‹ MémoiresChapitre 81 sur 154 · CHAPITRE XVI. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. n

naire inintelligent qui lui barra le passage, objectant qu'on ne sortait point sans laissez-passer.

Celte consigne mal interprétée blessa vivement le général.

Je le vis ensuite à l'Assemblée. Il se plaignit amèrement de raccueil qu'on lui avait fait et des alarmes que la permanence d'hommes armés chez Sobrier causait autour des Tuileries.

« On assure, me dit-il, que la maison Sobrier est une succursale de la police.

— On se trompe, lui répondis je. Sobrier n'est investi d'aucune mission de ce genre. Des ordres supérieurs et quelques lettres de menaces qu'il a rqyçues, l'ont seuls autorisé à être ainsi armé en guerre. Au surplus, je l'inviterai à désarmer. »

Dès le lendemain, en effet, j'expédiai le capitaine Louchet pour prévenir qu'on eût à renvoyer les hommes de garde à ce poste. Mais il exécuta mollement sa commission, c'est-à-dire qu'il se contenta d'une simple promesse d'évacuation.

Sur ces entrefaites, M. Bavoux, représentant du peuple, et propriétaire d'une maison contiguë à la maison Sobrier, m'exprima ses craintes sur ce dangereux voisinage : un accident pouvait mettre le feu aux poudres, disait-il, et faire sauter la maison

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ainsi que celles des environs. Ces motifs étaient péremptoires ; et, bien que je comprisse que cette épouvante provenait plutôt des doctrines que des fusils de Sobrier, j'ordonnai le retrait immédiat du piquet fourni par la Préfecture, et renièvement des armes. Néanmoins, je recommandai à Caillaud d'agir avec convenance.

Il écrivit donc la lettre suivante :

« Mon cher Sobrier,

« Le service de la garde républicaine, devenant de jour en jour plus pénible par la multiplicité des postes et des différents services publics, nous regrettons de nous trouver dans la nécessité de supprimer le piquet de la rue de Rivoli, qui est demeuré jusqu'à ce jour à ta disposition.

« D'un autre côté, étant en pleine organisation, et ayant quelques considérations à observer, c'est ce qui a fait prendre cette décision au préfet.

« J'envoie l'adjudant-major, qui est chargé de faire rentrer les hommes à la caserne.

« Salut et fraternilé,

« Cailiald. »

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