NOTICE SUR NIEPCE DE SAINT- VICTOR
A bel Niepce de Saint- Victor, né le uG juillet i8o5 à Saint-Cyr, près de Chalon-sur-Saône, était cousin issu de germain de Nicéphore Niepce (i), l)ien qu'il eût toujours appelé celui-ci son oncle.
Sorti en [827 de l'Ecole de cavalerie de Saumur, lieutenant au [er régiment de dragons à Montauban en 18^2, il débuta par des essais de teinture dans les recherches scientifiques qui devaient illustrer son nom.
« Un jour, dit M. Lacan (2), son pantalon d'uniforme fut taché de vinaigre ou de jus de citron. Soigneux comme le sont ordinairement les officiers, M. Niepce chercha le moyen de faire disparaître ces taches. Apres plusieurs essais, il parvint, avec quelques gouttes d'ammoniaque, à raviver la couleur de la garance.
« Or, à la même époque, le Ministre de la guerre venait de décider cpie les revers, collets et parements d'uniforme de treize régiments de cavalerie, <[ui axaient été jusqu'alors roses, aurores ou cramoisis, seraient it l'avenir de couleur orangée. M. Niepce, que ses premières expériences avaient vivement intéressé, se mit à étudier différentes substances colorantes
(1) Fouque.
(y) Introduction par M. Ernesl Lacan à un recueil de Recherches photographiques de Mepce île Saint-Victor, public par Gaudin, [855.
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dont les propriétés, combinées ii celles des acides, semblaient devoir le conduire an résultat désiré. »
Il y réussit, en effet, et donna une recette qui permit d'exécuter cette transformation à très peu de Irais.
Cet incident décida de sa vie.
« L'officier de dragons avait entrevu toutes les poignantes émotions du savant. Il avait mis le pied dans ce pays fantastique que l'on nomme le domaine de la science, où chaque pas présente au regard quelque chose de nouveau qui le fascine et le captive; où l'attrait de l'inconnu, comme un pouvoir magnétique, vous attire et vous emporte toujours en avant : le chercheur venait de se révéler... »
Le i3 avril 1 8/j5 , il est incorporé avec son grade dans la garde municipale de Paris ; logé dans la caserne du faubourg Saint-Martin, il peut transformer en laboratoire de chimie la salle de police, rendue inutile par l'esprit de discipline de ce corps d'élite, et il profite de tous les instants de loisir que lui laisse son service pour poursuivre des études qui se ressentent de sa parenté avec Nicéphore Niepce.
Le 2J octobre 18/17, il présente à l'Académie des Sciences un premier mémoire, relatif ii la reproduction des gravures et des dessins par la vapeur diode. Il a découvert qu'une gravure exposée à la vapeur d'iode s'en imprègne surtout dans les noirs, et que, si l'on applique ensuite cette gravure sur un papier amidonné mouillé avec de l'eau acidulée par l'acide sulfurique, le dessin s'y reproduit en positif par la formation d'iodure bleu d'amidon. Il obtient le même résultat, mais avec plus de finesse, en substituant au papier la porcelaine, le verre, les métaux, etc., sur lesquels il étend une couche d'empois d'amidon. Le mémoire contient quantité de détails sur la pratique du procède, sur une autre propriété de la vapeur d'iode de se porter sur les parties en relief, sur le remplacement de la vapeur d'iode par les vapeurs de phosphore et de soufre, et sur le traitement des gravures par l'acide azotique et par l'hypochlorite de chaux, qui donnent sur plaques de cuivre ou d'argent des images négatives. M. Chevreul, qui présenta cette communication à 1 Académie, en (it sentir toute l'importance, en particulier au point de vue des différences d'attraction exercées sur les vapeurs par les noirs et les blancs du papier.
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Cette élude fut le point de départ des recherches exécutées par Niepce de Saint- Victor, de 1S47 à i85o, au sujet de l'albumine sur verre (voir II).
Dans cet intervalle survinrent les journées de février i848j la caserne fut incendiée, le laboratoire détruit, et le malheureux officier ne put sauver que sa vie et celle de sa femme ; il perdait les produits chimiques et les appareils qu'il avait acquis à force de privations et d'économies sur sa modeste solde de lieutenant. Cependant, loin de s'abandonner au découragement, il profita des loisirs forcés que lui causait le licenciement de la garde nationale pour se remettre au travail.
Réintégré en juillet i848 dans un régiment de dragons, où il fut nommé capitaine le n novembre, il revint ii Paris en avril i84o. avec le même grade dans la garde républicaine. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 10 décembre 1849 pour ses recherches scientifiques, qui lui avaient déjà valu une médaille de 2,000 francs de la Société d'encouragement.
Nous arrivons à une nouvelle phase, inspirée par les recherches qu'Ed. Becquerel avaient commencées en i8/j8 sur l'héliochromie ; il avait réussi à reproduire les couleurs du spectre solaire sur des plaques argentées recouvertes de chlorure d'argent. Niepce de Saint-Victor entreprit à ce sujet de nombreuses expériences qu'il serait trop long de îapporter ici, et qui ont perdu beaucoup de leur intérêt depuis les nouvelles éludes de la photographie des couleurs.
Dans six mémoires, échelonnés de i85i à 18GG, il cherche à donner aux couleurs de la plaque la plus grande vivacité, à les fixer, et à faire une application à la chambre noire d'après une poupée habillée avec tics nuances éclatantes. Il v parvient en partie, et reproduit toutes les couleurs, y compris le blanc et le noir, mais sans pouvoir obtenir le fixage ; il arrive seulement à ralenti!' faction ultérieure delà lumière sur les couleurs au moyen d'un vernis à base de chlorure de plomb fondu.
De i853 à 18,"),"), il reprend le procédé au bitume de Judée de Nicéphore Niepce (voir III) et en perfectionne l'emploi à la gravure. Par l'étude des essences, il réussit à réduire de beaucoup la durée de pose.
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Nommé chef d'escadron le 3 février i854, et appelé, le M), aux fonctions de commandant du Louvre, il allait disposer du temps nécessaire à la poursuite deses expériences. Malheureusement, par suite d'une décision ministérielle toute récente, qui mettait en non-activité les commandants des palais impériaux, il y perdit toute chance d'avancement et les deux tiers de sa solde. 11 n'en continua pas moins à offrir à son pays tout le fruit de ses travaux.
Enfin, de 18Ô7 à 1867, il aborde l'étude des actions de la lumière (voir IV) et fait connaître d'innombrables faits, soit de nature chimique, et utilisés en partie pour les reproductions industrielles, soit de nature lumineuse, et se rattachant par certains points aux radiations invisibles.
Niepce de Saint- Victor est mort en icSyo, laissant un bel exemple de modestie et de désintéressement. Ses travaux, qui portent la marque d'un expérimentateur ingénieux et d'un chercheur passionné, ont fourni à la science photographique une accumulation de matériaux. Certains d'entre eux sont déjà utilisés, parmi lesquels, en première ligne, le cliché négatif sur verre, qui a causé une véritable révolution et qui suffirait à lui seul pour rendre célèbre le nom de son auteur ; citons encore dans cette catégorie l'étude des vernis, les perfectionnements apportés au bitume de Judée, les recherches sur les actions de la lumière. D'autres matériaux trouvent seulement aujourd'hui un terrain propice, en particulier ceux qui sont relatifs aux radiations invisibles. D'autres enfin, attendent encore le moment où ils sortiront de l'ombre, peut-être sous un nom d'emprunt pour former quelques-unes de ces fréquentes résurrections que l'on désigne sous le nom de vieux-neuf. La constitution de celte mine, d'où il y a encore tant à extraire, ajoute un caractère spécial à l'œuvre de Niepce de Saint-Victor.
MEMOIRES DE NIEPGE I>K SAINT-VICTOR M SUJET DE LA PHOTOGRAPHIE A i/ALBUMINE SUR VERRE.
La reproduction des dessins obtenus avec l'empois d'amidon sur verre ci la vapeur d'iode conduisirenl toul naturellement Niepce de Sainl-\ ictor à l'idée de remplacer par ce support transparenl les papiers donl on se servait alors, à la suite de Talbot, pour produire à la chambre noire les clichés négatifs. Il suffisait de sensibiliser la couche su)- verre au moyen des sels d'argent. C'est ce qu'il exécuta en môme temps <pi il s'occupait des vapeurs ; et, dans la même séance du 2 5 octobre 1847. '' présenta à l'Académie une noie à ce sujet, d'un intérêt considérable, car c'est le point de dépari de la photographie sur verre, si employée depuis. Voici celle noie:
« Quoique ce travail ne soit qu'ébauché, je le publie tel qu'il est, ne doutant pas des rapides progrès qu'il fera clans des mains plus exercées que les miennes, et par des personnes qui opéreront dans de meilleures conditions qu'il ne m'a été permis de le faire.
« Je vais indiquer les moyens que j'ai employés, et qui m'ont donné des résultats satisfaisants, sans être parfaits; connue tout dépend de la préparation de la plaque, je crois devoir donner la meilleure manière de préparer l'empois.
« Je prends ô grammes d'amidon, que je délaye avec 5 grammes d'eau, puis j'y ajoute encore «jô grammes, après quoi j'y mêle 35 centigrammes d'iodure de potassium étendus dans 5 grammes d'eau. Je mets sur le feu : lorsque l'amidon est cuit, je le laisse refroidir, puis je le passe dans un linge, et c'esl alors que je le coule sur les plaques de verre, avant l'attention iVcn couvrir toute la surface le plus également possible. A [très les avoir essuyées en dessous, je les pose sur un plan parfaitement horizontal, afin de les sécher
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assez rapidement au soleil ou à l'étuve, pour obtenir un enduit qui ne soit pas fendillé, c'est-à-dire pour que le verre ne se couvre pas de cercles où l'enduit est moins épais qu'ailleurs (effet produit, selon moi, par l'iodure de potassium). Je préviens que l'amidon doit toujours être préparé dans un vase de porcelaine, et que la quantité de 5 grammes, que je viens d'indiquer, est suffisante pour enduire une dizaine de plaques, dites d'un quart. On voit par là qu'il est facile de préparer un grand nombre de plaques à la lois. Il importe encore de ne pas laisser de bulles d'air, qui feraient autant de petits trous dans les ('preuves.
« La plaque étant préparée de cette manière, il suffira, lorsqu'on voudra opérer, d'y appliquer de l'acéto-nitrate, au moyen d'un papier trempé à plusieurs reprises dans cette composition ; on prendra ensuite un second papier imprégné d'eau distillée que l'on passera sur la plaque. »
Au lieu du gallo-nitrate de Talbot, Blanquart-Evrard.de Lille, qui a simplifié et vulgarisé en France le procédé calotype, employai! l'acéto-nitrate, qui résulte de la substitution de l'acide acétique à l'acide gallique dans le liquide sensibilisateur.
« Un second moyen consiste à imprégner préalablement la couche d'empois d'eau distillée, avant de mettre l'acétonitrate ; dans ce dernier cas, l'image est bien plus noire, mais l'exposition à la lumière doit être un peu plus longue que par le premier moyen (pie j'ai indiqué.
« On expose ensuite la plaque dans la chambre obscure, et on l'y tient un peu plus de temps peut-être que s'il s'agissait d'un papier préparé par le procédé de M. Blanquart. Cependant j'ai obtenu des épreuves très noires en vingt-cinq secondes au soleil, et en une minute à l'ombre. L'opération est conduite ensuite comme s'il s'agissait de papier, c'estdire que l'on se sert de l'acide gallique pour faire paraître le dessin, et du bromure de potassium pour le fixer.
« Tel est le premier procédé dont je me suis servi ; mais, avant eu l'idée d'employer l'albumine (blanc d'œuf), j'ai obtenu des produits bien supérieurs sous tous les rapports, et je crois que c'est à cette dernière substance qu'il faudra donner la préférence.
PHOTOGRAPHIE 1 L'ALBUMINE SUR VERRE tai
« Voici la manière dont j'ai préparé mes plaques : j'ai pris dans le blanc d'œuf la partie la plus claire (cette espèce d'eau albumineuse), dans laquelle j'ai mis de l'iodure de potassium ; puis, après lavoir coulée sur les plaques, je l'ai laissée sécher à la température ordinaire (si elle était trop élevée, la couche d'albumine se gercerait). Lorsqu'on veut opérer, on applique l'acéto-nitrate en le versant sur la plaque, de manière à en couvrir toute la surface à la lois ; mais il serait préférable île la plonger dans cette composition pour obtenir un enduit bien uni.
« L'acéto-nitrate rend l'albumine insoluble dans l'eau et lui donne une grande adhérence au verre. »
C'est l'acide acétique qui produit celle insolubilité de l'albumine. \\ec la gélatine le résultat est tout opposé, ce qui obligera Poitevin à renoncer à l'acéto-nitrate pour sensibiliser ses plaques.
« Avec l'albumine, il faut exposer un peu plus longtemps à l'action de la lumière que quand on opère avec l'amidon ; l'action de l'acide gallique est également plus longue ; mais, en compensation, on obtient une pureté et une finesse de traits remarquables, qui, je crois, pourront un jour atteindre à la perfection d'une image sur la plaque d'argent.
« J'ai essayé les gélatines : elles donnent aussi des dessins d'une grande pureté (surtout si l'on a la précaution de les filtrer, ce qu'il est essentiel de faire pour toutes les substances, excepté l'albumine) ; mais elles se dissolvent trop facilement dans l'eau. Si l'on veut employer l'amidon, il faudra choisir le plus fin ; pour moi, qui n'ai employé que celui du commerce, le meilleur (pu; j'ai trouvé est celui de la maison (iroult.
« C'est en employant les moyens que je viens d'indiquer que j'ai obtenu des épreuves négatives. Quant aux épreuves positives, n'en ayant pas fait, je n'en parlerai pas ; mais je présume que Ion peut opérer comme pour le papier, ou bien en mettant les substances dans l'amidon, mais non dans l'albumine, qu'il m1 faudra même pas passer dans la solution de sel marin. Il faudra, pour l'albumine, plonger la plaque dans le bain d'argent, et, si la solution de sel marin est indispen-
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sable, on pourra mettre du chlorure de sodium dans l'albumine uvanl de la couler sur la plaque.
« Si Ton préfère continuer à se servir de papier, j'engagerai à l'enduire d'une ou deux couches d'empois ou d'albumine, et Ton aura alors la même pureté de dessin que pour les épreuves que j'ai faites avec l'iode ; mais je crois nue cela ne vaudra jamais un corps dur el poli, recouvert d'une couche sensible.
« J'ajouterai que l'on pourra obtenir de très jolies épreuves positives sur verre opale.
« Ne peut-on pas espérer que, par ce moyen, on parvienne a tirer des épreuves de la pierre lithographique, ne serait-ce qu'en cravonnaut le dessin reproduit, si l'on ne peut pas l'encrer autrement ? J'ai obtenu de très belles épreuves sur un schiste pierre à rasoir) enduit dune couche d'albumine. A laide de ce moyen, les graveurs sur cuivre et sur bois pourront obtenir des images qu'il leur sera très facile de reprodui re.
« Tous les procédés de photographie sur papier peuvent s'employer sur une couche d'empois ou d'albumine. »
Ces recherches furent continuées, et, malgré le trouble apporté parla Révolution de r 848 (voir I), aboutirent à une nouvelle note communiquée à l'Académie le i 2 juin (848.
« Dans le mémoire que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie au mois d'octobre dernier, j'ai publié ce que j'avais fait alors relativement à la photographie sur verre. Aujourd'hui je viens ajouter les nouveaux, résultats que j'ai obtenus.
« Les épreuves que j'ai l'honneur de présenter ne sont encore que des reproductions de gravure et de monuments d'après nature, la longueur de l'opération ne m'ayanl pas permis de (aire le portrait en employant l'albumine seule ; cependant j'ai obtenu des épreuves de paysages en 80 à <)<> secondes a l'ombre, et, si l'on mélange du tapioka avec l'albumine, on accélère l'opération, mais Ton perd en pureté de traits ce que l'on gagne en vitesse.
« J'ai indiqué dans mon mémoire deux substances propres à la photographie sur verre, l'amidon et l'albumine.
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J'ai donné les moyens de préparer l'amidon ; mais, comme l'albumine lui est bien préférable, je ne parlerai que de celle-ci.
(f Voici la manière de procéder: on prend deux ou trois blancs d'œufs selon le nombre de plaques à préparer), clans lesquels on verse de douze à quinze gouttes d'eau saturée d'iodure de potassium, selon la grosseur des œufs ; on bat ensuite les blancs en neige, jusqu'à ce qu'ils aient assez de consistance pour tenir sur le bord dune assiette creuse. On nettoie parfaitement la partie de l'assiette restée libre, afin d'y laisser couler l'albumine liquide, qui s'échappe de la mousseen plaçant l'assiette sur un plan incliné. Après u\\^ heure ou deux, le liquide; esl versé dans un flacon de verre pour s'en servir au besoin.
« On peut conserver l'albumine pendant 48 heures au moins, en la tenant au frais.
« Une grande difficulté existe pour étendre l'albumine également sur la plaque de verre; le procédé qui m'a le mieux réussi est celui-ci. Je mets l'albumine dans une capsule de porcelaine plate carrée, de manière que le fond en soit recouvert d'une couche de 2 ou .') millimètres d'épaisseur ; je place la feuille de verre; verticalement contre une des parois delà bassine ; je l'incline ensuite en la soutenant avec un crochet, de façon à lui faire prendre tout doucement la position horizontale ; je la relève avec précaution au moyen du crochet, et je la place sur un plan parfaitement horizontal.
« Tel est le moyen qui m'a donné les meilleurs résultats, et avec lequel on peut obtenu' nue couche d'égale épaisseur: chose essentielle, car, s'il va excès d'albumine dans certaines parties de la plaque, elles s'écailleront sur le cliché.
« Lorsque l'albumine aura été appliquée comme je viens de le dire, on la hua séchera une température qui ne doit pas dépasser i 5 à >o degrés; sans cette précaution, la couche se fendillerait e1 ne donnerait pins que de mauvais résultats. (Test pour cela que, dans le cas où la température dépasserait 20 degrés, il conviendrait de ne préparer les plaques que le soir, et de les placer sur un marbre recouvert d'un linge mouille ; elles sèchent alors lentement la
i:-', A IEPCE DE SA I \ T-VICTOR
nuit, et le lendemain matin on les place dans un lieu (Vais, jusqu'à ec qu'on veuille s'en servir. Sans eelte précaution, la couche, quoique sèche, se fendillerait aussitôt qu'elle serait exposée à une température un peu élevée; mais, pour olivier à cet inconvénient, on passe les plaques, dès qu'elles sont sèches, clans l'aeéto-nitrate d'argent, et on les conserve à l'abri de la lumière.
« L'expérience m'a appris que l'image venait tout aussi bien, la couche étant sèche, (pic si elle était mouillée ; seulement, l'opération est un peu plus longue dans le premier cas; mais cet inconvénient est bien compensé par la facilité que l'on a de transporter les plaques pour opérer au loin.
« La feuille de verre étant enduite d'une couche d'albumine qui contient de l'iodure de potassium, on la passe dans la composition d'acéto-nitrate en employant les mêmes moyens que j'ai indiqués pbur l'application de l'albumine, et on la lave avec de l'eau distillée, puis on l'expose dans la chambre obscure. On se sert d'acide gallique pour faire paraître l'image, et du bromure de potassium pour la fixer.
« Quant à la supériorité du cliché sur verre à celui sur papier, je crois qu'elle est sauf la vitesse» incontestable sous tous les rapports.
« Pour les ('preuves positives, il est reconnu que le papier est plus avantageux que le verre ; mais, pour obtenir une grande pureté (h; traits et de plus beaux tons, il faut fortement l'encoller avec de l'amidon.
« Je crois devoir appeler l'attention de l'Académie sur l'avantage «pie ce nouvel art peut avoir pour l'histoire naturelle et la botanique; je veux parler d'une foule de sujets qu'il est difficile aux dessinateurs et aux peintres de reproduire fidèlement: par exemple les insectes, particulièrement les lépidoptères, etc.
« La botanique pourra ('gaiement acquérir ainsi des ligures de Heurs et de plantes d'une fidélité parfaite, qu'un cliché sur verre permettra de reproduire à 1 infini, et que l'on pourra ensuite colorier.
« Tel est le résultat où mes nombreuses recherches m'ont amené, et (pie je m'empresse de livrer à la publicité. »
Ce procédé à l'albumine sur verre, qui affranchissait du grain du
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papier cl donnail ainsi du premier coup une finesse qu'aucun autre n'a jamais surpassé depuis, devinl rapidement usuel entre les mains d'un grand nombre d'opérateurs, parmi lesquels il faul citer Bavard. Aujourd'hui encore, c'est à l'albumine qu'on a recours Lorsqu'on cherche le maximum de délicatesse et de netteté, par exemple pour les plaques destinées à une forte amplification. Le seul inconvénient de l'albumine consiste dans la lenteur avec laquelle elle ('si impressionnée ; aussi Niepce de Saint-Victor va-t-il chercher les moyens de la rendre plus sensible.
Le 3 juin 1800, il présente à l'Académie une noie sur des images du soleil et de la lune obtenues sur verre.
« Avant entendu dire à M. Arago dernièrement à l'Academie que des épreuves du soleil avaient été faites sur plaque d'argent, j'ai voulu voir l'effet que l'on obtiendrait sur une feuille de verre enduite dune couche d'albumine coagulée, qui donne, comme l'on sait, une épreuve inverse ou négative.
<( Voici comment j'ai opéré : après avoir préparé ma plaque de verre, sans employer de moyens d'accélération, je l'ai exposée dans la chambre obscure dont l'objectif (j'ai opéré avec un objectif pour un quart de plaque) était dans la direction du soleil, et dont j'avais placé l'image au foyer visuel, qui dans cet objectif correspond exactement au foyer photogénique.
« Mes premières expériences ont été faites le plus rapidement possible, c'est-à-dire le temps de découvrir et couvrir l'objectif, en opérant avec un diaphragme de 5 millimètres de diamètre. Malgré cela, l'image venait trop vite; lorsqu'on soumettait la plaque à l'action de l'acide gallique, elle passait complètement au noir. J'ai eu alors l'idée d'enlever le diaphragme et de découvrir l'objectif assez longtemps pour que l'image apparût sans le secours de l'acide gallique, et cela m'a réussi.
« La première plaque a été exposée cinq secondes, et la deuxième dix secondes.
« Voici les résultats que j'ai obtenus : la première plaque
offrait une image très visible et très nette, d'une couleur
rouge sanguin, et dont le centre avait une intensité de cours o 7
leur beaucoup plus forte que les bords, comme l'on peut s'en convaincre en examinant la plaque.
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« La seconde; plaque offrait la même différence du contre ii In circonférence, mais avec plus d'intensité ; et, en outre, il v avait un cercle autour de l'image, en forme d'auréole. »
Cette auréole n'était autre chose crue ce que nous appelons aujourd'hui le halo, phénomène dû à la réflexion de la lumière sur la lace postérieure du verre. On voil que l'observation de cel inconvénient inhérent aux couches sensibles sur verre, dans les points éclairés avec une forte intensité, a sui\i de près l'emploi de ce support : la première remarque relative au halo date donc de [85o.
« La différence d'intensité du centre au bord esl d'autant plus grande que, malgré l'effet du contraste, elle est encore très sensible, surtout en l'examinant à la loupe. Et, parle même effet du contraste, si Ton fait noircir l'image par l'acide gallique, l'effet inverse a lieu. »
L'cITct inverse consiste dans un éclaircissement du centre par rapport à la teinte des bords de l'image; le contraste peut jouer là un certain rôle, mais il est possible aussi que le développement ait amené le renversement de l'image connu aujourd'hui sous le nom de solarisation.
(( J'ai fait plus de vingt épreuves, et presque toutes m'ont donné les mêmes résultats.
« Il s'ensuit donc de ces expériences que les résultats obtenus sont tout à fait conformes à l'opinion émise» par M. Arago, c'est-à-dire que les rayons photogéniques émanant du centre du soleil ont plus d'action que ceux des bords ou de la circonférence.
« J'ai essavé et je suis parvenu il prendre l'image de la lune en :>..") secondes, la lune étant, dans son plein et parfaitement au lover de mon objectif; et, sans mètre servi d'héliostat, j'ai obtenu une image très ronde. Mais la rapidité avec laquelle j'ai opéré fait que la lune n'a pas eu le temps de marcher dune manière sensible ; car je dirai que, si Ton pose 3o secondes, on a déjà une image un peu ovale.
« Il m'a fallu, pour avoir l'image de la lune, employer mes plus grands moyens d'accélération: ceux qui me permettent de prendre une épreuve d'un paysage éclairé par la lumière diffuse en une seconde ou deux au pi il s.
PHOTOGRAPHIE A L'A LUI MINE SUR VERRE i->-
« J'ai obtenu cette grande rapidité avec les moyens que j'ai consignés dernièrement à l'Académie dans un dépôt cacheté. Ce dépôt renferme aussi un moyen analogue à celui que M. Blanquart vient de publier pour opérer à sec sur papier; de même que j'indique la manière de glacer un papier avec l'albuminepour les épreuves positives.
« Je me propose de (aire connaître ces moyens lorsque j'aurai terminé les travaux qui m'occupent dans ce moment. »
Ce mystère esl révélé peu de temps après, le i<) août, dans une communication qui conticnl les moyens de rendre la plaque plus sensible.
« J'ai entendu, lundi, annoncer à l'Académie un procédé d'accélération qui est le même que celui que j'ai consigné dans un paquet cacheté le 20 mai dernier. Je l'aurais publié plus tôt si je n'avais pas tenu a montrer des épreuves de portraits sur grande plaque. Celles que j'ai l'honneur de présenter, quoique imparfaites, suffiront pour constater la rapidité avec laquelle on a opéré.
« Le procédé consiste à mélanger avec l'albumine 2 ou ."> grammes de miel par chaque blanc d'œuf, selon leur grosseur; de même qu'il faut mettre de 3o à ''io centigrammes d'iodure de potassium cristallisé avant de battre les œufs; il est essentiel que l'albumine soil complètement à l'état de mousse, afin de l'avoir très pure.
« C'est toujours, jusqu'à présent, une opération assez difficile <[uc d'étendre également la couche d'albumine sur la plaque de verre; peu de personnes l'appliquent convenablement. On se sert ordinairement d'une baguette de verre ou d'une pipette ; ou bien on l'étend par un mouvement de la main; mais tout cela demande une très grande habitude ; tandis que, si l'on parvient à l'appliquer par un moyen mécanique, on rendra la chose constante et facile ; c'est ce que j'espère pouvoir démontrer bientôt.
« La couche d'albumine étant sèche, on passe la plaque dans le bain d acéto-nitrate, qui doit être composé ainsi: nitrate d'argent, (> grammes ; acide acétique combustible, 1 2 ; eau distillée, Ou.
, s \ IEPCE DE SAIA T-VICTOR
« On ne doij laisser immerger la plaque dans cette composition <[iie pendant 10 secondes au plus, et la laver ensuite clans de l'eau distillée.
« Après cette opération, on laisse sécher les plaques dans la plus grande obscurité, pour opérer ensuite par la voie sèche; mais, comme les plaques s'impressionnent facilement, il faut, autant que possible, les conserver simplement albuminées.
« Il est utile, en exposant dans la chambre obscure, de placer une planchette avec un fond blanc derrière la plaque de verre, et, pour faire paraître l'image, il est nécessaire aussi de faire chauffer un peu l'acide gallique, afin d'en activer l'action, sans cependant trop presser celle operation ; car il arrive souvent que les plus belles épreuves négatives sont celles qui sont restées plusieurs heures sous l'influence de l'acide gallique, et sur lesquelles on croyait qu'il n'y avait pas d'image.
« On fixe les épreuves négatives, soit avec du bromure de potassium, soit avec de l'hvposulfite de soucie, et, afin d'empêcher le cliché de s'écailler ce qui arrive avec une couche d'albumine trop épaisse ou avec de l'albumine de vieux œufs), on l'enduit d'une légère couche de gélatine, ou d'un vernis à tableau, ce qui lui donne encore plus de solidité.
« De toutes les substances accélératrices que j'ai employées, je n'en ai pas trouvé de meilleure que le miel tcelui de Narbonne m'a paru préférable), parce qu'il donne plus d'accélération sans avoir les inconvénients de toutes les autres substances, telles que les fluorures, par exemple, dans lesquels j'ai reconnu depuis longtemps une propriété accélératrice; mais leur action corrosive (qui se manifeste par un très fort fendillement dans la dessiccation de l'albumine] m'y avait fait renoncer pour l'albumine, ("('pendant on peut les employer sans inconvénient en les mélangeant avec du miel, entre autres le fluorure d'ammoniaque; et si l'on se sert avec cela d'albumine de vieux œufs, on aura par la réunion de ces moyens une plus grande accélération. Mais je préviens ([lie la vieille albumine est sujette à s écailler plus que la fraîche; il faut, pour éviter cet inconvénient, laisser sécher complètement le cliché avant de
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l'exposer au soleil pour tuer l'épreuve positive, et, pour
plus de sûreté, le couvrir d'un vernis.
« Le mélange du miel à l'albumine donne à l'épreuve négative une très grande douceur dans les traits, ce qui prévient par conséquent la dureté que l'on reproche à ce procédé. On aura donc, par ce moyen, des demi-teintes et des tons parfaitement fondus, et l'on obtiendra par la dessiccation de ce mélange, une couche parfaitement homogène, très lisse, ne se fendillant plus, lors même qu'on l'expose à la chaleur, et donnant l'image d'un objet éclairé par la lumière diffuse dans l'espace de 2 à 3 secondes au plus pour un paysage, et de ô à 8 pour un portrait, en opérant avec un objectif double (français) pour quart de plaque; pour la grande plaque normale, il faut de /|(> à 5o secondes, et de 25 ;i .')(> avec un objectif allemand.
« Tels sont les résultais obtenus par MM. le comte Yigier et Meslral, qui ont fait les ('preuves que j'ai l'honneur de présenter.
« On peut encore opérer plus promptement si l'on réunit tous les moyens naturels d'accélération que l'expérience m'a fait connaître.
« i" Plus la couche d'albumine est épaisse, plus il v a d'accélération ;
« 2° Plus les omis sont vieux, plus il y a d'accélération ;
(c 3° Plus la composition d'aeéto-nitrate a servi, plus il y a d'accélération.
« Enfin, il existe aussi une très grande différence dans les diverses natures de l'albumine, qui varie, d'après moi, selon la nourriture de la poule. Je dirai que l'albumine d'œul de canne se fendille moins que celle d'oeuf de poule. Quant à l'albumine du sang, elle est très accélératrice, mais on ne peut pas l'employer seule, parce qu'elle ne se coagule pas assez avec l'acéto-nitrate pour adhérer au verre; il faudrait préalablement la coaguler avec l'acide azotique.
« Du lavage de la plaque dépend aussi une partie de l'accélération ; car, si on ne lave pas assez, il se forme une couche couleur de rouille lorsqu'on verse l'acide gallique ; si on lave trop, on enlève une grande partie de l'accélérat ion .
« J'ai consigné ("gaiement, dans le paquet que j'ai déposé,
(!i II. SON. Û
i3o NIEPCE DE s I / VT- VICTOR
les moyens de glacer le papier avec de l'albumine, ainsi que la manière de préparer un papier négatif pour opérer par voir sèche. Mais divers procédés analogues avant été publiés par différentes personnes, je n'en parlerai que pour constater ma priorité, ainsi que Ton peut s'en assurer en ouvrant le paquet cacheté que j'ai déposé et qui renferme en outre quelques f a i t s nouveaux, que je crois devoir publier, comme pouvant offrir quelque intérêt, et que je vais rapporter ici.
« J'ai constaté que, si l'on chauffait l'albumine au bainmarie à une température de ^5 degrés, pendant j à (i heures, on obtenait une très grande accélération comparativement avec celle qui n'a pas élé chauffée. Ce fait paraît avoir beaucoup d'analogie avec les modifications obtenues par M. Chevreul dans l'huile de lin. »
Il esl à remarquer que la maturation, qui donne au gélatino-bro nuire sa 1res grande sensibilité, s'obticnl aussi par la cbaleur.
« Je parlerai aussi de quelques faits qui m'ont paru assez curieux pour être mentionnés. Si l'on mêle une solution d'azotate d'argent avec une solution de sel marin ou avec de l'hydrochlorate d'ammoniaque, il se produit du chlorure d'argent. Ce précipité, resté dans la liqueur où il s'est formé, se colore par une exposition à la lumière; si, alors, on l'expose à la chaleur, le chlorure redevient blanc.
« Tout le inonde sait (pie l'alcool coagule l'albumine; eh bien, si l'on met de l'iode dans le même alcool pour en former une teinture d'iode, elle ne se coagule plus.
« Si Ton met du brome dans l'albumine, le brome se trouve tout de suite enveloppé par l'albumine sans qu'elle se coagule, et il n'y a plus d'exhalations de vapeurs de brome.
« J'ai l'honneur de mettre sous les veux de l'Académie quelques épreuves de paysages faites par M. Martens d'après mon procédé. »
MEMOIRES 1>K NIEPCE 1>K SAÏNT-VICTOR Al SUJET I>K LA GRAVURE PAR LE BITUME DE .11 DEE.
Il oui été forl élonnanl qu'un parent do/\icéphorcNicpco, adonné à la photographie, no poursuivîl pas le perfectionnement du procédé de gravure au bitume do Judée : le progrès principal à accomplir consistait dans l'accroissement de la sensibilité à la lumière. Niepce de Saint \ iclor n'y manqua pas. En collaboration avec M. Lemaîlre, graveur, qui avait aidé Niccphorc de ses conseils cl de ses encouragements (voir \iopee). il apporta an procédé primitif de notables améliorations. Celles ci sont exposées dans plusieurs mémoires adressés à I' Veadémio.
Le premier, en date du a3 mai i853,est relatif à la gravure béliographiepac s ur acier. M. Lemaître donne d'abord un léger grain à la plaque d'acier, an moven d'acide chlorhydriquc, pour faire adhérer le bitume dissous dans l'essence de lavande, \iopce de Saint - \ ict or applique le cliché photographique cl expose à la lumière, ce qui ne demande qu'un quart d'heure au soleil et nue heure à la In mière dill'nse. Puis il dissout dans un mélange d'huile de napble et de benzine les parties impressionnées, et d lave. M. Lemaîlre fait alors agir l'acide nitrique étendu d'eau cl d'alcool, lave et fait sécher. Il produit un nuage de résine qui tombe en poudre fine sur la plaque; celle-ci est chauffée, la résine fond cl forme un réseau qui consolide le vernis. On a ainsi dans les noirs un grain lin qui retient l'encre d'imprimerie, après «pie le vernis cl la résine ont été enlevés à l'aide de corps gras chauffés cl d'essences.
Le 3o octobre i (S«"î.S , il communique la description d'un nouveau vernis, formé de roo grammes do benzine, •> de bitume, i de cire jaune, qu'il rend plus sensible on versant sur la plaque i\v l'élher sulfuriquc anhvdre, avec quelques gouttes d'essence de lavande rectifiée. Il parvient ainsi à réduire la pose dans la chambre noire à moins d'un quart d'heure; quelques minutes suffisent pour les reproductions parconlacl.au soleil. Suivent des indications pratiques, parmi lesquelles l'observation d'une diminution de sensibilité donnée
,.;■ \ IEPCE DE s I / \ T- VICTOR
au vernis par la benzine, mais celle dernière a sur l'essence de lavande l'avantage de s'évaporer beaucoup plus \ile cl de fournir une couche plus homogène.
Lu nouveau mémoire, présenté le '>. octobre [854, renferme une élude cpmplète el importante sur la sensibilité du bitume de Judée el tles essences susceptibles d'être employées à le dissoudre.
« Quoique je n'aie pas encore atteint le but que j'espérais au point de vue de la sensibilité du vernis, je vais cependant livrer à la publicité le résultai de nies recherches, clans l'espoir qu'elles seront utiles aux opérateurs.
« J'ai observé que le bitume de Judée était le corps le plus sensible à l'air et à la lumière, mais que celle sensibilité était excessivement variable.
« La pureté du bitume, son exposition à l'air et à la lumière, plus ou moins prolongée, et dans un état de division plus ou moins grand, sont autant de causes de variations clans la rapidité avec laquelle l'air et la lumière l'influencent.
« Pour s'assurer de ce fait, on n'a qu'à exposer du bitume de Judée (pulvérisé et en couches minces) ;t l'air et aux lavons solaires, pendant plusieurs jours, on verra alors que ce même bitume étant dissous et à l'état de vernis héliographique aura accpiis une sensibilité beaucoup plus grande que celle qu'il avait avant son exposition à l'air el à la lumière.
« Une autre expérience que j'ai faite el qui esl encore plus frappante est celle-ci.
« Si, après avoir fait dissoudre du bitume de Judée pour en former un vernis héliographique, on expose le vernis à l'air el au soleil pendant environ trois ou quatre heures, il acquerra une sensibilité double et triple de celle qu'il avail auparavant, et, si on prolonge celte exposition de quelques heures, on augmentera encore la sensibilité: mais il arrive un moment où il faut soustraire le vernis à ces deux agents ; sans cela, il ne serait plus susceptible d'être employé : C est ce qui a lieu après qu'il a subi une exposition de dix à douze heures. On observe alors (prétendu sur la plaque, il ne reproduit plus une image nette du modèle, car l'image qui se manifeste par l'action du dissolvant esl imparfaite, (die esl comme voilée, ce qui, du reste et clans de certaines limites, n'est pas un obstacle à l'action de l'eau-loile, et je