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Page i58.
Les papistes se moquaient beaucoup des quatre nouveaux Évangiles. Celui de Luther, qui condarame les œuvres; celui de Kuntius, qui rebaptise lesaldultes; celui d'Othon de Brunfels, qui ne regarde l'Écriture que comme un pur récit cabalistique, surda sine spiritu narratio -^ enfin, celui des mystiques (Cochlœus, p. 163). Ils auraient pu y joindre celui du docteur Paulus Ricius, médecin juif, qui fit paraître, pendant la diète de Ratisbonne , un petit livre où Moïse et saint Paul montraient, dans un dialogue, comment toutçs les opinions religieuses qui excitaient tant de disputes pouvaient être conciliées.
l'âge i6t, ligne l4» — J'ai vu dans l'air un petit nuag» de feu..' Dieu est irrité.
« La comète me donne à penser que quelque malheur menace l'Empereur Ferdinand. Elle a tourné sa queue d'abord vers le nord, puis vers le sud, désignant ainsi les deux frères, (oct. 1531.)
Page l63, ligne 8. — Af/cÄe/ Stiefel croit ilre l» septième ange.:
« Michel Stiefel, avec sa septième trompette, nous prophétise le jour du jugement pour cette année, vers la Toussaint. » (26 août 1333.)
Page iß^tßn du chapitre.
Il se moque de l'importance donnée aux cérémonies extérieures dans une lettre à Georges Duchholzer, ecclésiastique de Berlin, qui lui avait demandé son avis sur la réforme récemment introduite dans le Brandbourg : « , . , . Pour ce qui est de la chasuble , des processions et autres choses extérieures que votre prince ne veut pas abolir , voici mon conseil : S'il vous accorde de prêcher l'Évangile de Jésus-Christ purement et sans additions humaines, d'administrer le baptême et la communion tels que Christ les a institués, de supprimer l'adoration des saints et les messes des morts, de renoncer à bénir l'eau, le sel et les herbes , de ne plus porter les saints - sacremens dans les processions, enün s'il n'y fait chanter
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que des cantiques purs de toute doctrine humaine : faites les cérémonies qu'il demande , à la garde de Dieu, portez une croix d'or ou d'argent, une chape, une chasuble de velours, de soie, de toile et tout ce que vous voudrez. Si votre seigneur ne se contente pas d'une seule chape ou chasuble, mettez -en trois, comme le grand prêtre Aaron qui mettait trois robes l'une sur l'autre, toutes belles et magnifiques. Si sa Grâce électorale n'a pas assez d'une seule procession que vous ferez avec chant et tintamare , faites-la sept fois, comme Josué et les enfans d'Israël allèrent sept fois autour de Jéricho en criant et sonnant des trompettes. Et pour peu que cela amuse sa Grâce électorale , elle n'a qu'à ouvrir elle-même la marche, et danser devant les autres, au son des harpes, des timbales et des sonnetes» comme fit David devant l'arche du Seigneur à Jérusalem, je ne m'y oppose point. Ces choses, quand l'abus ne s'y mêle point, n'ajoutent, n'ôtent rien à l'Evangile. Mais il faut se garder d'en faire des nécessités, des chaînes pour la conscience. Si seulement je pouvais en venir là avec le pape et ses adhérens , ah! que je remercierais Dieu! Vraiment, si le pape me cédait ce point, il pourrait me dire de porter je ne sais quoi, que je le porterais pour lui faire
un LUTHER. 357
plaisir Pardonnez - moi , mon cher ami, de
vous répondre si brièvement aujourd'hui; j'ai la tète si faible, qu'il m'en coûte d'écrire... » (-4 décembre 1339.)
Page i85, ligne 9. — Elle tomba ra: de...
« Une servante avait eu, pendant bien des années un invisible esprit familier qui s'asseyait près d'elle au foyer , où elle lui avait fait une petite place, s'entretenant avec lui pendant les longues nuits d'hiver. Un jour la servante pria Heinzchen (elle nommait ainsi l'esprit) de se laisser voir dans sa véritable forme. Mais Heinzchen refusa de le faire. £nfîn, après de longues instances, il y consentit , et dit à la servante de descendre dans la cave, où il se montrerait. La servante prit un flambeau, descendit dans le caveau, et là, dans un tonneau ouvert , elle vit un enfant mort qui flottait au milieu de son sang. Or, longues années auparavant, la servante avait mis secrètement un enfant au monde, l'avait égorgé , et l'avait caché dans un tonneau. » (Tischreden, page 222, trad. d'Henri Heine. Voy. son bel article sur Luther, Revue des deux Mondes , 1^'^mars 1884.)
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Page 190, ligne ij. — Ils saisissaient la tête...
« L'ennemi de tout bien et de toute santé ( le diable) , chev,auche quelquefois à travers ma tête, de manière à me rendre incapable de lire où d'écrire la moindre des choses,» (28 mars 1332.)
Pageigi, ligne 13, — Le diable n'est pas, à la vérité , un docteur qui a pris ses grades...
« C'est une chose merveilleuse, dit Bossuet, de voir combien sérieusement et vivement il décrit son réveil, comme en sursaut, au milieu de la nuit, l'apparition manifeste du diable pour disputer contre lui. La frayeur dont il fut saisi, sa sueur, son tremblement et son horrible battement de cœur dans cette dispute, lespressans argumens du démon qui ne laisse aucun repos à l'esprit; le son de sa puissante voix; ses manières de disputer accablantes, où la question et la réponse se font sentir à la fois. Je sentis, alors, dit-il, comment il arrive si souvent qu'on meure subitement vers le matin : c'est que le diable peut tuer et étrangler les hommes, et sans tout cela, les mettre si fort à l'étroit par ses disputes, qu'il y a de quoi en
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mourir, comme je l'ai plusieurs fois expérimenté.» {De ahrogandâ missâ pritatà,i. VII, 222, trad. de Bossuet, Variations, II, p. 203.)
Page SI 3, ligne lo. — Après avoir prêche à Smalkalde...
Il écrivit à sa femme sur cette maladie : «... J'ai été comme mort; je t'avais déjà recommandée, toi et nos enfans, à Dieu et à notre Seigneur, dansla pensée que jene vou« reverrais plus; j'étais bien ému en pensant à vous; je me voyais déjà dans la tombe. Les prières et les larmes de gens pieux qui m'aiment, onttrouvé grâce devantDieu. Cette nuit a tué mon mal, me voilà comme rené.... (27 février lo37.)
Luther éprouva une rechute dangereuse àWittemberg. Obligé de rester â Gotha, il se croyait près de la mort. Il dicta à Bugenhagen , qui était avec lui, sa dernière volonté. Il déclara qu'il avait combattu la papauté selon sa conscience, et demanda pardon à Mélanchton , à Jouas et à Cruciger des offenses qu'il pouvait leur avoir faites. (ükert,t. I, p. 323.)
Page ai a » ligne 6. — Wa vèritahîe maladie..,
Luther fut atteint de bonne heure de la pierre;
cette maladie le faisait cruellement souffrir. Il fut opéré le 27 février lSg7.
« Je commence à entrer en convalescence, avec la grâce de Dieu, je rapprends à boire et à manger, quoique mes jambes, mes genoux, mes os tremblent, et que je me porte à peine. (21 mars 1537.)
» Je ne suis, même sans parler des maladies et de la vieillesse, qu'un cadavre engourdi et froid. « (6 décembre 1537.)
Page 225, ligne i3. — Les comtes de Mansfald...
Il avait essayé en vain de réconcilier les comtes de Mansfeld. « Si l'on veut, dit-il, faire entrer dans une maison un arbre coupé, il ne faut pas le prendre par la tête; toutes les branches Farrêteraientà la porte. Il faut le prendre parla racine, et les branches plieront pour entrer. (Tischreden, p. 355.)
Page 333 — A la fin du chapitre.
Nous réunissons ici plusieurs particularités relatives à Luther.
Érasme dit de lui : « On loue unanimement les
mœurs de cet hoiurae; c'est un grand témoignage que ses ennemis même n'y trouvent pas matière à la calomnie. » (Ukert, t. II, page S.)
Luther aimait les plaisirs simples : il faisait souvent de la musique avec ses commensaux et jouait aux quilles avec eux. — Mélanchton dit de Itii : ■ Quiconque laura connu et fréquenté familièrement, avouera que c'était un excellent homme , doux et aimable en société , nullement opiniâtre ni ami de la dispute Joignez à cela la gravité qui convenait à son caractère. — S'il montrait de la dureté en combattant les ennemis (le la vraie doctrine, ce n'était point malignité de nature, mais ardeur et passion pour la vérité, t (ukert, t. II, p. 12.)
« Bien qu'il ne fût ni d'une petite stature ni d'une complexion faible, il était d'une extrême tempérance dans leboire et le manger. Je l'ai vu étant en pleine santé, passer quatre jours entiers sans prendre aucun aliment, et souvent i se contenter , dans une journée entière, d'un peu de pain et d'un hareng pour toute nourriture. » (Ft« de Luther , par Mélanchton.)
Mélanchton dit dans ses OEuvres posthumes: Ton» II. 81
» Je l'ai souvent trouvé, moi-même, pleurant à chaudes larmes, et priant Dieu ardemment pour le salut de l'Église. Il consacrait, chaque jour, quelque temps à dire des psaumes et à invoquer Dieu de toute la ferveur de son âme. » (Ukert , t. II, p. 7.)
Luther dit de lui-même : « Si j'étais aussi éloquent et aussi riche en paroles qu'Érasme ; aussi bon helléniste que Joachim Camérarius, aussi savant en hébreu que Forscherius, et aussi un peu plus jeune , ah ! quels travaux je ferais ! » (Tischreden , p. 447.)
« Le licencié Amsdorf est naturellement théologien. Les docteurs Creuziger et Jonas le sont par art et réflexion. Mais moi et le docteur Pomer, nous donnons peu de prise dans la dispute.« (Tischreden, p. 425.)
A Antoine Unruche , juge à Torgau «... Je vous remercie de tout mon coeur, cher Antoine, d'avoir pris en main la cause de Marguerite Dorst , et de n'avoir pas souffert que ces insoleus hobereaux enlevassent à la pauvre femme le peu qu'elle a. Vous savez que le docteur Martin n'est pas seulement théologien et défenseur de la foi,
mais aussi le soutien du droit des pauvres gens qui viennent de tous côtés lui demander ses conseils et son intercession auprès des autorités. Il sert volontiers les pauvres, comme vous faites vous-même , vous et ceux qui vous ressemblent. Tous les juges devraient être comme vous. Vous êtes pieux , vous craignez Dieu , vous aimez sa parole ; aussi Jésus-Christ ne vous ouJ)liera-t-il pas...» (12 juin 1538.)
Luther écrit à sa femme au sujet d'un vieux domestique qui allait quitter sa maison : ■ Il faut congédier notre vieux Jean honorablement; tu sais qu'il nous a toujours servis loyalement, aveu zèle, et comme il convenait à un serviteur chrétien. Combien n'avons-nous pas donné â des vauriens , à des étudians ingrats , qui ont fait un mauvais usage de notre argent? Il ne faut donc pas lésiner, dans cette occasion , à l'égard d'un si honnête serviteur, chez lequel notre argent sera placé d'une manière agréable à Dieu. Je sais bien que nous ne sommes pas riches; je lui donnerais volontiers dix florins si je les avais; en tous cas, ne lui en jdonne pas moins de cinq, car il n'est pas habillé. Ce que tu pourras faire de plus, faisle, je t'en prie. li est vrai que la caisse de la ville
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devrait bien aussi lui donner quelque chose, parce qu'il a fait toutes sortes de services dans l'église; qu'ils agissent comme ils voudront. Vois de quelle manière tu pourras avoir cet argent. Nous avons un gobelet d'argent à mettre en gage. Dieu ne nous abandonnera pas, j'en suis sûr. Adieu. » (17 février 1S32.)
« Le prince m'a donné un anneau d'or; mais afin que je visse bien que je n'étais pas né pour porter de l'or, l'anneau est aussitôt tombé de mon doigt (car il est un peu trop large). J'ai dit : Tu n'es qu'un ver de terre, et non un homme. Il fallait donner cet or à Faber, à Eckius; pour toi, du plomb, une corde au cou te conviendraient davantage. » (13 septembre 1330.)
L'Électeur, établissant une contribution pour la guerre des Turcs, en avait fait exempter Luther. Il lui répondit qu'il acceptait cette faveur pour ses deux maisons, dont l'une (l'ancien couvent) lui coûtait beaucoup d'entretien sans rien rapporter, et dont l'autre n'était pas payée encore. « Mais, continue-t-il, je prie votre Grâce électorale, en toute soumission, de permettre que je contribue pour mes autres biens. J'ai en-
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core un jardin estimé à cinq cents florins, une terre à quatre-vingt-dix , et un petit jardin qui en vaut vingt. J'aimerais bien à faire comme les autres, à combattre le Turc de mes liards, à ne pas être exclu de l'armée qui doit nous sauver. Il y en a déjà assez qui ne donnent pas volontiers; je ne voudrais pas faire des envieux. Il vaut mieux qu'on ne puisse se plaindre, et que l'on dise : Le docteur Martin est aussi obligé de payer. . (26 mars 15-42.)
A l'électeur Jean. « Grâce et paix en Jésus- Christ, Sérénissime seigneur ! j'ai long-temps différé de remercier votre Grâce des habits qu'elle a bien voulu m'envoyer;je le fais par la présente de tout mon cœur. Cependant je prie humblement votre Grâce de ne pas en croire ceux qui me présentent comme dans le dénument. Je ne suis déjà que trop riche *elon ma conscience; il ne me convient pas, à moi , prédicateur, d'être dans l'abondance, je ne le souhaite ni ne le demande — Les faveurs répétées de votre Grâce commencent vraiment à m'effrayer. Je n'aimerais pas à être de ceux à qui Jésus-Christ dit : Malheur à vous , riches, parce que vous avez déjà reçu votre consolation ! Je ne voudrais pas