‹ MémoiresChapitre 15 sur 18 · W*" 5.) MINISTÈRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

W*" 5.) MINISTÈRE DE LA GUERRE

(Note indiquée page 194*)

Etat de* effets d'habillement , de petit équipement et campement dont le ministre a ordonné C expédition, en toute diligence, du ^5 messidor au 8 thermidor, sur les magasins des armées, indépendamment des ressources existantes dans les mêmes magasifis.

Armée du Rhin,

Habits complets, 1 0,24^9 souliers, 1 6,963 paires; chapeaux, 1 5,080; chemises, 3o,ooo; havre-sacs, 49^00; bas, 1 5,000; guêtres, 35,000; marmites, 3i2; gamelles, i3,5oo; grands bidons, i2,5oo^ petits idem^ 65,ooo.

Armée du Danube,

Habits complets, 1 5, 000; souliers, 249311 paires; chapeaux, 20,o36; chemises, 5o,ooo; havre-sacs, 4^000; bas, 5 1,000 paires ; guêtres, 3o,ooo paires ; marmites, 3oo; gamelles^ 12,000; grands bidons, 10,000; petits idem^ 60,000.

Armée des Alpes,

Habits complets, i6,2s8; souliers, i6,564 paires; chapeaux, 1 5,000; chemises, 20,000; hayre-sacs,6ooo ; bas, 14)000 paires; guêtres, 24,000 paires; marmites, 3oo ; gamelles , 1 0,000 ; grands bidons , 8,000 ; petits idem y 3o,ooo.

Armée d'Italie,

Souliers, 25,383 paires; chapeaux, 20,000; chemises, 36,ooo; havre-sacs, 6000; bas, 19,000. paires; guêtres, 34,000 paires; marmites, 5 00; gamelles, 1 5,000 ; grands bidons , 1 2,000 ; petits idem , 60,000.

Armée d'Angleterre,

Chemises , 8,000 ; guêtres, 10,000 paires ; gamelles , 4,000; grands bidons, i,5oo; petits tc/em, 24,000.

[Rédacteur 9 n^ i320 )

4io MÉMOIRES

liiat des effets de grand équipetnent , campement et harnachement dont le ministre a ordonné Ceœpédition en toute diligence , le \6 thermidor , sur Us magasins des artnées ci-après , y compris ce qui existe déjà dans ces magasins, pour compléter P approvisionnement destiné à chacune déciles*

Armée du Rhin.

2,000 selles de hussards, 4>ooo idem de cavalerie, 10,000 baudriers, 3,ooo bandoulières, so/>qo ceinturons, 4)000 schabraques, 800 porte - manteaux, 25yooo gibemçs et pone-gibemes, 4)000 bretelles de fusils, 3,000 marmites de fer-blanc, 12,000 sacs à marmite , 2,000 housses , 1 ,5oo bottes à la hussarde , 1 ,5oa bottes à récuyère.

Armée du Danube,

3,000 selles de hussards , 3, 000 selles de cavalerie , 1 2,000 baudriers , 4^000 bandoulières , 24,000 ceinturons, 4,o 00 schabraques, 7,000 porte-manteaux, 3o,ooo gibernes et porte-gibernes , 1 0,000 bretelles de fusils, 3,000 marmites de fer-blanc, 18,000 sacs à marmite, 1 ,900 housses, 1 ,000 bottes à la hussarde , 1 ,000 bottes à récuyère.

Armée des Alpes.

5oo selies de hussards, 739 selles de cavalerie, 8,000

DE GOHIER. 4ii

'ceinturons , 1 2,000 baudriers, 2,000 bandoulières, 800 schabraques , 4 00 porte-manteaux, i5,ooo gibernes et porte-gibernes, 49OOO bretelles de fusils, 1,000 marmites de fer-blanc, 6,000 sacs à marmite, 5oo housses.

Armée d'Italie.

2,000 selles ''.e hussards , 1,297 selles de cavalerie, 12,000 baudriers, 3,ooo bandoulières, 20,000 ceinturons , 4)000 schabracpies, 700 porte-manteaux, 2 5, 000 gibernes et porte-gibernes, 6,000 bretelles de fusils, 2,000 marmites de fer-blanc, 12,000 sacs à marmite, 2,000 housses, 1 ,000 bottes à la hussarde, 1,000 bottes à récuyère.

Armée d'Angleterre,

600 selles de hussards , 6,000 ceinturons, l\00 schabraques , 6,000 gibernes et porte-gibernes, i ,000 marmites de fer-blanc, 6,000 sacs à marmite.

Dans la Belgique.

4,OQO ceinturons , 4^000 gibernes et porte-gibernes.

Dans la ly* division.

1 ,600 schabraques ,717 housses.

( Rédacteur, n* i'i58. )

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(if* 6.) TfOTE RELATIVE AUX OBSERVATIONS DE NAPOLÉON SUR LA LETTRE DE KXEBER.

( Indiquée à la page 19$. }

Bonaparte, avant de quitter l'Egypte, avait entamé une négociation avec la Porte ottomane. Dans la lettre qu'il laisse à Kléber, au moment de s'embarquer, il reconnaît que la peste, en enlevant seulement quinze cents hommes à Tarmée dont il lui abandonne le commandement, la mettrait hors d'état de tenir la campagne; et, dans ce cas, il l'autorise à conclure la paix , quand même C évacuation de t Egypte en serait la conditio-n principale.

Dans l'état déplorable où se trouvait l'armée, Kléber continue la négociation, et en charge Desaiœ, ce Desaix que les barbares eux-inémes appelaient le Soudan juste. Ce n'est pas un tel négociateur que Kléber eût choisi , s'il eût été capable d'accepter une capitur lation honteuse. En annonçant au directoire à quelles conditions il propose la restitution de l'Egypte, Kléber ne lui cache point sa crainte qu'elles ne soient refusées.

« Ce qui était projeté était bon, mais ^t mal exécuté, » dit Bonaparte: tout traité avec la Porte, s'il avait les

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» deux résultats de lui faire tomber les armes des mains » et de conserver rarmée en Egypte , était bon. Il y » a loin, ajoute-t-il, des propositions annoncées dans » la lettre de Kléber, à la capitulation d'El-Arish. »

Y a-t-il si loin de cette capitulation aux conditions que lui-même , suivant sa lettre , conseillait d'accepter dans une position bien moins redoutable? La prise du fort d'El-Arish par l'armée ottomane, qui se montait alors à quatre-vingt mille hommes, ayant augmenté les difficultés de la mission de Desaix, la première condition du traité conclu le 2 4 janvier 1800 fut que Carmée française évacuerait l'Egypte dans trois mois,

Bonaparte fait un crime à Kléber d'avoir ratifié le traité conclu par Desaix. Garât, chargé de prononcer l'oraison funèbre des deux négociateurs de la capitulation d'El-Arish, lui a répondu d'avance.

« Vous qui l'accusez, s'écrie Garât sur la place des » Victoires, au pied du monument élevé en l'honneur » des deux grands capitaines, et devant Bonaparte » lui-même, entendez les > réponses de Kléber; enten- » dez^-le vous dire : En prenant le commandement de » l'armée, les circonstances mêmes qui me l'ont donné » ont dû me persuader que les dangers de la répu- » blique étaient extrêmes. J'ai dû croire qu'il était » moins important pour la France de lui conserver » l'Egypte, que de lui ramener une armée qui à tou- » jours été victorieuse. Je n'ai abaissé devant les en- » nemis de cette armée, ni ses forces, ni sa gloire ; je

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• lui faisais ouvrir toutes les routes pour aller cher- >» cher des combats plvs nécessaires à la république.,. M En vivant pour la renommée , j'ai plus vécu encore » pour le devoir, et j'ai toujours senti que le moment M OÙ un citoyen est le plus grand, n*est pas*celui où M il ajoute à sa gloire , mais celui où il rimmole aux » intérêts de la patrie. »

Sans doute, Bonaparte ne dut pas être satisfait d'une justification de ce genre. Mais comment, pour en atténuer toute la force, ose-t-il dire d'un guerrier du caracîtère de Kléber, que « l'annonce des voiles tur- » ques et de la flotte du capitan-pacha peignait Tëtat »» d'agitation de ce général; qu'ayant servi huit ans » comme officier dans un régiment autrichien, et fait » les campagnes de Joseph II, qui s'était laissé battre » contre les Ottomans, il avait conservé une opinion » fort exagérée de ceux-ci. »

Est-ce Kléber qu'on pouvait soupçonner d'une impression si pusillanime?

Les motifs qui avaient fait conclure la capitulation d'El-Arish ne purent échapper au gouvernement anglais. Il refuse de la reconnaître , au moment où toutes les forces du grand-visir sont prêtes à fondre sur Kléber. L'amiral Keith lui annonce que l'armée française ne peut sortir de l'Egypte que pour être conduite dans la Tamise.

« On ne répond à cette insolence, dit Kléber à ses » troupes, que par des victoires.» Le 2 1 mars, à 3 heures du matin , le village de Mathaviel , défendu par un re-

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tranchement et seize pièces de canon , est emporté à la baïonnette par quelques compagnies de grenadiers, sous les ordres du général Régnier; et l'armée du grand-visir, forte de plus de soixante mille hommes , e^t dispersée dans les déserts par quinze mille Français*.

Tandis que KJéber poursuit sa victoire , le Caire se révolte, sur le faux bruit que les Français avaient été mis en déroute. Kléber reparaît, et Finsurrection est apaisée ; la ville révoltée ouvre ses portes et le reçoit en vainqueur.

«. L'Egypte est conquise par la France une se- » conde fois. De nouveaux remparts s'élèvent autoiu' w de ses villes, de nouvelles forteresses sur les bords » de son fleuve, de ses lacs, de ses sables. Au loin et » auprès de lui , Kléber ne peut plus laisser tomber » ses regards que sur des ennemis vaincus , sur des n peuples soiums et sur les compagnons de ses vic- » toires ; tout lui garantit la terreiu* ou les hommages M de l'Orient \»

Après avoir entendu tout ce que V armée et le pays devaient au génie et au courage de Kléber, forcé de convenir que, si ce grand homme eût vécu, l'Egypte fiit restée à la France , Bonaparte cherche à rabaisser une gloire qui offusque la sienne , et même à reporter à son influence, par le plus singulier anachronisme^ les succès qu'il ne peut contester.

■ Même oraison fîinèbrc.

négocier la capitulation d'El-Arish, impatient d accourir le premier à la défense de la république, s'embarque aussitôt que le traité est signé, et il arrive dans un moment fort heureux pour Bonaparte, celui où il était aux prises avec les Autrichiens dans les plaines de Marengo. Tous ceux qui ont parlé de cette fameuse bataille conviennent, avec l'orateur de l'orsûson funèbre de ce célèbre guerrier , que la manœuvre hardie de Desaix , et son intrépidité , si bien secondée par celle du fils Kellermann , décidèrent la victoire.

« La cavalerie française avait été renversée, et un » tiers de l'armée se trouvait hors de combat , quand » Desaix arriva , après une marche forcée de dix » lieues. Malgré une artillerie qui le foudroyait, il se » forma en colonne serrée, et, tournant à droite sur » San-Stephano, il fondit sur les Autrichiens avec tant » d'impétuosité que cette charge lui coûta la vie ; il » mourut comme Turenne. »

Bonaparte croyait la bataille perdue, lorsque Desaix arriva. Ce fait est constant et n'est ignoré de personne ; cependant voici ce qu'il nous fait raconter aujourd'hui : « Sur la fin de la bataille , et au milieu du ;• plus grand désordre , il aperçut Napoléon arrivant » près de lui. Eh bien! lui dit Desaix , nos affaires vont )* bien mal ; la bataille est perdue ; je ne puis plus » qu'assurer la retraite , n'est-ce pas ? Bien au con- >• traire , lui dit le premier consul , pour moi la ba- » taille n'a jamais été douteuse ! tout ce que vous i. 27

4i8 MÉMOIRES

I. yoyez en désordre , à droite et à gauche , marche » pour se former sur votre queue ; la bataille est ga- » gnée ; poussez votre colonne en avant , tous n'avez H qu a recueillir le fruit de la victoire. »

Bonaparte ne se contente pas d*iniaginer cet entretien avec Uesaix, pour s*attribuer tout l'honneur de la victoire de Marengo ; il prétend nous faire croire aiyourd'hui qu au lieu d'accueillir avec transport le négociateur d'El-Arish, il lui demanda ronnnent il avait pu signer la capitulation de l'Egypte ; car l'armée, lui obscrva-t-il, était suffisante pour la garder, nous ne devions plus la perdre ; et que Desûx \ui répondait : « Cela est vrai ; l'armée était certainement » assez nombreuse pour cela , mais le général en chef » ne voulait plus y demeurer. Or, le général en chef, » à cette distance, n'est pas un seul homme dans l'ar- » mée, il en est la moitié, les trois quarts, les cinq •> sixièmes. Il ne me restait donc qu'à le déposséder , » mais il était douteux que j'eusse réussi ; et puis c'eût » été un crime , car, en pareil cas, l'état d'un soldat » est d'obéir. Je l'ai fait *. »

Bonaparte croit-il pouvoir nous en imposer en nous transmettant cet entretien prétendu avec Desaix ? Était-ce dans l'embanas où il se trouvait à Marengo qu'il pouvait adresser des reproches à ce célèbre général sur la capitulation de l'Egypte? était-ce dans le moment où il venait si à propos à son secours ? Qui

* Mémorial , tume V, pag«*K 18 et 19.

croira à Todieuse et ignoble réponse qu'il met dans la bouche de' Desail ? Un militaire aussi loyal et aussi grand était-il capable de rejeter sur un général tel que Kléber la responsabilité d'un traité qui était son ouvrage ?

Mais on ne doit pas s'étonner que Napoléon fasse tenir ce langage à Uesaix vivant , il ose bien le faire parler lorsqu'il est mort ! Il est constant que, frappé de trois balles au cœur , Desaix est tonibé roide mort. Eh bien! lisez l'ordre du jour* sur la bataille de Marengo , lisez l'inscription gravée sur la colonne de la place Dauphine ; vous y apprendrez que cet illustre mort, enseveli dans son triomphe, a fait entendre ces paroles : « Allez dire au premier consul que je meurs » avec le regret de n'avoir pas assez fait pour la pos- » térité. » Ici du moins on (ait tenir à Desaix, après sa mort , un langage digne de lui.

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