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CHAPITRE XIX

Néanmoins, le soir du 22 juin, les attroupements ne stationnèrent point sur les boulevarts. Quelques milliers d'ouvriers se réunirent près de THôtel de ville. Le mot de dissolution des ateliers parcourait les rangs et excitait une grande fermentation.

La Commission executive fut prévenue qu'un conflit se préparait. Le ministre de la guerre, Cavaignac, qu'elle avait appelé précédemment dans son sein, prétendait tenir sous sa main 25 mille hommes de troupes.

Pourtant, le chifl're de ses troupes se trouvait réduit par les mutations suivantes, faites dans la garnison de Paris :

Le 14 juin, le 55® de ligne était parti pour Laon;

Le 1 5 juin, le 21^ de ligne pour Orléans ;

Le 18 juin, le 45" de ligne pour Soissons ;

Vers les mêmes époques, le 23® léger avait quitté Vincennes pour Versailles, et le 54® de ligne s'était rendu à Fontainebleau.

Cet éloignement fut-il déterminé par le fait d'une conspiration qu'on disait exister dans l'armée, et dans laquelle deux généraux se trouvaient compromis? C'est ce que j'ignore. Mais, n'importe

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pour quelle raison, la garnison, le 22 juin, atteignait, au plus, le chiffre de 12 mille hommes.

La bataille avait été annoncée, depuis plusieurs jours, par le général Clément Thomas ; la police du ministère était avertie. La misère du Peuple et ses espérances trompées allaient le précipiter dans une lutte fatale. On se flattait d'en finir avec ses prétentions : il allait prêter le flanc, lui-même, à de tristes mesures !

Les événements qui suivent sont encore si brûlants, que c'est à peine si j'ose en tracer une légère esquisse. L'histoire des trois journées de Juin paraîtra sans doute, plus tard, avec tous les détails qu'elle nécessite.

Jusqu'à présent, les récits officiels qui ont paru ont été entachés de partialité.

Les vaincus ont toujours tort !...

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