Mémoires
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Consignes d'utilisation
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SOCIETE ROYALE
DES
SCIENCES, LETTRES, ARTS et AGRICULTURE
DE NANCY
PRÉCIS
DES TRAVAUX
DE
LA SOCIÉTÉ ROYALE
B E fl BCSESŒS^ tETTRES, AATS r AG&ICULTO!lE
DE NANCY
PEHDAST LES AHI^KI l8l3, t8t4 ST l8l5.
A NANCY
HISSETTE, I
LA lOGlÉTÉ KOTJ
Août 1S17.
CHEZ C-J. HISSETTE, IHPBIMEUR
DE LA lOGlÉTÉ KOTÂLE.
«? PRÉCIS
DES TRAVAUX
DE
LA SOCIÉTÉ ROYALE
DES
SCIENCES, LETTRES, ARTS et AGRICULTURE
DE NANCY
PEITDÂNT LES ANNNÊES l8l3 ^ l8l4 KT l8l5.
JLi E S années qui viennent de s'écouler , si fécondes en événemens politiques , dont les résultats ont ouvert de nouveau pour la France les sources du bonheur , en la rendant au Gouvernement légitime ) n'ont psfs été aussi favorables à la culture des sciences et des lettres, qui de-mandent des loisirs, la liberté d'esprit et de faciles communications entre toutes les parties de la république des lettres. Après un silence, de plusieurs mois pendant la première invasion , les membres de TÂcadémie s'étaient rassemblés pour se féliciter de l'issue inespérée d'une crise qui conservait à la patrie sa gloire et sa puissance^
alors même qu^elIe semblait menacée d'une ruine inévitable ^ ib ayaieut célébré le retour des Princes pacifiques et vertueux , qui nous promettaient le retour d'une longue paix. La compagnie avait recouvré le titre de Société royale, qui rappelle sa véritable origine et les bienfaits de son illustre fondateur. Dans une sécurité profonde^ elle avait repris ses utiles travaux , quand de nouveaux malheurs sont venus fondre sur la France. Elle les a vus avec douleur , avec effroi j mais pénétrée des bontés du Roi, elle a religieusement conservé le titre qui lui avait été rendu et les sentimens qu'il rappelle. Au nom de Fusurpateur, tous les cœurs se sont resserrés, toutes les voix se sont tues *] et pendant que la perfidie triomphante insultait k la fidéKté , FAcadémie royale déplorail en silence les malheurs de 1» patrie, opprimée au-dedans par les factieux, vatnacée ai>-dehor9 par rétranger, et manifestait ainsi son animadversion contre un ordre de ehoses qui substituait la force à la justice, la puissance des armes à celle des lois, et le despotisme à la liberté.
Fréquemment interrompus, plosieurs fois suspendus, nos travaux ne peuvent être, dans cette
{*) (Test la seule lanuce qu^elle n^alt pas rendu publifuemenl compte de ses travaux.
période^ au^i nombreux et aussi importans que dans des temps de calme ; ils fixeront cependant encore , nous osons Fespërer , Tattention du public Des mémoires, des observations de physique, de médecine , ont servi à éclaircir quelques points de doctrine encore incertains. Des recherches chimiques ont jeté du jour sur la composition de plusieurs substances jusqu^alors peu connues i quelques inventions en mécanique ont procuré à cet art de nouvelles ressources. Plusieurs membres de la Société se sont occupés à enrichir notre littérature de productions étrangères ^ Tan^ tiquité , rhistoire ^ la science des lois et la poésie enfin n^ont pas été cultivées sans succès*
L'Académie n'a pas abandonné le projet, que depuis long temps elle a formé, de consacrer aux illustres Lorrains un monument propre à relever la gloire de cette province. Elle a recueilli des renseignemens importans sur des personnages oubliés par Dom Cahnet; et, chaque année ^ elle ajoute aux éloges historiques assez nombreux que t'enferment ses archives, l'éloge de quelques-un^ de nos compatriotes qui ont droit k Fadmiration publique. Elle indique toujours à rémulation des gens de lettres les éloges de Dom Galmet, de Charles Le Pois, de Claude Gelée ^ de M."*® De Grafigny , de Palissot^ qu'elle désire d'ajouter à son recueil j elle les considérera comme
des titres d'admission en faveur de ceux quîobtiendroiit ses suffrages. A ces noms dignes d'exercer les plumes les plus éloquentes, elle djoute celui du célèbre et malheureux Gilbert^ né dans les Vosges, mort à Paris, à la fin du siècle dernier. Ce jeune poêle, sans fortune ^ sans autre appui que son courage et son génie , osa attaquer le pbilosophisme tout puissant, et frapper du fouet de la satire les novateurs, qui, sous le masque de la philosophie, attaquaient les principes les plus respectés parmi les hommes, hâtaient la perte des mœurs, la chute des arts, et préparaient les élémens de nos discordes civiles.
L'Académie a éprouvé, en 1814^ une jouissance bien douce dans Fhommage publiquement rendu à son illustre fondateur. Elle n'a pu voir sans attendrissement les compatriotes du philosophe bienfaisant célébrer sur la tombe de ce Prince , avec une pompe digne du lieu 011 repose sa cendre, des vertus dont les fruits nous étaient réservés. Elle a formé des vœux pour le bonheur d'un peuple qui nous a donné Stanislas, et qui sait honorer sa mémoire. Elle a voulu lui témoigner son estime, en associant à ses travaux l'un de ses guerriers le plus recommandable , également distingué dans les sciences et dans l'art militaire. M. le général Sokolnicki réunissait tous
les litres pour être admis, et il avait encore le mérite de se présenter comme parent de Stanislas , et de rivaliser avec nous par son attachement à la mémoire de ce prince immortel.
La Société a continué à entretenir avec Ie« gens de lettres et les compagnies savantes des relations dont elle a depuis long-temps éprouvé les avantages, et qui chaque jour augmentent ses richesses. Eiie a admis au nombre de ses membres plusieurs savans et plusieurs gens de lettres ^ propres à entretenir ses utiles communications: M. le baron Percy, membre de l'Institut ^ ancieu chirurgien en chef des armées françaises , aussi célèbre dans son art par ses succès que par ses écrits^ M. Boinvillier, grammairien distingué , associé de rinstitut^ M. Charles Botta, littérateur italien très-distingué, auteur de THistoire de la guerre de rindépendance de l'Amérique et du poëme il Camillo / M. De Pixerécourt , dramatiste connu, auteur de Gharles-le-Téméraire, dédié à la ville de Nancy, dont l'Académie a voulu récompenser les sentimens généreux et patriotiques } M. Boujardet, docteur en médecine, laborieux propagateur de la vaccine dans ce département.
A la suitjs des noms des membres nouveaux |
(6) nous placerons ceux des anciens dont la perle récente nous rappelle de douloureux souvenirs: le ve'uérable Parmenlier^ dont les travaux économiques ont été si long-temps et si utilement consacrés au bien de Thumanité^ M. Saucerotte^ rhouneur de la chirurgie dans notre payS) et Tune de ses lumières à Tépoque où il a vécu ^ le judicieux critique Palissot, vétéran de notre littérature^ conservateur du goût, défenseur dç la morale, Tuu de nos plus illustres compatriotes ^ et le plus ancien de nos membres; M. Nicolas, ancien professeur de chimie à la Faculté de Nancy, associé de l'Institut , auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire naturelle et la chimie^ M. Jeanroy, docteur - régent de la Faculté dç Paris, médecin consultant du Roi, et Tun des praticiens distingués de la capitale. Parmi s^s membres résidans, la Société regrette M. le baron Riouff, préfet de ce département , auteur d'un écrit qui a hâté la chute du régime de la f erreur et de plusieurs ouvrages inédits ; M. H^nry, proviseur du Collège deNapcy, enlevé à renseignement par répidémie qui en 181 4 a ravagé notre pays; M. Fachot, bibliothécaire de la ville de Nancy et de l'Académie, bibliographe distingué; M. Mollevaut, député à plusieurs assemblées législatives , doyen des avocats , jurisconsulte
(7) savaat, professeur d'Histoire à la faculté des lettres de cette ville , que ses talens ejL sa piété ont rendu égafenient recom«aii4able^