‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 65 sur 81 · COMMISSION DU DIRECTOIRE EXÉCUTIF DE LA RÉPUBLIQUE FF4NÇAISE A ROME · texte numérisé non relu

COMMISSION DU DIRECTOIRE EXÉCUTIF DE LA RÉPUBLIQUE FF4NÇAISE A ROME

Rome, le 29 messidor an vi de l'ère républicaine.

Les commissaires du Directoire executif de la république française envoyés à Rome au citoyen Larevellilre- Lèpeaux.

Citoyen directeur,

Le citoyen Daunou était parti depuis plusieurs jours, lorsque Votre lettre à son adresse est arrivée. La personne qui me l'a remise, et qui était un aide de camp du général en chef Brune, ayant paru croire qu'elle était relative à des affaires publiques, attendu qu'il y avait ordre de l'envoyer de Milan à Rome par courrier extraordinaire, j'ai pris la liberté, sur l'invitation de l'aide de camp, d'ouvrir la lettre. Les premières lignes m'ayant fait connaître qu'il s'agissait véritablement d'affaires publiques, j'en ai continué la lecture. Le contenu de cette lettre renferme la réponse à plusieurs dépêches que la commission avait écrites au Directoire exécutif , réponse qu'elle attendait avec grande impatience. Je vous prie, citoyen directeur, d'excuser ma conduite en cette occasion. J'étais dans la persuasion que cette lettre, quoique adressée à un membre de la commission, regardait la commission. Je n'aurais pas d'ailleurs pris cette liberté, sans l'assurance que l'aide de camp me donnait que je pouvais l'ouvrir et la lire, ce que je n'ai fait qu'en sa présence.

Je vous ai, citoyen directeur, la plus grande obligation pour la nouvelle intéressante que vous nous donnez de la conservation et du complètement de la commission; car

VOUS nous tirez d'une grande incertitude, le consulat et moi. Cette nouvelle a produit ici le meilleur effet : le consulat l'a reçue avec la joie la plus vive et la reconnaissance la plus sincère. Le public regarde la conservation de la commission comme la garantie la plus sûre du maintien de ror4re, de la révolution, de la république. Nous ne pouvons nous dissimuler que les chefs militaires avaient conçu des désirs et des espérances que cette nouvelle a heureusement et subitement détruits. J'attends les collègues que vous annoncez. Je ne les connais point; mais, d'après ce que vous en pensez, j'espère que la commission, en changeant de membres, n'aura pas changé de principes, et qu'elle achèvera le bien que le Directoire lui a donné le pouvoir de faire.

Permettez, citoyen directeur, que je vous recommande les affaires sur lesquelles la commission écrit aujourd'hui au Directoire exécutif. Elles sont d'une grande importance. Les lettres sont relatives, l'une à la compagnie Bodin : elle est sous la date du 26 de ce mois, n° 38; une autre à ce qui vient de se passer ici depuis le départ du citoyen Daunou, et au mode d'exercice de l'autorité de la commission : elle est datée du 27, sous le n° S9; la troisième, à une prétention du ministre de la guerre, le citoyen Schérer, contraire à l'arrêté du Directoire du 17 floréal : elle est du 28, sous le n° ^1. La commission avait déjà écrit au Directoire sur ce point les 9 et 13 messidor, sous les n°^ 35 et 36. Les lettres d'aujourd'hui sont écrites dans le sens de ces dernières, et dans les principes adoptés par le citoyen Daunou et convenus avec lui.

Recevez, citoyen directeur, l'assurance de mes sentiments sincères d'estime et de respect.

Flore I s.

Page 1