‹ MémoiresChapitre 34 sur 113 · V. Le même Pruvot · texte numérisé non relu

V. Le même Pruvot

YI. HocQUBT, Louis-François, fils. 1886-1846. Vil. M. PauvoT, Pierre-Louis-Féiix. En exercice depuis 1816-

La coutume de Fretlemenle , commune avec celle de Bouillancourt-en-Sery, se trouve au recueil de M. Bouthor8(l).

Selon Ricard, Frettemeule et ses annexes étaient en Yi-" meu. Selon Délegorgue, Frettemeule et Maigneville étaient partie en Yimeu et partie en Ponthieu.

ViflMB (Wiamevillev le Ploaj, Hantaoonrti Moriral)»

Cette commune est composée de cinq villages ou ha meaux, dont deux, Yisme et Hantecourt, sont dans la vaL lée, et les trois autres dans la plaine.

Visme ( Visma, Vittma, Yima), de Yia maris, chemin de la mer (8) est un beau village placé aux sources de la ri-

(1) CoutwiMS loc. àa bailliage d'Amiens, tom. i«', p. S87.

(i) G^est le nom qu'un aveu du 4 novemb. 1388 donnait à la voie romaine, à son passage tout près de là, dans le Yal-Sainte-Harie* •— Reg. bur. des finances d'Amiens. — D. Grenier, Inirodm^. à Vhist, de Picardie, p. 487.

vière de ce mm. On croit qu'il fut autrefois le chef-lieu du pays de Vimeu. Ge village est divisé en deux parties: l'une basse, dite Yisme-Val, et Tautre haute, dite Yisme- Mont. A r inUtulé du registre civil de 1 699 on lit : Yismebas y Yisme-haut. C'est dans cette partie qu'existait le château-fort décrit par nous et où , nous croyons l'avoir démontré (1) , les habitants du Yimeu tentèrent en vain d'arrêter Edouard d'Angleterre dans sa fuite. Funeste pré*sage, trop tôt réalisé, de la sanglante défaite de Grée y I Nous ne rappellerons pas ce que nous avons dit sur ce sujet et sur le séjour qu'y fit le roi. Nous ne donnerons pas non plus comme absolument certaine la généalogie d'un noble Anglais qui porte le titre de comte de Yisme, qu'a publiée M. Schayes (8) ; nous nous bornerons à quelques citations. Selon lui, le premier qui porta le nom de Yisme fut le quatrième fils de Guillaume I"', comte de Ponthieu, aussi nommé Guillaume ou Gautier, et ce titre lui fut acquis par son mariage, en 9S6, avec une fille de Renauld de Saint*-Yalery. Peut-être serait-ce plutôt la fille de son fils Gilard ou Orland, comte du Yimeu, l'un des deux cbeva^ liers qui portèrent la châsse de saint Yalery, au passage de la Somme. Plus tard on voit Théobald de Yisme parmi les conquérants normands en Angleterre (1066); en 1084, Roger; en 1105, Pierre et Adolphe; en 1184, Raoul, qui si^a la charte communale d'Abbeville, et fut, avec Guillaume de Yisme, à la cinquième croisade, en 1815 ; Odon

(VjlGamaehes et m Seignewrs, p. 117 et soiy. (2) Notice hisMiq. et gé»éak§. swr Us ùomtee de Pimtkmk etmrlei comUs de Vime, — Bruxelles , tS4â.

de Visme, à la siiième croisade (1210) (1). M. Sdiayesdh que la seigneurie de Visme passa dans la maison de Cayev par le mariage de Jeanne de Yisme avec Mathieu de Cayeu, sire de Senarpont, pendant le xo* siècle (2). Cependant nous trouvons encore, en 1320, un Jehan de Yisme, qui siégeait en la cour de Ponthien à Âbbeville. Peut-être estce celui qui, avec le sire de Boubers et d'autres nobles seigneurs, s'embarqua au Crotoy pour aider Isabelle à renverser son mari, Edouard II, du trône d'Angleterre et à donner la couronne à son fils. Yers le même temps, ou peu après, on voit ThiébauU de Yisme plaider contre Hue de Yillers, son homme-lige (3). En 1361 , Jean de Cayeu, chevalier, seigneur de Yisme et de Dominois, reconnaît les droits de justice de Sery sur Busmenart ; en 1388, Jean de Cayeu passe l'aveu que nous venons de citer en note : probablementest-ce le même personnage. Son fils atné Mathieu, chevalier, figure en 1418 comme seigneur de Yisme, Senarpent, Bouillancourt et autres lieux. Lui, son frère Hugue, évèque d'Arras, et Jeanne, leur sœur, forent les derniers de la noble et illustre maison de Cayeu (4), qui avait fourni deux vaillants chevaliers à la quatrième croisade, Anselme et Eustachede Cayeu, les généreux fonda-

(1) Yoy. Malbrancq, de MoriniSy tom. ii, cap. 3, lib. 8, p. 605; — Bollandus, VUa sancti Walerici, 1* AprUis, p. 35 ; — La Noblesse aux Croisades, par M. Roger, p. 217, S45. — Mëm. Soc. d^Émulatîon d'AbbeviUe, 183^7, p. 88.

(2) Ne faut-il pas reporter cette alliance plus tard et faire de Jeanne la mère de Jean de Cayeu , le premier de cette famille que nous trouvions à Visme ?

(3) Àneien wiUumer inédit de Picardie, p. 15 et 104.

(4) Elle portait d^or à la croix OMrée de gueules.

teurs de Tabbaye de Sery. Hugue , devenu héritier de toutes les terres de son frère, vendit celles de Gayeu et de Bouillancourt au comte d'Étampes, vers 1435. Yisme et les autres passèrent à sa sœur, Jeanne de Gayeu (1), qui avait épousé messire Jean de Monchy. Leur flls et héritier, Aimond ou Edmond de Monchy (2) épousa en premières noces rhéritière de Montcarvel, et en deuxièmes noces Madeleine de Montalembert. Il figure dans une charte de 1464. Sans doute il vivait encore lorsque le duc de Lancastre se rendit mattre du château de Yisme, en 147S, au rapport de Froissart (3). Son fils Edmond II épousa Isabeau de Ligne, dont il eut Jean, qui épousa Marguerite, fille et héritière de Louis d'Abbeville et de Marguerite de Biencourt. Leur fils, aussi nommé Jean, chevalier, capitaine de SO hommes d'armes, bailly d*Amiens, étant gouverneur du Boulonnais, aida avec intelligence le duc de Guise à reprendre Galais (1558). De lui et de Glaude de Longuevai, sa première femme, naquit Antoine, qui épousa en deuxièmes noCes Françoise de Vaux, dont il eut Gédéon, marié à Ghristine de Viefpont. Leur fils, Charles de Monchy, écuyer, baron de Visme, capitaine d'une compagnie au régiment de monseigneur le duc de Ghaulnes,

(1) Dé laMorlière {Recml des illustres maisons de Picardie , p. 79) dit que ses deux frères furent tués à Azincourt: c'est une erreur. Les documents que nous consignons ici, puisés dans Phist. Mss. de Sery , nous semb.ent plus exacts.

(2) De la Morlière (ouvrage cité) et , d'après lui , Haudiquer de filancourt {Nobiliaire de Picardie y p. 351) disent qu'Edmond fut doté, en faveur de mariage , de Yisme, Senarpont , etc.

(3) Tome i.«% p.^« %.«, p. 597. '^Gamaches et m seigneurs^ p. 12%.

épousa Marie de Cavrel, dont il eut : Charles, en 1635; Jeanne, en 1637; Angélique, née le 31 janvier 1641 ; Nicolas, né le 9 juin 1642. Charles de Monohy mourat la 6 février 1650, et fui inhumé dans le ehœur de Tégliae de Visme. En 1 662, le 6 octobre, était inhumé dans le même Ueu messire Charles de Monchy, son fils, baron de Yisme, dont les descendants sont nommés au $ p? écéde&t, depuis François, son fils, jusqu*à messire Ândré-Honoré, marqmVde Monchy, aussi baron de Yisme et vicomte de La Queute (1).

En 1785, messire Marie-Paul-Charles Leblond du Ptouy est qualifié baron de Visme, seigneur du Plouy , Acbeux, Ackery, etc., chevalier de Tordre royal et nuQitaire de Saint-Louis, capitaine au régiment de Bourgogne-Gavsh lerie. Il avait épousé Marie-Jeanne-Âugustine de Belloy, dont il eut, le 19 janvier 1787, Âimée-Ântoinette ; le 24 novembre 1790, Armand.

La seigneurie de Visme était tenue noblement en pairie du roi, à cause de son comté de Ponthieu, par 60 sols de relief, 20 sols de chambeltage et le 5* denier en cas de vente, plein hommage, ^rviee de plaids. Elle se composait d'un manoir à Visme, avec 15 journaux de terre, suivant aveu du 9 mars 1377. Un grand nombre de masures et de fiefs, parmi lesquels nous citerons seulement le Plouy, le grand et le petit Bus à Martaineville, Maigneville et Wiameville, étaient mouvants de cette seigneurie. Ansn croit-on que ce lieu avait une grande importance autrefois. Le droit de commune lui fut concédé par Guillaume ,

(1) Les de Monchy portaieni : ieffueale» à trois rnaUUtt» d'or 2 et 1.

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