CHAPITRE XIII
Envahissement de la Préfecture. — Des armes! — Jugement sur Je 15 mai. — Le chef de la police municipale. — L'Assemblée et l'ancien régime. — Calme des Montagnards. — La Commission executive. — Le Luxembourg. — La contre-révolution — Nous irons vous chercher. — Le capitaine Bertrand. — Le colonne Mercier. — La troupe de ligne. — Les clubs et le Gouvernement.
— Les monarchies et les soldats. — Arrestation du colonel Saisset.
— Métier de sergent de ville. — Le traquenard. — M. Garnier- Pagès. — M. Ledru-Rollin. — Justes plaintes du préfet de police. — Offre de démission. — Opinion de Flocon sur la Commission executive. — Déclaration de Garnier-Pagès. — Allez, mon bon. — MM. Charras et Bastide. — Licenciement de la garde républicaine, des Lyonnais et des Montagnards.
Vers cinq heures, pendant qu'une partie des républicains allait à rHôtel de ville, près de deux cents personnes entrèrent dans la Préfecture, en déclarant que le pouvoir et TAsseinblée venaient d'être dissous. Ils demandaient des armes.
Il y eut un moment de confusion inexprimable. Chacun semblait avoir peidu la tête. Quelques-uns des arrivants pénétrèrent jusqu'à mon cabinet et
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m'annoncèrent la nomination d'un nouveau gouvernement:
« Vous en faites partie , ajoutait-on , venez vous montrer au Peuple î
— Je suis ici comme préfet de police, leur répondis-je; lorsque je recevrai des ordres d'un pouvoir constitué, je verrai ce que j'aurai à faire ; pour l'instant, retirez-vous. »
Je cherchai à descendre dans la cour pour rétablir l'ordre. J'avais pris mon écharpe et mon sabre, et faisais en ce moment un triste soldat. Sur Tesoalier encombré de gens demandant des armes, l'un d'eux montra la porte d'une salle qui servait d'arsenal, et s'écria :
« Il y a des fusils ici !
— Si vous redites un mot, je vous passe mon sabre au travers du corps, lui lis-je. »
Il se tut, et, à l'aide de la garde républicaine, la Préfecture étant évacuée, je donnai l'ordre que, sous aucun prétexte, personne ne fût admis s'il n'appartenait à la maison.
Par ce moyen, je préservai la Préfecture, qui resta sur le pied de guerre, toute la nuit. Les pompiers et les gardiens de Paris avaient été armés. Nous évitâmes ainsi tout envahissement.