LETTRES DE \IEPCE, EXPÉRIENCES DE 181G
négative du paysage; les effets de la lumière sonl si clairemenl décrits que l'on croit assister à l'opération. Puis, le chlore transforme ■ en chlorure blanc soil l'argenl réduit du chlorure cl du nitrate, soi! les sous chlorures provenant d'un commencement de réduction ; ce l'ait csl aussi bien connu. L'hvdrogènc n'agi! notablement ni sur le chlorure, ni sur le nitrate. Quant à l'acide carbonique, il tend à produire un carbonate d'argent, qui n'esl pas assez sensible pour être impressionné par les images de la chambre noire; connue cette dernière transformation ne peut guère s'effectuer qu'en présence de l'eau, il esl probable que les couches étendues sur le papier élaienl encore humides au moment de leur exposition à la lumière; la sen sibilité esl alors plus grande qu'à l'état sec.
Ces recherches sur l'action des gaz pouvaienl aboutir à un certain degré de fixage, surtout si Niepce avait donné suite à son projet d'essayer l'oxygène; en oxydanl la matière organique du papier après l'action de la lumière, il aurait annihilé la sensibilité des parties restées blanches (1).
En résumé, et comme conclusion de cet examen, il semble de toute justice de réparer un oubli en inscrivanl Niepce sur la table de l'histoire photographique comme axant, le premier, cl dès [816, obtenu la reproduction des images de la chambre noire sur un pa pier imprégné de chlorure et de nitrate d'argent. C'était y\w progrès sur Wcdgwood cl Da\\ ; mais Niepce a été arrêté comme eux par la difficulté du fixage.
Ici, une question se pose : Niepce avait-il connaissance du travail Wcdgwood l)a\\ ') La réponse doit être négative, car la période qui s'esl écoulée de [802, époque de la publication de ce travail, à [816, n'était guère propice aux communications entre l'Angleterre et la France, Rappelons d'ailleurs ce passage de la lettre du ■) mai : « (le (pie lu axais prévu est arrivé : le lond du tableau esl noir cl les objets sonl blancs, c'est à dire plus clairs que le lond. » Si Nice pliure axait connu les résultais YVcdgwood l)a\x. il n'aurait pas eu à invoquer seulcmenl la perspicacité de son frère.
\près avoir renoncé à ce papier, Niepce, « fort embarrassé », essaie d'autres substances, tcllcsquc la résine de gaïac, puis le phos pliure : il n'en lire autre chose qu'une brûlure, et se consacre dès lors cxclusivemenl à des recherches en vue de la gravure directe de
(1) Noir mon travail sur I insensibilisation des papiers el plaques photographiques par oxydation au contact de 1 encre sèche. Bulletin de ht Société française de Photographie, iâ mai, i5 juillet, iâ décembre 1895, i5 janvier, iâ mars [896, et mon ouvrage intitulé : La plaque photographique (Carre et Naud; éditeurs, 1897).
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la pierre ou des métaux par reproduction des images de la chambre noire. Cette idée l'obsédail cl lui paraissait bien plus importante que la reproduction sur papier sensible : poussé par les considéra lions utilitaires (pu lui avaienl lait accueillir la lithographie avec enthousiasme, il s'était parfaitement rendu compte des immenses services que rendrai! ww procédé permettant de fixer d'une façon inaltérable et de multiplier pour ainsi dire à l'infini la copie de la nature.
LETTRES DE NIEPCE RELATIVES A LA GRAVURE ET A LA REPRE- SENTATION POSITIVE DES IMAGES DE LA CHAMBRE NOIRE.
2 juin 181G. a J'ai essayé de graver sur le métal à l'aide de certains acides, mais jusqu'ici je n'ai, rien obtenu de satisfaisant; le fluide lumineux ne paraît pas modifier d'une manière sensible l'action des acides. Cependant mon intention n'est pas d'en l'ester là, parce que ce genre de gravure serait encore supérieur à l'autre, toute réflexion faite, à raison de la facilité qu'il donnerait de multiplier les épreuves et de les avoir inaltérables... »
2 juillet. « D'après des expériences réitérées, j'ai reconnu l'impossibilité de fixer l'image des objets à l'aide de la gravure sur pierre par l'action des acides aidée du concours de la lumière. Ce fluide ne ma paru avoir aucune influence sensible sur la propriété dissolvante de ces agents chimiques ; j'y ai donc entièrement renoncé ; et je doute fort que l'on eut pu par ce procédé faire ce que l'on peut faire avec la substance que j'emploie... »
Animé d'une persévérance à toute (''preuve, Nicpcc ne sç décourage pas et poursuil ses recherches vers le l>ul qu'il s'est li\é. Nous ne connaissons pas le détail de ses ess;us pendant la période (pu s'étend de i<Si~à iN-j,), car sa correspondance avec son frère, en Angleterre depuis 181-, n'a pas été conservée: mais les lettres de (.lande, publiées par M. Fouque, montrent (pie ces essais suivaient une marche ininterrompue et aboutissaient à une réussite complète en i8:ri.
En voici quelques ext rails :
3i décembre 1818. « .le désire bien ardemment que la nouvelle substance que tu as reçue de Paris puisse répondreà tes vues; alors tu loucherais de bien près, mon cher ami, à la solution du problème.
3o \ ICÉPIIORE \ TEPCE
Je ne devine pas précisément quelle peut être celle substance : el je le remercie de ta discrétion à ne pas la nommer... ».
•>J\ aoûl li^'O- <f Vvcc (|iielle satisfaction j'ai lu les détails intéressants que lu \eu\ bien me donner sur les nouvelles rc cherches ! . . . ».
•>.■>. janvier 1820. « Je crois que ton ingénieux procédé serait celui qui mériterait la préférence sur Ions les autres, si le fond pouvait, après l'opération, rester ensuite longtemps dans le môme état : c'est là, je crois, la plus grande difficulté à surmonter... ».
•>.r\ avril i8ai. « L'essentiel sérail de trouver le moyen de conserver sans altération subséquente l'image de l'objet, une fois bien gravée... ».
C'était donc encore la question du fixage qui arrêtait \icéphorc; mais elle lui bientôt résolue, ainsi que le prouve la lettre suivante de Claude :
h) juillet 1,822. c< Le général Poncet doit être également enthousiasmé de la beauté de la découverte, dont les nouveaux succès m'ont causé la plus vive satisfaction. J'ai lu et relu avec admiration les in téressants détails que lu as la bonté de me transmettre; je croyais le voir, ainsi que ma chère sœur el mon cher neveu, attentifs el suivant des veux le travail admirable de la lumière ; el je crovais voir moi-même un point de vue que j'ai eu grand plaisir à me rappeler. Combien je désire, mon ami, qu'une expérience aussi belle et aussi intéressante pour loi et pour la science ail pu avoir un résultai complet el définitif. .. ».
Le général Poucet du Maupas. dont il esl question ici, était cou sin par alliance des frères \iepce. Il s'intéressait vivement aux travaux de Nicéphore, qui lui remit en celle année 1822 la reproduction d'une gravure représentant le pape Pie \ll: celle reproduction, sur verre el fixée, fut montrée à un grand nombre de personnes.
Ainsi, en i<St<, Niepce reproduisait sur verre des gravures cl rendait cette impression inaltérable à la lumière: c'était des positifs. Mais il avait encore à graver et à opérer sur les images de la chambre noire: ce résultat fut obtenu en 182^, d'après la lettre suivante de Claude:
3 septembre 1824. « Reçois donc, je Le prie, mes tendres et empressées félicitations sur les heureux résultats que lu as obtenus: ils sont tels que lu pouvais les espérer, puisqu'ils confirment tes espérances d'avoir les moyens de graver sur pierre, sur cuivre el sur verre... La gravure des points de vue esl encore plus magique que l'autre, qui n'est rien moins qu'un colifichet, ainsi que lu veux bien la nommer; mais elle esl une découverte des plus utiles el des plus brillantes... »
Mais les perfectionnements futurs, pour l'application à la chambre
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noire, dépendaient dans une grande mesure de la ll('ll(•l('• cl de I in tensité des images ducs à l'objectif; il devenait donc indispensable d'employer un appareil moins primitif que ceux donl Nicpcc s'était servi jusque-là. C'est ainsi que, au commencement de janvier 18:2(5, il fut amené à profiter du voyage à Paris d'un de ses parents, son cousin le colonel Nicpcc, pour le cliarger de lui acheter chez \l \l . \ incent et Charles Chevalier, ingénieurs-opticiens, une chambre noire perfectionnée. Le colonel emportait en même temps plusieurs épreuves qu'il leur montra; ils en furent étonnés, et, quelques jours après, M. Charles Chevalier en parla à Daguerre, avec lequel il était en relation et auquel il fournissait des chambres noires pour faire des croquis. Daguerre cherchait aussi à reproduire les images de la chambre noire: sur le conseil de M. Chevalier, il commença avec Nicpcc les relations qui devaient aboutir au traité d'association de [82Q. Ces relations, froides cl rares, n'eurent aucune influence sur les travaux de Nicpcc: la découverte de l'héliographie était un fait accompli, et il ne restait plus à perfectionner que quelques points de détail, en particulier les demi-teintes. Nicépliore écrit le 26 mai i<S'}(i à son lils :
« Mes travaux héliographiques sont en pleine activité. J'ai fait venir de nouvelles planches d'étain ; ce métal convient mieux à mon objet, principalement pour les points de vue d'après nature ; parce que, réfléchissant davantage la lumière, l'image paraît beaucoup plus nette. Je me félicite donc de cette heureuse inspiration. »
De la période 1824-26 date la célèbre planche d'étain obtenue d'une gra\ ure représentant le cardinal d' \.mboise ; quelques ('preux es en furent tirées par M. Lemaître, habile graveur de Paris, avec lequel Niepce ne cessa d'être en relations suivies et amicales de [825 jusqu'à sa mort. Il lui émerveillé de l'avenir réservée l'héliogra- \ ure : « ( l'est , dit-il, une découverte qui doit èlre dans les arts d'une grande utilité, et qui fera peut-être autant de sensation que la lithographie en a l'ail à son apparition ». Les critiques qu'il adressa à Nicpcc sur certains points faibles que présentaient les planches furent bien accueillies et ne furent pas inutiles, car Nicépliore n'était pas préparé par ses travaux antérieurs à la pratique de la gra> ure.
Cependant, la chambre noire laiss;iii encore beaucoup à désirer ; Nicpcc s'en plaint à \l . Leinailre :
24 juillet 1827. « Je suis entièrement satisfait de mon
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procédé hèliographique ; mais je ne puis pus en dire autant de l'instrument que j'emploie, qui, de même (pie ceux du même genre, a de très grandes imperfections. 11 n'y a, en effet, de bien éclairée et de bien nette (pie la partie de l'image cpii se trouve juste au foyer de l'objectif; tout le reste est plus ou moins vague et confus ; aussi, dans ce moment, suis-je uniquement occupé des moyens de remédier à ces graves imperfections... »
(Icn travaux, interrompus par le voyage de Nicéphorc en Vngleterre en 1827-28 cl par la "mort de Claude, nous son i coi mu s grâce à la correspondance avec M. Lemaître:
20 août 1828. « Depuis qu'il m'a été permis de me livrer de nouveau à mes recherches, j'ai encore été contrarié par le mauvais temps et par le retard (pion a mis à me fournir quelques planches en doublé d'argent, préparées comme je le désirais. Malgré cela, et quoiqueje n'aie pu faire que peu d'expériences, je vois avec satisfaction, Monsieur, que j'approche sensiblement du but que je m'étais proposé. J'ai entièrement renoncé il la copie des gravures, et je me borne à celle des points de vue pris avec la chambre noire perfectionnée de \\ ollaston ; les verres périscopiques m'ont procuré des résultats bien supérieurs à ceux que j'avais obtenus jusqu'à présent avec les objectifs ordinaires et même avec le prisme ménisque de V. Chevalier. Mon unique objet devant être de copier la nature avec la plus grande fidélité, c'est à quoi je m'attache exclusivement ; car ce n'est que lorsque j'y serai parvenu (si toutefois il n'y a pas un peu trop de témérité de ma part dans celte supposition), que je pourrai m'occuper sérieusement des différents modes d'application dont ma découverte peut être susceptible... »
!\ octobre 1829. « Lorsque j'étais à Paris, et même depuis mon retour, M. Daguerre m'avait témoigné le désir de connaître le résultat de mes nouvelles recherches héliographiques. Je viens, en conséquence, de lui adresser un essai, sur argent plaqué, de point de vue d'après nature, pris dans la chambre noire, et je \v prie en même temps de vous en donner communication, présumant que cet essai, quelque défectueux qu'il soit, pourra vous intéresser, ne fût-ce que sous
LETTRES DE SJEPCE UELATIYES I LA GRAVURE .i.i
le rapporl tic la nouveauté. Je crois devoir vous faire observer, Monsieur, que ce poinl de vue, pris de la chambre où je travaille a la campagne, est entièrement défavorable puisque les objets se trouvent éclairés par derrière, ou du moins dans une direction très oblique, durant une partie de l'opération ; ce qui doit nécessairement produire une disparate choquante dans le résultat. Mais vous jugerez, d'après quelques détails fidèlement rendus, de ce que pourrait être ce résultat dans toute autre circonstance, et une épreuve; très récente vient de me mettre à portée de m'en assurer... »
M. Lcmaître, prévenu par Dagucrre, va voir celte planche, cl ré pend à \iepcc le 12 octobre : « ... .le ne puis passer une observation sur laquelle je suis tombé d'accord avec M. Dagucrre. Nous avons remarque (pie deux laces de maison, (pu doivent dans la nature cire parallèles cl opposées, se trouvent dans votre sujet éclairées en même temps : cela es l un contre sens d'effet. Bien que les objets se trouvent éclairés par derrière ou obliquement, deux faces parallèles el oppo sées ne peuvent être éclairées en même temps. Nous avons attribué cet te circonstance à la durée de l'opération, pendant laquelle le soleil a dû nécessairement changer de direction... »
Le •>.). \iepcc donne les explications suivantes :
« ... Vous avez cru que ma planche était gravée, mais elle ne Test pas: elle n'est que noircie, sans aucun emploi d'un acide quelconque, d'après un procédé qui a mal réussi par ma faute, le noir ayant recouvert les traits les moins prononcés de l'empreinte : ce qui m'a forcé à les dégager le mieux que j'ai pu, à laide d'un linge très doux. Mon obiel
était d'obtenir ainsi toutes les dégradations de teintes du
noir au blanc sur cette plaque d'argent plaqué. Malgré cela, je pense qu'avec plus de précaution et un peu de dextérité on pourrait tirer bon parti de ce procédé.
« Mais vous ne vous êtes pas trompé, Monsieur, en attribuant à l'action trop prolongée de la lumière l'une des défectuosités les plus choquantes que vous avez remarquées. Malheureusement, il ne m'est pas possible de l'éviter avec un appareil dans lequel les devants sont si peu éclairés qu'il faut un temps considérable pour qu'ils puissent s'empreindre, même légèrement ; delà ces disparates et cette confusion produites par le changement de direction, tantôt oblique et ( !oi < i » n . 'A
;;', \ ï CE PII OHE \ 1EPCE
tan toi opposée, des rayons solaires. Pour parvenir à un succès décisif, il esl indispensable que l'effet ait lieu le plus promptement possible ; ce qui suppose une grande clarté, une grande netteté, dans la représentation des objets; or il faudrait pour cela une chambre noire aussi parfaite que celle de M. Daguerre ; autrement, je serai condamné à m'approcher plus ou moins du but, sans pouvoir jamais l'atteindre. »
Cette observation est profondémcnl juste et montre avec quelle logique Niepce se dirigeai! vers le l>ul qu'il s'élail proposé. La durée de pose dépend, en effet, de deux éléments : la sensibilité de la surface sensible, cl I intensité des images formées par l'objectif. Comme la sensibilité i\y\ bitume de Judée, dont se scrvail Niepce, esl assez faible, il élail de toute nécessité de perfectionner l'objectif de façon à admettre le plus de lumière possible: ces! à ce résultat que vont tendre désormais Ions 1rs efforts de Niepce.
« Je me suis donc empressé de répondre à ses offres obligeantes de service, en lui proposant de coopérer avec moi au perfectionnement de mes procédés héliographiques, et de l'associer aux avantages qui résulteraient d'une complète réussite. Je lui ai témoigné combien je désirerais, Monsieur, en vous adressant la même proposition, trouver une garantie de plus de succès dans le concours de vos talents distingués... »
Telle esl. nettement définie, l'idée d'où est sortie l'association avec Daguerre: nécessité absolue, pour Niepce. de recourir à un objectif donnant des images plus nettes et plus intenses. \ oici la réponse de M. Lcmaîlre, datée du ■>. novembre: « ... M. Daguerre, ayant beaucoup perfectionné la chambre noire, et ayant une grande habitude de s'en servir, nul autre ne pour rail mieux que lui coopérer au\ perfectionnements de nos procédés; aussi je \ous félicite de vous associer à lui. Il n'approuve pas l'application de vos procédés à la gravure, et désire que vous vous occupiez seulement de leur per fection. .le ne nie dissimule pas non plus les difficultés que Ton aurait à vaincre en cherchant à multiplier par la gravure, car on serait obligé d'ajouter un travail manuel au travail primitif, tant par l'action des acides que par les retouches qu il faudrait probablement taire. Cependant, comme Ton ne doit renoncer à aucune chose avant d'avoir au moins tenté quelques essais, cl que, puisque vous
LETTRES DE MEP-CE RELATIVES t f. \ GRAVURE 35
;i\rx ppprodiiil tics pslampos par votre procédé, je croisa la possibilité de reproduire par la gravure des \ues prises à la chambre noire, je vous réitère l'olTre que je vous ai faite de coopérer à la réussite de ces essais par les connaissances que j'ai acquises dans les différents genres de la gravure, el je vous prie d'en user largement... »
Le traité fui signé le 1 4 décembre 1829; il esl justifié par celte déclaration qui forme l'exposé des motifs :
« M. Niepcc, désiranl fixer par un moven nouveau, sans avoir recours à un dessinateur, les vues qu'offre la nature, a fait des recherches à ce sii|el ; de nombreux essais, constatant celte découverte, en onl été le résultat. Cetle découverte consiste dans la reproduction spontanée des images reçues dans la chambre noire.
« M. Daguerre, auquel il a fail pari de sa découverte, en avant apprécié loul l'intérêt, d'autanl mieux qu'elle esl susceptible d'un grand perfectionnement, offre à M. Nicpce de s'adjoindre à lui pour parvenir à ce perfectionnement, el de s'associer pour retirer Ions les avantages possibles de ce nouveau genre d'industrie... »
< )n trouve dans ces lignes, en même temps qu'une définition de la photographie, la préoccupation de Daguerre d'arriver à un perfectionnement qui, dans son esprit, devra consister dans une repro (ludion plus artistique el plus rapide des images de la chambre noire.
D'après les articles du traité, Niepcc s'engage à confier à Daguerre tous les détails de son procédé I el Daguerre, à indiquer à Nicpce le perfectionnement qu'il a apporté à la chambre noire. Ces communications réciproques doivenl rester secrètes. De plus, l'appli cation à la gravure, si elle est jugée convenable, est réservée à M. Lemailrc.
Conformément à ce traité, Nicpce rédigea une notice détaillée (voir ci après) qu'il remit à Daguerre el qui lui publiée pins lard par celui ci, en iN.'li), en même temps que le daguerréotvpc. Elle forme le couronnement de la longue série de recherches exécutées par Nicpce de 1 S 1 ( i à [829 avec la patience el la snile d'idées que lonl ressortir les lellres nrécédcnles.