‹ MémoiresChapitre 16 sur 18 · W* 7.) NOTE SUR SIEYES · texte numérisé non relu

W* 7.) NOTE SUR SIEYES

( Indiquée à la page a8o. )

Quel pouvait être l'objet de Bonaparte en faisant annoncer par Lagarde , en répétant lui-même , qu'il avait, en vertu du pouvoir dont le conseil des anciens l'avait investi, mis en surveillance un des cinq directeurs (Sieyes)?... On ne met en surveillance que les

hommes dangereux. Voulait-il donc le signaler comme tel au corps législatif?... avait-il le dessein de se ménager un moyen de revenir à son premier projet , si la majorité des deux conseils persistait à vouloir maintenir le gouvernement constitutionnel?... Dans toutes les entreprises de Bonaparte , sa conduite a toujours été si peu franche, qu'elle donne le 4i*oit de tout soupçonner.

Quoi qu*en dise la Biographie des contemporains, Bonaparte n'aimait ni n'estimait Sieyes ; il n'en parlait jamais qu'avec mépris. Il savait d'ailleurs qu'à l'exception d'un petit nombre de députés, tous les autres le regardaient comme un homme dangereux , qui , mécontent de tout ce qui existe , avait toujours quelque plan de contre-révolution dans ses poches.

Quelles que soient les vues que l'on puisse supposer à Bonaparte, en mettant Sieyes en surveillance, Sieyes en était d'autant plus satisfait , que cette mesure s'accordait parfaitement avec son caractère. Ne se dissimulant pas les efforts des républicains pour faire échouer l'entreprise des conjurés , il eût voulu s'il était possible , pbuvoir, en cas de non-réussite se dire , sinon étranger à la conspiration , forcément du moins entraîné dans le complot ; position qui laissait tout le péril siu* la tête de ses complices, en lui réservant sa part dans les bénéfices du succès.

On est d'autant mieux fondé à envisager sous cet aspect son accession à sa prétendue mise eil surveillance , que le 1 9 brumaire il avait fait toutes les dis-

positions nécessaires pour assurer sa retraite. Pendant le moment le plus critique , nous dit Bonaparte , Sieyes était resté dans sa voiture à la grille de Saint- Gloud, afin de pouvoir suivre la marche des troupes.

On assure que ce fut lui qui donna le conseil de faire évacuer la salle des cinq-cents par la force des baïonnettes. Gela nous expliquerait conmient Bonaparte peut ajouter que : « La conduite de Sieyes dans le danger fut convenable; qu'il fit preuve' de fermeté, de résolution et de sang-froid , » lorsqu'il le repré-^ sente ayant le . pied à Tétrier dans le moment de la crise.

Ce qu'il y a de bien certain, c'est que la voiture de Sieyes , attelée de six chevaux de poste , attendait l'issue du siège de Saint-Gloud , et qu'il ne s'est montré qu'après que la résistance du conseil des cinq-cents fut vaincue par la force des baïonnettes , que pour s'associer à la victoire de Bonaparte , et se faire proclamer consul provisoire avec lui.

(n* 8.) ACTE DU 19 BRUMAIRE.

(ladiqué à la page Sap. )

Le conseil des cinq-cents, considérant la situation

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