IM
Pierre db Villirs , prêtre , bachelier en Théologie , doyen du Chapitre de Vignacoart.
Vierge aux péekewn VILLE ET lieu de refuge.
Il donna une chasuble , un voile et d*atitres orne-
menls(l).
Antoine Mouret , bourgeois.
Sm service est st doux qu'U n^est qu^aMOVR ET joie.
La statue donnée par A. Mouret, et sculptée, dit-on» par Blasset » était originairement placée conU'e le pilier qui se trouve devant la chapelle de St.-Honoré. c< Cette belle statue en marbre blanc , dit Pages (8), représente la sainte Vierge regardant amoureusement son fils qu*elle tient entre ses bras. La taille de Marie est noble et majestueuse. Elle est placée dans un beau cadre, délicatement sculpté f dont le fond est de marbre noir. Une colonne de marbre noir, d'ordre toscan, soutient ce riche ouvrage. »
La statue de la Vierge se trouve actuellement dans la chapelle de Notre-Dame de la Paix, la cinquième du basc6té gauche de la nef (3). Elle est digne, selon Gilbert (4), de fixer les regards des artistes et des amateurs des arts ; la draperie qui recouvre la tunique de la Vierge passe pour un chef-d'œuvre de sculpture.
Nous pensons , nous , que l'enfant Jésus est beaucoup
(1) Jf«. de Pages, 1. 1 5« dial., p. 160.
(%) /U<i.,t. !•',%• dial., p. 58.
(8) Autrefois chapelle de SL-Louis.
(4) Description de la Caih. d'Amiens, p. 172.
plus remarquable que la Vierge. 11 est d'une vérilé frappante. Sa figure , gracieuse et divine , attire et eaptive
les regards.
Antoine Piiics , sieur de Bours (1), bourgeois.
PIÈCE MM fm^ Vierge et mère sans tdehe.
I) fit don d'un bel ouvrage de sculpture, dû au ciseau de Blasset. Dans un grand cadre de marbre noir, veiné de blanc , se trouve un groupe en marbre blanc , qui représente en demi-bosse l'ange Gabriel saluant la Vierge » agenouillée dans une humble attitude. Le Père éternel , sous la figure d'un vieillard vénérable , et le Saint-Esprit, sous celle d'une colombe , occupent le milieu du fronton angulaire , qui forme le couronnement de Touvrage (2).
Cette sculpture de Blasset existe encore aujourd'hui dans la seconde diapelle du bas-côté droit de la nef, appelée chapelle de l'Annonciation , et connue autrefois sous le nom de Notre-Dame du Jardinet.
On lit au bas cette inscription :
Vient éP Antoine Pièce, maietre de la eonfrérie de If.^D. iu Pwf, et de Françoise Décourt, sa femme ; frésen^tèe à la glorium Vierge en 1655, cent troisans après qi»e le his<ne»l ii$diU Pièce a esté maîistre de la mèm» Confrérie (3).
Nicolas Barbe, marchand.
Du jardin clos rhuBARBB saiutaire.
(1) Le Boura était une dépendance de la paroisse de St.-Firmin , dans le Ifarquenterre.
(2) Ms. de Pages, i. l«s 2« dial., p. ^l.^
(3) Voir Tannée 155%.
Barbe et sa femme , Antoinette Delattre » donnèreiit deux bénitiers. Ils étaient en marbre blase de Bancs , veiné de plusieurs couleurs. Une colonne » avec son piédestal de marbre noir de Gharlemont , leur servait de support. Des tables, de marbre noir, posées au-dessus de ces bénitiers, montraient gravées en lettres d'or les devises suivantes, qui renfermaient des jeux de mots sur les noms des donateurs :
r adoré Jén9^hrigt d% evUê DE LATBie.
rhenore sainU BARBE et me danne à Marie (1).
Jean Quignon, prêtre, chapelain et vicaire de Notre- Dame.
Offrande pacifique en ce smnt temps de paix.
Ce maître donna le tableau du retable d*autel de la chapelle de SL^ean-rËvangéliste , représenlant la Porification de la Vierge et la Présentation de Jésus au Temple.
Leretablede la chapelle de saint Jean TEvangéliste (2), dit Pages (3), est en bois doré; iesdeux côtés sont ornés de piiastres et de colonnes coroUtiqnes , d'ordre corinthien , dont les fûts, tournés en lignes spirales, sont chargés de feuillages à Tentour.
tS&9.
Jean Delattre, bourgeois et marchand :
Jésus naquiî de la très-sainte Vierge.
(1) Ms. de Pages, l. l«i «• dial., p. 6Î.
(2) Aujourd'hui chapelle de Notre^Dame-de-Bon-Secours.
(3) Ms. de Pages, t. 1", !•» dial. p. 101.
U 'filfaire ua tableau de sculplure représeotaol la Nativité de JéauthChrist.
« Vécu de M. Delaltre, dit Pages (1), est attaché à Tud des deux pilastres, d'ordre composite, qui ornent le cadre de ce bel ouvrage. On voit qu*il porte d'azur, à trois aigles ou aiglons d'or, deux et un. Sur l'autre pilastre, se trouve le même écu parti, et divisé en deux parties égales par une ligne, qui va du haut en bas. Une moitié est remplie par l'écu de M. Delattre, et l'autre par celui de M"* Marguerite Ducrocquet, son épouse, qui porte d'or, à deux escurieux d'azur, les deux escurieux assis, croquant chacun une noix^ l'un au côté seneslre du chef, et Vautre au
côlédextre. »
Antoine Picart, prêtre et chanoine de la cathédrale, seigneur d'Aubercourt. (2)
Contre VasPIC ART est sewr en Mwrie.
Il donna trois cents livres pour réparer les grandes elles petites orgues de la cathédrale (3).
Picart porte : de gueules, à trois chausse-trapes d'argent, posées deux et une (blason communiqué par M.
Goze).
Christophe Gusson, bourgeois :
éCnSSONf^ dcm kw» d'une vierge.
(1) Ms. de Pages, 1. 1", t" dM. p. 87.
(2) Aujourd'hui annexe de Demuin, eioiton de Moreuii, ^rroudissemwit de Montdidier. — J»oques Pieard, seigneur d'Aubercourt, 4laî« liAu4eo«nl4u baiUi d'Awieiis» en 1586.
(3) Ms. de Pages, 1. 1, 5« dial. p. 160.
tl dionoraun parement d'autel, eftgroa de Napleablatic, brodé d'or et d'argent, puis des rideaax et des pentes de satin blanc. (1)
Messire Charles d*AiLLY , abbé de saint Fuscien^aa- Bois.
Vm dam$ ce CHAR LES gages d'ÀlLIainee.
Il donna une chasuble, un voile , deux coussins, et un custode à deux envers. (8)
D'Ail! y porte : de gueules , à Valizier d'argent posé en
couronne et en double sautoir, au chef échiqueté d'argent
et d'azur, de trois tires. ( Blason communiqué par M.
Goze).
Nicolas Leleu, prêtre chanoine de saint Nicolas-au- Glottre, sous-trésorier de la cathédrale.
VELEVt enqvÀle urbe s'est fait homme.
Il fit enrichir et dorer le retable d'autel de la chapelle
de sainte Ulphe (3). Dans le tableau placé au centre de ce
retable, il était représenté à c6té de Mgr Faure , évéque
d'Amiens.
Christophe Ringard, prêtre, chapelain de la Confrérie.
Du swmRAIN GâRDmU le saùU troupeau,
(1) Ms. de Pages 1. 1, 5« dial. p. 161.
(î)/6tdt.^,5«dial.p.l61.
(3) Uni, y t.- %, 5« dial. p. 160. — La ohapeHe de saint Ulphe est aujourd'hui la chapelle du Sauveur, dans le bas o6té gauche de h nef.
11 donna sa maison à la Confrérie, en s*en réservant
l'usufruit (1).
François Quignon, chirurgien.
Croix amàbU à Jésus, qmQlPIGNOMmmu.
« Son tableau, dit Pages (2), est un ouvrage de Claude François, dit frère Luc, Récollet. La Vierge, peiote de grandeur naturelle , y tient dans ses bras son fils Jésus , qui regarde amoureusement la croix. Le frère Luc a peint en outre, en camaïeu, dans Tintérieurdes volets, la Salutation angélique et la Nativité de notre Seigneur. »
— Ce tableau est conservé dans la chapelle des Dames du Sacré-Cœur d'Amiens. Il a, dit-on, été restauré, il y a une dizaine d'années. — L'enfant Jésus se recommande par un coloris très-frais, une bonne exécution, et par l'expression sublime de sa physionomie. La figure de la Vierge est trop charnue et sans caractère, mais son attitude est excellente, et ses draperies sont bien traitées, Le petit ange , qui porte la croix et la présente à Tenfant Jésus, produit un très-bon effet et mérite des éloges. En résumé, ce tableau, dont la composition est fort ingénieuse, fait le plus grand honneur au frère Luc. On regrette que les volets soient perdus.
Au bas de la toile se trouvent les quatre vers suivants :
Saincte Vierge agréez ce tableau très-chrétien, Pièce de frère Luc, aussi saincte que belle, Que vous offre François Quignon le chirurgien. Avec Jeanne Véru, son épouse fidèle.
(1) Ms. âê Pofféi, 1. 1, 5« dial. p. 160. (%)/liil., t. l«',««dial.p. 10.
François Landon, bourgeois et marchand :
HewreiÊxUjcimr ie L'AN DON de p'ioe ofpeU.
Il donna une tonique et une dalmatiqoede brocart d'argent, à fleurs d*or. (1)
Jean Dodbrel* marchand orfèvre :
ly ORDRE EST La Vierge m eharité nhUm.
Il fit don d*on calice d'argent ciselé, doré à 1* intérieur, et de la patène, pesant ensemble quatre marcs (2).
Jacques Hémart, prêtre, chanoine et pénitencier de Notre-Dame d'Amiens.
PÉNITENCE e$tlefhÊUie Jéna ET MARie.
Il donna à la Conrrérie un petit bassin d*argent ciselé, avec des burettes de même métal, pesant ensemble trois marcs, une once, six gros. (3)
Charles Rigauvillb, échevin :
De$ dmres eemx éê PUITS r ARROSE cette VILLE.
Il donna deux pentes et deux rideaux de velours bleu, garnis de franges d'argent (4).
(1) ifs. iê Pages, t. % 5« dial. p. 161. (t) /M., t. 2, 5« dial. p. 160.
(3) /M., t. % 5« dial. p. 160.
(4)/M,. t. «,5«dial.p. 160.
Jacques Postel, marchand cirier , épicier :
Vierge, ehacwn fiwoqiie en tm POSTE ÉLeoé»
Il donna une chasuble de brocart, fond d'argent à fleurs d'or(1).
Michel Martin , procureur et notaire.
MICHEL MARTIN accompagne Marie.
« Il fît don d*une statue en marbre blanc , de grandeur naturelle , qui représente la Vierge tenant son fite entre ses bras. Elle était placée dans une grande uiche en bois doré, accompagnée de deux colonnes d'ordre ionique (2). »
Cette statue, attribuée à Blasset, se trouve actuellement dans la chapelle de Tlncamation^ la troisième du bashcôté droit de la nef.
Guillaume Pihan , prêtre, chapelain de JNotre-Dame.
Marie pUwrant Jésus exPIANT nos péchés.
U donna un missel couvert de maroquin rouge, et deux cbandeliers de cuivre , à trois pans (3).
Charles Degrain , prêtre , chapelain de la confrérie.
GRAIN germé dans le sein d'une Vierge féconde,
(1) JHi. dePagés , U %, 8« «al. p. MO. (î) /W., 1. 1.", «.• dial., p. 10.
(8) /W.,l. ii.5.*dial., p:160.
Il donna deux voiles , l'un 4? brocart rouge , et l'autre noir, garnis de dentelles d'argent (1).
Charles GuiBniN , prêtre, chapelain dé Notre-Dame.
Ton mériu est vm GUÉ BIEN a$mré, Marie,
II donna trois aubes » garnies de dentelle.
Jean Psuis , échevin.
Mairie, fkkiê ie grâc$ » fiu pair Vaiage ofPBLLÉE.
€*est le dernier mattre dont les taU^s de «uirbre œentiwiient I9 4^vifie«
Nous ajoutons à ce catalogue quelques renseignements puisés dans Pages , relatilis au frère Luc et à Blasset.
Le frèek Luc.
dande-François » iq|)pelé le ftère Lna en reUgi^, était originaire d'Amiens, Fort jei^ne encore , il alla étudier la peinture à Paris, sous la direction de Voflet. Après y avc^ séjourné quelque temps , il fit le voyage de Rome, pour s'y perfectionner par Félnde des grands maîtres* Revenu à Paris ^ le jeune peintre ne manqua pas d'ocçwiops. d'exercer son talent , et ses ouyrages lui valurent une réputation méritée. Ce brillant début semblait lui promettre une haute fortune ; mais , préférant i'hnmi' litéde la religion aux espérances dtt siède, il^entra comme
(1) Jf«. â» Pages, i. u. 5.« did., p* }S0.
religieux dans le couvent de» RécoHets du faubourg Sl.- Martln , en 1641. Trois ans plus tard , en 1644, il fît profession, à rage de vingt-neuf ans. H.<^dePèrefîie,arche« véque de Paris , voulut l'élever au sacerdoce ; mais sa modestie Tempècha de céder au désir de son protecteur , et il ne reçut que le diaconat. Il remplit de ses tableaux plusieurs maisons de son ordre, et mourut le 1 7 mai 1 685, flgéde72 ans (Pages, 1. 1.^ 2/ dial. p. 65).
Pages mentionne comme ayant été donné en 1671, par M. Casse, ou Mathieu Vasse, chapelain , nn tableau où le frère Luc avait représenté la Vierge et son fîls , peints de grandeur naturelle. Jésus tenait par la main Marie , qu'il élevait et conduisait dans la gloire [Pages, 1. 1.*', 8.* dial., p. 64).
Un autre tableau du frère Luc décorait Téglise des. Jacobins d'Amiens; il avait pour sujet TAssomption de la Vierge, Trois tableaux dus au même peintre , et qui existaient à Amiens , représentaient 1* Assomption.
Dans on tableau de Téglise des Àugustins , représen-* tant la sainte Vierge , à laquelle saint Augustin présente un enfant mort, le frère Luc avait fait son propre portrait (1).
(1) M. Dusevel [Hist. d^AsMens, 2.« édit , p. 116), s'exprime ainsi au SQjet de ce tableau, c On raconte qu'étant tombé du haut du pont du Gange dans la Somme, à Tige de 12 k 15 ans , il (le frôre Luc) n'échappa à la mort que par une espèce de miracle , et que^ pour en témoigner sa reconnaissance à la Vierge , il promit de se faire R^ ocdlet. Il exécuta plus tard cette promesse, et, pour en conserver la méipfHre, il, peignit un tableau qu'on voyait dans l'église des Augustins d'Amiens , sur lequel le saint fondateur de l'ordre était repré-
Blasset.
Les renseigoemenls de Pages De s'accordent pas avec ceux qu'a donnés le P. Daire , bien que celui-ci prétende avoir pris daos les écrits de Pages ce qu'ils renferment d'utile. Voici l'analyse de ces renseignements.
L'épitaphe de Nicolas Blasset, architecte et sculpteur da roi , mort en 1659, et de demoiselle de Sachy, son épouse en troisièmes noces , est gravée , dit Pages , sur une table de marbre placée dans l'église de S'.-Firmin-le-Confesseur. Contre une colonne contigUe, est attachée une autre épitaphe de Blasset et de demoiselle Postel» sa seconde femme. La table de marbre sur laquelle l'inscription est gravée eo lettres d'or » est entourée d'un cadre de pierces blanches et dorées , accompagné sur les deux côtés de deux tètes de mort. Sur le couronnement de cet ouvrage, on voit, en bas-relief» l'ange Gabriel annonçant à la sainte Vierge l'heureuse nouvelle.
Dans l'église de St.-Marlin-au-Bourg , se trouvent une statue de la Vierge et une autre statue peinte et dorée de Ste.-Gatherine , placées debout sur des piédestaux. A côté l'on voit la statue de St.-Martin , coupant son manteau, pour en revêtir un pauvre estropié , à demi nu , placé près de lui. Ces trois figures, isolées, et grandes à peu près comme nature, sont l'ouvrage de Blasset; elles ont été
sente, montrant un enfant mort à la Vierge, pour le ressusciter. Au fond de ce tableau (actuellement placé dans Péglise de Neuvine- AOUS'Lœuilly, canton de Conty) étaient retracées toutes les circonstances de l'accident à la suite duquel le frère Luc avait faiUi périr. Les étrangers regardûent cette peinture comme on prédeux modèle de colons et de perspective. »
données par les porlears de dais et de palmes de cette pdroisse.
— Dansie dlneUèreS^-DeQis, une admirable composhioD de Blasset a pour sujet la résurrection de Lazare, représentée en figures de grandeur naturelle. Cet ouvrage incomparable a été sculpté aux Trais de H. François Hémart^ qui y est représenté à genoux, revélu d'une robe d'échevin» ayec d'autres personnes de sa famille. C'est un mausolée magnifique.
A cAté de celui-ci se trouve un mausolée non moins beau , mais moins grand , et présentant moins de figures. La Vierge , de grandeur naturelle , est assise et tient Tenfanl lésus entre ses bras ; au dessus , Ton voit la figure de la Mort , qui , couchée et à demi enveloppée d'un suaire , présente à Jésus-Christ une couronne de laurier. C'est aussi un ouvrage de Blasset, sculpté en 1641 , pour servir de tombeau à M. Françoi» Mouret , bourgeois d'Amiens , et à plusieurs de ses parents. < :
-^La belle image de la sainte Vierge, connue sous je nom de Notre-Dame de la Victoire, mérite quelques détails. Peu de temps avant Tépoque de la bataille de Rocroy , donnée le 19 mai 1643, le prince deCondé, alors duc d'Bnghien, se trouvait à Amiens, où U formait son armée. Ufi frère convers, portier de l'abbaye de St*-Jean d' Amiend, appelé frère Norbert , et qui se distinguait par sa dévotion à la sainte Vierge, dit au prince qu'il remporterait bientôt une victoire signalée, si , avant la bataille, il se mettait à genoux, et réclamait l'intercession de Marie auprès de son cher fib Jésus, Le religieux assurait qu'une révélation de la mère de miséricorde lui avait appris ce glorieux succès;
il ajoutait qœ , sur le ohamp de bataille » le prince seaou- Tiendrait de cette prédiction , et aurait la pensée de faire exécuter une belle image de la Vierge , sous le nom de Notre-Dame de la Victoire. En effet la prédiction se réalisa ; lorsqu'il vit la victoire assurée , le héros de Rocroi se mit à genoux au milieu du champ de bataille, et commanda à tous les siens d*imiterson ex^nple» pour remercier Dieu. Il se souvint du frère Norbert» et Qt placer dans l'église de Tabbaye de saint Jean d*Amiens une statue. de marbre blanc, ouvrage de Blasset (1)* Au bas du piédestal Tartiste avait sculpté Técu des armes du prince^ qui porte de Bourbon, c'est-à-dire d'atur à trois fleurs de lis d'or, au bâton raccourci de gueules, pesé au milieu et péri en bande. Cet écu était accolé de celui de la princesse, son épouse , qui porte d'or à trois fasces ondées de gueules. Ce sont les armes des Maillé-Brezé.
— Dansieclottre des Jacobinsd' Amiens, on voit plusieurs grandes statues en pierre , représentant des saints et des saintes de l'ordre de St.-Dominique, exécutées par Blasset. Dans l'église des Augustins, il y a une statue de St.- Fiacre, du même sculpteur, et, dans régUsedeSt.-Martinaux^umeaux , l'autel est orné de plusieurs petites figures qu'il a délicatement travaillées. L'église des Minimes renferme aussi des ouvrages de notre sculpteur. Ce sont
(1) Cette statue est actuellement conservée dans Tëglise de St.- Rémi , et décore la chapelle de la Ste.~Vierge. Elle a été reproduite par H. Duthoit, pour en hïre le sujet du lot principal de la Loterie Fieairâe, et eUe a été fondue en argent. Les draperies en sont beUes; ■UÛ8 la tète de la Vierge est trop petite, et sans proportion avec le corps. (Voir dans le Journal Vllhutruiûm, le n« du 1 4 janvier 1854.)
à*aWrd deux statues de grandeur ùatureAe , peintes et dorées , représentant St.-lPraQçoIs de Paule et.St.*0(woré, puis une statue deJésuft^Hsi tanant une {[raade eroii » et qdi ae trduTe plbcée rar le tombeau de daasè Marié Dé-* rresne , épouse de Sacfay.
Bans une salle principale derh6tel-de-ville, on remarque une statue en pierre de la Ste.-Yierge^ grande conu^enatorep Les ornements de la draperie sont dorés. G'ieat encore use <0ttyre de Blosset (1).
{1) lei s'arrèle le travail de M^ RigoUoi. Four oon)pléler leë réhwgnoniraiasat les ouvrages 4e Blassely Mm alioDS extraîredbl'A- Unre i^ Amiens , de M. Dosevel ^ ce :qaî se napiiorte à detik ootopoeilions capitales de notre sculpteur, c'est-à-dire au mausolée de M. de Lannoy, dans Pancienne église des Gordeliers (saint Rémi), et à celui du chanoine Lucas, dans la cathédrale. A. Breuil.
Sur le premier mausolée, M. Dusevel s'exprime ainsi, page 117 : < On voit dans le chœur de l'église, à gauche, le superbe mausolée de Nicolas de Lannoy, seigneur de Dameraucourt, gouverneur de la ville d'Eu et connétable héréditaire du Boulonnais, et de M adelaine Mutterel, dame de Fauville, son épouse, bienfaiteurs de la communauté des Gordeliers. Il est en marbre noir, blanc et jaspé, s'élève à une hauteur de plus de treiiemèlres, et égale en magnificence les tombeaux de nos rois. Le célèbre Blasset l'exécuta en 1631. L'artiste a représenté, au fond de l'arcade, M. et M"*' de Lannoy, nus et d^à couverts des ombres de la mort. Sur la plinthe qui règne audessus, paraissent les mêmes personnages à genoux et habillés à la mode du temps où ils vivaient. Des emblèmes, les armoiries des défunts, et des vers latins, embellissent encore ce cénotaphe. — H. le baron Taylor en a donné un dessin dans son Voyage j^toresque en Picardie, »
— A la page 107 de son Histoire, H. Dusevel parle en ces termes du mausolée du chanoine Lucas. « La reconnaissance éleva le mausolée du chanoine Lucas, homme bienfaisant et vertueux, qui consacra
nne partie de sa fortune à rëtablissement d'one école de charité en faveur des orphelins d^Àmiens. Le chanoine, revêtu de son costume, est représenté à genoux devant la sainte Vierge, portant l'enfant Jésus dans ses hras. Entre ces deux figures est placée celle du génie Ibnèbre, Ynlgairement connu sous le nom é^Bnfa/iia plewewr. Sa tète repose sur sa main droite, la gauche est i^puyée sur un sablier. Jamais la douleur n'eut de plus fidèle interprète » ni une expression plus touchante; sous les traits de ce génie, Blasset a exprimé, avec le sentiment le plus vrai* les regrets de Tenfimce abandonnée, arrosant de ses lartnes k tombe de son bienfiBdteur. Quelques précantioiis qu^aient prises les amis des arts, pendant la tourmente réyolutionnaire, pour soustraire ce chef-d'œuvre aux injures du vandalisme, il n'a pv en être entièrement garanti. Un misérable, dont la frénésie ne seim pas moins immortelle que le chefnl'œuvre qu'il a osé mutilw , ena brisé le nés et le pied droit.