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CHAPITRE XXI

— La dynastie crOrléans n'est point aimée ; elle peut succomber, à la mort du roi. Votre cousin a fait des fautes ; mais vous dont le nom est vierge, vous pourriez être un en-cas, dans la circonstance.

Quoi qu'il en soit de cette curieuse ouverture de M. Barrot, je répondis à ses demandes devant la Commission d'enquête, plutôt sous forme de conversation, que comme subissant un interrogatoire.

Enfin, le 5 août, le fameux rapport fut lu à l'Assemblée. Ce réquisitoire royaliste faisait tout au long le procès de la révolution de Février !

Pendant la lecture, toute la gauche lança de violentes dénégations. M. Bauchard, rudement interpellé, prétendit que la Commission d'enquête avait atténué la valeur des faits établis par les dépositions; et comme on lui demanda quel motif avait empêché la publication des pièces, il répondit astucieusement que c'était pour éviter des récriminations toujours funestes.

L'Assemblée insista pour l'impression des pièces, afin de connaître exactement les faits. Une vive curiosité me parut être le premier mobile de cette insistance.

La publication ayant été décidée, je me bornai II m

^2 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

à demander un délai de trois jours pour avoir le tenops d'opposer des pièces contradictoires.

Cependrnt , ce rapport si profondément empreint de haine et de partialité, ne produisit pas tout l'effet qu'en attendaient ses auteurs. Une espèce de pudeur fit penser à beaucoup de personnes qu'on était allé trop loin. Quelques représentants de la partie dite modérée vinrent me prier de ne point continuer à aigrir les esprits, en combattant par de justes représailles les récriminations du rapport, et de ne pas allumer la guerre civile au sein de l'Assemblée elle-même.

Enfin, toutes sortes de raisonnements spécieux étaient employés pour nous amener à de simples explications des faits.

Le rapporteur, M.Baucbard, sans doute pour se rendre plus intéressant, me pria aussi , par l'entremise du représentant Démostliènes Olivier , d'engager mes amis à se contenir à son égard. Il recevait chaque jour, avait-il dit, des lettres anonymes qui le menaçaient de mort.

Je lui fis répondre que mes amis n'étaient point des assassins, et qu'ils se contentaient de mépriser la calomnie.

Au travers de ces dissensions intestines, l'As-

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