VII. SiMO!! , Pierre
viu. Wallbt » Charlemagne. 1790-1792. Le 9 septembre de cette année la municipalité de Yisme lui délivra on passe-port pour sortir du royaume. On voit à la date du 14 du même mois (An IV de la liberté , P' de Tégalité) un acte de baptême par Godquin , curé de Tours , à défaut de prêtre fonctionnaire à Visme. IX. Dbzenclos , Nicolas-André. Il fut nommé à la cure de Visme et installé le 27 décembre 1792 , en vertu des lettres de provision de TÉvêque. Il était précédemment vicaire de St -Quentin-Hotte-Croix-au-Bailly. Le 1 4 germinal an II , J)ezenclos déposait à la municipalité ses lettres de prêtrise , et le 24 messidor an III ordre lui était donné de délaisser le ci-devant presbytère, où Ton installait un instituteur.
Depuis la révolution Yisme D*eut que trois curés :
i. AcoT , 1802.
H. Wallet, 1803. C'est le même qui avait émigré en 1792.
ni. M. DBB09BBBT 9 1834, aujourd'hui encore en exercice.
Saint Maxime, évAque de Riez au v* siècle, fut enterré à Visme , au dire de Do^m Grenier , (1 ) et son corps y fut trouvé en 958. Mais, selon Baillet , il s*agit de Yisme-en- Artois. Cest dans le même lieu sans doute que fut aussi trouvé, en 954, le corps de saint Masse.
 Visme en Vimeu naquit le 21 décembre 1S71 Jacques Levasaeur, docteur en théologie, qui professa celte science avec éclat aux collèges de Navarre et deMontaigu.
(1) IfUrod. à l'hist. de Pioarâie, p. 272,et MSS.paq. 24«.— MS. Rumet , fol. 22. — Baillet , Vtes ie$ SainU.
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Son père «e BOOiiMit Hadrien et sa mère Pétronille de BellevaL II devint , en 1609 , recteur de TUniTersité (1) , et mourut en 1636. On lui doit, entr'autres ouvrages» les Annales de la ville de Noyon, où il fut archidiacre et juge ordinaire de la cour spirituelle (2).
Jacques Levasseur y fait l'éloge de son oncle François Levasseur, licencié en théologie , aussi archidiacre et chanoine de Noyon, prédicateur pendant. plus de 40 ans» né à Visme le 29 octobre 1527, et mort à Noyon le 13 octobre 1623: Son père Jean (faleul de Jacques) était d'extraction noble et avait combattu en Italie avec le sire de Se^ narpont, sous François I^. Les eipressions élogieuses du neveu , dans le style du temps , sont parfois d'une telle bizarrerie qu'on nous excusera d'en citer quelques-unes : « Il preschoit la sublimité des sens, non des paroles.... Jésus- Ghristcrucifié, non le goût du monde. . . Servoit de bon mets qui rassasient, non les plats d'écrevissesquiaffiaiment.... Sa Bible qu'il sçavolt comme ses doigts luy foumissoit de quoy à toute heure mettre la nappe évangélique aux pauvres atEamez qui demandent du pain et personne ne letr en rompt , lorsqu'on ne s'amuse plus qu'à traicter les riches seulement* Le pain évangélique est trop bis : ceux des villes n'en veulent plus manger , il leur faut des
cailles ou autres mets plus exquis Enfin donc, ce
chesne de Basan est tombé de son long , après un siècle
(1) H. Loaandre, Bk^r. iPAiMUe, p. 211. — MSS. D. Grenier,
(2) ?. Daire , TMeam, etc. — Langlet-Dufresnoy , Mim. é^ temfs, t. IV. ^ M. Prarond, L$s hommes lUiks ie Varr,^ d'Àh- UMb , p. 143.
de vie : Sicut arbores magnœ quœ diù creseunt et una hora exstirpantur. Avant tomber , plusieurs sont venus à œ chesne pour en tirer le Guy4' an-neuf , c'est-à-dire la bénédiction de ce bon vieillard (1). d
On voit à Visme-Yal , sur le chemin de Martaineville » un lieu dit les Ursulmes. lÀ, dit-on» était un ancien hépital ou une maladrerie. Peut-être est-ce le* même lieu qu'on appelait le ml sainte Marie.
Le 2 octobre 1649 le curé de Yisme baptisait » sous le nom de Anne , une fille bâtarde de messire Jean de Gréquy (2) et de Marie Grébault , présentée sur les fonts par Jacques Marbie et demoiselle Anne de Créquy. U est remarquable qu'en 1786 pareil fait se reproduisait en l'église de Frettemeule et qu'il s'agissait mm d'une fille bâtarde d'un autre sire de Gréquy.
Le i Mai 1816 se manifesta dans le village de Yisme un incendie qui fut lentement réprimé , parce que. l'absence de cloche fit qu'on ne put sonner le tocsin ponr appeler dessecours. La perle fut évaluée à 14,712 francs.
Le Plouy (Ph)ich) est un nom qui se retrouve en plusieurs lieux de Picardie. Indépendamment de notre annexe de Yisme , il existe un hameau du même nom
(1) Annales de Noyon,^. 1M4. — Voy. au§. ix., Les Levassear, sieurs de Courthieu.
(2) Dans des recherches sur la maison de Gréquy , paq. 24«, 199, f» 1(7 des MSS. de D. Greuier , on trouve, en 1645 , Jean de Gréquy,-fils de Philippe , qui lui laissa, par testameat du 5 septeiokre, 1645, la terre de Fréaucourt. Il épousa Madeleine Lefebvre de Gain martin , fille de Jacques Lefebvre de Gaumartin , chevatier , sieur de Troisports , conseiller ordinaire du Roi.
près de Donquëur, et un lieu-dit près de NamponlrSl.- Martin. Au Plouy-Visme, qui louche presque à Visme- Mont, est un beau château moderne appartenant à M. Ans* bert Leblond du Piouy.
La seigneurie du Plouy consistant en une maison avec 16 journaux d'enclos, 137 de terre labourable, 16 de bois et des censives, était tenue en quatre fiefs nobles, dont deux de Visme, un de Pont-Remy et un de VIenlaine. Elle appartint d'abord aux Becquet, ensuite , à la fin du xv* siècle , aux d'Acheu sieurs du Plouy , puis aux Leroy de Valenglart et en 1 690 à N. Leblond, dont la fille Marie épousa Jean sieur d*Ochancourt, comme nous l'avons dit en parlant des seigneurs de Harselaines; en 1706 à François Leblond (1); en 174S à Charles-François-Antoine-Marie Leblond , écuyer , chevalier de St. -Louis, lieutenant-colonel au régiment de Bretagne-cavalerie , qui avait épousé Charlotte-Elisabeth de Rambures. Leurs enfants furent : Marie-Paul-Charles , né le 81 septembre 1745 ; Charles-Honoré-César , né le 30 juillet 1747 ; Marie-Maximilienne-Charlotte , née le 30 août 1748; Marie-Paul-Charles, né le 4 août 1749 ; César- Nicolas, né le 10 mars 1753. Le premier avril suivant mourait, dans sa 29"* année, la mère de cette belle famille. Le père survécut 37 ans et mourut le 21 mars 1790, à l'âge de 80 ans : il fut inhumé dans le caveau de l'église
(1) C'«8t probablement Giande-François Leblond , lequel, obtint le 30 juillet 1717 un arrêt du conseil du Roi , portant maintenue de noblesse , etc. Ses armes sont: â^azur au chevron d'argent, accompagné de 3 roses de même, % en chef et wne en pointe.
de Visme. Son fils atné est cité plus haut convie baraa de Yisme.
Les chanoines de Saint Vnlftan d*ÂbbeYiile posMdais&l des biens au Piouy.
Quelques biofl[raphes pensent que Thomas Bekel ou plutôt Beequet (1) » archevêque de Canlorbery et iofd chancelierd'Ângleterre (1157-1162)»8eraft néau PkNiy(8)« terre qui appartenait à sa famille et que oelle-cî eiistail encore dans le xnf siècle. Jacques Leyasseur nous apprend que telle était de son temps la tradition dans le village (3). Celle-ci mériterait d'être éclaircie. Notre Picardie aimerait à pouvoir revendiquer ce caractère ferme et ardent qui , pour sauvegarder les drmts du clergé • ne craigût pasde se mettre en guerre ouverte contre le roi son bienfiadiear. D^à cette revendication a été faite sur un autre point de la Picardie. On lit en YhiftaùredeBeauvaisfSx Louvet (4), qu'une chapelle fut fondée à MUly-St.-Hilaire, en l'hon* neur de ce saint, p» les gentilshommes ses parents, dont Fauteur laisse pressentir l'origine française ; et M. Graves, dansga Statistique eu canton de ManeUk (Oise) (S)» dit po-
(t) Cest ainsi que l'écrivent Louvet, Tabbé C^li^, le P. Ignaoeel les auteurs du tHctioMairt imtwrsel Uitofique.
(t) Voy. M. Louandre , Biogr. tf'KèemOe , p. 3S5. — L'abbé Cartier, Siitoirede Vahii, tom. !«, p. 508. — Le F. Ignace, Une nOéMiastique ^ÀkbmlU , p. 158.
(3) AiMiOes de Véglûe de Noy(m,i. !•*. p. 900. —Jacques Levasseur dit le tenir de son onde François Levasseur , lequel l'avait appris de ncssire Pierre Levasaeiir, aou oade» prêtre décéAé à Pige de près de cent ans.
(l) Tome 1», p. 81.
(5) Page 57.
flitfvMD6iitc|iie8tttt Thomas Becqurt Daqult à La NeuTiilewr-^le^^Vault II n'en donne aucune preuve , sinon quil y a encore près du village un Ueo nommé le Champ $mnt Thamm; et qn*en 1173 on ïAlit en Tbonneur de ce saint 1» cAapelie dont nous venons dé parler. Hais la tradition que nous avais rappelée , attestée par un homme sérieux originaire dv pays » dont l'aïeul avait dû connaître la familkeBeoquet du Plouy, mérite une certaine considération. Le P. Ignace et Tabbé Garlier qui dit avoir puisé ce ren*se^nement dans un mémoire manuscrit , assurent que la terre du Plouy était passée de la famille Becquet (1 ) dans celle d'Acheu » sous le règne de Charles YIU (1483* 1498) par le mariage d'Antoinette Becquet, dame du Plouy avec Pierre d'Acheu. On ne doit pas compter pour rien celte eircoestance qu'obligé de fuir l'Angleterre « le primat vint chercher un asile dans le voisinage de sa patrie présumée • d'abord à Abbeville , puis dans l'abbaye de Dommartin* Enfin insinuons, bien timidement toutefois, un argument tiré de deux ou trois petites circonstances que nous avons remarquées en lisant les faits et gestesdece grand homme dans YUi$toire d$ la conquête ie V AngUtérre par les Normands. « Thomas Becquet fit ses étiideaà Paris » (p. 56) : fulK^ bien, comme le dit M. Aug. Thierry , pour perdre l'accent anglais qu on l'envoya en France; ne pourrai t-nm pas croire que ce fut en souvenir de la patrie ? — «cU vécut jeune dans la compagnie , l'intimité des grands » (p. 57-61) : peutron n'en attribuer la
(1) Le mèoie mémoire manuscrit dooae pour armesàlft fiunille Bee^uet, l'éea d'axur eux batr^ d'ûrfm, ou bien fntté d'ar^t et ^WDwt. (BUt. du Vaiois, loc. citj
cause qu*à sa souplesse et à son langage ^ré? ne l9e^ rait-<^ pas plulèt un indice de son origiBe noife et non $sh œmne , de sa communauté â*origlne av^c les don^naleiis du pays? — « Le roi , en jetant les yeux sur lui poor Télever au trône épiscopal de Gantorbery , le considérail comme dégagé de toute espèce d'intérêt de nation pour les opprimés de l'Angleterre v (p. 61) : pouTait-ee bienMre par cela seul qu'il ayait passé sa jeunesse au. milieu des nobles conquérants ; n'était-K^e pas plutôt à oause de sa vraie origine? Nous donnons ces réflexions pour cequ'eUes valent.
Wlameville (Villiameville, WiUelmi «îUa) est situé à moins de trois kilomètres de Yisme et tout près de MaignevîHe. La seigneurie de Wiameville appartenait, d'aprèa rhistoire et les chartes de l'abbaye de Sery : en 1 321 à Adam Goule, chevalier, seigneur du Bos-Guillaume (1) ; en 1357 à Jean Goule; en 1362 à son fils Jean; en 1164 à Ide Goule, héritière de cette famille, qui avaitépousé un gentilhomme nommé Jean de Fontaine ; en 1478 à leur fils Guy de Fontaine, curé de Sl.-Valery ; en 1598 à Hector de Bomy ; en 1599 et 1606 à son fils Philippe; en 1C48 à Aimé de Bomy, écuyer, et en 1780 à Louis-Joseph Creton, président au siège présidial d'Amiens , sieur dé Wiameville, comme fils d'Adrien Grêlon, chevalier, lui-même fils de Jean, aussi chevalier, époux de Elisabeth Fournier (2).
Morival (Morîenval, Morîchval, Merfval) est assis entre Visme et le Translay. Nous trouvons la dernière forme du
(1) Cette double possession de ce seigneur est remarquable à cause de la similitude des noms : WtUdmi Boscas, WiUdmi FtUa.
(2) NM, Pic. f.o 195.
hoiti dans Taveu et dénombrement de ia seignenrie de Frettemeule, déjà cité , et c*est celle du langage vulgaire. On peut supposer (|ue le nom de ce viHage signifie val de la mort (mortis «o^/»), car il y a près de la et contre l'ancieniie voie de Beauvais à la mer , un champ funéraire amtique , connu sous le nom de champ des tombeaux , où des oercoeils en pierre ont été découverts par M. Ravin.
On v^t Gautier et Pierre de Morival nommés en une charte de Tan 1191 ; en 1SS6 Jean Gaillard , écuyer, sieur de Horival et de Liméîi , qui épousa Jeanne Langlès; en IS^ Claude, leur fils, qui épousa Jacqueline Flamen , laquelle était veuve en l&êd ; en 1S87 leur fils Claude Gaillard , sievr deikébeaumesnilet de Morival, c(mseiller au^ préstdtal d'Âbbeville , marié à Marie Lyver (de la famille des sieurs de Boencourt) et qui fut mayeur d'Âb-^ beviile en 1596 ; Charles son deuxième fils en 1640 , et en 1718 Joseph^Ândré Gaillard^ chevalier, sieur de Boen- CôuH et de Morival , qui épousa , le il mars de cette année Marie^ÉUsabeth Creton , fille d'Adrien , sieur de Wiliameville. Il était fils de Louis Gaillard, fils de Jacques , frère de Charles , dont nous venons de parler. Nous verrons à l'article Fbamicourt d'autres membres de cette famille, dont les biens sont en grande partie pos* sédés aujourd'hui par le général de Lamoricière^du chef de sa femme.
Il existe à Morival une chapelle en assez mauvais état, dédiée à sainte Agathe, dont il y a des reliques. Les femmes vont la prier pour les maux de seins.
D'après la charte de 1270 que nous avons citée à l'article Fretteheulle , le chevalier Gautier avai^ aussi cédé
à Tabbaye de St.-MarUii-aa-Bosc la dtme sur le territoire de Morival ; le rédacteur a écrit Morichval.
EUntepoort , Itaoïeau entre Vismé et Frettemesle, sar la gauche de la rivière. C'était un ftef relevant de la seUgnah rie de Baillent en Vimeu (1). On voit un Régnier d'Hantecourt et Robert , son fils , tous deux chevaliers , eités en une charte de 1245 ; en 1 520 Jean Vincent , seignear d'Hantecourt, mayeur d*Abbeville et conseiller au prési* dial, dont le fils Jean Vincent » lieutenant général criounel au même présidial » épousa Barbe de Dourlens » fille de Pierre de Dourlens, conseiller d*£tat; en 1647 Nicolas Vincent, seigneur d'Hanteeourt , conseiller du roi, lientenant général criminel , mattre des requête ordinaires de ThAtel de la reine , mayeur d*Âbbeville. •*- Ce M provenait aux Vincent des Valine-*Le Roy , par achat.
La population de la commune de Visme est de 608 habitants, dont 23» à VIsme-Val, 33 à Visme-Mont, 41 à Wiameville , 110 au Piouy , 66 à Hantecourtet 11» à Morival. En 1692 on comptait 450 communiants dans la paroisse de Visme composée des mêmes annexes. Le dernier recensement donne 65 maisons à Visme-VaU 10 k Visme-MoDt , 9 à Wiameville , 27 au Piouy , 15 à Hantecourt , et 29 à Morival. Au xiv.' siècle Visme contenait un grand nombre de feux (2). En 1703 , on n'y trouve plus que 49 maisons et 21 au Piouy (S). L*école conmiunale compte 26 garçons et 23 filles.
(1) fifss. D. Grenier , (Miquet 24«.
(2) M. Lonandre, JIfém. de la Soe, d'Ém. d^AhhemUey 1839, p. 324.
(3) Mss. D. Grenier , paquet 24«»
Le territoire de ia commune est de 1334 liectares. En 1103 Visme aYait ISIO jouroanx de terre et le Plony S22 , selon D. Grenier. Bn 1791 on eomptait à Visme et ses annexes SIM joumaui.
Le li septembre 1793 vingt-deux citoyens de la commune de Yiame parlaient à k frontière , faisant partie de Fnne de ces letées en masse décrétées par le Comité de saint pnblie » la première réqumtim.
En l'an III Visme bisait partie du canton de St.-Max«it.
On trouveaux archives locales plusieurs procès-verbaux emistatant qu'en cette même anq^e des bandes d'hraimes armés se présentaient dans les habitations et se faisaient délivrer par menaces du pain et de l'argent Un habitant effrayé donna jusqu'à mille livres.
Uste des Maf rés :