquer luimême , soit pour le plaisir d'entendre d'intéressants débats sur des questions majeures, soit pour sonder les esprits et connaître des opinions n. 8
diverses qui ne pouvaient maîtriser la sienne. Son mot familier était , Lorsque j'ai la tête fatiguée, je vais, pour me délasser, entendre au conseil le bavardage des idéobgues : c'est ainsi qu'il appelait les hommes dont les principes ne s'accor-, daient pas toujours avec les modifications que les circonstances lui paraissaient exiger.
La manière de procéder de Bonaparte, dans les discussions du conseil, était, le plus habituellement, d'énoncer de prime abord une opinion contraire à celle qu'il avait, et souvent d'un genre tout-à-fait libéral. Ceux qui étaient portés de bonne foi vers ces opinions les soutenaient avec franchise, et se fadsaient ainsi connaître; mais ceux qui étaient mieux initiés aux principes du consul, et qui les partageaient, s'empressaient d'ouvrir dans la discussion de nouveaux avis, auxquels Bonaparte avait l'air de céder par une sorte de complaisance, et définitivement l'opinion qu'il avait d'abord manifestée faisait place à l'opinion contraire , qui était sa véritable opinion.
Lé conseil d'état, composé d'hommes d'un esprit déUé, ne ft^t pas long-temps la dupe d'une tactique qu'il avait rapportée des camps.
Un jour, Bonaparte, voulant s'assurer s'il y avait des hommes fortement attachés aux instîtu-
DE GOHIER. ii5
tioiisrépublicaines parmi les conseillers qu'il avait choisis, arriva au conseil avec une colère étudiée, fit donner lecture de plusieurs procès-verbaux constatant qu'on avait coupé plusieurs arbres de la liberté, et demanda qu'il fut immédiatement statué sur le genre de peine qu'il convenait d'infliger à ceux qui se rendaient coupables d'un pareil délit, et qu'il qualifiait de contre-révolution^ naire, de liberticide.
Le conseil d'état, qui connaissait sa tactique, garda le silence. Un nouvel arrivé donna seul^ dans le piège , s'étendit en longues déclamations contre le système de contre-révolution qui se développait tous les jours, et conclut à la peine de mort. Alors plusieurs conseillers le réfutèrent avec beaucoup de vivacité, et classèrent ce grand attentat dans le genre des simples délits forestiers. Bonaparte mit aux voix la proposition de la peine capitale, qui fut rejetée par tous les I membres, excepté par celui qui l'avait proposée. Bonaparte leva brusquement la séance , en affectant un extrême mécontentement. La vérité est que le seul mécontentement qu'il éprouva fut dirigé contre l'auteur de la proposition, qui lui parut appartenir à d'autres moeurs et à d'autres époques : et, pour ne pas exposer les citoyens à commettre de pareils délits , des ordres furent
ii6 MEMOIRES
donnés pour faire disparaître les arbres de la liberté que la malveillance avait respectés.