CHAPITRE XIV
J'ose (lire qu*un cri unanime de : Vive le préfet ! y répondit. On me livra passage, et j'entrai avec une centaine de gardes nationaux de tous grades , qui criaient : Vive la République démocratique ! et fraternisèrent bientôt avec la garde républicaine.
Au dehors , il en était de même : quelques officiers parcouraient les rangs de la garde nationale, également au cri de : Vive la République démocratique ! Ainsi, le bon esprit de tous faisait justice de cette intempestive levée de boucliers.
J'envoyai immédiatement ma démission écrite au Pouvoir exécutif, en môme temps que j'adressai au président de l'Assemblée nationale ma démission de représentant. Grand nombre de citoyens me blâmèrent d'avoir abdiqué ce dernier titre ; ils ne comprenaient pas que l'un avait été la conséquence de l'autre.
Dès rinstant où je semblais démériter comme préfet, il fallait, en quelque sorte, restituer un mandat qui avait été la récompense de mes actes. Cette manière de voir pouvait paraître une niaiserie politique ; je la crus rationnelle avec des principes qui ne me permettaient pas d'entrer dans la voie de la concession.
Le bruit se répandit, dans la cour, que je venais
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(l'envoyer ma démission. Les gardes nationaux et gardes républicains qui s'y trouvaient demandèrent à me parler, pour me dissuader d'abandonner mon poste. Je réussis à leur faire comprendre que j'avais dû en agir ainsi, leur recommandant l'esprit de fraternité envers tous, et l'obéissance aux ordres de mon futur successeur.
Quant aux Montagnards, ajoutai-je, mer elforts ont été vains pour assurer leur sort; toutes mes sympathies sont pour eux ; car ils ont été malheureux et calomniés.
Je reçus alors des témoignages d'affection qui me dédommagèrent de l'ingratitude de tant d'autres ! . . .
Dans la soirée, les généraux Clément Thomas et Bedeau vinrent me voir pour conférer des mesures à prendre. Ils voulaient que la garde républicaine évacuât la Préfecture sur-le-champ ; tels étaient les ordres que la commission leur avait donnés.
J'objectai qu'il y aurait quelque chose d'humiliant, pour de braves citoyens, à être ainsi expulsés la nuit; c'était leur donner une apparence de culpabilité que leur conduite n'avait nullement autorisée.
«On envoie quarante mille hommes, ajoutai-je,