‹ MémoiresChapitre 22 sur 154 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Revue rétrospective. — Les socièlés secrètes eu 1838. — L'insurrection de mai. — Blanqui et M. Taschercau. — Commission d'enquête. — Barbes, Martin-Bernard, Raisan, Lamieussens. — ' Protestation de Blanqui. — La police de M. Carlier. -- Complot des séides de Blanqui. — On doit m'égorger, pendant la nuit. — Mandat d'arrestation contre Blanqui. — Lamartine refuse de la signer. — Le commissaire de police et la garde de Blanqui. — Dormes, chef du complot. — Danger d'une lutte entre les Montagnards. — Tout à feu et à sang. — Onze heures du soir. — Les révoltés en armes. — J'apaise la sédition. — Dormes est arrêté à la caserne Saint- Victor. — Les brebis galeuses. — Épuration des Montagnards. — Lettres de Landrin et Ledru-RoUin.

La Revue Rétrospective avait publié, dans les premiers jours de mars, une dénonciation sur les sociétés secrètes existant en 1858, sur leurs ramifications et le rôle qu'elles avaient joué dans les affaires de mai. Ce rapport, attribué à Blanqui, mit en émoi les patriotes. Une commission d'enquête fut nommée et dut chercher à vérifier le fait.

On vint me demander si c'était moi qui avais

m MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

livré ce document à M. ïaschereau. Je répondis ce que j'avais déjà dit à Blanqui, lui-même, qui, la veille, m'avait fait pareille demande : « que j'ignorais entièrement Texistence de ce manuscrit, retrouvé dans les cartons du ministère de l'intérieur. L'écriture n'était point de Blanqui. On reconnut plus tard que cette pièce avait été, copiée par un nommé Lalande, ex-secrétaire à la chambre des pairs, lequel vivait retiré en province depuis trois ans.

Les préoccupations de chacun des membres de la commission empêchèrent l'enquête d'aller plus loin. Mais la conviction de tous fut que Blanqui seul avait donné ces renseignements, pendant qu'il était sous le poids d'une condamnation capitale. Les citoyens Barbes, Martin-Bernard, Raisan et Lamieussens affirmèrent que tous ces détails n'avaient pu être révélés que par lui, et que la description de leur caractère était exactement la même que celle faite par Blanqui, dans ses moments confidentiels, à chacun d'eux sur le compte des autres.

Blanqui protesta de son innocence, lança l'injure, accusa de calomnie ses ennemis, mais il ne parvint pas à se justifier, et le doute resta dans les

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