CHAPITRE XVII
breuses clames arrivaient en foule, munies de billets.
La représentation nationale était à son poste vers dix heures du matin; et immédiatement commença le défilé de chaque industrie accompagnant son chef-d'œuvre.
Les vainqueurs de la Bastille, les décorés de Juillet et les combattants de Février, semblaient venir, leur étendard en tête, offrir à la République le fruit de leurs communs efforts pour la conquête de la liberté.
Les 86 bannières, portant le nom de chaque département, passèrent entourées de leurs délégués respectifs.
Chaque char était suivi de deux ou trois cents jeunes filles chantant des hymnes patriotiques ; et ce fut là, en face de Testrade où siégeait la représentation nationale, qu'elles donnèrent une marque délicate de leur amour et de leur respect, en lançant spontanément les fleurs qu'elles portaient à la main ; et tous les représentants tinrent à honneur de ramasser un de ces bouquets.
Mais le programme de la fête, tant de fois modifié, se trouva bien insuffisant, lorsqu'il s'agit
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du banquet fraternel, préparé dans le milieu du Champ de de Mars.
Qu'on se figure une tente contenant une table de 80 à 100 couverts, autour de Iciquelle devaient s'asseoir alternativement, d'abord huit à neuf cents députés, trois à quatre cents maires ou adjoints des communes environnantes, tout le corps diplomatique, les diverses autorités de Paris et des départemenls voisins, les dames porteurs de billets lilas, au nombre de douze à quinze cents, enfin, tous les membres du Conservatoire, qui avaient prêté le charme de leur talent à cette cérémonie.
Tels étaient matériellement les préparatifs faits pour cette partie du service.
Aussi jamais confusion ne fut plus grande ; jamais parcimonie plus mal calculée.
A onze heures, les représentants prirent place à table, et comme les ordres les plus formels avaient été donnés pour que nulle autre personne ne fût admise, les dames mêmes furent comprises dans cette consigne.
Mais de toutes parts on fit irruption dans la tente du banquet, si bien qu'un peu après, il ne restait plus ni rafraîchissements ni vivres pour l'immense