ANECDOTE LORRAINE
Pa» m. Dé CAUMONT.
iiBLES mortels , sur yoi yeux là fotie Dèf votre enfance attachant son bandeau ^ Vous égare sans cesse aux chemins de la yie ^ Et guide encor vos pas aux portes du tombeau ! Cest elle qui , pour vous , prodiguant les chimères »
Repatt de biens imaginaires
Votre crédule vanité ; C^est elle dont la voix vous décerne Tempire Du globe ) où , tels qu'Hun songe enfant d*un vain déliré ,
Bientôt vous aiirez existé !.m
Mais vainement votre éloquence Des noms les plus pompeux a paré vos défauts ,
Je trouve , chez les animaux , Des êtres dont Fiastinct passe votre science : Je vois ) chez la fourmi ^ la sage prévoyance , Dans le rusé renard, les finesses de cour ^ Les lions, du héros m^ofifrentle caractère, Et peut-être chez eux , pour briller au grand jour ^ Maint Achille ignoré n^attend plus qu^un Homère! Mais , en talens c^est peu de nommer vos égaux
Ces favoris de la nature ,
Et l^espèce la plus obscure
Bien souvent , en vertus, vous offre des rivaux. € £h quoi, me direz-vous, dansl^udeur qui vous guide 9 > Transfuge de rhumanité)
> Vous soutiendrez que FOurs à Tallure stupide
> Peut loger en son sein la générosité ! »
Oui rOurs, et pourquoi non 1^ voit-on toiijours.les grâces
Servir d^escorte à la bonté ?
Dans le récit dW fait à Phistoire emprunté Daignez suivre un instant mes traces , Je vous promets la vérité.
Au temps où sur les bords que la Meurthe féconde ,
René, le bon René fesait chérir ses lois ,
Un Prince, trop fameux par les sanglans exploits
Dont il fit retentir le monde, Répandit en ces lieux le meurtre et la terreur ! En proie à la âimine , en ces momens d^horreur, La Capitale enfin allait être asservie, Lorsqu^à Pappel sacré du devoir , de Fhonneur )
Les fils de Pantique Helvétie, Secondant des Lorrains le généreux effort , Aux rangs des Bourguignons vinrent jeter la mort. Depuis cet heureux jour qui vit fuir les alarmes , L^Ours, dont les traits hideux figuraient dans les armée
De ces guerriers libérateurs , Loin d^inspirer Peffi-oi , porta dans tous les cœurs Un souvenir rempli de charmes |
Et sous le toit pompeux par le Prince habité) Dès lors , gage vivant de Tantique alliance
Maint Ours , bien à regret perdant sa liberté)
Reçut des mains de la reconnaissance
Une triste hospitalité.
De ces nombreux reclus vous esquisser l'histoire
N^est pas mon projet aujourd'hui :
Je dirai seulement , et l'on pourra m^en croire Qu*après avoir vécu sans gloire, La plupart moururent d'^ennui.
Enfin dans le palais de Léopold-leSage,
Un de leurs épais successeurs Du fond de ses forêts réduit en esclavage , De la cage , à son tour , recueillit les honneurs* Masco , c^était son nom , peu fait pour les grandeurs ^ Au milieu de la cour gardait le top sauvage Et certaine sévérité Que gens grossiers et sans usage Tout bonnement nonunent férocité.
Si ^ devant son manoir un passant arrêté , *
Sur le lourd montagnard jetait un œil timide ^ Soudain, Masco blessé de la témérité Grinçait en gronunelant une dent homicide,
Et Pindiscret fuyait épouvanté.
La crainte qu^il causait dans peu fut si complète
Qu'aussitôt que le moindre enfant
S Visait de crier , la menace était prête
C'était le méchant Ours qu^on nommait à Tinstant
En répétant : prenez garde ^ la bete !
Cependant en ces lieux versant les noirs frimatf ^
Régnait alors Thiver le plus terrible Dont le souffle jamais ait glacé nos climats. La famine au teint p^e accompagnait ses pas Et TafFreux désespoir suivant le couple horrible l^our ressource) au malheur apportait le trépas^
Dans un asile obscur cédé par Tindigence , Céaadssait sous le poids de sa triste existence
L^un de ces utiles enfans Qui des monts de Savoie, au retour des autans ^ Vont vendre leurs travaux à Theureuse opulence { Pourtant) plein de courage au milieu des douleurs Sand se plaindre , en héros , il souffrait sa misère^
Et Michel ne vefsait des pleurs Qu'yen songeant qM mourrait sans embrasser sa mère.
Une nuit , que le vent du nord En son séjour glacé redoublant de furie Dans ses sens engourdis allait porter la mort ^ L^fortuné Michel , par un dernier effort , Voulut encore tenter de prolonger sa vie.
La loge de TOurs prisonnier ^ Bien à Tabri de la tempête , Comparée au désert de son affreux grem'er ^ Offi^ait à ses regards la plus douce retraite :
Morfonda, grelotant, il s^ traîne à tâtons Et les harreaux en IrVux ofirant assez dC^espacC)
Michel sans crainte ^ sans soupçons , Près du fier étranger s^insinue et se place*
Troublés dans leur premier sommeil
Les gens d^humeur atrabilaire
Ont toujours un fâcheux réveil !
Aussi, dans cet instant, qui peindrait la colère
Du terrible hôte de ces lieux ?
n se lève, il mugit , et d'un bras furieux Va venger son repos , punir le téméraire;.^
Mais à Paspect du faible enfant Qui d^un accent timide implore sa clémence )
Et tombe à ses genoux tremblant , De la douce pitié Masco sent la puissance; Ces bras, où dans sa rage il allait étouffer
L^înnocent objet de sa haine Le pressent maintenant , et de sa tiède haleine Le bon Ours sur son sein cherche à le réchauffen Après des soins si doux vous devinez , je pense , Que des nouveaux amis le sommeil fut parfait \ Michel était berce par riicurcnse iiinoceuce ,
Masco dormait sur un bicnl'ait !
Le lendemain, sitôt que la lumière Teignit les bords de Thorison , L^eniant , sans réveiller quitta sou compagnon
Et la cabane hospitalière.
D^une nuit de repos ses bras étaient plus forts | Aussi des noirs circuits de sa route secrète La suie à pleines mains tombait sous ses e£forts y Et le travail fini ^ de plus joyeux accords , Sur le sommet des toits ornaient sa chansonnette*
Aux mur^ de la cité quand la paisible nuit Eut déployé son voile sombre y Michel , à la faveur de Tombre , Au gtte protecteur revint encor sans bruit« Il était temps : déjà dai^ son inquiétude Masco , de son retour accusait la lenteur ; Vivre isolé naguère était son habitude , Mais du plaisir d'^aimer il connaît la douceur ^
Et désormais il craint la solitude.
Enfin Michel parait ; de frivoles discours Des transports du reclus affaibliraient Pimage | Et les humains, d'*ailleurs , en leur langage ^ Traduiraient mal , hélas ^ la franchise de POurt ! Kon content de coucher son petit camarade , Le maître du logis, après mainte embrassade, Lui montra qu^à sa table il aurait à souper.
Des besoins de son hôte , heureux de s^occuper |
Plus sobre qu^à son ordinaire , Ce jour, le bon Masco de sou ample repas Avait , pour son ami , pris le soin de distraire
Les morceaux les plus délicats.
Depuis longtemps Michel ue dînait guère 9
Aussi , bien loin de refuser , Sur Pheure il profita de Taimable surprise
Qu'on av^t voulu lui causer.
La chère n'^était pas exquise ,
Mais quel régal n^ést pas parfait Quaod Tappétit , ParDÎtié , la franchise ,
Président au joyeux banquet !
Jue repas terminé , nos deux amis , en songes ,
Retrouvèrent dans leur sommeil
Le plaisir pur qui sans mensonges
Les attendait h leur réveil.
Longtemps , dans ce bonheur suprême , Le couple uni vit écouler s^s jours :
Le bonheur embellit toujours !
Déjà Masco ne semblie plus le même ; Avec chacun des spectateurs hombreui(
Qui s'^attroupaient devant sa cage , Le solitaire autrefois si sauvage
Devenait presqu'^affectueux \ Mais si des vétemens d^une couleur obscure , Des dents dHvoire , un teint un peu chargé Lui rappelaient la mine, la tournure
De son aimable protégé , Cétaiçot des bonds , des yeux , une Xeodrçss^ ^
Qui fesaîent répéter sans cesse :
Oh moB Dieu comme il est changé !
De rOresteà longs poils, lePilade fidèle, Michel , de son cote bien logé , bien nourri Se paraît chaque jour d'Aimé santé plus belle
Au fond de TasUe chéri ; Et déjà sur les lis de son joh visage , De la suie on voyait s^éclaircir le nuage
^ous les baisers de son ami^ Hélas nul ici-biais n^esl heureux qu'^à demi, £t les jours les plus beaux sont troublés par Forage !
Un certain soir le cuisinier Du souper , par mégarde ayant oublié Thcurei Kc parut que la nuit dans Tobscure demeure
pe son vorace prisonnier.
Il pensait que Masco yi'S'vi de sa présence,
Après une longue abklinçnce , Sur ce repas (arJif sVlançeruit joyeux ; Mais en vain du festin il montre l'abondance : Immobile en v^n coin, TOurs, d'^un œil furieux ^ SeiiiMc au bruyapt valet commander le silence, ILji enfant contre lui doucement appuyé, Sommeille sur le sein de ranimai faixxiche; £t, fils d^uu souvenir^ voltige sur sa boucha
I e sourire de Tanutit; !
De cette étrange scène , Imiorica fidèle ,
L^observateur ému se retire sans bruit |
Et , malgré Tombrc de la uuit , Dans le palais en répand U nouvelle* Parmi les courtisans il est si peu^d'^amis
Qu'ion traita ce récit de fable , Et que pour admirer ce bienfait incroyable Maints témoins près de POurs bientôt furent admisr Tout entier à Michel , Masco voit avec peine Ces nombreux spectateurs en soi^ étroit 4om^ne ^
Et jusqu^u retour du soleil 3 Veillant sur son ami, retenant son haleine Eq son geste il leur dit : respectez son sommeil !
La sombre nuit enfin terminant sa carrière , Dès les premiers acccns de roisjcau du matin , L^enfant soupire , baille , et d^un cpî} jpcertui^
Cherche la naissante lumière.
Mais de quels mouvemens n^est-il p^ agité A Faspect imprévu de la foule attentive Dans la|uclle il croit voir en sa terreur na'iv^ Les juges , les vengeurs de sa témérité 1' 11 implore à genoux leur générosité , Tandis que le bon Ours le flatte , Tcncourage ^
Et de soins plus pressons sagement occupé Quitte Michel , revient , liii montre le pQtago Et lui répète en son langage c ])lange donc , tu n^as pas soupe {
On conçoit aisément que cette nuit de gloire Des deux amis termina le bonheur,
Et que du bon Masco le prince protecteur , Ému par le récit de leur touchante histoire , De Michel à son tour devint lebienfaiteurt Dès lors Paimable en&nt nagea dans Pàbondance Au milieu du fracas d^uue brillante cour; Mais pour qu^il prit le ton de ce nouveau séjour De revoir le pauvre Ours il reçut la défense^ Hélas il préférait les soius de Tindigetice Aux présens dédaigneux d We froide pitié | ]£t le triste Michel , en sa reconnaissance Souvent sur le duvet qu^étale Fopulence Kegrettait en pleurant le sein de Pamitié»
Fléaux toujours croissans de sa nouvelle vie Les soucis destructeurs , la brûlante insomnie. Se joignant aux chagrins dont il est obsédé , Ppus leurs coups redoublés Michel enBn succomba
Et bientôt descend dans la tombe
Ou Masco Pavait précédé.
Pans ce récit ^ans art, conmie sans imposture. Nous voyons que le Créateur, Sous la plus bisaiTe figure , Cache par fois le meilleur cœur.
A la beauté, séduisante chimère,
Craignons donc*..* mais hélas d^une morale austère Pourquoi chercher an loin des exemples nouveaux !f Nous corrigerons- nous par de vaines images
Quand hien souvent nos propres maux Ne peuvent nous rendre plus sages i
Ouvrages adressés à la Société et Rapports faits sur ces Ouvrages y en 1816, 1817, '^JS-
JouRNAf* GÉNéfiÂLde médccîne française et étrangère ou Recueil périodique des travaux de la Société de médecine de Paris.
Bulletin des Sciences médicales ^ par les Membres du Comité central de la Société de médecine du département de FEure , eavpyé par M. Delarue , Secrétaire ^ Associé.
Annal es de r Agriculture française^ par M. M. Tessifr et Bosc^ epvoyées par son Ex. le Ministre de Tlntérieur.
Précis des travaux de TAcçidémie de Dijon , pendant le cours de 18 17.
Observations sur le Rathania ^ par M. Pe Laruelle.
Précis analytique des travaux de TAcadémie royale des sciences ^ lettres et arts de Rouen.
Mémoire de la Société royale et centrale d'agricul'»
ture, 18 16.
Travaux de la Société de médecine de Marseille^ 1 8 1 7,
Essai historique sur les libertés de TEglise gallicane ^ par M. GRÉcoinE, Associé.
Notice sur le Pin L^ricip de Corse.
if
Mémoire sur le blé de maïs ^ par M. BottiiT) Associé.
Analyse des travaux de TAcadémie royale des Sciences physiques et mathématiques de Tlastitut.
Précis sur la navigation intérieure ^ par M. Girard. Ode sur la Poésie ^ par M. Bigelot.
Satyre sur le dix-huitième siècle^ par M« Bigblot | rapport par M. De Caumont.
Mén^oire manuscrit sur les tombaux de la Maison de Lorraine ^ par M. le Comte De Foucauld ^ Associé.
Traduction française des OEuvres d'Hyppocrate y par M. Demercy^ Assopié.— r Rapport par M. Lamou* reux aîné.
Mémoire de TAcadémie de Marseille ^ tomes 5 ^ 6 et 7.
Travaux delaSociété d'émulation de Çarobray^en 1817.
Herminie ^ poème ^ par M. De Lacroix.
Les Soirées d'^hiver ^ par M. Dbpping^ Associé.
Précis analytique des travaux de TAcadén^ie royale des sciences ^ lettres et arts de Rouen.
Séance publique de T Acadén^ie de^ Beaux-Arts.
Précis de la constiti^tion médicale du département d'Indre .et Loire.
Monumens des Arts de la ville de Dijon , par M. GiRAULT^ Associé.
Compte rendu de la Société d''histoire naturelle et arts de Lyon ^ par M. Gronier.
Notice shrun nouvel engrais ^ par le n^èn^e.
Ode sur le rétablissement de la Statue de Henry ;iy| par M. Molle vaut ^ Associé,
f Séancepubliquedela société d'émulation de Bouen 1 8 1 8.
Description des macbiues et procédés scientifiques qui ont obtenu des brevets d'inventioi}^ envoyés par son Exe. le Ministre de l'Intérieur.
Mémoires de la Société d^agriculture du département de Seine et Oise.
Rapport fait au Comité de vaccine ^ en |8i6.
Manuel de Piété à Pus^ge des bommes de couleur ^ paf M. Grégoihp.
Mémoire de T Académie de Marseille ^ tomes lo et 1 1.
Précis des travaux dePAcadémie de Rouen ^ en i8i^«
Kotice biographique sur M. FilUurs ^ par M/ Ladou^- CETTE ^ Associé*
Ilotice biographique sur M. De Marnesiay^tLrlemênie^
I^otice biographique sur M. d''£tigny ^ par le même.
Voyage dans le département de la Roër ^ par le mènoie»
Précis topographique et géologique ^ sur File de la Mar-* tinique ^ par M. Moreau-de-Jonès ^ Associé.
Des Garde-malades et de la nécessité d'établir pour eIlesdescour3d'iastruction^parM. Grégoire^ Associé,
Phases poétiques.
Séance publique de la Société d^agrlculture ^ sciences et arts du département de la Marne ^ i 8i 7.
Entrée solennelle de la Reine Éléonore à Dijon ^ pai^ M. GiRAULT^ Associé.
Rapport fait à la Société de médecine établie à la Noù-^ velle- Orléans ^ sur la Fièvre jaune qui a régné aux Etats-unis ^ en 1817^ par M. M. Gros et Gêraediii ^ Associés.
Agronome français ^ par M. Roczier-db-la-Bergerie.
Compte rendu des travaux de la Société royale des sciences et belles-lettres de Lyon ^ 1817 et 181 8.
Notice sur la vie et les ouvrages de M. Nicolas ^ ancien Professeur à l'Université de Nancy , Associé de Tlnstitut et membre de l'Académie de Nancy ^ par M.
BoiSSARD.
Mémoires de la Société d^agriculture et arts du dépar-* tement de la. Seine ^ 16.* année.
Séance publique de la Société de médecine de Marseille. Des Juifs au 19* siècle ^ par M. Bail. — Rapporteur M. Maffioli.
Séance publique de la Société d'agriculture du département de la Seine ^ en 1 8 1 7.
Instruction sur la panification du blé avarié.
Instruction sur les plantes qui peuvent être reçues par les terres que les pluies d'automne ont empêché d''ensemencer.
Avis sur les procédés de culture de la pomme de terre.
Mémoire sur la distillation des pommes de terre ^ par M. BoTTiM , Associé. — Rapporteur^ M. MandeL
Mémoire sur l'Administration du sel aux animaux ) pai'lemème.
Annuaire de là Société royale et centrale d^agricultnrê^ en iSi^.
Instructions sur les meilleurs moyens de conserver les ponmies de terre ^ et sur la pourriture des bëtesà laine.
Mémoires de TAcadémie de Marseille ^ tomes 8 et 9.