‹ MémoiresChapitre 33 sur 113 · II. Hennequin. 18Î · texte numérisé non relu

II. Hennequin. 18Î

ni. M. Pruvot, récemment en exercice (1857).

Le 23 février 17S6 le curé de Fretlemeule baptisait , sous les prénoms de Marie-Anne , une petite fille âgée d*environ trois semaines, qui avait été donnée à nourrir à Jeanne Dupont » femme de Joseph Bourgeois , avec un billet portant engagement de payer les dépenses et déclarant que c'était un enfant naturel appartenant à messire

Charles de Créqui^ et doat la mère était Marie-T^érèM deFérioIl6deCréqai(l).

Les registres oivila de la paroisse reffloateat à 1654 el se suivent depuis sans interruption.

jOn remarque à l'entrée du village de Frettemeule une croix en pierre de tuf très-ancienne.

BbigneviDe s'est écrit tant6t Magneville, tantôt MamguevUle: les paysans prononcent encore ainsi. L'étymologie est-elle JUtignavilla, ou Magneium, mol quelquefois employé pour exprimer manoir? En Tan 1100 on trouve écrit Magni-^lla.

A rextrémité de la rue dite de Visme, vers Busmenard, on rencontre des ruines romaines, comme des emplacements de maisons , des moellons, silex et tuiles à rebord.

On voit figurer un sire de Magneville parmi les conquérants Normands. Nous ne prétendons pas cependant que ce in t un seigneur du Heu dont nous nous occupons , car ce nom se retrouve en Normandie (2).

Maigneviile était un fief noble sans domaine , teou en arrière-fief de la terre et seigneurie de Frettemeule. II consistait en censives et mouvances sur des terres , maisons et manoirs. Il appartenait en 1780 à haut et puissant seigneur messire André-Honoré , marquis de Moncby ^

(1) Ceci nous rappelle qae vers 1840 un habitant du village de fiuigny vendit à un colporteur, connu sous le nom du père Lazare , un tableau sur lec^uel était collé un christ en papier , qui cachait un très-beau portrait sur toile dMn sire de Gréqui. Tout annonce que ce tableau provenait du château de Beauchamp.

(2) Magneville ou Manneville-sur-Thil. Yoy. au Cûrtvd. Norm. cité ci-dessus, p, 153, n.« 703, et p. ^4, n.» %3.

elieYalier , baron de Yisme et vicomle de la Queute , sei* gneur de Sailly-le-Sec , Flibeaucourl , Ponlhoile , Morlay ea partie, Franciëre et autres lieux , ancien capitaine de cavalerie au régiment royal et cheTalier de Tordre de St.- Louis. Celuirci Tavait recueilli en qualité d'héritier de feu messire Alexandre Benoit , comte de Monchy , ancien capitaine de cavalerie au régiment de son nom , sénéchal et gouverneur dePonthieu, son frère aine» lequel en était donataire, par contrat de mariage , de messire André , marquis de Monchy , chevalier , seigneur et baron de Visme » aussi sénéchal de Ponthieu , leur père , fils aine et héritier de messire François de Monchy , chevalier , baron de Visme; Ce dernier en avait (ait Tacquisition de messire Jean de Belloy , chevalier , seigneur de Rogent , suivant contrat du 8 mai 1668.

Le 4 novembre 1388, le sieur de Yisme recevait aveu de Thomas de Maigneville, déclarant tenir de la pairie de Yisme un fief à Malgneville, consistant en manoir, mouvances et domaine.

Maigneville est à une distance à peu près égale entre I^rettemeule et le hameau dlnfray, autre annexe située sur la route départementale de Gamaches à Abbeville.

Iafv«y (Hinfray, Infré) est situé entre Maigneville et Translay. Son nom parait venir du latin tn/rà, au-dessous, à côté, soit à raison de sa situation au regard de la voie antique qui passait à Translay (infaa mam ferratam (1), soit à cause de sa position auprès de la partie du bois de

(1) Charte de 1219, sous radministrat. d'Isoard ; cartul. de Sery.

Sery, qu'on désignait par ce même mot : « Nemu$ mfrà metas parochÙB de BouiUancourt (1). »

Le fief dlnfray était tenu de la seigneurie de Haigne- Yille. Il a appartenu à Marie Danzel, mariée en 1 66i à Jean Ly^ef , écuyer, sieur de Boencourt, qui devint, en 1S68, mayeur d'Âbbeville ; en 1602, à Charles Lyver, son petitfils; en 1663, à Charles Lyver, qui ne se maria point, et dont hérita sa sœur Isabelle, qui avait épousé Jean Lyver, écuyer, sieur de Bouillancourt-en-Sery , son cousin ; puis à leur fils Louis Lyver, marié avec Charlotte d'Aigneville (2) ; enfin, en 1771, au sieur de Vauchel, comme héritier de Jean Lyver (3).

Le hameau dlnfray a été presque détruit, le 26 janvier 1822, par un violent incendie, qui causa un dommage évalué à 66,576 fr.

Bâillon est une ferme située entre Frettemeule et Haisniëres et appartenant aujourd'hui à H""* de Rocquemont, née Vincent d'Hentecourt. C'était autrefois un fief noble, qui consistait en maison de 1 0 journaux, 1 40 journaux de terre et censives. Ce fief était tenu du comté de Corbie, comme dépendant de la châtelleniedeMaisnières. 11 provenait de Jean Viilain, qui le donna, le 20 août 1485, à sa fiile Marguerite, épouse de Jean de Saint-Delis, avocat du roi au bailliage d*Âmiens. Le 14 décembre 1500, cette dame, devenue veuve, releva celle terre, qui fut aussi re-

(1) Charte de 1244, soas l'administrât, de Pierre de BoaiUaor court, loc. eU.

( 0 NM. de Pie., f» 450.

(3) Reg. aux aveax de Gamach., art. 37%.— Déclarât, de la terre de Maisnières.

levée, le 26 avril 1587, par son fils Antoine de Saint-Deiis. Son fils afné Robert, sieur de Heuconrt, releva le 6 janvier 1530, puis Robert fils, deuxième du nom , le 5 juin 1591. La veuve de celui-ci, Suzanne de Fer, comme mère et tutrice de ses enfants, releva le 7 mai 1611 , et enfin Madeleine Arnoult, veuve de Louis de Saint-Delis, aussi au nom et comme tutrice de Louis, son fils, le 15 septembre 1648. En 1679, ce fief était encore possédé par un sieur de Saint-Delis, marquis d'Hentecourt (1) ; plus tard par un sieur Seneschal, avocat en parlement, demeurant à Paris, qui le vendit en 1753 (2). Messire Charles-Vincent d'Hentecourt, chevalier, le possédait en 1780.

La population de la commune, d'après le dernier recensement, s*élève à 491 habitants, répartis entre 133 maisons, qui sont au nombre de 58 à Frettemeule , 67 à Maigneviile, 13 à Infray et celle de Bâillon. L'on comptait, à la fin du xv!!"" siècle, 310 communiants dans la paroisse de Frettemeule. D. Grenier lui donne seulement 46 maisons, Infray non compris, bien entendu.

L'instituteur communal a 72 écoliers, dont 30 filles.

Le territoire contient 734 hectares.

Nous avons remarqué les lieux dits suivants : les Avernes, La Mer, le Chemin et les Prés-du-Petit-Pile (3),

(1) Yoy. Dénombrement de la seigneurie de Maisnières, postérieur à 1773.

(%) Mss. D. Grenier, p. 24«. — Regist. de Fabbaye de Gorbie.

(3) Voyez le sens de ce mot à l'art. Bouyincourt. — Le chemin du Petit-Pile, conduisant de Yisme à Maisnières par déviation de la chaussée Brunehault entre Yisme et Hantecourt , est actuellement compris dans le chemin de grande communication d'Oisemont à Mais^ nières.

le Fond-d* Aliane , le Chemin-des-CbaMe-Marées et les Rouattes ; la rue aux Énetles à Frettemeole ; les rues du Yent et d'Ërondelle à Maigneville.

La commune eut pour maires :

I. HocQUiT, Loais-François. 1790.— An ui. II. Lsoiiy Jeau-Fraoçois. Nommé le 11 messidor an ni, il refusa, et les fonctions furent remplies successivement par QuAiLLBT, Antoine, et Hogqubt.

m. Pbuvot, René-Félix. An viii. — Septembre 1815. lY. QuAiLLBT, Antoine. 1815-18%!.

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