‹ MémoiresChapitre 36 sur 154 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tait chez le Peuple, et des bruits qui couraient sur la formation du nouveau gouvernement :

— Les uns parlent d'un pouvoir, composé de trois membres ; les autres veulent nommer un président. Si le premier mode est adopté , il me semble qu'en adjoignant à votre nom ceux de Ledru-Rollin et de Flocon, les intérêts du Peuple et de la bourgeoisie seraient ainsi satisfaits en même temps.

— Cette combinaison ne serait point acceptée, me répondit-il; c'est tout au plus si Ledru-RoIlin pourrait y être introduit : quant à Flocon, il ny faut point songer.

Les quinze cent mille voix que je viens d'obtenir ne m'ont été données que parce que j'ai présenté des garanties de paix et d'ordre ; j'ai vu depuis trois ou quatre jours plusieurs centaines de députés qui se rallieront tous à ces principes. »

Je n'insistai pas autrement; mais j'ajoutai que pour assurer la paix et l'ordre, si ardemment désirés par tout le monde, il était indispensable que le Peuple comptât de vrais révolutionnaires parmi les membres du nouveau pouvoir.

. J'appris ensuite de M. Ledru-RolIin que lui et Flocon vivaient eu une entrevue avec M. Lamartine; qu'on avait parlé de ce projet ; que M. Lamartine

82 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

n'était pas alors éloigné de s'y prêter, mais que Tamour-propre de Flocon avait rendu tout arrangement impossible.

Ainsi, on arrivait à l'ouverture de l'Assemblée avec des craintes et des haines d'une part, et d'autre part avec des espérances et des ambitions.

Le 5 mai, je me rendis au palais de l'Assemblée nationale, pour visiter la nouvelle salle dans tous ses détails et m' assurer qu'elle n'offrait aucun danger.

J'étais accompagné du chef de la police municipale, du chef de la première division, du commissaire de police du palais de justice, et du colonel de la garde républicaine.

Un poste de sapeurs pompiers et de garde républicaine y était déjà installé.

Après avoir donné les instructions les plus minutieuses à M. Terchon , commandant des sapeurs pompiers , ainsi qu'au colonel de la garde républicaine , en ce qui concernait leurs attributions , j'entrai dans une salle où se trouvaient réunis le général Courtais , ainsi que plusieurs officiers d'état-major et divers fonctionnaires.

Page 1