I GRAVI RE /M/; LE RITCME DE .11 DEE
dirai qu'il est préférable d'obtenir des ('prouves de ce genre dans la chambre obscure, pourvu toutefois qu'elles ne soient pas trop voilées.
« Des résines (le galipot par exemple) et des essences, telles que celles d'amandes amères, de térébenthine, de citron et autres, exposées à l'air et à la lumière, acquièrent aussi de la sensibilité.
« La benzine, qui se colore fortement sous l'influence de l'air et de la lumière, tandis que l'essence de citron se décolore, acquière également de la sensibilité; mais une trop longue exposition finit par rendre' tous ces corps complètement inertes.
« Quant au dissolvant du bitume de Judée pour en former un vernis héliographique, je n'ai rien trouvé de préférableà la benzine, seulement il est nécessaire d'y ajouter un dixième d'essence pour rendre le vernis plus sensible ii la lumière, et pour lui donner plus de liant et de viscosité, afin de remplacer la cire que je supprime. »
Ici, l'auteur passe en revue les différentes essences, et déclare qu'il préfère celle que l'on obtient par expression du /este de citron. Il di- \ise les essences en deux groupes, suivant qu'elles troublent les éllicrs ou la benzine, et en donne une longue liste.
« Il résulte de toutes ces observations que j'ai modifié mon vernis de la manière suivante : benzine, go grammes; essence de /este de citron pure, 10 grammes; bitume de Judée pur, 2 grammes.
« Ce vernis, beaucoup plus fluide que celui dont j'ai publié déjà la préparation, a l'avantage de donner une couche plus mince, et, plus la couche est mince, plus il y a d'accélération dans l'effet produit par la lumière, plus il y a d<' pureté dans les traits, et plus il y a de demi-teintes ; si toutefois l'exposition à la lumière n'a pas été trop prolongée.
« Ce vernis n'a qu'un inconvénient, c'est celui de ne pas offrir quelquefois assez de résistance à l'action de l'eauforte ; mais, au moyen des fumigations dont je vais parler, on peut consolider la couche de vernis la plus mince. On procède à celle fumigation après que la plaque a subi l'action de la lumière et celle du dissolvant. »
\ iepce de s \ i \ t- i nrron
Cette opération consistail à exposer la plaque à des vapeurs de certaines essences. L'auteur en décrit ici le détail, cl termine en montranl à l'Académie un portrait de l'empereur Napoléon III, cl une épreuve d'une vue du Louvre, celle dernière sans aucune retouche.
Mais ces fumigations élaicnl d'un emploi difficile. Dans nue note du i ■>. mars [855, elles l'on! place à un lavage de la plaque par l'eau iodée. Enfin I académie reçoil , le (S octobre i (S.).), communication du procédé adopté définitivement pour obtenir des épreuves sur acier dircctcmenl dans la chambre noire. C'csl la conclusion de loutc celte série de recherches sur le bitume de Judée; celui ci csl dissous dans la benzine, avec un dixième d'essence de citron, el abandonne dans un flacon pendant quelques heures à l'action de I air el delà lumière. La durée de pose dans la chambre noire esl d'une demi-heure à trois heures pour les objets au soleil, cl de deux a six heures avec la lumière dilluse. La morsure esl faite par l'acide nitrique, cl le grain esl produit par l'eau iodée.
\uisi, il s avait réduction 1res notable de la durée de pose par rapport au procédé de Nicéphorc Nicpcc, mais cette durée était encore beaucoup trop longue pour donner des résultais pratiques dans la chambre noire. L'utilisation du bitume de Judée en vue de la photogravure, devait être restreinte à la seule reproduction par contact, d'après des clichés obtenus à la chambre noire au moyen des pro cédés, autrement sensibles, des sels d'argent sur papier ou sur verre. C'est dans ce sens que peut être appliqué ce beau travail, qui fournil aux opérateurs de précieux renseignements. On \ trouve aussi un exemple bien caractérisé de recherches guidées par une méthode véritablement scientifique.
Nicpcc de Saint Victor comprit qu'il ne pouvait aller plus loin avec le biluine de Judée, cl tourna alors son activité d'un autre