CHAPITRE IV
cortaine force, toujours disponible et capable cl%n imposer.
Le Luxembourg avait aussi conçu des craintes. J'y envoyai un poste de volontaires dévoués, et je renforçai la caserne Tournon, voisine de ce palais, afin qu'elle pût y porter de prompts secours, si quelque attaque l'exigeait.
C'était là que le Gouvernement provisoire tenait conseil le plus souvent, et cent hommes résolus l'eussent enlevé sans résistance : il fallait donc confier aux révolutionnaires eux-mêmes la garde des dictateurs de février.
Sans désigner ici personne, j'avais acquis la certitude que la question d'un enlèvement avait été agitée en certains lieux, que je fis surveiller spécialement.
L''Hôtel de ville était aussi armé en guerre. Les royalistes appelaient cela une ribotte de fusils.
Nos voisins d'outre-mer ne peuvent comprendre l'institution de la garde nationale. Ils prétendent qu'un gouvernement sage devrait la détruire entièrement, et s'en reposer pour la sûreté de la capitale sur une armée en permanence dans ses murs. Outre le grand nombi'e de troupes qu'un pareil système nécessiterait, le Peuple, lorsqu'il se croi-
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rait cil droit de s'insurger, saurait hion trouver des armes, et il se ferait un moyen d'attaque de toute chose. Une guerre civile horrible s'engagerait et ne se terminerait que faute de combattants. Mettez les actes du Gouvernement en rapport avec la volonté générale, et vous pourrez alors déposer le fusil, sans crainte de désordre.
Un gouvernement réactionnaire craindra toujours les exigences du Peuple; mais ceux qui connaissent le bon sens pratique des ouvriers, savent qu'ils se contentent de la stricte exécution des promesses qu'on leur a faites, et qu'ils seraient disposés à appuyer avec enthousiasme un pouvoir assez modéré pour se considérer seulement comme le gérant des intérêts de tous.
Pour en arriver là, le président ne doit être que le premier commis de la raison sociale du pays. S'il devient accapareur ou incapable, la nation lui retire son mandat, et tout est dit.
Charger un homme du gouvernement de tous les autres, c'est vouloir les frustrer de leur Hberté.
Ces vérités sont banales; elles ne sauraient trop le devenir. Que les citoyens s'habituent donc à mettre la loi au-dessus de tout, et l'histoire n'aura