POÉSIE
É1I im ■
M. GuiBAL, associé correspondait, a publie un poëme de Ruth \ le plan qu'il a suivi diiSere entièrement de celui de Floriau. L'auteur fup* pose que Noëmi , fille de Booz et mère de Rutb, a été maudite par son père. L'alliance q|É||^le a contractée avec un Moabite est la cause oe cette malédiction. Noëmi , veuve , en prgie à la misère et aux remords, suite de sa faute , revient dans sa patrie qu^elle avait quittée pour fuir avec son époux. Ruth, par ses soins, par sa tendresse, cherche* à calmer la douleur de sa mère qui lui raconte ses peines et lui tait connaître sa famille. Cependant Fépoque de la moisson arrive, Ruth va timidement glaner dans les champs de son aieul qui, touché de sa candeur, de sa piété filiale, la recommande aux moissonneurs^ encouragée par celte bonté inespérée , la jeune fille se nomme, et après des efiforts long-temps infructueux, elle obtient la grâce de sa mère, et épouse Azer, petit-fils de Booz.
Dans cet ouvrage, divisé en trois chants, si M. GuiBAL s'est éloigné de la vérité historique des livres sacrés, il. s'est efforcé d'en conserver la vérité poétique , en donnant à ses personnages le style naif et les tnœurs simples dont la bible nous
offre de si nombreux et de si foochans modèles. Nous citerons pour exemple reatreiien de Ruth et de Npëmi dans le i.^' chant.
O Noëmi ! qu^as-'tu donc k pleurer f
Quand nous vivions parmi les Moabîtes
Tu me disais : loiO des Israélites
Rien ne pourra soulager mes douleurs.
Tu les revois^ leur pays, tu Inhabités,
Et tu répands toujours de nouveaux pleurs !
—Ma chère eniant, après vingt ans d^absence.
Quand j^aperçois les champs de mes aïeux ,
Heureux témoins des jeux de mon enfimct ,
Il m^est permis , en contemplant ces lieux
Où je trouvais autrefois lant de charmes ^
De soupirer et de verser des larmes.
Hais avec moi, Ruth, pourquoi t^attrister^
Ton cœur est pur oomme un jour sans nua(«| ^
Et mon chagrin ne doit point t^agiter*
Crois-moi , reprends la gaîté de ton âge.
Vois les moissons qui couvrent ce pajrs . • • • •
-I— Ma mère , hélas i dans ces non^eux épia
U n'en est pas un saul qui t^appartienne,
Et dy toucher il faut que je m^abstienne*
-— Vois Bethléem, ces jardins, ces pdaS|
G; temple sain^ et son antique dôme*
Ah ! je le sens, je les adoûreraîi
SiTToëmi n^babiuit sous le chaume.
-^Dc la cité vois sortir les troupeaux, Qui vont bondir Sur ces nam coteaux. — Hélas ! et moi , je puis nourrir à peine I^s deux brebis qui nous donnent leur laine.
M.DUMAST, associé correspondant, a composé une épitre en vers en réponse à celle de Madame la princesse de Salm, contre la rime. Uauteur a suivi avec une exactitude qui va jusqu'au scrupule les lois dont il embrasse la défense , et il prouve que cette rime , dans laquelle son redoutable et célèbfë adversaire feint de voir un obstacle à la marche du génie, lui sert au contraire d'appui et lui fournit souvent sa plus brillante parure.
Qui peut dire pourtant ce quWe loi sévère Fait gagner à Tauteur qui toujours la révère t Forcé de se plier au cadre qu'acné remplit, Par degrés ^on talent se forme et s^assouplit Il eût moin^ profité d^uâe règle moins dure.
Ainsi , lorsque Janvier ramenant la froidure. Vient d'un réseau de givre affliger les jardins, Sur les canaux glacés lorsque nos citadins Font ren^tre à Penvie les jeux chers au batave, . Si du patin léger le pied n^est point tsclave ,
Si Pimpnident Goorear lui-même a relâché Le fer de triples nœuds à grand soin attaché ^ Malheur à lui ^ sa chute, avec peine excusée , Va d^un cirque nombreux éveiller la risée.
Mais loin de rejeter par un funeste effort Ces liens importuns qui seuls le rendaient fort , Que sa main plus sensée en resserre Pétreinte. Bientôt libre à la fois et de gêne et de crainte , Il vole , et glorieux aux yeux de la beauté, Fait briller sa souplesse et sa légèreté.
M. DuMAST, heureux de pouvoir joindre en cette occasion la galanterie à la vérité,. termine en reprochant à son aimable antagoniste d'attaquer la rime dont elle a fait souvent un si heureux emploi. Cessez, dit- il, de Faccuser, vous quelle a si bien servie.
Non , non , ne craignez pas d^accabler le génie ,' Réservez tant de soin au vulgaire talent.
Lassé du moindre faix, Thcrsite chancelant Succombe , et la pitié se mêle au ridicule.
Sous le fardeau d^Atlas je vois somîre Hercule !
LES VŒUX EXAUGÉS,
ou LE CHAT VOVAGEUR.
GONTE PAR M. De GâUMONT.
UE je set^ Iieûreiix si j^étak à Janauif* ..^.^ Que ne puis-je du jour prolonger la durée!
Si je Tojais enfin ma fortune assnrée !
&, j^étais général. . • • • ministre. • • • . sonreraîn !#• • • • Cest aîn» qu^appelant des arrêts ds dettio , Regrettant , désirant et criikpiaat M^ cesse I Bien des fous , dont pourtant on yantr lei sagesse f Poursuiyent le bonheur et trouvent le diagrîn. I Oh\ que j'aime bien mieux Tespècefortmné*
* Qui , laissant Tavenir s^avancer à pas lent ,
Sans songer au passé profite du préseptj
Et végète au jour la journée!
Nuls soucis sur leur fi-ont ne sillonnent les anS) Et lorsqu'au temps présent par Tordre de la Parque |
L^infiexible Nocher les appelle en sa barque
Ils^ veillèrent en paix , ils s^endormen t contens*
De cette heureuse insouciance , Ce n^est pas qu^en tout point j^appi'ouve les cfiiets,
Et je n^ai d^en jouir jamais
Ki le désir ni Fespérance.
Mais à finmier de vains souhaits Pourquoi perdre lu temps d^n écUir d^existence? Pour fixer le bonheur faut-il donc tant de irais ?« • • • « ?ï^envions pas tel sort qui nous semble prospère ^ Et songeons que souvent, en proie à la misère^ Maintes gens périraient consumés de regrets ,
Si PEtemel en sa colère ,
Exauçait leurs vœux indiscrets*
A quoi bon tout ce bavardage?
Hélas! je voulais PéVîter; Mais avant de conter, un exorde est d^usage^
Il est fait , veuillez m^écouCer.
J'ai lu dans certaine chronique ,
Qu^co un coin de la Grèce antique , Un Chat , penseur profond , vivait loin des humainii» Au fond d^une foret , ce sage solitaire ,
Parmi perdrix, lièvres, lapins, Passait innocemment sa vie à ne rien faire , Et chaque jour mangeait, pour se distraire.
Quelques-uns de ces bons voisins :
D^ailleurs, en ce séjour tranquille.
N'avoir point de querelle était chose facile ; Ce cher ami jamais ne pouvait avoir tort.
Car du pays il était le plus fort :
Nul renard près de là n'avait son domicile.
Toat allait pour le mieux <|uand, chez notrirhérotf ^ Ki^ennui , Taffreux eAuuî, monstre, fils du repos ^
S'avisa de prendre naissance ; De cet hôte importun la funeste présence, En un din-d^ocil , pour lui , changea tout à la fois.' Dès-lors il ne vit plus dans le calme des bois* Qu^un silence effîrayanU Les ruisseaux ,- leur murmure Lui causaient des vapeurs \ sous ses mobiles- toitâ^ La rosée , au matin , outrageait sa fourrure ,
Et la fraîcheur de la verdure Altérait chaque jour le charme de sa voix* Passe encor pour Tété \ mais quand sur la bruyère L^aquilon en sifflant^ramenait les frimats ,
Comment sortir de sa tannière Sans risquer de gagûet on rhume à chaque pas f Oh! qu^il portait envie à ces fortunés Qiats,
Dont jadis sa défunte mère Lui contait longuement le paisible métier^ Et dont il descendait du coté de son père.
Bien logés , bien n/ourris, au coin d^un bon fojer |
Us reposaient la nuit entière y
Et tout le prix de leur loyer
Consistait à faire la guerre
Aux rats , h^itans du grenier»
A force de rouler ces pensers en sa téte^ Un beau jour notre ambitieux ,
Las de vivre «sole dans sa sombre retraite ^ Prétend aller jouir du sort de ses aïeux.
Adieu donc frais coteaux , adieu rians bocages , . Gazon oii, dans ses je«x«, s^égayaiison jeune âge| Vers vous «n s^éloignant il tourne encor les yeux , Hésite , court, revient., puis fuyant de ces lieux , Sans regarder derrière il se met en voyage.
Quand le désir s^en mêle on fait bien du chemin !
Dès le soir notre pèlerin , Fatigué , haletant, U poil gris de poussière, Trouve un de ces logis qu'^appeloient ses souhaits i Ce n^était rien qu^une étroite chauniière ^ Mais Tespérançe , en entrant ]a première , Pans cet asile obscur lui fait voir un palais.
La nuit d^un crêpe noir enveloppait la terre j Déjà , suspendant leurs travaux , Les humbles habitans de ce toit solitaire, Par le repas du soir commençaient leur repost Sur la table déjà tremble le frais laitage , Et la douce vapeur d^un succulent potage, Au nez du voyageur dit qu^il vient à propos* Il entre en vrai sauvage , et plein de confiance , Sans se faire prier prend p9L place au banqueL La chose, dira-t-on, n'a point de vraisemblance. Car c^est chez les humains le premier pas qu^il fait | £t n'ajiiAt 4e IçuTi loœun a^uçiioç çomi^saqç§|
n aorait dû les chdndré : étraûge cottséqaeiice f G)imDe nous , au contraire , ah! s^il les cotmaissait|
Il n^aundt pas tant d^assuranoe !
QuoiquHl en soit, son air de prdûté|
Sti façons fianches et naïves |
Aux jeux des modestes convivï»^
Passent pour amabilité.
A rester au logis il se trouve invité
Par les instances les plus vives, Et pour ne pas s'jr rendre il a trop de bonté. Pendant toute une nuit }e nouveau locataire
Se vit au comble de ses vœux ; Et le dieu du sommeil , de son atle légère,
Laissa tomber sur sa paupière Les pavots bienfaisans et les songes heureux* Le déjeuner, déjà, lui fut moins agréable;
Au lieu de le servir à table , A terre , sans façQ», on lui jeta ses ipets ;
Il n^avaîtplus Pappétitdes forêts.
Et le repas lui parut détestable* Le dîner valut moins *, deux ou trois jours après « Son odorat tout seul tâta de la cuisine :
Au bout du mois , si ses tendres amis, Au travers de la porte, entrevoyaient sa mine, Ils lui criaient soudain : aux souris ! aux souris !
€ C^cst mA iaute , dit-il ; dans cette espèce humaint
J^auriîs dû mieux dioisir ; mais j^ai pris les premier
Que je voyais \ ils spot pauvres , grossiers , Et du bonheur, près d eu^ , ratteate serait vaiaer U &llait m^adresser ^vl seigi^ur du domaine ^ Dont ces gens<-ci ne sont que les ferçiierS) J^aurais trouvé des coeurs tendres , hospitaliers* Couroms-j de ee pasi* » iji n^en eut pas la pdiie; La dame du château, son fils encore enfaoït, Passaient près de ces lieux sur un chfr écjlat^^ Qu'entainait on coursier rapide < En ce moment , le voyageur fourré^ Pressait déjà le sol d'une patte timide ; On le voit, on s^arrête , on le creit égaré c € De ce pauyre Raton c'est l'image fidèle ^ Il aura son esprit; ses grâces et son zè^e.
ï)mportons-le , n^aman. > On saisit à ce mo| Le piéton ravi \ le char vole aussitôt , St du sein des cailloux fait jaillir rétincejl^^
Bon , pensait le rêveur , ci^est fort bien comq^epç^ La suite y répondit : Au sein de la &mi)Ii^
Où le destin l'avait placé , Grâces à ses talens , à sa mine gentî]|e ^ était tout le jour régajlé , icaresié ;
Cétait un modèle , un miracjk#
Vu yéiitable ea£wt ç^.
î^ ailleurs ) sur ravcnîr, comme un petit oracle , Par madame, souvent, il était consulté.
Doit-il faire beau-temps Y Sous la mam qui le flatte ^ Le manteau de Raton brille de mille feux,'; Si la pluie à grands flots tombe du haut des deux , Raton sur son oreille avait passé sa patte , Et d'une voix sonore accompagné ses jeux.
Jamais il ne mentait ; aussi , pour récompense ^ C'était à qui le fêterait.
De ce séjour à celui qu*il quittait , Sans doute il goûtait fort Theureuse diflërence* Cependant il trouva , dans leur impatience , Que ses petits amis brusquaient trop son réveil. Voulait >il un moment se livrer au sommeil?
Rien , il fallait jouer. Par son intempérance Venait-il par malheur à manquer d^appétit Y.
Paraissait-il un peu maussade?
Ce pauvre Chat était malade , Les remèdes pleuvaient, il fallait qu'il en prît. S^il avait pu jouir d'un peu de promenade ; Mais on craignait qu'au loin Raton ne se perdît;
Qu'un chat grossier ne le battît, Et ne gi\tât sa peau par quelqu'égratignure.
Lui-même sur ce point n'élai^ pas sans terreur; Car il apprit , par aventure , Qu'en ces lieux , le chien du chasseur Avait, sans y penser, le tout par gaité pure, Étranglé son prédécesseur.
11 avait cru connaître le malheur;
Il s^était plaint par habitude ; La contrainte, Pef&oi, la sombre inquiétude^ Lui firent bientôt voir quelle était son erreur ; Et dès-lors ) malgré soins, égards, sollicitude , Le malheureux reclus maigrit à faire peur.
< Quoi ! dit-il , je pourrais supporter ces entraves ^
£t , dans ces lieux infortunés , Des êtres tels que moi se verraient condamnés A vivre en vils bouffons , à languir en esclaves ? Que ne puîs-je exister au pays enchanteur
Où tous les ans un fleuve immense,
Dans un limon réparateur ,
Répand la vie et Pabondancc !
Tout mortel n^ serait qae mon adorateur.^
Il est bon de dire au lecteur
Que ces grands mots , cette éloquence , Étaient pillés à certain précepteur '
Du peuple égyptien savant admirateur , Qui donnait ses leçons souvent en sa présence.
A voir combler ses vœux il ne fut pas long-temps : Le soir, pour respirer , on n^y prenait pas garde , Raton , d'^un pas léger et la griffe en dedans , A sortir sur la porte , en tremblant se hasarde.
Un armateur qui retournait au port , Des rats qui le rongeaient roulant faire justice ,
Profit/e de riosttQtpn^ce) Vikit Bâton, s^en empare e^ Tempt^U à.soii])ordL
Bientôt à Thaleine du Nord, L^ voile, par ses soins , courbe son sein docile; La rame fend I^es flots , et cédrat à IVffort, Sur Tonde , comme un trait , glisse la œC agile*
Quoiqu^l n^'eiit presque rien à perdre au changement|
Peu fait à Thumide élément , Sotre héros vivait dans la tristesse; Mais qui peut peindre son ivress.e Lorsque d^un passager il apprit par hasard, Que les bouches du Nil sont le but du voyage f On arrive : d^un saut Bâton sur le rivage S^élance , et dans trois bonds disparaît au regard^ De son agilité, vous connaissez la cause :
Sur la terre , en insecte, il est las de ramper;
Il vole à son apothéose !
Hélas ! à cet honneur il ne peut échapper.
Sous un palmier touSfi qui domine la plaine,
Un moment pour reprendre haleine, Jje voyageur goûtait le sommeil le plus doux : Un léger bruit Toblige à roifvrir |a paupière;
Et près de là, sur Taride poussière,
U aperçoit un vieillard à genoux, Qui , d'un ton pénétré, lui iaisait sa prièrç,
Tranchant ie là divinité , Le matois Tccouta d^un air de gravité , Qu^au fond de l^ame il ne resseutnit guire;
Et son pieux adorateur, Les jeux baissés , IretnbLant de lui d^phirçi Ose solliciter la sôprêtnc faveur De le loger chez lui a^U demeure sur tétre»
Le dieu, comme Ton croit, fut làdlc a fléchir : L^o£&e d^ét^e adoré cause tant de plaisir !
Le voilà donc passant d^un obscur escbvage Aux honneurs éclatansde la divinité, fifspirant à longs traits un doux tribut d'^hommag^ )
Que bientôt il crut mérité.
Cet excès de félicité Passa d^al^rdmêtpe son csp'rancc^
Mais de cette heureuse existence, Il aperçut bientôt le sinistre côté ^ De mets pétris exprès de nectar, d^ambroSsiei Le Dieu gourmand pensait que sa table servie ^ Exhalerait sans cesse un céleste parfum ^ Et de Tastre du jour la course était finie ^ Que le pauvre immortel rêvait eocoit à jeoik Le lendemain ,'Sa faim ^ par Faitcnte anirai^e) Lui fesait éprouver les maux les plus cuitau^
Pour Tassouvir, il déjo&n^ d'encens, Dîna de souvenirs , et soupa de fumée*
Si seulement, sous ces riches lambris | Quelque rat gros et gras avait osé paraître!
Mais on avait si bien soigné porte et fenêtre » Qu^à travers de leurs ais étroitement imis , N^aurait pu se glisser le ne? d^une souris* Il mourait ; toutefois , à son heure dernière , Par habitude encore , il souphrait des vœux.
« Si j^avais eu des sectateurs nombreux , Ils auraient d^une ofirai^ appuyé leur prière^ Et j aurais pu m^asseoir à la table des dieux. Si d^un temple. . •> Le sort devinant sa pensée |
Imterrompit la phrase commencée
En amenant le vieillard en ces lieux.
Le bon homme voyait son Dieu maigrir sans cesse i Biais ne se doutant pas de la faim qui le presse, ( Les dieux, à son avis , ne pouvaient avoir faim. ) Il crut qu^il dédaignait un trop modeste homn^age \
Et sur un riche palanquin , Le cœur gros , Tœil en pleurs , sans tarder davantage ^ U le fit transporter en un temple voisin.
Jamais séjour plus beau ne s^offrit à la vue Pics du Porreau divin, de Tauguste Laitue, pn y voyait Apis , paissant d^ns les j^dins ^ L'Ibis à la mine pointue ,
Le Crocodile aux regards assa^in^
* ]p!tla t^rrçur de sa patrie.
Les néveoi d^Anubîs, ce modèle des chiens )
L^Ichneumon En ift mot , des Dieux égyptiens ^
C^était une ménagerie.
Là , grâce au bon régime , aux honneurs , au repos ,
Raton qui n^avait plus que la peau sur les os ,
Ketrouva sa rondeur et sa mine fleurie^.
Le ciel avait enfin accompli son espoir^
A Fabri des besoins, dé Taffreuse contrainte,
Désormais il pourra sans crainte Se laisser adorer du matin jusqu^au soir.
Et voilà le bonheur ! Dès qu'ail fut hors d^affaire , En Chat qui sait son monde , il pensa , par bon ton,
Qu'^à chaque Dieu, son compagnon, Il avait, sans tarder, une visite à faire ; Et Ton doit présumer , par plus d^une raison , Qu^au puissant Crocodile il offrit la première. Son abord lui déplut ; avec civilité Il lui dit cependant comme il se féh'cite De pouvoir partager , avec tant de mérite, Les honneurs, les profits de la divinité:
Le bonheur de jouir de sa société
Est un sort si digne d^envie,
Qu^en tout temps il sera flatté. . . . • Raton en était là quand Paimable amphibie, Ouvrant un gouf&e énorme, en un seul coup de dent,
Du complimenteur imprudent Termine les projets , le discours et la vie.
Tous ses yœm ex9Xkcé% csusmnt #oii malbour^ Mes apais , profitoD^ d W ù fuD^#ei^«|nple , > Et , cherchant le repos au fond de AOtfe ço^Wi
Laissons le soin du rçste au puissant protecteur DontPœil) du haut des cieux^ nous suit et nous contemple; Mieux que nous il saupa nous coaduirç au bpuhçi|M*«