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non plus être à chargea votre Grâce, dont la bourse doit s'ouvrir sans cesse pour tant d'objets importans. C'était donc déjà trop de l'étoffe brune qu'elle m'a envoyée: mais, pour ne pas être ingrat, je veux aussi porter en son honneur l'habit noir, quoique trop précieux pour moi; si ce n'était un présent de votre Gràee électorale , je n'aurais jamais voulu porter un pareil habit.
» Je supplie en conséquence votre Grâce de vouloir bien dorénavant attendre que je prenne la liberté de denianderquelque chose. Autrement cette prévenance de sa part m'ôterait le courage d'intercéder auprès d'elle pour d'autres qui sont bien plus dignes de sa faveur. Jésus-Christ récompensera votre âme généreuse : c'est la prière quejefais detout mon cœur. Amen.» (17 août 1529.
Jean-le-Constant avait fait présent à Luther de l'ancien couvent des Augustins à Wittemberg. — L'électeur Auguste le racheta de ses héritiers , an IS64 , pour le donner à l'université. (Ukert, t. I. p. S47.)
Lieux habités par Luther et objets qu'on a conservés de lui — La maison dans laquelle Luther naquit n'existe plus; elle fut brûlée en 1689. — A
la Wartbour , on montre encore sur le mur une tache d'encre que Luther aurait fait en jetant son écritoire à la tète du diable. — On a conservé aussi la cellule qu'il occupait au couvent de Wittemberg , avec différens meubles qui lui appartenaient. Les murs de cette cellule sont couverts de noms de visiteurs. On remarque celui de Pierre-le-Grand écrit sur la porte. — A Cobourg , l'on voit la chambre qu'il habitait pendant la diète d'Augsbourg (1330).
Luther portait au doigt une bague d'or, émaillée, sur laquelle on voyait nne petite tête de mort avec ces mots : 3Iori sœpe cogita; autour du chaton était écrit : 0 mors, ero mors tua. Cette bague est conservée à Dresde , ainsi qu'une médaille en argent dorée, que la femme de Luther portait au cou. Dans cette médaille , un serpent se dresse sur les corps des Israélites, avec ces mots : Serpcns exaltatus typus Christi crucifixi. Le revers présente Jésus-Christ sur la croix avec cette légende : Christus motiuus est pro peccatis nostris. D'un côté on lit encore : D. Mart. Luter Caterinœ suce dono. 1). H. F. et de l'autre: Quœ nota estanno 1499, 'Sl9 januarii.
Il avait lui-même un cachet dont il a donné la description dans une lettre à Lazare Spengler : « Grâce et paix en Jésus-Christ. — Cher seigneur et ami! vous me dites que je vous ferais plaisir en vous expliquant le sens de ce qu'on voit sur mon sceau. Je vais donc vous indiquer ce que j'ai voulu y faire graver, comme symbole de ma théologie. D'abord, il y a une croix noire avec un cœur au milieu. Cette croix doit me rappeler que la foi au Crucifié nous sauve : qui croit en lui de toute son âme est justifié. Cette croix est noire pour indiquer la mortification, la douleur par laquelle le chrétien doit passer. Le cœur néanmoins conserve sa couleur naturelle; car la croix n'altère pas la nature , elle ne tue pas, elle vivifie. Justus fide vivit, sed fide crucißxi. Le cœur est placé au milieu d'une rose blanche , qui indique que la foi donne la consolation, la joie et la paix; la rose est blanche et non rouge, parce que ce n'est point la joie et la paix du monde, mais celle des esprits: le blanc est la couleur des esprits, et de tous les anges. La rose est dans un champ d'aïur , pour montrer que cette joie dans l'esprit et dans la foi est un commencement de la joie céleste qui nous attend ; celle-ci y est déjà comprise , elle existe déjà en
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espoir mais, le rnoinent de la consommation n'est pas encore venu. Dans ce champ vous voyez aussi un cercle d'or. Il indique que la félicité dans le ciel durera éternellement, et qu'elle est supérieure à toute autre joie, à tout autre bien, comme l'or est le plus précieux des métaux. — Que Jésus-Christ, notre seigneur, soit avec vous jusque dans la vie éternelle. Amen. De mon désert de Cobourg, 8 juillet 1530. »
A Altenbourg, l'on a conservé long-temps un verre de table dans lequel Luther avait bu la dernière fois qu'il visita son ami Spalatin. (ükert 1. 1 , page 245 et suiv.)