VII. Hbebbt , François
viu. Gbkbl. 1745-1791.
Les curés depuis la révolution furent :
I. Dblégluzb. 1808. — u. Dàvbegnb. 1818. — m. Poiebt. 1830. — IV. M. CuMONT. 1831. Encore en exercice.
Des luttes violentes d'intérêt pécuniaire s'élevèrent , au commencement du xviu.* siècle, entre les receveurs et représentants de Fabbaye et les curés du lieu. On voit ceux-ci exprimer leur douleur en ces termes , tracés à la fin du registre civil de 1713 : « En ces tems la pauvre » paroisse de Mesniëres a esté bien persécutée tant pour le » temporel , que pour le spirituel ; elle a souvent changé 1» de prestre, les vicaires n'y pouvant rester, estant » tourmentés par le nommé Sébastien Dlgeon, qui depuis » que les moines de Corbie Tont eu introduit dans Mes- » nières en qualité de commis , a tousjours fait en sorte » de se rendre recommandable auprès d'eux, en avilnant, » ut aiunt, plusieurs terres et reprennant tousjours quel- » que chose sur les petits revenus des pauvres prestres , 1» sous prétexte de conserver les droits des cardinaux
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)» Janson et de PoUgnac et des mofneB, par qui il se disoit » sollicité à ces nouveautés qu'il disoit estre obligé de » faire en conscience et dans la crainte de se damner. » G*est ce que Ton ne peut trop viser. Que Dieu lui en » fasse la grâce et à nous tous. Amen. »
Au registre de 1714 ^ m fine, on lit encore: « En ce » temps^à esloit Sébastien Digeon dans la ferme de Mes* » Bières , lequel a bien persécuté les prestres demeurant » dans ledit Mesnières. Il fut introdirit dans laditlè ferme » en qualité de commis par les moines de Gorbie, lesquels » l'ayant jugé très-propre à faire venir l'eau au mouKn , » Font tellement protégé dans ses mauvais desseins qu'un » très-révérend etillustrissime père d'entre eux, pourluy » prêter la main, vint le secourir un jour de feste, au grand » scandale de toute la paroisse et des lieux circonvoislns, » pour tirer à la gerbe dans le pré de Calais , contre un P très-digne prestre , vicaire à Mesnières , nommé Obry. » Digeon le terrassa et le suffoquait; le moine fui abattu et » tiré bas à la renverse par son scapulaire : les filles et » femmes lu y jouèrent ce tour et desli vrèrent le bon prestre » des mains de Digeon qui , contre Târest de provision » qu'obtint M. Capperon, pour lors curé do Mesnières et D malgré la possession immémoriale, luy vouloit ôter son » pain , pour augmenter les revenus des moines et s*insl- » nuer dans leurs bonnes grâces; et quelques années après, D en 1715, le dit Digeon commis de la dille ferme pour cer- » tains bourgeois de Paris et d'Amiens , qui la tenoient du x> cardinal de Polignac , abbé de Gorbie , voulant retirer » une grande partie des revenus de la cure de Mesnières » et troubler Xe curé dans la possession de tems immémo-
» rial et malgré le susdit arrest , déchira les habits d'un
» nommé Moitier , alors curé de Mesnièrês et le chargea
» d'injures atroces ^ le voulant empescher de dixmer du
» foin dans les prez de la ferme » ce qui estoit comme Tan-
» cienne coutume , et pour se venger le troubla considé-
» rablement dans la possession des menues dixmes , etc.
» — Charissime mccessor, fiml Deus ut ab hoc parocia
» eruatur taie flagéUum Dei , quod multos perturbait.
» Deus misere^ur hujus parocm,paeem atque benetUctia-
)» nem ei tibique det. Orapro me. x>
Ni Tune ni Fautre de ces notes n^est signée.
Rappelons ici , comme contrepoids à ces misères » un acte de charité d'un célèbre abbé de Corbie, Monseigneur le cardinal de Luynes , envers les pauvres de la paroisse de Maisnières. Le 6 mai 1785, par acte passé devant les conseillers du roi , notaires au châtelet de Paris (1 ) , Tillustrissime et éminentissime seigneur, Monseigneur Paul d*ÂIbert de Luynes , cardinal, prêtre de la sainte église romaine, archevêque, vicomte de Sens, primat des Gaules et de Germanie , abbé-comte de Corbie , abbé commendataire de Tabbaye royale de St.-Vigor de Cerisy , commandeur de Tordre du saint Esprit , voulant assurer aui pauvres des paroisses dépendantes de son abbaye de saint Pierre de Corbie la continuation des charités qu'il y faisait distribuer annuellement, leur a fait donation entre vifs d'une somme de 125,000 livres , par la remise au trésor royal pour cooslituer 5,000 livres de renie au profit des
(1) La copie est aux archives municipales de Maisnières.
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pauvres dans les paroisses de et de St.-Crépin et St.-
CrépiniendeMaiMiières,... ; entendant monseigneur que le montant de cette rente soit distribué annuellement par le prieur de Tabbaye , de l'avis des curés des paroisses ,
savoir aux pauvres des paroisses de Haisnières et
bameaux en dépendant , dans les proportions qui seront arrêtées entre les ^rés desdites paroisses , en présence du père-prieur, 1400 livres dont 1000 livres seront distribuées autant que possible en argent et en pain , et 400 livres en bouillons et médicaments. Ce bienfaiteur de la paroisse mourut le 8S janvier 1788. — Par suite de déchéance encourue et de réduction en tiers consolidé , la rente des pauvres de l'ancienne paroisse de Maisnières se trouve n'être plus que du quart environ de ce qu'il était primitivement, c'est-à-dire de 352 fr. 73 c. qui sont adminislrativement répartis ainsi: 109 fr. 38 à Maisnières, 173 fr. 35 à Aigneville , et 70 fr. à Tilloy- Floriville.
Le i juin 1775 la deuxième cloche de Maisnières fut baptisée et nommée Marie-Françoise-Angélique , par Antoine Godard , receveur de la châlellenie et Marie- Françoise-Angélique Lottin.
Il paraît que l'on cultivait le houblon à Maisnières au commencement du xvii.* siècle , car on voit le sergent de la chfttellenie , Antoine Thiébault , léguer à Michel , son fils, le 8 juin 1614 : « une portion de terre appelée hou-* brormière, tenant au chemin du Marais-Bonhomme, plus toutes les perches à houbron , qui sont plantées aux houbronnières ; » Et dans l'aveu de la seigneurie que nous avons cité, on voit des terreins à usage de houblonnières.
OourtMoz (1) (Coarthieux, GoortHs, CoofUilets) paraR avoir pris son nom du mot CaurtU qui signifie jardin ou Iierbage , de Curtis , peut-être même de l'espèce de fief particulier à la seigneurie et nommé CawrtUlerie , dont nous Tenons de parler.
On remarque dans ce hameau une vaste plaœ , antoar de laquelle H s'étend avec ses grands herbages.
En 1674 on voit Augustin Levasseur (2), écuyer, sieur de Gourlhieu et dame Marie Auxcousteaux , sa femme. Le premier fit son testament le 30 juillet 1719. Leur fils afné, Jean Levasseur , né le 9 septembre 1671, était en 1719 seigneur de Groquoison.
Visse (Yy, Vis, Vitz) (3). Le nom de ce hameau parait venir soit de Vicus , soit de Fui. On remarquera que la chaussée Brunehault, voie romaine tendant d'Amiens à Eu, passe tout près de là.
II n'est pas rare de rencontrer dans cette localité des débris antiques. Lorsque l'on creusa le canal de décharge dii moulin à blé de H. Sueur , il y a environ 30 ans , un grand nombre de monnaies romaines furent exhumées.
(1) D. Grenier (Mss. paq. 24), note un Gourtieux dont la tour fat attaquée et capitula. Il s'agit là de Gourtieux dans FOise, arr. de Gompiègne. Voir d'aiUeurs VHisL du duché de Valois par Carlier.
(t) Existait-il quelque parenté entre lui et J. Lei^asBeur, profesieiur de théologie , né à Yisme ? Nous le pensons.
(3) Wist est la forme intermédiaire de Wisna, mot correspondant à Manm domestica, selon M. Goeheris (Mém. Soc. Antiq. de Pic, t. XIV, p. 369), ce qui ferait supposer une signification identique pour les deux villages de Visse et de Btaisnières, qui se touchent pour ainsi dire.
Nous avons oomHieneé tout près de là , en 16A7 , une 'fouille que nous avons dû interrompre, parce qu'elle gênait le propriétaire, dont nous nous plaisons à reeon-* naître Fempressement à nous sMer dans nos reclierches. Cette fouille nous a procuré de nombreui tessons de pfttes diverses et prlncipalraieat de vases en terre de SÛios, fort remarquables par les bas«-relie& qui les ornant. M un prêtre consulte les augures , là une jeune feoitte sort du bain et s'appuie sur un vieillard , un jeune homnte à la chevelure bouclée, assis devant elle, la contemple , ete. Sur un de ces tessons aussi en ferre rouge , autour du pied , à Teitérieur , Tanoien propriétaire sans doute a écrit, avec la pointe d'un instrument, goonata tavi... — Dans un lieu voisin on a rencontré , quelque temps après, d'autres débris de vases i parmi lesquels use pirttte coupe presque entière , d'un gracieux modèle ; on y lit : LVG (Lucius ?} aussi écrit à la pointe. Cette circonstance n'est pas sans exemple , on a également remarqué à Bayeux un nom propre tracé à la pointe sur un vase an« tique trouvé dans les ruines des Thermes (1).
Il existe à Visse une carrière-refuge dont les chambres sont disposées de chaque côté d'une allée. L'entrée qui est obstruée , se trouve dans un herbage où elle porte le nom de muche-triquet (2). C'est peut-élre ce que les titres appellent les anemes de la carrière. M. Ravin (3) a reconnu en œ m^me village , sur le bord de la cbau9sée
(1) Mém, Soe. Anttg. Narm, U^xiv., f.W.
(2) Mwhe, mot picard qui signifie cocotte.
(3) Ms. aux arch. de la Soc AnAiq. Pk.
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Brttiiçhattlt , des restes d'habHatioos et des usteosiles a usaged^anemofi^to rofflaioe où s'arrêtaient les voyageurs. La châtellenie de Maisaières avait spa office de notaire, dont le seul titulaire cooaa résidant à Visse , était Lottin (1767 à 1791).
Ibiielielet et son écart HandreckY (Ândrechies) se composent de quelques habitations et d'un moulin à eau. De ce hameau la chaussée Brunehault se dirige dans la plaine vers la belle ferme de Gresny-Touvent. Le nom de Monchelet paratt venir de Moncella , petit mont, ou peutêtre de Èhntis-CeUa : une petite cellule , quelque grange dtmeresse peut-être, bâtie sur le coteau, où Ton remarque quelques monticules , sera l'origine de ce nom«
La dtme appartenait pour deux tiers aux chanoines de Gamacfaes et pour un tiers au curé du lieu (1).
Haroelaine ( Herselaine , Hercheleine ) ne dépendait autrefois ni de la seigneurie , ni de la paroisse de Maisnières. Cest la nouvelle formation des communes qui l'a accolé comme annexe à la commune de Maisnières.
Haroelaine était uâe ancienne châtellenie dont le château-fort n'a laissé aucun vestige. D. Grenier (2) dit que cette terre était tenue du comté d'Âumale par le seigneur de St-Yalery. Il ne cite d'ailleurs aucune date , aucun texte , et nous n'avons pu constater ce fait.
Uncomptedu bailliage de Lille (1405-1406) mentionne Adam d'Aigneville, chevalier , sieur dé Herseleine (3).
(1) Gamadiiê et ses setguewrs, §. ix.
(t) Mss. paquet 24.«
(3) D. Caffiaux. Trésor géiMog., 1. 1.«% p. 36.
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Od trouve en 1118 le sire Jean de Hargeleioe eafermé dans Gamadbés avec Louis Bonrnel de Thiembronne et autres gentilshommes harcelant les Anglais ; puis exk 14S0 le même et son frère Gauvain enfermés au Grotoy avec L. Bournel , Jacques de Harcourt et <c numt dmUre$ gentUz hommes de Yimeu et de PanHent et d^aiUeurs. » Après la reddition du Grotoy , Jean de Harseleine fit partie des otages donnés au duc de Bethfort, et il semble quMl fut tué avec Jacques de Harcourt, lors de sa trahison à Parthenay (14S3). Philippe d'Aigneville, écuyer, sieur cte Herceleine, est nommé en la coutume du Boulonnais de ranl5S0(l).
EnlfiOS, AmbroisedeRocquigny, écuyer, gouverneur d'Etaples, est qualifié seigneur d'Harseleine. Un siècle après» en 1700, on voit Jean L*Esperon, écuyer, seigneur d'Ochaucourt , Harcelaine, Honchelet, Handrechy (8). Voici la généalo^e de cette nouvelle famille, que nous avons dressée, tant d'après le Nobiliaire de Picardie (3), que d'après les registres civils de la paroisse : Michel L*Esperon, sieur de la Jonquière, marié à Antoinette Tardieu, avait été annobli en 1894, à raison de ses services, par le roi Henri lY. Leur fils Jean, sieur des Granges, épousa, en 1599, damoiselle Marguerite Gaillard, fille de Alexandre Gaillard d'Ochancourt et de feue Marie de Lestoille. Par
(1) Mém. de Pierre de Fénin, p. 153-205-208, édit. deM."« Dupont. — Monstrelet, Chron. iv, 149 ; v, 52. — Haudicquer, NM. de Pie,, pages.
(2) Titres de la Fabrique de Gamaohes, 16 décemb. 1700.
(3) Folio 248.
festtmeiit 4e 1 6tf , Jean et son épouse (égit&reiit à Alexandre L'Esperon, levr fils aîné, le fief d'Ochanoourt et laieire d'Andrechies. Celui-ci épousa, le Si mai 10S7; ëamoisetie Marguerite Manessier. Leur fils Philippe, éenyer, se maria, le M juillet 1660» arec Charlotte Agnesseau. De celte union naquit, le 25 septembre 16M, Jean, qni^ousa, le 39 avril 1690, damoiselle Marie Leblond, iUe du sieur du Plouy. Il est le premier que nous Toyions joindre à ses autres qualifications celle de sieur de Harselaine et Monchelet, sans que nous en ayons pu saisir la trace originelle. Jean fut inhumé le SS juillet 1718. Son fils, aussi nommé Jean L*Esperon d*Ochancourt, seigneur d'Hercelaine, Monchelet, Handrechy, YaucheUe^lès^Aulhie, etc., mourut le 19 juillet 1188, à 89 ans. Cest lui que le NtAt- Kaire qualifie de putné et nomme Jean-Baptiste, en Itri donnant Tàge de 11 ans en 170S. 8on frère ahié, Claude- Jean, était à cette époque âgé de 1 2 ans et d^ni. Les biens et titres de cette famille passèrent sur la tète de M^^ d'Ochancourt, qui mourut dans un âge très-ayancé.
Les armes des L'Esperon sont partantes : éfazur, à trtÀt molettes tP éperon à 6 raies ^argent y ietl. I^pport : detm lieomes; cimier : une Kcome i$$ant.
D'après une tradition du pays, un seigneur du lleo au* rtit été décsq[>ité en punition de quelque crime, k une époque qu'on ne cite pas; et soit en signe de deuil, soit qu'on ait voulu étendre la punition jusqu'aux objets matériels, tous les arbres, grands et petits, de la seigneurie auraient été coupés à tète, ce dont il reste mainte trace. Nous ne savons quelle foi on doit y aJ4Miter.
Harcelaine a une église dédiée à saint Saturnin. Le
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fibœur a été reWt en partie peatérieiirestDl à la nef, dent lés fenêtres sont ogivales , trilobées , hautes de 1 mètrt 45 centimètres, sur 0,65 de large. Une crédence du même style» avec une seule piscine, existe à droite du diceur. Dans la nef on voit des pendentifs en bois et dee eorniches sculptées, dont se détachent six statuettes à la matière de gargouilles. Le portail s'ouvre en anse de panier, entre deux contreforts épais. Il est surmonté d'un clocher-ar* cade pour deux cloches : une seule y est suspendue, encore esirelle tonte moderne. La porte est en chêne sculpté, mats on a détruit les quatre figures qui se trouvaient au centre des panneaux décorés d'arabesques.
Dans le chceur se trouve la pierre sépulcrale de Jean L'Esperon d'Ochancourt, où sont gravées les armes d'Ochancourt; dans la nef, celle d'un personnage décédé le 22 mars 1645, dont nous n'avons pu déchiffrer le nom.
Nous avons remarqué, autour de l'église, cette ceinture noire qu'on désigne sous le nom de litrey et que les seigneurs avaient asse;i l'usage d'y faire peindre, décorée de leurs armoiries, en signe de deuil, comme une ceinture environnant la sépulture de leurs ancêtres.
Harcelaine était autrefois et très-anciennraient une paroisse, dont la cure avait pour patron le chantre d'Amiras. Gelui<<)i participait à la dtme par deux gerbes sur neuf, le commandeur d'Oisemont trois, le prieur de 6an^aches deux, et le curé du lieu deux. Le revenu de la cune était de 24 livres au xiii'' siècle, de 200 liv. à la fin du xvu% et de 750 liv. eu 1736. — Celui de la fabrique était de 100 liv. à cette dernière époque, et de 75 en 1692.
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On tronve, an regMres civils, les noms des curés suivants :