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CHAPITRE IX

Mais, tout à coup, au milieu des applaudissements, le général en chef des gardes nationales, le citoyen Courtais, vient exprimer le vœu du Peuple, qui appelle le Gouvernement et T Assemblée pour acclamer la République sur les marches du palais, en face du soleil.

Alors, tous les représentants du Peuple suivent le président et vont défiler devant une foule immense qui encombrait le péristyle, les cours, la place, les quais et le pont.

Ce moment fut solennel. La grande voix du Peuple répondait comme un écho sympathique à la voix de ses mandataires ; et durant quelques minutes, tout le monde obéit à un entraînement religieux.

Depuis les premières manifestations des combattants de février autour de l'Hôtel de ville, aucun spectacle de la révolution n'eut plus de grandeur et de patriotisme que cet instant, si fugitif, oïl la population et le pouvoir issu du suffrage universel semhlaient être animés d'une seule âme et d'un seul esprit.

Sous le règne de l'Assemblée, qu'est devenue, hélas! cette harmonie précieuse, qui devait être le prélude d'une véritable fraternité?

92 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

Dès le lendemain, on lisait, dans la Vraie Repu- Uique^ cette prévision que l'avenir a justifiée :

« La fête a été magnifique, à Tintérieur de la salle aussi bien qu'au dehors. Mais cependant, sous cet enthousiasme des neuf cent citoyens choisis par les électeurs, il est permis de se demander quels sentiments, quelles idées s'agitent. Une assemblée est comme un homme. On la peut juger à première vue, sur sa physionomie. La république sociale et populaire, la république de l'égalité et de la justice, combien compte-t-elle d'adorateurs dans cette réunion de bourgeois qui la considéraient hier comme un crime ou une folie ?

« En quittant la salle, les vrais républicains songeaient peut-être à la belle scène d'Hamlet : Des mots, des mots, des mots ! »

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