SCIENCES ET ARTS
Physique générale et spéciale.
M» YAUTaiir a exposé dans un Mémoira $ucdnct les principes de physique qui peuvent servir a Texplication des effets de la gelée sur les wgétauxi^ et à la détermination des causes nom* breuses et variées qui produisent dans Tatmos^ phère les changemens de température ^ si souvent puisibles à la végétation» C*est en appliquant les lois de la propagation du calorique, de la formation des fluides gazeux et de Tévaporation^ c^est en rassemblant toutes les causes qui peuvent faire promptement varier la température de Tatmosphere ) quMI explique les gelées d'automne ^ dont Tévaporation lui parait la cause la plus efficace» Il rapporte des faits propres à confirmer son opinion» Selon lui , Tévaporation est due k Tinfluence du soleil , à la force absorbante de Tair, à la vitesse et à la tem^ pcrature ies vents. U attribue aussi à la mâm^
(8) cause la congélation produite dans les orages par riufluence de l'électricité. Quant k la cause destructive de la vie dans les végétaux ,/ il la trouve à la fois dans la soustraction rapide du calorique qu'ils éprouvent en quelques circonstances, et dans Taugmentation du volume; de l'^au gelée qui brise et désorganise le tissu végétal qui la renferme.
M. Tabbé Vautrin a lu, dans la séance de Novembre 1816, un Mémoire dans lequel il a rassemblé quelques faits et des réflexions sur les pierres atmosphériques , dont il a cherché à expliquer Forigine. Après avoir rapporté les caractères qui les distinguent de toutes les substances minérales , et qui prouvent assez qu'elles ont une origine différente, il s'attache spécialement aux phénomènes qui annoncent et caractérisent leur chute. Leur éclat lumineux, lorsqu'elles se montrent, leur température élevée lorsqu'elles atteignent la surface de la terre, la rapidité de leur marche, le bruit qu'elles produisent eu traversant l'atmosphère, enfin l'obliquité de leur chute, sont les phénomènes que l'auteur décrit et examine successivement ; mais c'est sur l'obliquité de leur marche, qu'il fixe particulièrement son attention. Il la constate par dés observations recueillies en différens lieux, et par l'exposiiion de la courbe parcourue par
(9) deux bolides, dont Tun tomba à Yillefranche , et dont Tautre fut observé à Fléville , près de Nancy, Cette obliquité sert de base à Thypothèse qu^il propose; hypothèse qui se rapproche beaucoup de celle de MM. Chiadni , Biot et Poisson.
M. Vautrin suppose que ces masses minérales existent toutes formées dans l-espace céleste avant leur chute , et les considère comme des satellites minuscules que quelque perturbation entraîne dans l'atmosphère terrestre et précipite vers la surface de cette planète, en diminuant la force tangentielle. « Si ces corps se formaient dans » Tatmosphère , dit Fauteur , ils devraient tomber: 3^ verticalement, et avec une vitesse moindre que » celle qui leur est propre 5 il est vrai , ajoute-t-il , » que sHls étaient lancés par des volcans lunaires, » comme il a plu à quelques savans de le soup- » çonner , ils parcourraient aussi une courbe » qui aboutirait à la surface de. la terre. Mais » quelle force pourrait ainsi les soustraire à » Tattraction de la planète à laquelle elles appar- » tiennent, pour les livrer à celle de la nôtre? » En s'^abandpnnant à Tanalogie, seule ressource » dans cette matière, peut-on trouver dans le3 » volcans de la lune une force supérieure à celle » des volcans de la terre, lorsque cette planète » lui cède autant par sa masse ?•••• La force
» explosive de nos volcans se bornant a lancer > des quartiers de roche à quelques centainos^ » de iotses, comment attendre que ceux de la 1^ lune puissent lancer des bolides à plus de laoo p lieues "» f distance qui serait nécessaire , selon Fauteur , pour que ces projectiles entrassent dans la sphère aiuractive de la terre» Une semblable force ^ si elle existait, devrait ruiner de fond en comble le corps contre lequel elle se déploieraitt Enfin ces déjections de volcans lunaires^ en les supposant lancées à la distance nécessaire pour se soustraire à son attraction , deviendraient des satellites de notre planète. D'après ces raisons ^ Fauteur , pour expliquer Torigine des aréolithes, préfère de les considérer comme de • petits satellites de la terre. Qu'observation qui nous montre un bien plus grand pombre d^espèces dans les corps de petite masse que dans ceux de gifande , et la gradation qui est admise comme, loi de la nature, lui semblent favoriser son opinion, qu'il appuie encore en résolvant les objections opposées à l'existence de ces satellites qu'on n'aperçx)it jamais que quand ils sont près de toucher la terre. |1 prouve que leur masse, pour les rendre visibles , devrait être beaucoup plus grande que celle de tous les bolides connus ^ qu'en leur accordant une masse suffisante , l'ombre de la terre qui les soustrairait aux rayons
du soleil 9 les rendrait encore invisibles^ et que ceux qui seraient plus éloignés , se trouveraieni nojw dans les crépuscules.
Exï rendant compte de Touvrage de M» Azais^ intitulé, Système unwersçl^ M. Vautrih, après avoir exposé avec clarté et précision les principes fondamentaux de cette hypothèse , et Fa voir présentée par le côté le plus avantageux, la caractérise ainsi : « Quand Fauteur vous promène dans » Fimmensité des cieux , pour vous montrer "p Faction combinée des deux puissances anta- "p gonistes, qui, selon lui, régissent Fimivers, » si vous n^êtes éclairés, du çioins vous êtes » éblouis. Mais quand descendant sur la terre, » il prétend, avec les mêmes agens, conso* » lidcr le globe , applatir ses pâles , gonfler son ;» équateur, élever les montagnes , déprimer les » vallées, répandre les mers sur la plus grande :» partie de sa surface, l'envelopper d'une atmos- » phère gazeuse; la couvrir d'une variété infinie » d'animaux et oe végétaux; enfin produire » Fhomme , lé plus parfait résultat des puissances » conjurées , et trouver la cause de tous les phéno- » mènes physiques, physiologiques et moraux 9 dans ces deux agens , on se croit alors transporté '% dans le pays des chimères... • L'expansion, la > compression, Faffinité, le calorique, Féleo
» tricîté majeure et mineure ; enfin . tous les #> élémens que le nouveau Prométhëe fait inter- » venir pour former , organiser , animer tous les » corps ^ ne rendent l'explication que plus inin- » teliigible.... Notre ame, nos idëes, n'ont pas » une origine plus élevëe que les êtres maté- » rieb.... Nos idées sont des molécules figurées » de matière expansible et compressible ^ Tame •> en est le réservoir. Un fluide subtil les met » en mouvement dans le cerveau ^ et les dirige » dans les ner&^ ce qui donne le mécanisme de la » sensibilité». M. Vautrin, après avoir exposé les conséquences de ce système, qui ferait de rhomme une pure machine, et réduirait toutes nos actions à de simples opérations de mécanique, éloigne de Tauteur toute intention coupable , et le regarde comme dominé par une imagination qui Tentraine contre son intention. « Il est , dit-il , » pat rapport à son lecteur, ce que serait aux » gens sensés un bon esprit , dont les opérations !> auraient été troublées par de trop vives impres^ » sions, mais qui laisse par fois un libre empire » à sa raison. Expose-t-il quelque question de pby- ^ sique ou de morale, il en parle convenablement j » veut-il les expliquer, ilretombe dans son délire^ » et ne consultant plus que son imagination , son » langage n'est qu-un abîme impénétrable à la
» raisoia ; abîme rendu plus obscur par des termes » dont le sens est inconnu, et par Tabus des » figures les plus hardies, i»
M. PLOjfVGUER a rassemblé dans un Mémoire sur la crue des eaux de la Moselle et les graviers qu'elle charrie , un grand nombre d'observations intéressantes pour la topographie de notre pays j propres à éclairer Tadministration sur les moyens de s^opposer aux dévastations qu^elles produisent quelquefois y et sur les avantages que Ton peut tirer des débris des Vosges charriés dans son lit, en les employant aux constructions et à la réparation des routes.
€ Quand on considère , dit Fauteur , la largeur » et la profondeur des vallées au fond desquelles » coulent aujourd'hui nos rivières, oti s'aperçoit » aisément qu'elles ont été creusées peu à peu » par les eaux courantes, et que si leur lit a » aujourd'hui quelque stabilité , elles ne le doivent » qu'au travail d'un grand nombre de siècles. Il
> est certain que là surface de la terre n'avait » pas autrefois, comme de nos jours, ces grands » canaux et ces vastes décharges, toujours prêtes » à recevoir les eaux des pluies et celles des » sources qui sortent du pied des montagnes* » Les rivières et les fleuves p'existaient pas , ou » n'étaient tout au plus que des torrens, dont
> Feau rassemblée dans les valions peu profonda
» diérchÂitune i^ue pour s'échapper , ets^élevait » dans ces espèces de lacs, jusqu'il ce que les » ajant comblés , elle Tersit par un trop plein » dans un bassin inférieur, qui lui-même versait » dans un second, et ainsi de suite, jusqu'à » la mer.
» Le sol déchiré , dans Tintervalle d'un bassin 9 à l'autre , par des courans d'autant plus rapides , 3 que le volume des eaux et la pente étaient plus » considérables, ébaucha un lit qui s'approfondit 9 de plus en plus, k mesure qu'il s'éloignait » du point de départ des eaux ; ainsi le sol des » vallons baissa avec le niveau du lit des fleuves; » et cet abaissement dut diminuer progressif 9 vement en approchant de la mer, vers laquelle » se portent les débris des vallons. Les débris » abandonnés par le cours des eaux , à mesure » queleur vitesse diminuait , formèrent ces grands 1^ attérissemens qui obstruent l'embouchure de la » plupart des fleuves ».
Les* observations de M» Plonguer sur le lit de la Moselle depuis sa source, dans une trèsgrande étendue , servent à confirmer cette théorie générale. Il trouve en efiet que sa pente , qui , près de sa source, est de i4 pieds sur loo toises, n'est , à 8 lieues plus bas , que de i o pouces i o lignés , et de 6 pouces seulement au-dessous de Charmes, dans une égale étendue. Parcourant
Ci5)
successivement toutes les parties du bassin où coule cette rivière, il montre les causes qui donnent lieu à ses débordemens fréqnens , aux cbangemens de son lit, et aux attérissemens qu^elle forme souvent au détriment de vastes prairies. Il indique les moyens d'y remédier, et les tl*ouve principalement dans des travaux qui lui donneraient un Ut dont les bords, en pente douce, devraient être couverts de gazon, et plantés d^arbres propres à les protéger contre la puissance érosîve des eaux. Il rapporte quelques observatimis sur la forme de la surface des fleuves dans les grandes crues , et termine par des détails utiles sur l'emploi des sables et graviers * de la Moselle.
Les recherches, auxquelles M. Haldat s'est Kvré, en 1812, dans un Mémoire inédit sup l'application des sciences physiques k t'exaroea critique du témoignage des hommes , Font conduit à l'application de quelques lois de la propagation du son sur lesquelles repose la certitude des ténM>ignages auriculaires. L'influence que le vent peut avoir sur cette propagation, a jKirticuliè^ rement fixé son attention. Ayant inutilement cherché dans les ouvrages des physiciens la solution d'une question livrée jusqu'alors aux préventions de la multitude; il a interrogé la
nature par des expériences qui lui ont para propres à Téclairer.
La première partie de son Mémoire est consacrée à rindication des moyens qu'il a employés, et à Texposition des difficultés que Ton rencontre dans l'exécution de ces expériences. « On peut » rendre, dit-il, les sons égaux en intensité) en » rendant égales les percussions qui les pro- » duisent; mais relativement à la détermination » de Tinfluence que le vent peut avoir sur le » son, on ne peut en juger directement que par » les différences dans la distance à laquelle il se » propage , et cette détermination ofire une mul-
> titude de difficultés. D'abord, Toreille qui doit » juger de cette distance et en poser la limite, » est, comme tous les organes des êtres animés, » sujette à de grandes variations dans sa sensi- » bilité ; ce qui en rend l'estimation peu suscep- » tible d'exactitude rigoureuse. Les inégalités du » terrain, sa propriété d'être plus ou moins » sonore dans les diverses parties de son étendue, » les différens obstacles qui arrêtent , transmettent » ou réfléchissent le son, fournissent des causes
> d'erreurs aussi nombreuses que difficiles à » ^«viter ». M.Hàldàt a depuis prouvé que la méthode qu'il a suivie pour déterminer l'influence du vent sur l'intensité du son ,
méthode employée par Hauxbée pour établir les lois universellement adoptées de la propagation dans Fair tranquille, n'est pas plus susceptible d'erreur, que celle qui emploie deux timbres, entre lesquels se place l'observateur pour déterminer l'influence du vent par la comparaison des impressions sur l'ouïe.
iLe résultat des expériences de l'auteur , exécutées sur diverses échelles, répétées et varices autant que les circonstances ont pu le permettre, prouve, comrae l'a fait M. Delàroche dans un Mémoire publié depuis le sien : i.^Que le vent exerce une véritable influence sur la propagation du son, et que l'opinion du vulgaire à cet égard est en quelques points conforme à la vérité. 2.^ Que la limite de la propagation est resserrée au-dessus du vent, et augmentée au-dessous. 3.^ Que cette augmentation ou diminution est proportionnelle à la vitesse du courant aérien. 4*^ Q^^ l'augmentation audessous du vent, n'est pas exactement proportionnelle à la diminution qui a lieu au-dessus. 5.* Que la limite de la propagation est peu altérée dans la direction transversale au courant aérien ^ ce qui s'accorde avec les lois de la vitesse du son dans l'air agité par le vent, selon les expériences des académiciens français. 6.^ Que la voix d'un adulte qui prononce d'un ton modéré, peut être entendue
( .8) par un temps calme, à 76 pas environ; et quç celle distance doit élre augmentée au-dessous et diminuée au-dessus du vent, à raison de sa rapidilé. Les recherches de M. HiLDÂ.T sur Tespace sonore, lorsque le son a lieu dans Pair agité par le vent , présenlent une ellipse déformée et approchant d'un parallélogramme, dont les angles seraient tronqués et arrondis.
Pour remonter à la cause de ces singuliers phé* nomènes. Fauteur a comparé l'espace sonore formé dans Fair agile par le son aux ondées produites dans Feau courante ; mais il a trouvé des différences si grandes entre ces phénomènes, que les causes doivent en être absolument différentes: les ondes aériennes dont se compose le son, demeurent fixées dans le même espace, quoique soumises à Fimpression du vent, tandis que les ondées liquides enlrainces au courant se manifestent loin du lieu où elles ont élé produites.
Tableau des Observations météorologiques , faites à Nancy, dans les années 181 3, 1814 et 18 15, par M. F Abbé Vautrin.
fi
(«9) Chimie.
M. BiiÂCOifiroT a lu, le 5 août i8i3, de Nouvelles Recherches analytiques sur les Charor pignons ^^ouT servir de complément à celles qu il a insérées dans les tomes 79 et 80 des Annales de chimie. Elles en confirment les principaux résultats, et ajoutent plusieurs faits nouveaux et intéressans à ceux qu'il a déjà rassemblés sur des substances dont la nature chimique était à peu près inconnue auparavant. Le bolet de noyer ^ lapezize noire, Tagaric stjptique et le nostoc ont fourni la matière de ce Mémoire.
Le bolet de noyer , holetus juglandis , que quelques-uns regardent comme alimentaire, et que d'autres tiennent pour vénéneux , laisse par la combustion une quantité considérable de potasse saturée dans la plante par un acide particulier qui a été le sujet de recherches nombreuses ^ auxquelles s'est livré M. Bràconnot, pour en déterminer la nature. Les acides et la chaleur séparant de l'albumine du suc de ce bolet.
L'acétate de plomb y produit un dépôt blanc soluble dans Tacide acétique ; l'eau de cbaux et de barite, de légers dépôts^ le sulfate de fer ne la trouble qu'après quelque temps 3 le nitrate d'argent
y forme un précipite léger, soluble dans Tacida nitrique. L'infusion de noix de galle le précipite aussi ^ enGn, il rougit faiblement le tournesol. La substance du bolet de noyer , soumise à la presse, et itérativement lavée , laisse un marc qui, frais, est é2al au treizième environ de sa masse. Le SUC ainsi obtenu donne par TébuUition un dépôt albumineux qui noircit Targent. Evaporé, il laisse un résidu déliquescent qui, lavé à Talcohol, donne, au moyen de Tévaporation , une très-petite quantité de sucre et d'une matière animalisée, brune, un peuamère, et un peu de matière grasse^ enûn, on en tire une substance analogue à Posmazone \ principe déjà entrevu par M. Yauquelin. Le résidu insoluble dans Talcohol contient un sel à base de potasse, qui a été décomposé par Tacétate de plomb , et séparé pour être examiné. Les liqueurs séparées du dépôt, et privées de leur excès de plomb par Thydrogène sulfuré , ont donné par révaporation , une matière animale qui, purifiée et desséchée avait une cassure vitreuse et Taspect de la colle forte ^ elle s';«moIlit un peu à Tair humide, a une saveur assez agréable, et semblable à celle des champignons. Cette matière donne par la distillation les mêmes produits^ que les substances animales, et du jaune amer par facide nitrique.
Le dépôt acidifere , obtenu par Tacétate de
plomb, décomposé par l'acide sulfurique et saisi par Tammoniaque, a fourni un sel végétal cristallisé et purifié, lequel^ décomposé de nouveau par racétate de plomb et Tacide sulfurique., a dooné un acide pur, d^une saveur très-franche, mais incristallisabjb ejt délique3cent, qui forme par Tacétate de plomb un précipité blanc, soUiblç dans Tacide acétique : il n'altère le nitrate d'argent qu'au moyen de doubles décomposition9 opérées par siss combinaisons salines; et combiné à la potasse et à la soude, il donne des sels incristallisables, mais solubles dans TalcoboK Il produit avec Tammoniaque un sel acide en gros cristaux hexaèdres, dont quelques-uns avaient des sommets obtus et solubles dans deux parties d'eau à i5®+ o R.; avec la chaux, cet acide donne un sel peu soluble, inaltérable à Tair, cristallisable^ d^une saveur assez faible, et qui exige 80 parties d'eau à 1 8° 4* o R. II produit aussi des sels cristallisables avec la barite, la magnésie et Toxide de zinc; ce dernier cristallise en parallélipipède. Ces faits ont déterminé M. Braconnot à considérer la substance qui par sa combinaison donne naissance ii ces divers produits, comme un acide nouveau qu'il avaitdéjàentrevu^etquise trouvant assea généralement dans les champignons, pouvait être nommé acide fungique : cet acide est uni à la potasse du bolet de noyer, et fuit une portion asseai
considérable de sa masse. Le marc du bolet ex9*miné a fourni encore d'autres produits qui s^ trouvent rassembles dans le tableau suivant:
Eau de végétation 1 18*^' ^ 3o.
Fungine coriace • 95 , 68.
Matière animalisée peu connue ^
insoluble dans Talcohol 18 , 00.
Matière animale analogue à Tos-
mazone, soluble dans Talcobol. . • 12 , 00 •
Albumine 7 ^ 00 •
Fungate de potasse 6 ^ 00 •
Adipocire i , 00 •
Matière huileuse •••.. i, 12.
Sucre • •• o. 5o«
Phosphate de potasse , très-petite quantité.
La pq^ize noire ^ peziza nigra. Cette espèce de champignon brun qui croit sur les chênes , peu de temps après qu^ils ont été abattus, soumise aux ^êmes procédés d^analjse que le bolet de noyer, a offert, comme lui, une matière animalisée , du sucre, un acide que M. Braçonmot croit identique avec celui quUl a nommé fungique; une matière grasse qui a la propriété particulière de donner une couleur pourpre avec la potasse^ enfin , une grande quantité d'une substance gommeuse analogue à la gomme de Bassora, dont M. Yauquelin a fait connaître la nature. Tous
ces produits et leurs proportions se trouvent dans le tableau suivant:
Eau. • • 1 76% 00.
Gomme de Bassora. . • 18 , 4^.
Acide fungique , en partie libre... .8 , oo^
Gomme pure* ••.•....•••.•.. 3 , 60.
Matière peu animalisée, soluble dans l'alcohol. ••..••..••.•'•••... o , 4^9
Sfatière grasse, qui se colore en pourpre par la potasse • • . ^ • • • • • • o , 4^'
Potasse et cbaux , petite quai^titëp
Agaric styptique, agaricus stypticus. Cette espèce commune dans nos bois , où elle croit en groupe sur les souches des arbres , a offert dans ses composans une substance huileuse tmie à une matière résineuse, qqeMf Braconnot a isolée par Falcohol, et à laquelle il a uni le principe acre et fugace qui distingue ce champignon^ Il a aussi trouve un acide qui parait faire la base des champignons; c'est une substance fongueuse et cartila-!giueuse, unie à une substance gélatineuse. Tous ces produits s^offrent d^n^ le tableau suivant ;
Maiicre fongueuse cartilagineuse. i^'^? •
Résine )
Matière adipo-résineuse S
Substance gélatineuse inconnue. • ^ 9 ^:
Acide combustible indéterminé, uni à la potasse P ^ p.
Principe acre fugace inconnu.
Nostoc commun, tramella nostoc. Celte substance qui, dans le règne végétal , semble jouer le rôle que remplissent, dans le règne animal, le rotifêre et le tardigrade, n^a qu^une odeur fadç et une saveur analogue. Elle fait cependant repasser an bleu le papier de tournesol rougi.
Desséchée et soumise à la distillation, elle a (lonné une huile brune épaisse , un liquide jaupâtre légèrement alcalin , qui làit effervescence avec les acides , et composé de carbonate et d'acétate d'ammoniaque. Le résidu charbonneux, incinéré et lavé , s'est trouvé composé de carbonate et de phosphate de chaux. La lessive des cendres contient des muriates et sulfates de potasse, et quelques traces de sous -carbonate de potasse.
Deux cents grammes de cettç substance fraîche n en donnent que 1 5 de matière solide après la dessication, de laquelle on tire un peu de matière grasse unie, à ce qu'il parait, au principe colorant
du végétal ; de plus , une grande quantité d'une substance gélatineuse analogue à la gomine de Bassora, et un mucus qui n'éprouve aucun changement par le sublimé corrosif. Il précipite par la dissolution de plomb, de fer, de cuivre, d'étain et par le sulfate d'alumine, quand on y ajoute un peu de potasse , et donne à la distillation les produits des substances animales; ce qui semble le rapprocher de la matière séminale. Ces produits sont réunis dans le tableau suivant :
Eau i85>". o.
Matière analogue à la gomme de ^assora. ••••••••••. • |3 , j3.
Espèce de mucus.. i, a.
Matière grasse , phosphate de chaux , carbonate de chauiT, muriate de potasse , sulfate de potasse j petites quantités.
M. Braconnot, ajant voulu employer Yabsinthe unie aux astringens dans le traitement des fièvres intermittentes, a désiré d'en connaître les propriétés chimique^* 3ix c^nts grammes de celte plante^ soumis à la distillation avec Teau, ont donné 9 décagrammes d'huile volatile d'un vert foncé. La même quantité, pilée avec l'eau, exprimée à la presse, puis épuisée par l'eau bouillante, a laissé uu marc composé de fibres
ligneuses qui , AcM^cM^ pesait 68 graoBMW Ei» Uqueurs réunies ont donné, par i^élévation de température , une matière animale coagulable irerte. Lavée et desséchée, elle pesait lo grammes jet demi , desquels on a tiré par Facohol 3 grains d^une substance ayant la consistance de la graisse, peu différente du principe vert des végétaux. Le résidu de la matière coagulée, épuisée par Talcohol, a donné à la distillation du carbonate d^ammoniaque et un charbon animal.
La liqueur filtrée qui contenait les principes solubles, avait une couleur rougeâtre, altérait un peu le papier réactif, et a laissé déposer un sédiment, qui, desséché et lavé, pesait a grammes. Il était doux au toucher, comme une fécule.
](j^acide muriatique lui a enlevé un $el calcaire, formant la moitié de son poids, La porlion insoluble dans Tacide donnait en brûlant une odeur empyreumatique , et a fourni du jaune amer par Tacide nitrique ^ caractère qui l(s rapproche des matières animales.
L'évaporation continuée à une douce chaleur a fourni un extrait du poids de 35 grammes , peu solubl<3 dans Talcohol , qui cependant ps^r des ébullitions réitérées , a donné du nitrate de potasse équivalent à 2 grammes, pour la totalité de Textrait obtenu. Le résidu s'est dissout dans Teau , €t a laissé une matière résiniforme , molle , brune ,
(37) du poids d^un gramme 4 decigrammes , très-amer, 9olubIe dans Peau , et susceptible d'être précipité par le tanin, Tacétaf^ de bî^rite, le nitrate de plomb, le sulfate de fer, et non par Tammoniaque. Epuisé par des lavages réitérés et Tébullition, le résidu avait l'apparence de résine, mai^ insoluble dans Talcobol, sqluble dans les alcalis. Cette matière n^a pas rougi le tournesol , quoiqu'il le fût par la teinture alcoholique ^ elle a donné de l'acide oxalique, du jaune î^mer par Tacide nitrique, et de l'ammoniaque à la distilla^onj ce qui le rapproche des substances résiniformes trouvées dans le quinquina par M. Yauquelin.
Le résidu qui avait résisté k Talcohol , a donné line matière extractiforme , un résidu salin composé de nitrate de potasse , et une sul^stançe brune, assez semblable à la colle forte ^ elle a été précipitée par le tanin, le nitrate de plomb, le nitrate de barite, l'eau d^barite et d^ chaux. Cette matière animlilisée, peu sapide, est estimée égale à 8 grammes. Elle brûle en se boursoufflant,eta laissé une cendre alcaline , qui était neutralisée dans la plante par un acide que M. Bracoh not a séparé, et qu'il regarde comme distinct des autres végétaux^ il lui dont^e, jusqu'à ce qu'il soit mieux connu , le nom d'acide Absinthique. U estime à 5 grains et demi le sel à base de potasse, formé par la con^biuaiion de cet acide dans l'absinthe.
Le tableau suivant offre le résultat de toutes ces recherches, dont nous ne pouvons donner qti^ua extrait rapide.