QUEBEC
Chs P.F. Baillairgé, Chevalier de l’ordre de Saint-Sauveur de Monte- Reale, Italie, est né en Septembre 1827, et exerce depuis trente trois ans, dans la cité de Québec, les professions d’ingénieur, d'architecte et d'arpenteur. Depuis 1836, il est membre de la commission d'examen des arpenteurs de la Provine:, et Président de cette commission depuis 1875. Il est membre honoraire de la société pour la généralisation de de l'éducation en France, et a reçu treize médailles d’honneur et dixsept diplomes, ete., de la part de sociétés savantes et de corps publics de France, de Belgique, d’Italie, de Russie, du Japon, etc. Le père de M. Baillairgé, mort en 1865, à l’âge de 68 ans, était né à Québec et avait été pendant plus de trente ans, ingénieur des chaussées de cette cité. Sa mère, Charlotte Janverin Horsley, est encore vivante et est née dans l’île de Wight, Angleterre. Elle était fille du lieutenant Horsley, de la
Du Dictionnaire Biographique et Galerie de Portraits des honmes distingués du Canada et fils
de leurs propres œuvres. Compagnie Américaine pour la publication des Biographies, Chicago, New York et Toronto, 1881.
marine royale. Son aïeul paternel, P. Florent Buillairgé, est de descendance française, et a pris part, il y a près d’un siècle, aux travaux de restauration faits à la basilique de Québec. La femme de ce dernier, Mlle Cureux de St Germain, était également des descendance française,
En 1845, le Chevalier Baillairgé épousait Mile Euphémie Duval, fille de M. John Duval et belle-fille de lhonorable John Duval qui a été pendant un grand nombre d'années, juge en chef de la Cour des Appels de la Proviace de Québec. De ce mariage sont nés onze enfants dont quatre seulement ont survécu. Madame Bailiairgé étant morte en février 1878, M. Baillairgé a épousé en seconde noces, au mois d’avril de l’année suivante Mile Anne Wilson, fille du capitaine Benjamin Wilson, de la marine d'Angleterre. De ce nouveau mariage il lui est né un fils.
M. Baillairgé a d’abord étudié au Séminaire de Québec ; mais trouvant le cours d’études trop long, il quitta cette instution avant la fin des dix années réglementaires, et se mit à étudier simultanément l’architecture, le génie civil et l’arpentage. Durant sa cléricature il se livra spécialement à l'étude des mathémathiques et des sciences naturelles, et reçut ses diplômes en 1848, à l’âge de 21 ans. C’est à cette époque qu’il commenca l'exercice de sa profession, Depuis dix-sept ans il est ingénieur de la cité de Québec et directeur de l’aqueduc ; et, depuis 1875, il représente officiellement la cité, à titre d'ingénieur, au près des compagnies de chemin de fer de la rive Nord, des Piles et du Lac St Jean, dans lesquelles la corporation de Québec possède un intérêt.
M. Baillairgé a servi à plusieurs reprises dans la milice, avec les , grades de sous-lieutenant, de lieutenant et de capitaine. En 1860, et pendant plusieurs années subséquentes, ila été ingénieur-hydrographe de la commission du Hâvre de Québec et, en 1861, il était élu président de la Société des architectes et des-ingénieurs-civils du Canada. À deux reprises, c’est-à-dire en 1858 et en 1861, on le choisit à l’unanimité pour représenter le quartier St. Louis dans le Conseil-de- Ville de la cité, et deux ans plus tard, en 1863 il était mandé à Ottawa où il demeura deux ans en qualité d'architecte conjoint des édifices du parlement et des départements publics alors en voie de construction. Il s'agissait, à cette époque de discuter des intérêts considérables entre le
gouvernement et les entrepreneurs et il fallait débattre les réclamations de ces derniers s’élevant à une somme de près d’un demi-million. Au cours de ce travail, M. Buillairgé se convainquit qu’il ne pouvait continuer à remplir sa charge sans faire jusqu’à un certain point le sacrifice de ses principes, et plutôt que d’y consentir, il eut la hardiesse d’en avertir les autorités. (Cet excès de vertu ne s’accordait aucunement avec la morale de l'autorité de qui relevait la nomination et e’était plus qu’elle n’était disposé à passer à un employé du gouvernement, On tourna donc l'obstacle en donnant à M. Baillairgé sa feuille de route : . c’est un hommage rendu à son intégrité, hommage dont il à toujours été fier à juste titre. Peu après, il revenait à Québec.
Durant sa carrière professionnelle, M. Baillairgé à fait les plans et dirigé la construction d’un grand nombre de résidences privées à Québec et dans les environs. Il a également construit un grand nombre d’édifices publics, comprenant l'asile et l’église des sœurs de charité, l'Université-Laval, la nouvelle prison, la Salle de Musique (Music Hall), plusieurs églises tant dans la cité que dans les paroisses voisines, celle de Ste Marie de Beauce entre autres, dont l’intérieur est très ad miré pour la beauté et la régularité du dessin. Le “ Monument des Braves de 1760 ” sur le chemin de Ste Foye a été construit d’après un de ses dessins et sous sa surveillance, en 1850. Le gouvernement, les juges, le clergé et un grand nombre d’autres personnes ont souvent requis ses services pour la solution de questions cpineuses de technologie, le règlement de bornages contestés, de réclamations d’entrepreneurs, de même que pour des examens et rapports sur divers sujets,
En 1872, M. Baillairgé suggérait l’idée de la “ Terrace Dufferin,” et en 1878, il dessinait et faisait élever cette construction, longue de ‘ 1500 pieds et suspendue au flanc du rocher de la citadelle de Québec à une hauteur de 182 pieds au-dessus du niveau du fleuve St Laurent. Cette Terrace a été inaugurée en 1879 par leurs Excellences le marquis de Lorne et S. A. R. la princesse Louise qui en ont fait les plus grands éloges.
En 1873, M. Baillairgé fit les dessins et la construction du pont de l'aquedue sur la rivière St. Charles. Une des particularités de ce pont, c’est qu’il forme une arche de la même courbure que le conduit qu’il
reuferme, en sorte que, dans le cas ou un incendie détruirait la boiserie qui le protège contre la gelée, le conduit tiendrait seul en place, et la cité ne serait pas privée de son approvisiounement pendant la reconstruction de la carapace en boiserie.
A l’âge de dix-sept ans, M. Baillairgé avait construit une locomotive à vapeur à double cylindre destiné à rouler sur les chemins ordinaires.
De 1848 à 1865, il a donné une série de conférences, dans les anciens édifices du parlement et autres locaux ; sur l'astronomie, la lumière, la vapeur et les machines à vapeur, la pneumatique, l’acoustique, l’atmosphère, la géométrie et autres sujets de même nature ; ces conférences étaient données sous le patronage de l’Institut Canadien et d’autres instituts. En 1872, il donnait, dans les salles de la société historique et littéraire de Québec, et sous les auspices de cette société, une conférence très-élaborée sur la géométrie, le mesurage et le stéréométricon (procédé pour faire le cubage de tous les solides au moyen d’une seule et même formule.) Ce procédé, par lequel on apprend en une journée ou même une heure ce qui ne s’apprenait autrefois qu’en une année, venait alors d’être découvert par M. Baillairgé et lui a valu l’honneur d’être nommé membre honoraire de plusieurs sociétés savantes et de recevoir les médailles et diplômes nombreux dont nous avons parlé plus haut.
Nous croyons que la lettre suivante, du ministère de l'instruction publique de Russie, mérite d’être reproduite ici, parce qu’elle donne une idée des avantages du stéréomètricon ou “ Tableau Stéréométrique.”