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CHAPITRE XXI

semblée nationale appuyait cependant en majorité le président du pouvoir exécutif : les représentants de la rue de Poitiers et de l'Institut, à cause des concessions qu'il avait déjà faites et dans l'espoir de celles qu'on espérait encore obtenir ; les représentants de la Montagne, dans la pensée qu'il finirait par s'apercevoir de son égarement, et qu'il ferait un retour, après avoir laissé libre cours aux premières violences de la réaction.

Il est impossible, disait la Montagne, que le général Cavaignac renie son passé; pendant plusieurs années, il a professé des opinions démocratiques, et son frère en parlait avec orgueil ; il sentira le besoin d'effacer la tache de sang que les événements ont fatalement imprimée à son nom.

Il doit souffrir horriblement, ajoutait-on, d'avoir fait mitrailler des citoyens entraînés par le dèsespoir de la misère et l'abnégation du dévouement.

Ces suppositions favorables et l'air froidement triste, empreint sur sa figure, lui conservaient une espèce de pitié religieuse : chacun se disait :

— E doit être bien malheureux !...

Vers ce temps-là, on annonçait vaguement un mouvement projeté pour le 14 juillet. On suppo-

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sait que le Peuple voulait prendre sa revanche. Comme les événements de Juin, bien que prévus, avaient cependant surpris les représentants démocrates, je résolus de m'informer et de mettre quelques amis en campagne pour savoir la vérité.

Deux agents de la police secrète, ne sachant pas que je connaissais leur numéro^ étaient venus me moutonner dans la salle des pas-perdus, et leurs propos m'avaient fait craindre quelque provocation.

Mes amis me dirent qu'en effet des bruits d'attaque étaient répandus parmi les ouvriers; mais qu'en général personne ne paraissait disposé à engager un conflit.

Je les invitai à parcourir les différents quartiers de Paris pour supplier le Peuple de résister à toute suggestion provocatrice, et pour combattre énergiquement toute velléité d'action : la moindre apparence d'émeute pouvant perdre alors tout à fait la cause démocratique. Je leur déclarai, en même temps, mon projet de voir le chef du Pouvoir exécutif, et de lui faire part de nos intentions. Ils approuvèrent ma démarche.

Je me rendis donc auprès du général Cavaignac,

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