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MEMOIRES 1>K POITEVIN M SUJET DU PROCEDE AU CHARRON PAR SAUPOUDRAGE

« Ce fut(ï) en nie livrant à l'étude du procédé d'impression au gallate de fer (encre ordinaire) et en me servant de l'action de la lumière sur le mélange de perchlorure de fer et d'acide tartrique que je remarquai que le papier, <pii d'abord était devenu imperméable à l'eau après avoir été

recouvert du mélange sensible et laissé sécher dans l'obscure

rite, redevenait perméable à 1 eau seulement dans les endroits frappés par la lumière...

« Je pensai au parti que je pourrais tirer de l'observation toute nouvelle que je venais de faire, pour fixer les encres grasses et les couleurs en poudre.

« Cette réaction se produisant sur le papier (Hait peu utilisable ; mais, en préparant avec ma dissolution de perchlorure de 1er et d'acide tartrique des surfaces de verre dépoli. je vis le même fait se produire, et alors avec une perfection extrême. Je l'utilisai aussitôt 28 mai t86o). Je fis quatre épreuves, la première en poudre de bleu minéral ; je constatai une adhérence très régulière aux parties influencées, et surtout proportionnelle à l'intensité de l'impression lumineuse; la deuxième épreuve fut faite avec du noir d'ivoire, la troisième avec du noir de fumée, et enfin la quatrième, qui réussit le mieux, avec de la poudre de plombagine. Je me mis depuis lors à travailler sérieusement ce nouveau procédé.

« Le i i juin suivant, je déposai à ce sujet un paquet

(i ) Traité de Poitevin,

PROCÉDÉ t / '.'// I ItBO \ /' I /.' s' 1 / l'ol Dit 1 GË

cacheté à l'Académie des Sciences, et, le 28, je demandai à la Préfecture de la Seine un brevet qui me fut délivré le 10 août suivant.

« Le 28 juillet, je présentai à la Société française de Photographie des spécimens de ce nouveau mode d'impression, et, le 2 octobre, j'en faisais la description complète à cette Société.

« Depuis (1), M. Dumas m'a fait l'honneur de présenter en mon nom à l'Académie des Sciences un mémoire à ce sujet, avec des spécimens sur papier et vitrifiés. »

Le résultat de l'observation d'un simple détail d'expérience, que Poitevin avail su recueillir et développer, donnait ;iiiisi naissance à loul un procédé. Nous en trouvons l'exposé, après perfectionnement, dans le Bulletin de mai iNdi : voici ce document :

« Les nouvelles épreuves que j'ai présentées il la Société ont été obtenues, dans ces derniers temps, par le procédé d'impression an charbon que j'ai eu l'honneur de lui communiquer au mois de novembre de l'année dernière, procédé par lequel j'emploie un mélange de perchlorure de fer et d'acide tartrique, qui a la propriété de devenir hygroscopique par l'action de la lumière.

« Depuis cette communication, je me suis appliqué à perfectionner mon mode d'opérer et à produire des blancs purs dont mes premières épreuves manquaient, ce qui dépendait surtout du noir en poudre que j'employais alors. Voici d'ailleurs les méthodes que j'emploie et les observations que j'ai faites depuis; leur description pourra, je l'espère, suffire aux amateurs qui désireraient expérimenter et appliquer pour leur propre usage cette impression photographique aussi simple que peu dispendieuse.

<( Pour préparer le liquide sensibilisateur, je dissous séparément , et chacun dans 3o centimètres cubes d'eau ordinaire, iogrammes de perchlorure de ferdu commerce et5grammes d'acide tartrique; je filtre chaque solution, je les mélange ensuite, et j'y ajoute alors assez d'eau ordinaire pour avoir

(1) Comptes rendus, février iNl'u

if,', POITEVlh

un volume total de 100 centimètres cubes. Cette dissolution étant conservée à l'abri de la lumière ne s'altère pas, et elle reste bonne jusqu'à son épuisement. On ne pourrait ajouter la dissolution d'acide tartrique à celle de perchlorure de fer avant filtration de cette dernière, parce que le perchlorure du commerce n'est jamais entièrement soluble, qu'il donne un dépôt de sesquioxyde de fer que l'acide tartrique dissout en fournissant un corps nuisible dans l'opération.

« J'opère de préférence sur des verres dépolis très fins, que Ton nomme doucis dans le commerce; la surface en étant bien nettoyée, à la potasse si elle était grasse, puis à l'eau acidulée par de l'acide chlorhydrique, je la lave à l'eau ordinaire et l'essuie avec un linge, j'y passe un blaireau pour enlever les poussières, puis je verse dessus le liquide précité que j'étends au moyen d'un triangle en verre ou bien d'un pinceau ; je fais écouler l'excès du liquide et j'applique sur deux côtés opposés deux bandelettes de papier buvard, qui ont pour objet d'égaliser la couche de liquide qui se trouve sur le verre. Celui-ci, ainsi recouvert, est placé dans un endroit obscur et sec, sous une inclinaison de l\ 5° environ, et je l'abandonne à une dessiccation spontanée pendant i 2 heures au moins. On pourrait, pour opérer plus rapidement, se servir dune éluve. Quelle que soit la manière que l'on ait employée pour opérer cette dessiccation, la surface doit être parfaitement sèche lors de son impression ; d'ailleurs, elle reste bonne pour l'usage pendant des mois entiers, pourvu qu'on conserve les plaques de verre préparées dans des boîtes à l'abri de la lumière et des poussières.

« L'impression a lieu par contact à travers le négatif qui doit être bien verni au copal, tout vernis gras ou gommeux étant nuisible. L'exposition à la lumière peut être de -> minutes au soleil pour un cliché bien harmonieux et sans opposition de noirs et de clairs; celle exposition varie selon l'intensité du cliché et la quantité de lumière. On peut d'ailleurs suivre la réaction, parce que la lumière décolore la couche, qui de jaune devient brun clair. Il vaut mieux pécher par un excès de pose qu'autrement, parce que 1 on est toujours, jusqu'à un certain point, maître de la venue de l'épreuve1 lors de son développement ultérieur au moyen des poudres de charbon ou autres.

PROCEDE AU Cil [RBON PAR SAl POUDR IGE i65

« Au sortir du châssis on peut mettre les plaques <l;ms des boîtes, si Ton ne veut pus les terminer immédiatement, ou bien les laisser prendre dans l'obscurité la température ambiante; alors l'humidité de l'air se porte sur les parties insolées, tandis que les autres restent parfaitement sèches. Alors, avec un blaireau très doux, j'y applique la poudre de charbon; l'épreuve apparaît aussitôt en noir, et, à chaque passage d'une nouvelle quantité de noir, elle monte de ton, et je m'arrête lorsque je la juge suffisamment intense, ce dont je m'assure en plaçant la glace; sur une feuille de; papier blanc, le côté portant l'image en contact avec la feuille, (le développement peut être interrompu el repris à volonté. Je l'effectue dans une chambre peu éclairée, l'obscurité n'étant pas indispensable. Lorsque l'épreuve est venue; en noir, on peut y donner le ton que l'on désire au moyen d'une autre couleur en poudre qui se superpose au noirci se marie parfaitement avec lui. Si la plaque était parfaitement sèche avant l'impression, les parties non insolées refusent très bien le noir, mais il y adhère cependant une très faible quantité de poudre qui rendrait l'épreuve grise cl lui ôterail toute la fraîcheur et le piquant que l'on recherche. Dans ces derniers temps, j'ai imaginé, pour obvier à cet inconvénient, un tour de main très efficace et qui est aussi heureux pour ce procédé que l'a été celui que M. Fargier a su apporter au premier procédé d'impression au charbon que j'avais fait connaître en 1 8 5 5 , et qui est basé sur L'emploi du charbon mélangé avec les matières organiques bichromatées. Le tour de main que j'ai imaginé, et qui me permet d'avoir des blancs aussi purs qu'on peut le désirer, consiste à soumettre l'épreuve entièrement, venue sur le verre dépoli à un lavage, non pas avec un liquide, mais au moyen d'une poudre sèche et inerte, (pie l'on promène à la surlace au moven d'un tampon de colon ; du verre blanc pilé très fin, ou simplement du sable de Fontainebleau tamisé sont très bons. Les petits grains de cette poudre enlèvent parfaitement les particules de pulvérin qui grisonnent les blancs et les demi-teintes. Après ce lavage, on pourrait encore remettre du noir si l'on jugeait l'épreuve trop faible, quitte à laver à nouveau, et ainsi de suite.

tf Comme je Lai annoncé déjà, je reporte celte image de

i66 P0ITEV1!\

verre sur du papier gélatine ou gommé avec la plus grande facilité, en la recouvrant de collodion normal et assez fluide, lavant à l'eau ordinaire puis à l'eau acidulée d'acide chlorhydrique, et à nouveau à l'eau ordinaire, et y appliquant la feuille mouillée. Celle-ci se détache après une dessiccation spontanée en emportant la couche de collodion, qui ellemême entraîne le charbon.

c Avec un négatif ordinaire, c'est-à-dire renversé, on aura ainsi une image positive en sens inverse de l'original ; si l'on tient à lavoir dans le véritable sens, il faudra se servir, comme je le fais pour l'impression photolithographique, d'un négatif redressé. Autrement, je fais un double report de papier à papier, c'est-à-dire que j'enlève d'abord l'image qui se trouve sur le verre, avec un papier non gélatine et seulement mouillé, et que de celui-ci je la reporte sur une feuille de papier gélatine ou gommé; ces opérations se lont avec la plus grande facilité, le collodion n'adhérant que très faiblement au verre. Avec du collodion de bonne qualité, c'est-à-dire assez tenace, je ne manque jamais un enlevage; j'opère d'ailleurs liés rapidement.

ce II est important de fixer à la gomme ou au vernis l'épreuve obtenue sur papier, surtout lorsqu'il n'y a eu qu'un enlevage simple ; car alors la poudre de charbon se trouve à la surface ; le vernissage n'est pas aussi nécessaire lorsque Ton a lait un double report, parce que dans ce cas la matière colorante se trouve entre le collodion et le papier.

« ,1e le répète, ce procédé est liés sûr; il esl peu dispendieux, les matières premières étant peu chères, cl les verres dépolis pouvant servir indéfiniment; de plus, il a le grand avantage de permettre une préparation de glaces longtemps à l'avance, ce que Ton ne pourrait faire lorsqu'on opère avec les matières organiques bichromatées, qui ne peuvent se conserver impressionnables plusieurs jours après leur préparation. On ne finit également que les bonnes épreuves, puisque l'on peut à chaque instant juger de la réussite de l'opération ; et la partie la plus dispendieuse du procédé, c'est-à-dire la couche de collodion et le papier gélatine, ne venant qu'en dernier lieu, on sera maître de les employer ou non en finissant l'épreuve. »

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La netteté des images dépend de la finesse de la poudre employée : avec une poudre très (ine, on peul obtenir de lions résultats. Ce procédé de saupoudrage esl particulièrement utile"pourla confection des émaux photographiques.

MEMOIRES DE POITEVIN M SUJET DU PROCEDE M CHARBON AVEC GÉLATINE SENSIBILISÉE PAR LE PERCHLORURE DE FER ET L'ACIDE TARTRIOUE.

Lorsqu'une couche sensible esl soumise à la lumière, les demi teintes n'en impressionnent pas toute l'épaisseur, de sorte que, si l'ellel consiste à rendre la couche insoluble, les portions <|iu sonl en contact avec le support sous ces demi teintes sonl encore solublcs et, se détachanl ensuite par l'action du dissolvant qui pénètre jus que-là, entraînent en même temps toute l'épaisseur uni les recoin rc. Ce fait, signalé pour la première lois par l'abbé I, aborde en icS.xS à propos d'un nouveau procédé de son invention à l'huile de lin rendue siccative par la litharge, s'applique égalcmcnl au bitume de Judée, cl , en particulier, aux mélanges bichromates. C'est Fargicr qui a étendu l'observation à ces derniers en i<S(>o, el qui a proposé le remède employé depuis : on supprime l'inconvénienl en faisan I agir le dissolvanl sur la face opposée à celle qui a reçu la lumière; pour cela, on éclaire au travers du support lui-même, c'est à-dire par le dos de la couche sensible; ou bien, on éclaire par l'endroit, comme d'habitude, el on transporte la couche sur un autre support avant de faire agir le dissolvant.

Poitevin trouve une autre solution : il emploie la lumière, non plus à insolubiliscr uni' substance soluble, mais au conl raire à rendre soluble une substance insoluble. Il indique connue il suit le détail du procédé ( i ).

(< Le premier principe, celui que j'ai le plus suivi jusqu'à ce jour, repose sur une réaction connue, l'insolubilité communiquée aux matières organiques, gomme, albumine, gélatine, etc., par les sels de 1er au maximum et

(i) Bulletin dp lu Société française de Photographie, février [863.

PROCÉDÉ Al CH .\lili<>\ AVEC GÉLATINE SENSIBILISEE iGg

analogues, le perchlprure de fer par exemple, cl sur un fail nouveau que j'ai observé, c'est que cette matière coagulée et rendue insoluble dans l'eau froide ou chaude, redevient so lubie sous l'influence de la lumière, en présence de l'acide tartrique qui, réduisant le composé ferrique, rend ;i la matière organique son état naturel. La gélatine est la substance dont l'emploi m'a le mieux réussi.

« Voici ma manière d'opérer : j'en fais fondre 5 à 6 grammes dans ioo d'eau et j'y ajoute une quantité suffisante de noir de charbon ou de toute autre couleur inerte, pour obtenir l'intensité de ton que je désire produire ; je verse cette; dissolution dans une cuvette à fond bien plat, et entretenue à une douce température, pour que la gélatine ne se fige pas. Chaque feuille de papier est appliquée d'un seul cote sur cette dissolution, et une couche uniforme de gélatine colorée s'y applique ; je la pose ensuite sur une surface horizontale, la partie colorée au-dessus, et je l'v laisse sécher spontanément. Pour sensibiliser ces feuilles, je les imprègne des deux côtés de dissolution de perehlorure de fer et d'acide tartrique, faite dans la proportion de 3 à i ; [O grammes de perehlorure de fer pour 100 centimètres cubes d'eau et 3 grammes d'acide tartrique étant les quantités qui m ont paru les plus convenables. Je laisse sécher ces feuilles ainsi préparées dans l'obscurité ; alors la couche de gélatine est devenue complètement insoluble, même dans l'eau bouillante. J'impressionne ces surfaces à travers un positif sur verre ou sur papier, et, dans tous les endroits où la lumière agit, la couche redevient soluble dans l'eau chaude ; cette solubilité partant de la surface, bien entendu. Après quelques minutes d'exposition au soleil, si le cliché positil n'est pas très intense, ce qui est préférable pour ce genre d'impression, je retire la feuille de la presse, et je la plonge dans un bain d'eau chaude ; alors toutes les parties qui ont été modifiées par la lumière se dissolvent, et cela en proportion de la lumière qui aura traversé chaque partie du cliché positil. Dans les parties correspondantes aux clairs de l'écran, la couche noire ou colorée se dissoudra jusqu'à la surface même du papier, et en laissera voir le blanc parfait, tandis (pie dans les demi-teintes une partie seulement de la couche

170 i'oiri;\i\

s en va en partant de la surface, et ces demi-teintes seront rendues sur une épaisseur plus ou moins forte de la couche de gélatine restée insoluble ; et, comme cette partie est en contact immédiat avec le papier, elle ne peut être entraînée par le lavage: quant aux parties complètement noires de l'écran, elles seront rendues par l'épaisseur elle-même de la couche primitive. Pour terminer répreuve, il suffit de la laisser sécher ou seulement ressuyer, de la traiter par de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique, qui enlèvera la teinte du sel de fer, puis de la laver à grande eau et de la laisser à nouveau sécher spontanément ; elle est inaltérable, mais un tannage de la gélatine effectué par les moyens connus, alun, bichlorure de mercure, etc., lui donnera encore plus de solidité. Avant ce fixage, on peut faire des blancs, où l'on pourrait le désirer, au moyen d'un pinceau trempé dans de l'eau chaude.

« Dans ce procédé, on ne rencontre pas recueil qui se présentait clans celui que j'avais propose en i855, où j'employais une couche de gélatine additionnée de noir et d'un bichromate alcalin, et que j'impressionnais à travers un négatif, car alors, la gélatine étant rendue insoluble par la lumière à partir de la surface, les demi-teintes s'en allaient au lavage, minées en dessous par une portion de la couche restée soluhle. La méthode que je propose aujourd'hui n'a plus cet inconvénient, et, pour obtenir par ce moyen des épreuves parfaites, il ne faut que du papier convenable, c'est-à-dire d une surface lisse, recouvert d'une couche colorée d'une épaisseur bien régulière, et qu'il sera très facile de réaliser en pratique. Les épreuves (pie je présente n'ont pas été obtenues dans ces bonnes conditions, c'est pourquoi elles ne doivent être considérées que comme les produits d'une réaction nouvelle et les débuts d'un procédé'.

« Quant au second principe, il n'est qu'une application nouvelle d'une réaction connue, la coagulation d'une matière organique en dissolution par un acide végétal ou un sel de fer. Voici en quoi il consiste : le papier imprégné de perchlorure de fer et d'acide tartrique dissous dans les proportions indiquées par mon mode d'impression sur verre;, avant été exposé à la lumière à travers un cliché positif,

PROCÉDÉ \l <:il\l;H<)\ IVEC GÉLATINE SENSIBILISÉE 171

jouit de la propriété, dans toutes les parties ([iii n'ont pas été insolées, de précipiter à sa surface de la caséine en dissolution (celle du lait par exemple). Je mêle donc de la couleur en poudre à une dissolution de caséine, d'albumine, etc. ;.j v plonge le papier impressionné, et une couche plus ou moins épaisse se forme sur les parties non insolées et proportionnellement aux noirs et aux demi-teintes de l'écran ; si Ion remplace la caséine par de la gélatine, celle-ci se porte sur les parties insolées : dans l'un et l'autre cas, la matière organique entraîne avec elle une certaine quantité de couleur, la maintient emprisonnée et forme le dessin, .le reviendrai d'ailleurs plus laid sur cette réaction si facile à préparer, et je montre une épreuve ainsi obtenue. »

Comme on obticnl ainsi un positif en partant d'un positif, celle méthode donne, en particulier, un moyen de copier directement des dessins cl d'en reproduire les I rails par une représentation inaltérable au charbon ou en couleur.

Poitevin passe de là à un procédé à l'encre grasse sur papier, (pi il l'ail connaître beaucoup plus lard (1). mais qui trouve logiquement sa place ici.

(( Voici une propriété nouvelle et inédite, que j'ai reconnue à ces couches de gélatine insolubilisées, propriété dont je me sers pour obtenir immédiatement sur papier, et avec un cliché négatif, des épreuves positives à l'encre grasse, pouvant être reportées sur pierre lithographique ou sur planche de zinc pour l'impression à la presse mécanique, ou bien y être mises en relief pourl'impression typographique.

(< Celte propriété consiste en ce (pie la gélatine, rendue insoluble par le perchlorure de fer et l'acide tartrique, et qui n'est pas redevenue solublc par l'action do la lumière à travers un cliché négatif, peut, lorsque l'image a été développée, reprendre sa solubilité dans de beau faiblement acidulée ou après un traitement préalable par de l'acide

(1) Bulletin de lu Société française de Photographie, avril 1878.

,7a POITEVI.'S

chlorhydrique très étendu d'eau. J'opère donc de la manière suivante pour obtenir par ce nouveau moyen des épreuves ;i l'encre grasse : le papier gélatine d'un côté seulement, avec de la gélatine légèrement teintée, |>our mieux suivre l'opération, est appliqué des deux côtés successivement sur un bain il 10 pour 100 de perchlorure de fer et ii .') pour [00 d'acide tartrique, ou bien plongé pendant quelques minutes dans ce bain, puis suspendu par un angle et laissé sécher dans l'obscurité. Lorsqu'il est sec, je l'impressionne pendant quelques minutes au soleil, à travers un négatif photographique du dessin ii reproduire. La couche impressionnée est alors traitée par de l'eau chaude (jui dissout toutes les parties ayant reçu l'action de la lumière, et j'obtiens une épreuve négative, mais redressée, du dessin, puisque toutes les parties transparentes du cliché y sont représentées par le blanc du papier mis il nu. Après i\n lavage sull'isant, j'abandonne la feuille à une dessiccation spontanée, et, au moyen d'un rouleau ou d'un tampon chargé d'encre grasse, ou mieux il la presse, je recouvre d'une couche continue d'encre grasse toute la surface de cette épreuve, je la plonge dans de l'eau légèrement acidulée, et ensuite dans de l'eau suffisamment chaude, qui dissout la gélatine partout où il en était resté, et fait disparaître en même temps l'encre grasse qui la recouvre, tandis que le corps gras, au contact immédiat du papier, y reste adhérent et forme une épreuve positive à l'encre grasse, dont on pourra faire usage, soit pour le report, soit pour la gravure, etc. »

Ce procédé est simple cl à la portée de Ions, puisqu'il suffit d'appliquer l'encre grasse au tampon. Il mérite d'être repris cl étudié à nouveau, en particulier par les amateurs; il donne un posilil en parlant d'un négatif, ce qui n'oblige pas, comme dans la méthode précédente, à tirer d'abord un positif sur verre.

MEMOIRES DE POITEVIN AU SUJET DE LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS SU! PAPIER.

La question de la photographie des couleurs, qui s'adressait à de nouvelles réactions, ne pouvait laisser Poitevin indifférent; il voulut faire pour le papier ce qu'Ed. Becquerel et \iepre de Sainl-\ ictor avaient fait [tour la plaque d'agent. Ses essais sont exposés dans les deux notes suivantes : la première (i) indique comment s'emploie le sous-chlorure d'argent violet, la deuxième (2), comment on Tonne

« Depuis longtemps, on a remarqué que le sous-chlorure d'argent violet jouit de la propriété de se colorer selon certaines couleurs du prisme. M. Ed. Becquerel, dès [848, en opérant sur une couche de sous-chlorure, formée soit par trempage, soit par la pile, sur une plaque d'argent, nous a enseigné et prouvé que l'on pouvait y reproduire toutes les couleurs du spectre ainsi que limage formée au foyer de la chambre noire.

« En étudiant cette même question, mais au point de vue de son application à la photographie en couleurs naturelles sur papier, j'ai cherché si l'action de la lumière, très lente et presque nulle sur le chlorure d'argent violet formé à sa surface, ne serait pas facilitée et rendue plus complète en mettant le sous-chlorure en présence de substances modifiables elles-mêmes par la lumière. Les corps réducteurs, c'est-à-dire ceux qui absorbent et se combinent chimiquement avec le chlore, n'ont rien produit ; il n'en a pas été de

(1) Bulletin de Ut Société française de Photographie, janvier i8(J().

(2) Id.. décembre 1866.

POITE I / \

même avec les corps qui fournissent soit de l'oxygène, soit du chlore, ou de leurs composes, etc., pourvu toutefois qu'ils n'agissent pus spontanément sur le sous-chlorure violet. Les bichromates alcalins, l'acide chromîque libre, ainsi que l'azotate d'urane, m'ont donné de bons résultats. Il en serait sans doute de même avec le nitrate d'argent, si, en se décomposant, il ne se colorait lui-même en noir.

« Après d'assez longs essais, je suis parvenu à produire une réaction que je crois capable de certaines applications. En effet, le sous-chlorure violet, qui, sur papier ou sur couche de collodion, ne se colore que très lentement et très incomplètement aux rayons solaires traversant un écran ou dessin transparent et diversement coloré, est au contraire modifié assez promptement, même à la lumière diffuse, lorsqu'on l'a préalablement recouvert d'une dissolution d'un bichromate alcalin, etc., de sorte qu'il devient blanc dans la lumière blanche, et prend des couleurs analogues à celles des divers rayons qui agissent sur lui.

a Désirant signaler le fait que je crois nouveau, c'est-àdire l'action simultanée des sels oxygénés et de la lumière sur le sous-chlorure violet, et son application à la reproduction des couleurs par la photographie, voici, sans aucune explication théorique, le procédé qui m'a fourni les épreuves naturellement colorées que j'ai l'honneur de présenter à la Société (h4 Photographie.

« Du papier photographique étant préalablement recouvert d'une couche de chlorure d'argent violet, j'applique à sa surface, et au moyen d'un pinceau, un liquide formé par le mélange de 1 volume de dissolution aqueuse à 5 pour 100 de bichromate de potasse, i volume de dissolution à saturation de sulfate de cuivre, et i volume de dissolution à 5 pour 100 de chlorure de potassium; je laisse sécher ce papier e1 je le conserve à l'abri de la lumière: il peut rester bon pour l'emploi pendant plusieurs jours. Ici, le bichromate de potasse est l'agent principal; il pourrait être remplacé par un autre bichromate soluble, ou par l'acide ('bromique, ('te. Le sulfate de cuivre semble faciliter la réaction, cl le chlorure de potassium conserver les blancs formés, mais ils ne sont pas absolument indispensables.

u A travers des peintures sur verre, l'exposition à la lu-

PHOTOGR !/'////■.' DES col LE\ Us si l: PAPIER i;5

mière directe n'est que de "> à m minutes ; elle esl proportionnelle au plus on moins de transparence des clichés ou écrans colorés.

« L'impression se fait par contact dans le chassis-presse, ce papier n'étant pas encore assez sensible pour l'employer utilement dans la chambre noire ; mais, tel qu'il est, on peut obtenir des images en couleur par projection dans l'appareil d'agrandissement ou mégascope solaire.

« En employant le papier humide, il est plus sensible ; les acides ajoutés à la dissolution sensibilisatrice agissent tle même. Pas plus que les images en couleurs obtenues déjà sur plaqué par M. Becquerel et par ceux qui ont suivi sa méthode, les ('preuves en couleur que je fais sur papier ne sont absolument stables à la lumière blanche. Pour les conserver dans un album ou a la lumière diffuse, il sullil de les hiver à l'eau faiblement acidulée par de l'acide chromique, de les traiter ensuite par de l'eau contenant du biehlorure de mercure, de les lavera l'eau chargée de nitrate de plomb, et enfin à l'eau. Dans cet état, elles ne s'altèrent pas à l'abri de la lumière, mais elles brunissent à la lumière directe du soleil.

« Je dois dire que j'ai constaté que cette réaction se produit parfaitement sur une couche de collodion appliquée sur verre et chargée de chlorure violet. Le papier gélatine ou albuminé n'est pas d'un bon emploi, le composé argentieo-organique qui se forme dans ce cas étant, à ce qu'il paraît, nuisible ; la gomme et les corps analogues, au contraire, ne nuisent pas. Je reviendrai plus tard sur ce sujet, ;« i ii si que sur la préparation spéciale de la couche' de souschlorure violet qui me réussit le mieux. »

\ l'appui de celle communication, l'auteur montra un grand nombre d'épreuves de grandes dimensions en plusieurs couleurs.

D'après l'étude que j'ai faite au sujet de l'action insensibilisatrice exercée par l'encre sèche (r), la stabilité plus grande donnée aux couleurs par les substances chloruranles ou oxydantes dont se servait

(i) Bulletin de la Société française de Photographie, [5 juillet et i."i décembre i8q5.

176 POITEVIb

Poitevin provienl de ce que l'hydrogène de la matière organique (papier), se combinant <mi partie avec le chlore ou avec l'oxvgène de ces substances, n'est plus entièrement disponible pour réduire ensuite les sous-chlorures qui formcnl les couleurs.

Voici comment Poitevin décrit le mode qu'il emploie pour la préparai ion de la couche de sous-chlorure d'argent \iole(.

« Si je n'ai pas, dès le principe, donné cette préparation, c'est qu'une seule méthode me réussissait et que j'en cherchais d'autres, meilleures peut-être. Après bien des essais, je suis porté à croire que ma première préparation esl encore la préférable, el celle qui donne le mieux les couleurs naturelles. Voici cette préparation ; elle date du [O août l865. Je forme à la surface du papier photographique non albuminé une couche de chlorure d'argent ordinaire, en appliquant chaque feuille, et d'un seul côté, sur un bain (h1 chlorure de sodium à 10 de sel pour 100 d'eau ; après dessiccation, je l'applique sur du nitrate d'argent à (S pour 100 ; j'arrive au même but en recouvrant, au moyen d'un large' pinceau, l'un des côtés du papier d'une couche d'un mélange de dissolutions de bichromate de potasse à saturation et de sulfate de cuivre à 10 pour too, fait à volumes égaux; je laisse sécher la feuille dans l'obscurité, puis j'applique la surlace préparée sur le bain de nitrate d'argent ; il se forme du chromate d'argent, je lave à grande eau pour enlever l'excès de nitrate, et j'ajoute à la dernière eau de lavage et goutte à goutte de l'acide chlorhydrique ordinaire, jusqu'à ce ([ne le chromate rouge soit transformé en chlorure d'argent blanc, (les deux moyens de préparer la couche de chlorure d'argent sont également bons. Pour obtenir le sous-chlorure violet, je verse dans la cuvette contenant la feuille de papier immergée dans l'eau une petite quantité de dissolution de protochlorure d'étain à ô pour 100 d'eau ordinaire; il en faut environ 9.0 centimètres cubes par feuille entière. J'expose alors, et sans la retirer du bain, la feuille à la lumière, à l'ombre plutôt qu'au soleil ; sa surface se teinte promptement, et, après 5 à G minutes, elle a acquis la teinte violet foncé voulue. Il ne faudrait pas laisser davantage agir la lumière, car on obtiendrait un ton noirgrisâtre impropre à l'héliochromie. Après l'action de la

PHOTOGRAPHIE DES COI l.l'.l lis SI H PAPIER 177

lumière, je lave la feuille à plusieurs eaux, et p* la laisse sécher clans l'obscurité. Dans cet état, elle est très peu sensible à l'action de la lumière, et elle peut être conservée pendant très longtemps, ce qui permet d'en préparée un certain nombre à l'avance, pourvu qu'on les conserve dans l'obscurité.

« Lors de la description de mon procédé héliochromique, j'ai dit comment je rendais la couche de sous-chlorure violet apte à recevoir l'impression des couleurs naturelles, je n'y reviendrai pas ; je dois seulement dire que les nombreuses expériences que j'ai laites depuis m'ont appris que les épreuves en couleur qui se conservent le mieux, car j'en ai qui datent déplus dune année, sont celles pour lesquelles je n'ai employé que le mélange de bichromate de potasse et de sulfate de cuivre comme sensibilisateur; le chlorure de potassium, ou tout autre chlorure, donne de la rapidité, mais il a l'inconvénient de reconstituer dans les blancs du chlorure d'argent ordinaire qui se teinte plus ou moins pendant l'opération et qu'on ne peut ensuite faire disparaître. J'ai reconnu aussi que le meilleur fixateur est de l'eau légèrement acidulée par de l'acide sulfurique, ou bien une dissolution très diluée de bichlorure de mercure également acidulée par de l'acide sulfurique. L'eau acidulée dissout certains composés d'argent qui se sont formés sur les endroits insolés, et, après lavage et dessiccation dans l'obscurité, l'image en couleur n'est presque plus sensible à la lumière; on peut la conserver sans altération dans un carton ou un album, et même la regarder à la lumière diffuse et surtout à la lumière artificielle, sans aucun inconvénient. »

PoitCA in aurait pu ajouter <|iie l'acide sulfurique a aussi pour effet de former du sulfate d'argent, insensible à la lumière.

Il avait créé la photographie des couleurs sur papier, mais n'obtenait ainsi qu'une insensibilisation relative, encore insuffisante pour

rendre ce procédé pratique.

(loi. SON.

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