CHAPITRE XXI
d*odieuses calomnies et sur des faits honteusement travestis.
On remontait au 17 mars. Il eût été plus logique de remonter jusqu'au 21 février!
Trois représentants démocrates y étaient principalement accusés : c'étaient les citoyens Ledru- Rollin, Louis Blanc et Caussidiere.
Ainsi que mes collègues, je fus appelé devant la Commission d'enquête pour y déposer des faits à ma connaissance.
M. Odilon Barrot remplissait l'office de juge d'instruction.
Après ses premières questions, je lui dis que sa manière d'interroger ressemblait plutôt à une inquisition qu'à une demande de renseignements.
Il me dit que ce n'était qu'à titre de renseignements qu'il m'interpellait, la Commission n'ayant pas été instituée pour juger ses collègues.
Il aurait dû ajouter : Mais bien pour les livrer.
Son air mielleux et son regard en dessous ne m'inspiraient point une entière confiance.
Je le savais royaliste, et me rappelais quelques paroles de lui qui avaient fait naître en moi des préventions sur la sincérité de ses sentiments politiques.
'^*U MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.
- Quoique ce souvenir soit étranger à ce chapitre, il a une espèce de corrélation avec les événements ■du jour.
Il y a trois ans et demi environ, Jérôme Bonaparte fit un voyage à Paris où il eut des entrevues avec diverses personnes; il chercha aussi, par l'entremise de M. Joly, à voir quelques républicains. J'assistai avec MM. Recurt et Grandmesnil à une réunion qui se tint chez M. Joly.
Dans la conversation, le prince Jérôme nous dit qu'il avait été bien accueilli par M. Marrast du National, et qu'il regrettait de voir le journal la Réforme constamment opposé à son cousin Louis.
- Pensez- vous, ajouta-t-il, que mon cousin, venant apporter son épée dans la lutte à laquelle se préparent les démocrates, ne produirait pas un bon effet pour cette cause?
— Le nom de votre cousin, lui répondis-je, rencontrerait des sympathies dans les campagnes ; mais il trouverait des répugnances invincibles chez les démocrates d'action. D'ailleurs, les deux tentatives qu'il a faites à Strasbourg et à Boulogne lui ont enlevé toute prépondérance militaire. »
M. Jérôme ajouta alors que M. Odilon Barrot qu'il avait vu, lui aurait dit :