‹ Mémoires lus devant la Société royale du Canada 1882 & 1883 [microforme]Chapitre 13 sur 16 · MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Saint-Petersbourg, le 34 février 1877.

No. 1823, |

A. M. BAILLAIRGÉ, Architecte à Québec,

MoxsiEur.—[Le comité scientifique du Ministère de l’Instruction Publique, (de Russie), reconnaissant l’incontestable utilité de votre

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“Tableau Stéréométrique ” pour l’enseignement de la géométrie en général, de même que pour son application pratique à d’autres sciences, éprouve un plaisir tout particulier à joindre aux suffrages des savants de l’Europe et de l'Amérique sa complète approbation, en vous informant que le susdit tableau, avec toutes ses applications, sera recommandé aux écoles primaires et moyennes, pour en compléter les cabinets et les collections mathématiques, et inscrit dans les catalogues des ouvrages approuvés par le Ministère de l'Instruction Publique.

On fera, en outre, des dispositions pour faire venir de l'Amérique à Saint-Petersbourg quelques exemplaires de vos éditions, et vous êtes prié instamment, monsieur, d’avoir la bonté d’informer le comité s’il n’existe pas quelque part en Europe, un dépôt de vos ouvrages mathématiques.

Agréez, monsieur, l'assurance de ma haute considération.

Le chef du département au Ministère de l’Instruction Publique.

E. DE BRADKER.

. Le Mercury, de Québec, du 10 Juillet 1878, fait les remarques suivantes à propos d’une secorde lettre provenant de la même source :

«“ Nos lecteurs se rappellent qu’en février 1878, M. Baillairgé recevait du ministère de l'instruction publique de St Petersbourg, Russie, une lettre officielle l’informant que son nouveau système de mesurage avait été adopté dans toutes les écoles primaires et secondaires de ce vaste empire. Après une épreuve de dix-huit mois, on s’est trouvé satis- . fait de ce système, et M. Baillairgé a reçu un nouveau témoignage du même ministère, sous la forme d’une lettre l’informant que son système va être adopté dans toutes les écoles polytechniques de l'empire russe. ”

Depuis cette époque, M. Baillairgé a donné de temps à autre, des conférences dans les deux langues, sur l’art et le dessin industriels et sur d’autres sujets intéressants et instructifs. Il travaille actuellement à un « dictionnaire ” des consonnances des deux langues française et anglaise.

En 1866, il écrivait son traité de géométrie et de trigonométrie plane et sphérique, avec tables mathématiques. C’est un volume de 900 pages in-8°. Depuis cette époque, il a publié plusieurs ouvrages et brochures sur des sujrts analogues.

ss St —

Dans son traité de géométrie (publié en langue française), M. Baillairgé a réduit, au moyen d’un procédé qu’il explique dans sa préface, à la moitié de leur nombre les deux cents et quelques théorèmes séparés des six premiers livres d’Euclide, tout en déduisant et conservant les conclusions obtenues par ce grand géomètre.

M. Baillairgé montre de plus l’usage et l'adaptation pratiques de problêmes et théorèmes dont l'utilité pourrait de prime abord paraître douteuse, comme par exemple, le rapport de la tangente à la sécante entière et à la partie de la sécante projetée en dehors du cercle, dans la détermination des courbes de chemins de fer ou autres passant par certains points donnés, et dans beaucoup d’autres cas. Sa manière de traiter la géométrie sphérique et les affections des côtés et des angles est nouvelle sous plusieurs rapports et plus facilement comprise par la moyenne des étudiants. Dans une note au bas de la page 830, M. Baillairgé démontre la fausseté de la prétendue solution de la trisection de l'angle par Thorpe qui avait pourtant travaillé pendant trente-quatre ans à ce problème, et il blâme le gouvernement de cette époque d’avoir accordé à ce mathématicien un brevêt pour cette invention.

En février 1874, M. Baillairgé visitait l'Europe, et c’est le I5 mars de cette année qu’il reçut ses premières palmes au “ grand conservatoire national des Arts et Métiers, à Paris.

Tout dernièrement, il a publié un rapport sur les défauts qui existent dans l’art de construire en cette Province et a recommandé l’établissement d'une école polytechnique pour la province de Québec ; cette école doit s'ouvrir bientôt dans la capitale provinciale, sous le patronage du gouvernement, grâce aux généreux efforts du révérend frère Aphraates, supérieur des frères de la doctrine chrétienne ; M. Baillairgé y sera nommé, croyons-nous, professeur de technologie et de génie-civil.

Plusieurs des rapports de M. Baillairgé sur l’état de la cité sont très-intéressants et très-instructifs ; celui de 1878, sur “ La situation de la municipalité,” est particulièrement de remarque. Son rapport de 1872 a été extrèmement recherché par presque tous les ingénieurs des principales cités du Canada et des Etats-Unis, à cause des renseignements nombreux et variés qu’il renferme.

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