Stemonitis fasciculaU) Fers
491* Dadalea asserculosum , Fers.
. 49^- Merulius meseatericus , Fers^ ^ 49^' Clavaria ericetoruni) Fers.
49{« Feziza ceras, Fers.
* 497* Batrachospermum cœruleum, Fersf 498. DrapanaJdio' mutabilis , Bory.
499* hjphosa) Bort.
5oo. Rivulana mjunis.
M. Yâleittin a rassiemblë quelques dëtaiU propres à eclairier et à complëtçr ïJiistoire naturelle du Sarigue ou Opossm^h A-près quel-r ques dëveioppeaiens sur U classificatiou de ce quadrupède par les méthodistes et sur sa synonymie ) Fauteur passe i la question si souveQt débattue e% toujours incertaine 9 dci moyen par lequel le^ petits passent de la ma^ trice dqns la poche subahdominale» Il donne quelques détails sur la structure anatomique de |a bourse^ et combat lopinioa des paturali$tç<
qui ont prétendu que le passage dc^s embryons ^ de la matrice dans la poche, s^operait par une rupture aux parois de l'abdomen* L'absence; de toute cicatrice dans cette partie lui semble rendre cette opinion absolument insoutenable. 11 combat aussi celle des savans qui ont pensé que le transport des embryons n^qtait qu'un véritable avorlement opéré par la mère, à Taidei des pieds de derrière ^ Fétat presque gélatineux des embryons ne semble-t-il pas en effet reudre cette opération impossible? L'opinion du peuple, qui pense que la générs^tion et le développement des petits s'opèrent dans cette. poche, ne mérite aucune attention, lorsqu'on sait que l'animal est pourvu des mêmes organes de la génération que les autres quadrupèdes.
M. Vax-entin expose ensuite Iç résultat des recherches du docteur 3arton, professeur en l'université de Pensylvanie, qui a consacré beau* coup de temps à l'étude de l'histoire naturelle di; Sarigue, et sur-tout i éclairer le mode de sa génération. Ce naturaliste distingue deu:t périodes dans sa gestation: Tune qu'il nomme utérine, qui est de 22 à 26 jours 5 l'autre qu'il appelle marsupiale , qui date du moment de la transmission des embryons dans la poche subabdominale , et qui est bien plus longue que la première. Selon cet observateur, les petits ne sont pas transportés
par les pieds de fa mère , mais verses de la vulve dans ia poche, que la femelle peut facilement en rapprocher en se plaçant sur le dos. A leur arrivée dans cette poche, ils ne pèsent guère au-delà d^un grain, et quoique très-peu avancés dans leur organisation , ils cherchent les mamelons, auxquels ils restent, pour ainsi dire , greffés pendant quarante jours environ, jusqu'à Tépoque où ayant atteint la taille d'une souris, ils s'en détachent , et sortent par fois de la poche , où ils rentrent cependant pour prendre leur nourriture. Mais lorsqu'ils ont al teint la taille d'un rat, pouvant se passer de lait et de la protection dé leur mère, ils s'en séparent, pour se nourrir de chair et de végétaux. À cette époque cependant la mère ne leur retire pas tout à fait ses soins et sa protection ; elle veille spr eux , elle les guide j mais dè$ que les petits d'ime portée subséquente sont attachés, aux mamelons , elle ne permet plus 4ux premiiers de rentrer dans la pochp*
M. Bartop admet jusqu'à seize petits dans la portée du Sarigue j il s'est assuré que leur séparation des mamelons a lieu sans effusion de sang, contre l'opinion de quelques natura* listes. I| a enfin observé, que le Didelphis dorsigera n'est pas le seul qui porte ses petits sur le dos, et que le Sarigue soustrait les siens à ses ennemis par le même moyen. Le Mémoire de M» Valprtin e?t terminé j>ar quelques détails
sur les kangôuroo , antres animaux à bourse 9' qu^il a eu occasion d'observer dans les jardins de }^io(i en Angleterre» (*)
Médecine.
M. Serrières a publié un Discours sur l'influence de la réyokuion française dans renseignement et la pratique de la Médecine. A répoque où le vandalisme anéantit tous les établissemens consacrés à Tart de guérir, les vrais médecins se virent éclipsés par une foule de charlatans. MM. Fourçroy jBt Thouret, frappés des maux incalculables que causait le règne de Tempirisme, firent au gouvernement de vives représentations, et obtinrent la création de trois Ecoles de santé, où renseignement de la chirurgie marcha de pair avec la médecine, et où le nombre des chaires fut proportionné à Tétat actuel de la science. De-là sortirent tous les sujets destinés à remplacer ceux que la guerre avait moissonnés. Si ces Écoles répandirent la lumière, les Sociétés médicales et les Comités de vaccine des principales villes du royaume rendirent aussi de grands services. Malheureusement l'exercice de Fart de guérir n'a pas fait les mêmes progrès que l'ensei-
(* ) Ce Mémoire que Pau leur avait déjà lu à }^Acadéime de Marseille, a reçu depuis des additions.
(57) gnemetic ^ parce qu^une complaisance criminelLc a augmenté lès abus des anciennes réceptions , et qu'une simple patente, sans examen préalable^ conférait au premier venu le titre de docteur en médecine ou en chirurgie , à plus forte raison ^ celui d'officier de santé. Pour remédier à dés désordres si crians , les Facultés existantes doivent être réservées à l'instruction des élèves supérieurs ^ des Facultés secondaires formeront de bons médecins et chirurgiens pour les pedtes villes et pou|* les campagnes. Les réceptions s^y feront avec réserve, quand la capacité des récipiendaires Sfera suffisamment constatée. On pourra aussi rétablir avantageusement les Collèges de médecine et de chirurgie. M. Sekrières ne doute poin( que dans la situation actuelle du royaume ses vues pour le bien de Thumanité ne soient secondées • « La France pacifiée rap- ^ pelle les arts utiles*: d^busée des succès qui » ont coûté tant de sang , elle offre aux talens et » à rindustrie une gloire sans amertume , des 9 trqphées qui ne sont point arrosés de larmes. » Eh ! comment ne pas concevoir les plus heu- » reuses espérances î Chaque jour de Louis-le-^ » Désiré n'est-il pas marqué par de nouveaux » bien&its f Ce Monarque chéri à tant de titres , » dont les sentimess sont aussi purs que les s> lis qu'il a relevés avec tout leur éclat, fait de » la félicité publique |e principe de ses actions ,
» Tame de ses eoii§eîfa ^ et a déclaré lui-même » qu'il prenait ta Faculté àê mëdècioe sous sa » royale protection ».
Mk Yalektiv a déposé sur le bureau deux Mémoires fort étendus sur des questions de mé- {decine d'un grand intarèt. Ces deux Mémoires, qui depub ont été rendus publics pso* la voie de Fimpression, forment deux petits volumes, et réunissent à leur, mérite partiiCulier dans Tart de guérir aux progrès duquel il^ sont consacrés , celui d'ui^e typographie propre à donner une idée tràs*avantageuse des presses d|i S/ Hissette^ imprimeur k Nancy.
• Le premier de ces Mémoires , qui â pour objet Us fluxion^ de poUrine^ esc dédié à Moivsieur, frère du Roi. Quoique la péripoeumoniesoit un^ maladie assez fréquente pour être bien connue des médecins, M. Yilbntin a cependant pensé qu'il serait utile aux praticiens de consigne^ les résultats d^une longue et sorgneuse observation sur le génie et le traitement de ces maladies non-seulement dans nos climats, mais encore dans celui du nouveau monde. La première partie de l'ouvrage est consacrée à la synonymie de la maladie et à Fexposition des causes qui la produisent. Les symptômes qui la caraaérisent sont ensuite exposés^
(59) li-auteur parle des préjugea sur les éruptions iniliiaires dans les fluxions de poitrine €jpà accompagnent le Qrpttns; de la durée, de la terminaison de cette maladie, des récidives et des moyens de les éviter. Il expose le traitement, les règles générales et particulières, relativement aux temps divers de U maladie, et aux complications dont elle est susceptible* L^article des autopsies cada^ yériques offre plusieurs observations curieuses, entr'autres, celle d'une transformation organique du poumon en nn^ substance gélatineuse.
La seconde partie de Pouvrage comprend l'exposition d'un grand nombre de faits propres & confirmer Futilité des diverses méthodes de traitement établies par l'auteur; des remarques sur les effets de la saignée employée sans précaution, et des détails sur la grippe ou influenza, dont l'auteur révoque en doute la qualité contagieuse. Cette partie qui se compose principalement de faits et d^obser^'ations en comprend un grand pombre sur la pratique de Fart aux États-Unis d'Amérique, et se termine par un résumé, où Fauteur a rassemblé toutes les conséquences pratiques de son ouvrage dans un espace propre à le rendre plus utile. Ces conséquences sont:
« 1.^ Que la péripneumonie légitime ou essen<- » lielle est très-rare 5 que la catarrhale et la bilieuse » dominent presque en tout pays*
» 3;^ QuMl n'y a point de plearësie proprement » dke ; que Finflammation de la plèvre est presque » toujours secondaire, et que cette affection ne » doit pas être séparée de celle qui appartient » au poumon.
» 3.® Que la péripneumonie bilieuse n'est pas » produite spécialement par la bile, mais qu'elle » se développe sous Tinfluence d'un embarras » gastrique dans lequel cette bumeur plus ou » moins exaltée donne lieu à des symptômes qui » la font désigner par cette dénomination.
» 4*^ Qu'une affection rhumatismale , fixée sur » les muscles de la poitrine, principalement sur les » intercostaux , peut léser la respiration , et déter- » miner une congestion ou fluxion pulmonaire.
» 5.^ Que l'on ne saurait être trop sur ses » gardes , parce que quelquefois la maladie , légère » en apparence chez certains individus, teste » latente pendant quelques jours, trompe la vigi? 1^ lance du médecin qui n'a égard qu'à des sy mpr » tomes , et ne laisse que les regrets de n'avoir » pu prévenir à temps la terminaison funeste.
» 6.^ Que les fluxions de poitrine se comt pitquent assez souvent d'adynamie ou d'ataxie; » que d'autres fois elles n'en sont que la consér> » quence^ ou que la maladie primitive se masquant t d'une manière pernicieuse sous l'apparence t pneumoniqu^, il fi^ut, pour la combattre avec
» succès , en faire une exacte analyse , et s^atta- » cher principalement à la cause.
» 7.^ Que Fespèce catarrhale a quelquefois une » durée longue et une terminaison difficile , selon » la constitution des sujets, le sexe, les habi- » tudes , rëtat de Tatmosphère et la température » du lieu, et qu^elle conduit le plus souyent à » la phthisie ou à Thydropisie , si Ton néglige ^ les vomitifs , et si Ton abuse de la saignée et » des débilitans.
» 8.^ QuMl y a des personnes très-disposées aux » récidives} que les exutoires n^en exeipptent » pas autant qu^on le croit, si Ton n^use pas à » temps des précautions nécessaires ^ et qu^en » France les vieillards supportent mieux la » maladie, toutes choses égales d'ailleurs, qu'en » d'autres contrées plus méridionales , chaudes et » humides.
^ 9.^ Qu'il est quelquefois très -difficile et » même impossible au médecin le plus expé- » rimenté d'établir le véritable diagnostic de » certaines affections pulmonaires^ et qu'il y a » des cas où aucun symptôme ne fait présumer > les désorganisations, les foyers purulens et les » transformations de la substance des poumons.
» 10.^ Que le traitement des fausses pneumo- » nies^ dans la plupart des cas et presque sous f toutes les latitudes, est infiniment plus heureux
» par lWmiQisû*aUaa des emëitqoes que par les » saignées générales^ que| quelquefois, Fapplication des ^langsoes ou des vemouses scarifiées est très-utile; mais qu'il y a cependant des circonstances oh une prompte deplétîon sanguine étant jugée nécessaire , même dans le deuxième ou troisième période ^ il est plus ay^tagevx d avoir reitours à la lancette.
M. Va LE NT IN observe que^ quoiqu'il nait pas rencontré, pendant quatorze ans, tant en Lorraine qu'en Provence , une seule occasion d'employer ce moyen, et malgré la continuité des «uccés, il est loin d'en conclure qu'on peut ne pas ladmettrej puisqu'il en a fait usage auparavant et en d'autre^ lieux, lorsque l'état du sujet , la nature du pouls et la sujQTocation ont paru l'txiger \ que la profusion et la mauvaise application de la saignée sont seules condamnables ; que parmi les autres moyens thérapeutiques , les rubéfians et les vésicans , les expectorans, les diaphorëtiqoes, k poudre de James, l'opium, quelquefois le calomel, et dans certaines complications, l'écorce péruvienne , etc. , doivent être administrés selon les diverses indications.
» 1 1.^ Enfin, que la règle de conduite la plus sage et la plus heureuse pour le vrai médecin,
» est celle qui consiste à garder le juste milieu j » à ne tenir compte des théories que pour ce » qu'elles valent , et à se persuader que les meil- » leures sont celles qui se déduisent directement » des faits »•
Le second Mémoire de M. Yalentin, qui a pour objet ïappUcation du cautère actuel sur la tête ou la nuque ^ dans plusieurs maladies des yeux,' du cerveau, du crlne et du système nerveux , est dédié à la Société de médecine de Paris. Cet écrit composé d^bservations et de réflexions propres à confirmer le principe du père de la médecine , quod igrûs non sanat incurabile ^ est précédé d'une introduction, dans laquelle l'auteur expose Thistoire abrégée de la médecine ignée, qu'il trouve répandue chez tous les peuples policés , même chez les sauvages , et employée par les anciens avec une^hardiesse, qui pourrait paraître hasardeuse, si Ton ne réfléchissait que ce remède héroïque était réservé aux maladies contre Iesquel|fs les autres moyens n'obtenaient aucun succès : « Il fut un temps, dit t M. Percy, dans un rapport sur cet ouvrage^ » où la cautérisation était aussi familière dans » l'exercice de l'art, qu'elle y est étrangère au- » jourd'hui. On a sans doute abusé de cette » puissante ressource. •• .^ mais c'est peut-^tre cet » abus même qui dépose le plus iacontestablement.
» en sa fàveiir ; car il dérivait de l'excessive » confiance qu^ii avait inspiré ; et de-là la témérité » où conduisent ordinairement les succès inat- » tendus et constàns. !^ .
Après avoir établi ces principes favorables à remploi du feu^ et examiné plusieurs des observations rapportées par Tauteur , M. Percy , dont le jugement doit être du plus grand poids dans une question sur laquelle il ai lui-même écrit avec beaucoup de succès, termine son rapport en demandant , « que le Mémoire de M^ Yalentin » soit honorablement accueilli et soigneusement » conservé, jusqu'à ce que des observations aiia- » logues viennent y porter ou en recevoir une » nouvelle force. . • • C'est ainsi qu'on pourra un » jour, ajoute-t-il, fixer les incertitudes des pra* » ticiens sur les propriétés attribuées au feu, et » attirer à la méthode de l'adustion toute la con- » fiance dont elle a besoin d'être investie, pour » être profitable à l'humanité , dont , sur ce point , » comme sur plusieurs aulres , M. Ya^lentin aura » le mérite et la satisfaction d'avoir utilement y seryi la cause »•
Des vingt-quatre observations, qui sont la matière principale du Mémoire , deux sont employées à prouver l'efficacité du cautère actuel pour la cure des ophtalmies rebelles, avec maladie de la conjonctive, altération grave des paupières et
uît^titîoti de la cornée 5 dix sont conférées à éclairer la pratique sur tous les avantages • que Ton peut tirer de ce remède puissant dans- les maladies du cerveau, dans les aflcctions convul*- •sîves produites par les fièvres typhoïdes qnî régnent dans les camps et dans les hôpitaux, et qui sévissent avec tant de fureur contre les européens transportés dans les régions équatoriales* L'une des plus remarquables est celle de M.
•Arnould^ horloger de Nancy, arraché par la cautérisation du cuir chevelu à un péril imminent^ 'q^rarinonçaient les symptômes ^taxiques le^ plus violens, joints à la plus effrayante débilité. Cinq observations prouvent Futilité de la méthode pyror technique dans la manie. La seizième qui appartient à cette classe, offre l'exemple d'un succès complet ^ :Obtenvi par Taction du feu combinée aux projiections d'eau froide contre une aliénation mentale
des plus cQmplètes et des plus violentes, çt prouvç Ja supériorité de ce moyen, déjà reconnu par Maro- Aurèle Séverin , Prosper-A,lpin et plusieurs praticiens distingués, lorsque le malade montre une férocité indomptable , qu'il devient impossible de lui faire prendre aucun remède, et qu'il serait jtrop dangereux de différer le traitement.
L'épilepsie, si généralementrebelle aux moyens de Tan) et contre laquelle il serait désirable de
trouver un remède efficace dans Tapplication du feu, est malheureusement une de celles pour lesquelles le D/ Valent IN a eu le moins d'occasion d'en tenter Tapplication. N'ayant & rapporter que peu de faits observes par lui, il en a recueilli dans les ouvrages des praticiens qui donnent quelque espérance de voir un jour s'améliorer cette partie de l'art. Les dernières observations offrent des exemples de douleurs de tête , de céphalalgies, de céphalées , guéries ou considérablement diminuées par l'application du feu.
M. Valent IN a encore recueilli l'histoire d'une tumeur remarquable par son volume , et les symptômes qui l'accompagnent : cette maladie qui consiste dans la tuméfaction d'une extrémité inférieure toute entière , a été observée chez une personne de trente-six ans , nommée Marguerite André , de Maxé ville , près de Nancy. Cette fille est née avec h cuisse et la jambe droite plus volumineuses que la gauche ; ce défaut de proportion, d'abord peu remarquable, est devenu progressivement si considérable , que ce membre égale ou surpasse le tronc lui-même, dont il semble une continuation plutôt qu'une dépendance.
Outre ce volume prodigieux , la maladie est caractérisée par des tumeurs céluUeuses et graisseuses, qui changent tellement la figure du
(6?) membre^ que Taspect en est monstrueux. Ces tumeurs , dont plusieurs sont volumineuses, dures, rénitentes, insensibles, et accompagnées d^un ulcère rongeant, qui occupe la partie postérieure de la jambe, donnent k cette partie du corp<i Faspect le plus bideux. La fnaladie parait avoir commencé à Tàge de sept à buit ans , à Toccasion d^un érysipele qui s^est montré plusieurs fois cbaque année. Le développement s'est fait progressivement ^ et d'après les mesures prises à diverses époques par l'observateur, le volume s'est augmenté d'un pouce à un pouce et demi pendant les vingt derniers mois qui'se sont écoulés avant le 3o Mai 1816.
L'aspect de la pean est peu altéré , elle n^a ni rugosités ni tubercules ^ ce qui éloigne toute idée de lèpre tuberculeuse. La tuméfaction prodigieuse du membre, la. déformation, l'induration et Tinsensibilité, qui sont les caractères distinctifs de l'élépbantiasis des Antilles ou de la Barbade , déterminent Fauteur à ranger cette maladie dans le même genre ^ il se croit d'autant plus fondé & faire ce rapprocbement, que c'est le cinquième sujet sur lequel il a observé une semblable affection. M. Yalentin qui a déjà retrouvé à YitroUes en Provence la lèpre des Grecs , ou la lèpre tuberculeuse proprement dite, que l'on
pensait depuis long-temps avoir disparu, croit donc aussi avoir retrouvé ia lèp;*e éléphantiaque des arabes en nos contrées , où Ton n^avait jamais imaginé qu^elle existât.
M. Yalentin a présenté la description et le dessin d^un fungiis hématode, remarquable par son volume, sa figure et sa couleur, observé sur un homme âgé de soixante-dix ans^ il a joint à cette description Fétiologie de ces transformations de i^orgaue cutané.
Il a aussi communiqué à TÂcadémie les rensci7 gnemens qu'il s'est procurés par la correspondance qu^il entretient avec plusieurs médecins anglais, sur l'opération de la trachéotomie, que Bursérius dit avoir été pratiquée avec succès pour une angine trachéale. Il résulte de ces renseignemens que l'opération a été réellement exécutée par Jones André , chirurgien de Londres y ' mais que les circonstances rapportées par Bursérius, sont inexactes. La même correspondance lui a procuré la relation d'une autre opération de trachéotomie , faite par M. Crampton , chirurgiengénéral en Irlande, exécutée avec succès, pour remédier à la suffocation produite par une masse d'alimens engagée dans la trachée artère. D'après quoi , l'opération de J. André est encore la seule
iju! ait ëtë pratiquée avec succès, dans le cas d'angine trachéale.
M. Haldat a rapporté ï observation d'un tétanos qui a été présentée à la Faculté de médecine de Paris, dans une dissertation sur celte maladie par un jeune médecin qui Ta éprouvée^ (M. Liébaut de Nancy). Ce tétanos a eu ceci de remarquable, qu^ayant été produit par l'impression du froid, ou plutôt par lalternative d'une température élevée et d'une température basse, il s'est développé progressivement, a affecté successivement les muscles du col, des piàchoires, dix pharynx , des bras, des avant-bras , des mains, et les principaux muscles du tronc, sans s'être étendu au-delà de ceux des lombes, et a ensuite prér sente une marche décroissante jusqu'à la disparition entière des symptômes, qui a été précédée de réaction fébrile et de sueurs critiques.
Comme il s'est élevé quelques doutes, non sur l'exactitude de l'observation, mais sur la dénomi^ nation de tétanbs qu'on a cru devoir lui imposer, M. Haldat s'est efforcé de prouver, et il l'a fait par l'exposé de l'accord unanime des médecins anciens et modernes, que cette affection ne pouvait recevoir d'autre non!. Ensuite distinguant
(70) plusieurs espèces dans le genre tétanos, il a recherche à laquelle on pouvait rapporter le tétanos qu^il a eu le bonheur de guérir. Il a établi, que cette espèce n'était ni nouvelle, ni même très-rare; il a cité plusieurs exemples, et Fa ainsi caractérisée : « La maladie que je viens » de décrire est donc un tétanos essentiel , par- » tiel , imparfait , produit par Pimpression du » froid ou par Falternative du froid et du chaud »• Il a profité de cette occasion pour faire quelques remarques sur les méthodes nosographiques , dont les limites artificielles sont souvent peu conformes aux lois de la nature, qui, dans les maladies comme dans toutes ses opérations , varie ses procédés, et sans cesser d'être la même, se montre sous des formes qu'elle multiplie à l'infini.
A la suite de cette observation, M. Haldat en a rapporté une seconde, qui appartient au même genre, celle d'un trismus opiniâtre, produit chez une jeune fille par l'usage immodéré des marcs de café.
M. BoujARDET, docteur en médecine, associé & Badonviller, département de la Meurthe, a consigné dans un Mémoire un grand nombre d'obseri^ations relatwes à la vaccination. Ces observations destinées à répandre de nouvelles lumières sur ce sujet important, sont le fruit de
(V) ^^ôo vaccinations praiiqaées dans le canton.
rural oà il exerce son art. Un des premiers objets qui a fixe son attention , est Texamen des causes de rinefEcadtë de certaines vaccinations. Il a cru observer que les lieux humides et peu aérés ^ ou se trouvent réunis un grand nombre d'individus, sont peu favorables au succès de Topération»
Il a ensuite cherché à opposer des obstacles à Finfection vaccinale par Temploi de diverses substances, et s^est assuré que les lotions à Teau tiède, les bains dans le même fluide, le mélange d'acide acétique, de teinture d*opiuni avec le vaccin, n^ont pas empêché le succès de Finsertion. Les sangsues appliquées près des piqûres, des compresses d'eau de chaux, n'ont pas paru altérer la puissance du virus ^ mais elle a été détruite par la dissolution du muriate d'am« moniaque , ou l'application d'un petit vésicatoire au moment de l'insertion. Enfin l'air vicié par la respiration a paru diminuer la puissance du virus.
M. BoujAKDET a fait quelques ^obser-* valions sur l'effet immédiat de la vaccination, qui souvent montre , immédiatement après Finsertion, une élévation sensible autour de la piqûre. Il en a recueilli un grand nombre sur l'époque de l'éruption : tantôt eÛe a tardé jusqu'à
vîtigt-six jours , sans en être moins efficace; tant6t^ ' elie a été très-Iiàtive. Il a observé une seule fois plus de vingt boutons sur la surface du corp^, et qui ont donné du virus efficace. Il a rassemblé des observations sur Tétehdue de Taréok qu'il a vue répandue sur le bras, Tépaule, et régner même sur la poitrine et le dos. Il a confirmé les faits observés sur Tinserlion, concurremment avec d'aulres infections , telles que la rougeole, la. petite vérole, et sur l'innocuité du virus recueilli sur. des sujets infectés de diflerentes maladies contagieuses, telles que la gale, les scrophules, la siphilis.
Il a rapporté un assez grand nombre de faits qui concourent à prouver que le virus vaccin, si efficace comme préservatif de la petite vérole, est encore curatif de différentes affections. Il Ta vu remédier à la toux, à Tempâtement du ventre , favoriser la cure de rhumes anciens, de coqueluches opiniâtres, de croûtes laiteuses, dengorgemens de glandes, etc. Enfin il termine son Mémoire par Texposé des recherches qu'il a faites sur le cowpox des vaches de notre pays. Il a en effet trouvé sur les mamelles de ces animaux des éruptions semblables à celles produites par la vaccination, et qui ont donné un fluide qui a
(73) éle inoculé avec succèsi Mais comme le virus vacciual n^a pu se propager, son existence dans nos cantons reste encore douteuse.
Arts et Agriculture.
M. Plonguer, dans un Me'moire très-substantiel, a examiné et discuté difTércntes questions relatives aux voûtes. La première partie a pour objet les avantages et les inconvénieus des voûtes surbaissées dans les édifices publics, et les cas où elles doivent être préférées aux voûtes en plein ceintre. Pour parvenir à la solution de ces questions , il a remonté à Torigine de Part , en a successivement développé les progrès , et a exposé les variations qu^il a éprouvées en cette partie chez les difTérens peuples. « Le grand nombre de colonnes » que les anciens employaient, dit Fauteur, auto- » rise à croire que leur théorie sur les voûtes T> s'est développée très - lentement , et que sa » marche a dû suivre celle des connaissances dont :» elle dépend, la géométrie et la statique. Eu » effet, leurs temples formés de plusieurs péris- » tiles, étaient, pour la plupart, ter^iinés par » des plafonds soutenus par des architraves d'une
(74) » seule pierre, appuyées sur les chapiteaax des
» colonnes On ignore , ajoute-l-il , Fépoque
» de Pinvention de la chaux, des constructions » en pierres et des premières, voûtes^ mais on » est porte à croire que celles en plein ceintre » ont été exécutées les premières} car le cercle » a du être la première courbe connue »•
L^une des révolutions les plus remarquables qu'elles aient éprouvées, est celle qui eut lieu à Fépoque de k chute des arts : « Les architectes » abandonnant les règles des Grecs , se livrèrent » à la fougue de leur imagination dépravée par » les exemples des Arabes. Ils substituèrent aux » voûtes anciennes en plein ceintre, des voûtes » en ogive ou à tiers-point »•
. L'auteur examine les avantages et les inconvépiens de ces sortes de voûtes , les usages auxquels on peut les employer, et revient aux voûtes en plein ceintre , que le bon goût leur substitua à la renaissance des arts, et qui sont en usage dans les édifices sacrés. U examine la théorie qui guidait, à cette époque, les architectes dans ces constructions difficiles , et trouve que la pratique qui avait devancé la théorie, a produit des choses surprenantes dans ces temps ou les architectes n'avaient pour autoriser leur hardiesse , que des
(75) inductians générales tirées de quek]iies expérieDcesdu même genre. Les coupoles de S. ^-Pierre de Rome et de S.^-Sophie à Gonstantinople, o£freDt des exemples à l'appui de son opinion»
M-Plonguer parle ensuite des voûtes surbaissées , employées à la construction des ponts : il expose les avantages que Ton en tire, les règles que Ton doit suivre dans ces constructions, les précautions que Ton doit observer dans leur exécution^ et passe à la seconde partie de son Mémoire , qui a pour objet la recherche de la courbe, qui donne à une voûte surbaissée la plus grande force. Il rapporte quelques observations sur la poussée et les points de rupture des voûtes j il parle de celles en anse de panier, et des avantages qu'on peut en tirer, en les substituant aux charpentes dans les édifices publics ou privés , et présente , sur la forme qui donne aux voûtes la plus grande force, des détails qui ne peuvent entrer dans cet extrait. Après avoir examiné tous les systèmes, tant au-dessus qu'au-dessous du plein ceintre, € il trouve que la plus forte des » voûtes , est celle dont la courbure est également » répartie depub sa naissance jusqu'à la clef »^ et termine par quelques observations sur la rupture de ces constructions et les moyens de l'empêcher , en leur donnant une solidité qui s'accorde avec la beauté des formes.
Kifti%t i commanîqué sur T altération des wns^ connue sous le* nom de graisse^ un Mëmoire qui a été couronné par la Société d'agriculture du département de la Marne. Il a succès* sîvèment examiné les causes qui produisent celte altération, ou qui disposent les vins à réprouver, les' moyens de la prévenir, enfin ceux d'y remédier. il trouve les causes disposanteis de la graisse des vins dans la nature du terroir, les qualités du raisin et Timperfection de sa fermentation* Il observe avec raison que les vins de certains pays éprouvent bien plus fréquemment cette altération 5 que ce sont, en général, ceux qui abondent en sucré et en mucoso-sucré , comme on Tobserve dans les années chaudes et humides, et qui se trouvent peu chargés de principe salin. Il propose, pour en prévenir la dégénérescence, d'ajouter au corps fermentant, du tartre ou vin-pierre, quand le mucoso-sucré est trop abondant; de ne pas égrapper lorsque la maturité est trop grande ; de hâter la fermentation; et enfin de couper les vins de traite avec ceux de pressoir, qui sont toujours plus chargés de tartre.
Lorsque l'altération ne fait que de commencer , M. Mandel en arrête le progrès par une légèrç élévation de température communiquée à U
liqueur par ragitalion , le soutirage et la clarijQcation. Il rapporte ensuite les divers moyens proposés par les auteurs pour remédier à la graisse ^ lorsqu'elle est très-prononcée ; tels que les sucs de citron , les acides minériaux , les seb neutres^ et propose le tartrate acidulé de potasçe^ comme réunissant toutes les qualités désirables* Puisque c'est un des principes du vin , il doit natu* rellementètre restitué aux vins qui en sont privés ou qui n'en contiennent pas suffisamment^ il 9 encore l'avantage d'être aussi peu dispendieux qu'il est efficace. L'auteur citera l'appui de cette a^^ertion^ plusieurs faits propres à la confirmer et à donner confiance à un procédé qui a déjà en sa faveur l'induction théorique.
M. Etienne a déposé sur le bureau les dessins et la description d'un tour en l'air qu'il a inventé en j 814 7 au moyen duquel il a exécuté^ avec un seul arbre et un seul pas, toutes les vis possibles, tant a droite qu'à gaucbe. Cet instrument, que des commissaires ont vu en fonction , et qui produit des effets multipliés, est cependant assez simple dans sa ^composition : il a 'deux poupées fifes et deux arbres, dont l'un est fixe et l'autre mobile. La poupée externe porte supérieurement l'arbre piobile, au moyen de coussinets et d'une clef
lâ^arrét* L'arbre ^ auquel s^ajnste là cordd des-^ tinëe à le meure en action ^ porte à sa partie moyeûne un arrêt qui reçoit an nœud ajuste i un levier faisant partie de la poupëe externe. Le levier vertical qui peut dëcrire un arc de cercle ^ dont le centre se trouve au-dessUs du niveau des deux poupées, est conduit par un arbre fixe entre elles, et dont les pas de vis impriment le mou-^ vement oscillatoire au levier, et par son moyen ij, Taxe mobile placé au-dessus de Taxe fixe. La communication est établie par des roues d^en-^ greniage, qui pouvant se substituer les unes aiur autres , varient , à raison de leurs divisions différentes, le mouvement oscillatoire du levier qui conduit Taxe mobile, et donnent ainsi le moyen d'exécuter toutes les vis possibles , depuis celles dont les pas sont les plus serrés, jusqu'à celles qu'on emploie dans les presses d'imprimerie.
M. Etienne a encore exécuté une horloge de grande dimension , dont les perfectionnemens et l'exécution ont mérité les éloges des commissaires chargés de l'examiner.
M. Bertier, agriculteur distingué à Roville, département de la Meurthe, a adressé im Mémoire où il a proposé $es vues sur la culture des
(79) plantes les plas propres à fournir promptemenl les moyens de remédier à la disette dans nos cantons ) il donne la préférence & la fève de marab, qui, par Tabondance de ses produits et la promptitude de sa végétation, peut offrir d'utiles ressources.