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LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE

d'tiprps le Sceau de Ij Nalion Picarde.

,i /'Université de Pdns lui !SÛ.

fallo opposer les émaux aux métaux : ainsi Kazur est écarlelé a^ec le champ de gueule, comme Tor Test avec Targent. La différence de couleur , dans les lionceaux, n'a pas d*autre cause ; à défaut de renseignements historiques pour les colorier, le goût seul devait nous diriger (1). Quant au lion de sable, il nous rappellera que la Picardie a appartenu à la Flandre par le mariage dlsabelle de Vermandois avec Philippe d'Alsace.

Ce sont ces armoiries que la Société des Antiquaires de Picardie a fait sculpter sur Tune des cheminées du Musée Napoléon ; la planche publiée en tête de cette notice en fixe les pièces et les couleurs, de manière que le blason picard ne puisse plus être modifié désormais.

Nous n'avons pas à justifier le maintien des fleurs de lys sur notre écusson. Ce symbole appartient k l'histoire et ne saurait être le jouet des révolutions. Lorsque la république de 1848 laissait fleurdelyser le champ de F horloge au Palais de justice de Paris, elle ne faisait que suivre les traditions du gouvernement de juillet qui avait rétabli les écussons armoriés du siècle de Louis XIY dans les palais de Versailles et de Fontainebleau. La politique n'a rien à voir dans des emblèmes purement historiques, qui ne sauraient lui causer aucun ombrage, et l'archéologie doit s'applaudir d'avoir ramené enfin les esprits à des idées plus saines et plus justes que celles qui, sous nos diverses

^1) Nous devons remercier ici M. Goze du concours qu'il nous a prêté ; ses connaissances héraldiques nous faisaient une obligation de le consulter , et il a mis à nous éclairer Tempressement qui lui est habituel.

rcvolulions, ont enlratoé la dcstrucUoD de laol d'objets d'art précieux, k cause des emblèmes donl ils étaient or* nés. S'il en était temps encore, le gouvernement de l'Empereur serait le premier à blâmer l'architecte mal avisé qui enlèverait les fleurs de lys dont étaient décorés naguère les panneaux des stalles de la cathédrale d'Amiens on ferait scier les branches des trèQes qui couronnaient le faitage de ce magnifique monument.

C'est eo 1830 que cet acte de vandalisme a été commis, mais la civilisation a marché depuis , car aujourd'hui il nous est permis de le déplorer avec tous les amis des études historiques et sans aucune crainte de blesser la moindre sasceptibilité.

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