‹ Mémoires originaux des créateurs de la photographieChapitre 18 sur 54 · GELATINE SUR Y EU HE · texte numérisé non relu

GELATINE SUR Y EU HE

gélatine; elles offraient un relief très remarquable et tel que je n'en ai jamais rencontré depuis en employant d'autres procédés; mais, je le répète, il fallait trop de pose, et d'ailleurs le développement était trop lent.

« Je revins à la méthode de Daguerre, que je modifiai suivant le nouveau subjectile employé. Cette marche me donna de tels résultats qu'au mois de mai i85o M. Balard, membre de l'Institut, en fit à l'Académie des Sciences une communication accompagner de clichés sur gélatine et d'épreuves à l'appui. •>

D'après celle communication 1res détaillée, faite dans la séance du •}.- niai, Poitevin coule la gélatine sur verre, el, (lès qu'elle est prise en gelée consistante, la plonge dans une dissolution d'acétate d'ar gcnt, puis la soumet aux vapeurs d'iode: après une exposition à la lumière <|ui demande environ deux minutes pour un portrait, le développement se fait à l'acide gallique ou au sulfate de fer, et le fixage à l'li\ posullile.

Il cherche ensuite à abréger la préparation el à rendre les résultats plus mus; ces modifications fonl l'objel d'une noie à l'Académie le 3o juin i<S.)i. La plaque esl alors plongée dans une dissolution d'iodure de potassium, puis sensibilisée dans un bain de nitrate d'argent, ccqui donne de l'iodure d'argenl avec excès de nitrate, comme dans d'autres procédés négatifs sur papier ou sur plaque albuminée ou collodionnée.

« Depuis cette époque, je n'ai fait aucune autre communication relative à 1 emploi de la gélatine pour l'obtention des images de la chambre noire, bien que je me sois toujours occupé de l'emploi de cette substance, éminemment utile en photographie, pour d'autres procédés que je décris plus loin. »

L auteur indique ici d'autres modes de sensibilisation (pu lui ouf égalemenl donné de bons résultats, un entre autres qui consiste à plonger la plaque dans une dissolution d'acide chlorhydriquc à \ pour 100, el ensuite dans un bain de nitrate d'argenl à 8 pour 100; cette préparation esl 1res sensible à la lumière el perniel d'opérer à la chambre noire en moins d'une minute; le développement s'effectue au moyen du protosulfate de 1er, acidulé avec de l'acide tartrique, qui n'a pas d'action sensible sur la couche de gélatine.

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a L'un des grands avantages de la gélatine sensibilisée, c'est de pouvoir l'employer à l'état sec: il sufïit, pour cela, d'en laver la surface aussitôt après la sensibilisation, et de la laisser sécher spontanément à l'abri de la lumière photogénique ; sa sensibilité se conserve très bien, et l'impression s'en fait très promptement dans la chambre noire. La chose importante à observer, c'est, avant de développer l'image latente, de bien laisser tremper la plaque, pour que la gélatine se sature d'eau, car sans cela la faible dissolution de nitrate d'argent nécessaire à la venue du négatif salirait les clairs sous l'influence du révélateur. »

Les prévisions de Poitevin sur l'importance de la gélatine dans la constitution de la couche sensible se sont réalisées et oui pris corps, après lui, dans la plaque actuelle au gélatinobromure.

Ajoutons, avant de quitter celte partie des travaux de Poitevin, qu'il a aussi employé la couche de gélatine sensibilisée par les sels d'argent pour le tirage des épreuves positives, soit sur verre, soit sur papier.

MEMOIRES DE POITEVIN A.U SUJET DES REPRODUCTIONS AU MOYEN DE MATIÈRES ORGANIQUES RICHROMATEES.

Nous voici arrives à l'époque où Talboi présente à l'Académie sa découverte de l'imperméabilité produite par la lumière sur la gélatine bichromatée, ef son invention de la gravure sur acier. Ce phé nomène attire l'attention de Poitevin cl esl pour lui une révélation (|ui va l'engager dans une étude approfondie d'où sortiront plusieurs applications des plus importantes.

« Vers la fin de i8,V|, m'occupant toujours des diverses applications de la gélatine à la photographie, j'ai essayé d'utiliser son gonflement dans l'eau, qui est d'environ six ou sept fois son volume primitif, pour un procédé de gravure par moulage; j'étudiai donc l'action de la lumière sur l'albumine et la gélatine additionnées de bichromate de potasse, non pour faire mordre des planches métalliques, mais pour y produire des dépôts galvanoplastiques partiels, ainsi (jue je l'ai décrit précédemment.

« Je plongeai d'abord une planche de plaqué d'argent, recouverte d'une couche de gélatine bichromatée, séchée et impressionnée par la lumière à travers un dessin au trait, clans un bain de sulfate de cuivre en rapport avec le pôle négatif et mise en regard dune plaque de cuivre d'égale dimension en rapport avec le pôle positif d'une pile galvanique: j'observai que le dépôt de cuivre n'avait lieu qu'aux endroits où la lumière n'avait pas agi sur la couche gélatinobichromatée, et cela avec une grande perfection, ,1c m'attendais à ce résultat, la dissolution de sulfate de cuivre ne traversant la couche qu'aux endroits non insolés ; mais, ce qui attira le plus mon attention, ce furent les reliefs et les creux que portait la surface de la couche de gélatine au

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