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CHAPITRE IV

plus à enregistrer des massaeres sans fin, pour tel ou tel prétendant.

L'éducation obligatoire et gratuite formerait une génération d'hommes de bon sens. Chaque jeune citoyen apprendrait, en résumé, les lois qui maintiendraient le droit commun.

Les départements enverraient leurs cahiers d'observations à TAssemblée, qui en ferait l'analyse, et les soumettrait par son vote au Conseil des ministres. Ce Conseil choisirait, dans son sein, un président, sans aucune suprématie sur ses collègues, et organiserait la mise en œuvre des décrets, qu'il proposerait ensuite à la sanction de l'Assemblée.

Je ne fais que reproduire ici la pensée d'hommes de bonne foi, qui voudraient en finir avec les tiraillements suscités par les ambitions privées !....

En viendra-t-on là sans avoir encore recours à la violence? Espérons-le!...

Le Peuple doit considérer le suffrage universel comme son arme véritable ; il doit bien étudier les candidats qui se présentent pour obtenir sa confiance. Il n'en est encore qu'à bégayer la science socialiste. Il ne saurait trop se défier des flagorneries qu'on lui prodigue. Ce rappel à sa propre

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dignité lui éviterait dos mécomptes pour Tavenir.

La popularité est la plus belle des récompenses ; gardez-vous de l'accorder au hasard, comme on a fait pour les décora! ions.

Deux cent cinquante mille citoyens étaient alors armés et inscrits sur les cadres de la garde nationale. Il eût été à désirer que tous fussent pourvus d'un uniforme, et que pour équiper les citoyens les moins aisés, les plus riches de chaque compagnie eussent contribué à une large souscription. L;i bonne harmonie, si nécessaire à Tordre social, y aurait gagné, et l'on aurait vu disparaître toute rivalité jalouse.

Avec une garde nationale bien organisée, un corps de réserve de cinq où six mille hommes eût suffi dans Paris pour les services extraordinaires ; Tarmée aurait pu ainsi être réduite d'un bon tiers. C'est 150 millions d'économie, que l'Etat aurait été maître d'appliquer à des défrichements pour diminuer le trop plein des villes. Où l'émeute aurait-elle pris alors ses élé;nents? Plus d'émeutes, plus d'inquiétudes. Les alarmistes n'ayant aucun prétexte pour souffler la peur chez le négociant, le commerce eût retrouvé une allure vigoureuse, et, par suite, cette confiance, que tout le monde ap-

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pelle d'un air effaré^ serait revenue toute seule et tout naturellement.

D'un autre côté, tout en préparant une constitution plus large que celle qu'on nous a confectionnée, le Gouvernement avait pour devoir de fticiliter l'association des classes de travailleurs , et si quelques hommes intermédiaires eussent été déplacés par ce mouvement industriel , cela, du moins, ne les eut pas empêché de hien dîner.

Qu'on interroge trente mille boutiquiers de Paris, ils diront que l'escompte et le monopole des grandes maisons les ruinaient avant février ! Aujourd'hui, ils se plaignent de ne plus vendre; mais d'où vient que la vente est arrêtée? Quels sont donc leurs clients? Leur vraie clientèle n'estelle pas dans le Peuple? Ne sont-ce pas les masses qui déterminent les grands mouvements d'achats ou de ventes? Or, aujourd'hui, ce peuple affamé en arrive aux haillons, plutôt que de distraire le centime qui doit aller chez le boulanger î...

S'il reste encore un vêtement ou une couverture dans un ménage nécessiteux, on voit bientôt une pauvre femme entrer furtivement, la larme à l'œil, chez un commissionnaire au Mont-de-piété. Celuici déroule le paquet et demande :

U MÉMOIRES DE CAllSSIDTERE.

— Combien voulez- vous sur ça ?

— Donnez-moi dix francs.

Le commissionnaire repousse le paquet et répond :

— Nous sommes encombrés de bardes ; on ne peut vous donner que quarante sous. »

La pauvre femme insiste pour avoir au moins cinq francs, alléguant que cette loque est encore très-bonne et qu'elle a coûté vingt-cinq francs.

Tout est inutile, le jugement est prononcé.

Alors, elle reprend son paquet et se retire ; mais aussitôt elle songe que ses enfants ont faim, qu'elle n'a plus rien à leur donner... Elle rentre prendre les deux francs de la piété.

Il y aura du pain pour deux jours !

Paris a de beaux palais, mais il a d'affreuses mansardes !...

Pendant que le pauvre s'abstient forcément, le riche resserre sa dépense et garde ses capitaux. Le boutiquier voit arriver ses échéances et le terme du loyer. Il a aussi ses douleurs. S'il dort un instant, il rêve faillite ; mais l'amour-propre du bourgeois le domine toujours. Au lieu d'accueillir les réclamations de ses clients les ouvriers , il récrimine et se rallie aux banquiers ses patrons, pour

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étouffer ce cri de justice. Il ne voit pas qu'il tire sur les siens. Il s'emporte et ne parle que de fusiller. Sans doute, il aurait raison de se défendre, si l'ouvrier venait piller sa boutique ; mais jusqu'à présent, quoi qu on ait pu dire, sur cent ouvriers on en trouverait quatre-vingt-dix-neuf tout prêts à exécuter les misérables qui tenteraient de profiter d'une insurrection pour se livrer au pillage et à la vengeance.

Ces réflexions ne sont pas tout à fait hors de mon sujet. J'ai été à même d'étudier la pensée politique et les actes du peuple travailleur ; et sans s'abuser sur les défauts que l'absence de l'éducation laisse subsister en lui, on peut dire que tous les sentiments généreux lui sont familiers. Avec un tel peuple, que de grandes choses pourrait faire un gouvernement intelligent et patriotique !

Rappelons-nous qui vint le premier apporter son offrande sur l'autel de la patrie?

C'est le travailleur! De même que, le premier aussi, il avait versé son sang sur les barricades de la République.

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