DESCRIPTI01S IX PROCÉDÉ LE DAGUERRÉOTYPE
jours en arrondissant. (Il est impossible d'obtenir un bon résultat en frottant autrement). On fait ensuite un petit tampon de coton qu'il faut imbiber d'un peu d'acide étendu d'eau (comme il est ci-dessus désigné) ; pour cela, on applique le tampon de coton sur le goulot du flacon, et on le renverse sens dessus dessous, en appuyant légèrement, de manière qu<v le centre du tampon soit imbibé d'acide, sans en être profondément imprégné ; il en faut très peu, et il faut éviter que les doigts en soient mouillés. Alors on frotte la plaque avec le tampon, en avant soin détendre parfaitement l'acide sur toute la surface de la plaque. On change le coton et on frotte, toujours en arrondissant, afin de bien étendre la couche d'acide qui cependant ne doit, pour ainsi dire, qu'effleurer la surface de la plaque. 11 arrivera que l'acide appliqué sur la surface de la plaque se divisera en globules, qu'on ne détruira qu'en changeant le coton et en frottant de manière à ('tendre bien également l'acide, car les endroits où il n'aurait pas pris feraient des taches. On s'aperçoit que l'acide est bien également étendu lorsque la surface de la plaque est couverte d'un voile bien régulier sur toute son étendue. Ensuite, on saupoudre la plaque de ponce, et, avec du coton qui n'a pas servi, on la frotte très légèrement.
« Alors la plaque doit être soumise à une forte chaleur. A cet effet, on la place sur le châssis de fil de 1er, l'argent en dessus, et on promène sous la plaque la lampe à esprit de vin, de manière que la flamme vienne s'y briser. Après avoir fait parcourir à la lampe, pendant au moins 5 minutes, toutes les parties de la plaque, il se forme à la surface de l'argent une légère couche blanchâtre, alors il faut cesser l'action du feu. La chaleur de la lampe peut être remplacée par celle d'un feu de charbon, qui est même préférable parce ([lie l'opération est plus tôt terminée. Dans ce cas, h; châssis en fil de fer est inutile ; car on pose la plaque sur des pincettes, l'argent en dessus, et on la fait aller et venir sur le fourneau de manière qu'elle soit ('gaiement échauffée, et jusqu'à ce que l'argent se couvre d'une légère couche blanchâtre, comme il a été dit ci-dessus. On fait ensuite refroidir promptement la plaque en la plaçant sur un corps froid, tel qu'une table de marbre. Lorsqu'elle est refroidie, il faut la
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polir de nouveau; ce qui se fait assez promptement, puisqu'il ne s'agit que d'enlever cette légère couche blanchâtre qui s'est formée sur l'argent. A cel effet, on saupoudre la plaque de pouce et on frotte à sec avec un tampon de coton ; ou remet de la ponce à plusieurs reprises en ayant soin de changer souvent de coton. Lorsque l'argent est bien bruni, on le frotte, connue il a été dit ci-dessus, avec de l'acide étendu d'eau, et on le saupoudre d'un peu de ponce en frottant très légèrement avec un tampon de coton. 11 faut remettre de l'acide à trois reprises différentes, en ayant soin chaque fois de saupoudrer la plaque de ponce et de la frotter il sec très légèrement avec du coton bien propre, en évitant que les parties du coton qui ont été touchées par les doigts frottent sur la plaque, parce que la transpiration ferait des taches sur répreuve. Il faut aussi éviter la vapeur humide de l'haleine, ainsi que les taches de salive.
« Quand on n'a pas l'intention d'opérer immédiatement, on ne met que deux fois de l'acide après l'opération du feu, ce qui permet de préparer ce travail d'avance, mais il faut, et c'est indispensable, au moment de taire une épreuve, remettre au moins une fois de l'acide et poncer légèrement comme il a été dit ci-dessus. Ensuite, on enlève avec du coton bien propre toute la poussière de ponce qui se trouve ;i la surface de la plaque ainsi que sur ses épaisseurs.
« Deuxième opération. — Pour cette opération il faut: la boîte figurée ; la planchette figurée ; quatre petites bandes métalliques, de même nature que les plaques; un petit manche et une boite de petits clous ; un flacon d'iode.
(( Apres avoir fixé la plaque sur la planchette au moyen des bandes métalliques et de petits clous que Ton enfonce avec le manche destiné à cel usage, il faut mettre de l'iode dans la capsule, afin que le foyer de l'émanation soit plus grand; autrement, il se formerait au milieu de la plaque des iris qui empêcheraient d'obtenir une couche égale. On place alors la planchette, le métal en dessous, sur les petits goussets placés aux quatre angles de la boîte, dont on ferme le couvercle. Dans cette position, il faut la laisser jusqu'il ce que la surface de l'argent soit couverte d'une belle couche jaune d'or. Si on l'y laissait trop longtemps, celte couche
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jaune d'or passerait à une couleur violâtre, qu'il faut éviter parcequ'alors la couche n'est pas aussi sensible à la lumière. Si, au contraire, cette couche n'était pas assez jaune, l'image de la nature ne se reproduirait que très difficilement. Ainsi,
la couche jaune d'or a sa nuance bien déterminée parce qu'elle est la seule bien favorable à la production de l'effet. Le temps nécessaire pour cette opération ne peut pas être déterminé parce qu'il dépend de plusieurs circonstances. D'abord, de la température de la pièce où l'on se trouve, car celte opération doit toujours être livrée à elle-même, c'est-à-dire qu'elle doit avoir lieu sans addition d'autre chaleur que celle qu'on pourrait donner à la température de la pièce dans laquelle on opère, s'il y faisait trop froid. Ce qui est très important dans cette opération, c'est que la température de l'intérieur de la boîte soit égale à celle de 1 extérieur ; s'il en était autrement, il arriverait que la plaque, passant du froid au chaud, se couvrirait d'une petite couche d'humidité qui est très nuisible à l'effet. La seconde, c'est (pie plus on fait usage de la boîte, moins il faut de temps, parce cpie le bois est à l'intérieur pénétré de la vapeur d iode, et que cette vapeur tend toujours à se dégager, et qu'en se dégageant de toutes les parties de l'intérieur, celte vapeur se répand bien plus également et plus prompteinent sur toute la surface de la plaque, ce qui est très important. C'est pour cela qu'il esl bon de laisser toujours un peu d'iode dans la capsule qui se trouve au fond de la boîte, et (h" conserver celte dernière à l'abri de l'humidité. Il esl donc évidenl que la boîte est préférable lorsqu'elle a servi quelque temps, puisque l'opération est alors plus prompte. )>
Plus lard, Dagucrrc abrégera celle opérai ion en saturant une planche avec la vapeur diode.
« Puisque, en raison des causes désignées ci-dessus, on ne peut fixer au juste le temps nécessaire pour obtenir la couche jaune d'or (ce temps pouvant varier de cinq minutes à trente, rarement davantage à moins qu'il ne lasse trop froid), on conçoit qu'il est indispensable de regarder la plaque de temps en temps pour s'assurer si elle a atteint le degré de jaune désigné ; mais il est important que la lumière
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ne vienne pas frapper directement dessus. Il peut arriver que la plaque se colore plus d'un côté que de l'autre ; dans ce cas, pour égaliser la couche, on aura soin, en remettant la planchette sur la boîte, de la retourner non pas sens dessus dessous, mais bout pour bout. Il faut donc mettre la boîte dans une pièce obscure où le jour n'arrive que très faiblement par la porte qu'on laisse un peu entr'ouvcrte, et, lorsqu'on veut regarder la plaque, après avoir enlevé le couvercle de la boîte, on prend la planchette par les extrémités avec les deux mains, et on la retourne promptcment ; il suffit alors que la plaque réfléchisse un endroit un peu éclairé et autant que possible éloigné, pour qu'on s'aperçoive si la couleur jaune est assez foncée. Il faut remettre très promptement la plaque sur la boîte si la couche n'a pas atteint le ton jaune d'or; si, au contraire, cette teinte était dépassée, la couche ne pourrait pas servir et il faudrait recommencer entièrement la première opération.
« A la description, cette opération peut paraître difficile, mais avec un peu d'habitude on parvient à savoir à peu près le temps nécessaire pour arriver à la couleur jaune, ainsi qu'à regarder la plaque avec une grande promptitude, de manière il ne pas donner à la lumière le temps d'agir.
« Lorsque la plaque est arrivée au degré de jaune nécessaire, il faut emboîter la planchette dans le châssis, qui s'adapte à la chambre noire. 11 faut éviter que le jour frappe sur la planche; pour cela, on peut l'éclairer avec une bougie, dontla lumière a beaucoup moins d'action ; il ne faudrait pas cependant que cette lumière frappât trop longtemps sur la plaque, car elle y laisserait des traces.
« On passe ensuite à la troisième opération, qui est celle de la chambre obscure. 11 faut autant que possible passer immédiatement de la seconde opération à la troisième, ou ne pas laisser entre elles plus d'une heure d'intervalle; au delà de ce1 temps la combinaison de l'iode et de l'argent n'a plus la même propriété.
« Observations. — Avant de se servir de la boite, il faut d'abord bien en essuver l'intérieur, et la renverser pour en faire tomber toutes les petites parcelles d'iode qui tacheraient les doigts. La capsule doit être couverte d'une gaze tendue
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sur un anneau ; cette gaze a pour but de régulariser l'éyaporation de l'iode, et en même temps d'empêcher, quand on ferme le couvercle de la boîlc, que la compression de l'air qui en résulte ne fasse voltiger des particules d'iode qui arriveraient jusqu'il la plaque et y feraient de fortes taches. C'est pour cette cause qu'il faut toujours fermer la boîte très doucement.
« Troisième opération. — L'appareil nécessaire à cette opération se borne à la chambre noire.
et La troisième opération est celle qui a lieu sur la nature dans la chambre noire. Il faut autant que possible choisir les objets éclairés par le soleil, parce qu'alors l'opération est plus prompte. On conçoit aisément que, cette opération ne se produisant que par l'effet de la lumière, cette action est d'autant plus prompte que les objets sont plus fortement éclairés et qu'ils sont, de leur nature, plus blancs.
« Après avoir placé la chambre obscure en face du point de vue ou des objets quelconques dont on désire fixer l'image, l'essentiel est de bien mettre au foyer, c'est-à-dire de façon que les objets soient représentés avec une grande netteté, ce que l'on obtient facilement en avançant ou en reculant le châssis de la glace dépolie qui reçoit l'image de la nature. Lorsqu'on a atteint une grande précision, on fixe la partie mobile de la chambre obscure au moven du bouton à vis destiné à cet usage, puis on retire le châssis de la glace, en ayant soin de ne pas déranger la chambre noire, et on le remplace par l'appareil qui contient la plaque et qui prend exactement la place du châssis. Quand cet appareil est bien assujetti par les petits tourniquets de cuivre, on ferme l'ouverture de la chambre noire, puis on ouvre les portes intérieures de l'appareil par le moven des deux demi-cercles. Alors la plaque se trouve prête à recevoir l'impression de la vue ou des objets que l'on a choisis. Il ne reste plus qu'à ouvrir le diaphragme de la chambre noire et à consulter une montre pour compter les minutes. »
On trouve ici la description de la méthode encore suivie aujourd'hui pour l'emploi de la chambre noire ; il n'\ a rien de changé dans cet emploi : le matériel seul a été amélioré et allégé.
« Cette opération est très délicate, parce que rien n'est visible, et qu'il est de toute impossibilité de déterminer le temps nécessaire à la reproduction puisqu'il dépend entièrement de l'intensité de lumière des objets que Ion veut reproduire ; ce temps peut varier, pour Paris, de 3 à 3o minutes au plus.
« Il faut aussi remarquer que les saisons, ainsi que l'heure du jour, influent beaucoup sur la promptitude de l'opération. Les moments les plus favorables sont de 7 ii 3 heures ; et ce que l'on obtient à Paris clans .'> ou \ minutes aux mois de juin et de juillet exigera 5 ou 6 minutes dans les mois de mai et d'août, 7 ou 8 en avril et en septembre, et ainsi de suite dans la même proportion à mesure qu'on avance dans la saison. Ceci n'est qu'une donnée générale pour les objets très éclairés, car il arrive souvent qu'il faut :><> minutes dans les mois les plus favorables lorsque les objets sont entièrement dans la demi-teinte.
« On voit, d'après ce qui vient d'être dit, qu'il est impossible de préciser avec justesse le temps nécessaire pour obtenir les épreuves ; mais avec un peu d'habitude on parvient lacilement à l'apprécier. On conçoit que dans le midi de la France, et généralement dans tous les pays où la lumière a beaucoup d'intensité, comme en Espagne, en Italie, etc., les épreuves doivent se faire plus promptement. 11 est aussi très important de ne pas dépasser le temps nécessaire pour la reproduction, parce (pie les clairs ne seraientplus blancs, ils seraient noircis par l'action trop prolongée de la lumière. Si, au contraire, le temps n'était pas suffisant, l'épreuve serait très vague et sans aucun détail.
« En supposant que l'on ait manqué une première épreuve en la retirant trop tôt ou en la laissant trop longtemps, on en commence une autre immédiatement, et l'on est bien sûr d'arriver juste ; il est même utile, pour acquérir beaucoup d'habitude, défaire quelques épreuves d'essai.
« Il en est de même ici que pour la couche. Il faut se bâter de faire subir à l'épreuve la quatrième opération aussitôt qu'elle sort de la chambre noire. Il ne faut pas mellre au delà d'un quart d'heure d'intervalle et on est bien plus certain de l'épreuve quand on peut opérer immédiatement.
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« Quatrième opération. — II faut pour cette opération : un flacon de mercure contenant au moins un kilo; une lampe ii esprit de vin ; l'appareil figuré ; un entonnoir en verre à long- col.
« On verse, au moyen de l'entonnoir, le mercure dans la capsule qui est au fond de l'appareil, en assez grande quantité pour que la houle du thermomètre en soit couverte. Pour cela, il en faut à peu près un kilo ; ensuite, et ;i partir de ce moment, on ne peut s'éclairer d'une autre lumière que de celle d'une bougie.
« On retire la planchette, sur laquelle est fixée la plaque, de l'appareil qui la préserve du contact de la lumière, et on fait entrer cette planchette entre les coulisses de la planche noire dans l'appareil, sur les tasseaux qui la tiennent inclinée ii £5 degrés, le métal en dessous, de manière qu'on puisse la voir à travers la glace ; puis on ferme le couvercle de l'appareil très lentement, afin que l'air refoulé ne fasse pas voltiger des parcelles de mercure.
« Lorsque tout est ainsi disposé, on allume la lampe à esprit de vin que l'on place sous la capsule contenant le mercure, et on l'y laisse jusqu'à ce que le thermomètre, dont la houle plonge dans le mercure, et dont le tube sort de la boîte, indique une chaleur de 6o degrés centigrades ; alors on s'empresse de retirer la lampe : si le thermomètre a monté rapidement, il continue ii s'élever sans le secours de la lampe; mais il faut observer qu'il ne doit pas dépasser ^5 degrés.
« L'empreinte de l'image de la nature existe sur la plaque, mais elle n'est pas visihle ; ce n'est qu'au bout de quelques minutes qu'elle commence ii paraître, ce dont on peut s'assurer en regardant à travers la glace et en s'éclaira nt de la bougie, dont on évitera de laisser trop longtemps frapper la lumière sur la plaque, parce qu'elle y laisserait des traces. Il faut laisser l'épreuve jusqu'à ce que le thermomètre soit descendu à 'i") degrés; alors on la retire, et cette opération est terminée. »
Dans le procédé de Nicpce au bitume, il \ a bien image latente par suite de l'impression lumineuse, mais seulement par différence de solubilité: ici, la constitution de l'image latente est tout autre, et si m
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développement s'effectue pur la condensation de la vapeur de mercure sur les pallies impressionnées.
« Lorsque les objets ont été fortement éclairés, et que Fou a laissé la lumière agir un peu trop longtemps clans la chambre noire, il arrive que cette opération est terminée avant même que le thermomètre soit descendu il 55 degrés; on peut s'en assurer en regardant à travers la glace.
« 11 est nécessaire, après chaque opération, de bien essuyer l'intérieur de l'appareil pour en enlever la petite couche de mercure qui s'y répand généralement. Il faut aussi avoir bien soin d'essuyer la planche noire afin qu'il n'y reste aucune apparence de mercure. Lorsqu'on est forcé d'emballer l'appareil pour le transporter, il faut remettre dans le flacon le mercure qui est dans la capsule, ce qui se fait en inclinant la boîte pour le faire couler par le petit robinet qui est pratiqué à cet effet.
« On peut regarder l'épreuve à un faible jour pour s'assurer qu'elle a bien réussi. On la détache de la planchette en enlevant les quatre petites bandes métalliques qu'il faut avoir soin de nettoyer avec de la ponce et un peu d'eau à chaque épreuve. On conçoit que ce nettoyage esl nécessaire, puisque non seulement ces petites bandes sont recouvertes d'une couche d'iode, mais qu'elles ont aussi reçu une partic de l'image. On place la plaque dans la boîte à coulisse, jusqu'il ce qu'on puisse lui faire subir la cinquième et dernière opération, qu'on peut se dispenser de faire immédiatement, car l'épreuve peut être conservée dans cet état pendant plusieurs mois sans qu'elle subisse d'altération, pourvu cependant qu'on évite de la regarder souvent et au grand jour.
« Cinquième opération. — Le but de la cinquième opération est d'enlever de la plaque l'iode, qui, autrement, lorsque l'épreuve serait exposée trop longtemps à la lumière, continuerait à se décomposer et se détruirait.
« 11 faut pour cette opération : de l'eau saturée de sel marin, ou une solution faible d'hyposulfite de soude pur; l'appareil décrit; deux bassins en cuivre étamé ; une bouillotte d'eau distillée.
DESCRIPTION DU PROCEDE LE DAGUERRÉOTYPE Ci
« Pour enlever la couche d'iode, il faut prendre du sel commun qu'on introduit dans un bocal ou dans une bouteille ii large ouverture; on en met jusqu'au quart de la hauteur de la bouteille, que l'on remplit avec de l'eau claire. Pour aider à fondre le sel, on agite de temps en temps la bouteille. Quand l'eau est parfaitement saturée, c'est-à-dire lorsqu'elle ne peut plus dissoudre de sel, il faut la filtrer au papier gris, afin qu'il n'y reste aucune ordure et qu'elle soit parfaitement limpide. On prépare d'avance cette eau saturée de sel en assez grande quantité et on la conserve dans des bouteilles bouchées ; on évite par ce moyen d'en faire à chaque épreuve.
« On verse dans l'une des bassines de l'eau salée, jusqu'à peu près trois centimètres de sa hauteur; on remplit l'autre d'eau pure ordinaire. Ces deux liquides doivent être chauffés sans être bouillants.
« On peut remplacer la solution de sel marin par une solution d'hvposulfite de soude pur ; cette dernière est même préférable, parce qu'elle enlève entièrement l'iode, ce qui n'a pas toujours lieu avec la solution de sel marin surtout lorsque les épreuves sont faites depuis longtemps. Du reste, l'opération est la même pour les deux solutions ; celle d'hvposulfite n'a pas besoin d'être chauffée, et il en faut une moins grande quantité ; puisqu'il suffit que la plaque en soit couverte dans le fond du bassin. »
La substitution de l'hyposulfite au chlorure de sodium pour le fixage doit èl re une conséquence de la communication faite par Talbot à I académie, en mars 1809, sur la propriété que possède l'hyposulfite de dissoudre le chlorure d'argenl : Talbol s'en servait alors, pour fixer sou premier papier, d'après l'indication d'Herschef (pu avait découvert celle propriété (voir Talbot).
« On trempe d'abord la plaque dans l'eau pure contenue dans la bassine. Il faut seulement la plonger sans la quitter, et la retirer immédiatement, car il suffit que la surface de la plaque ait été couverte d'eau ; [mis, sans la laisser sécher, on la plonge de suite dans l'eau salée. Si on ne trempait d'abord la plaque dans l'eau pure avant de la plonger clans l'eau salée ou dans la solution d'hvposulfite, ces der-
Ga /M G HEURE
nières y feraient des lâches ineffaçables. Pour faciliter l'action de l'eau salée ou de l'hyposulfite, qui s'emparent de l'iode, on agite la plaque sans la faire sortir du liquide, au moyen d'un petit crochet en cuivre étamé que l'on passe en dessous de la plaque ; on la soulève et on la laisse redescendre à plusieurs reprises. Quand la couleur jaune a tout à fait disparu, on enlève la plaque et on la prend par les deux extrémités en serrant les mains sur les épaisseurs (afin que les doigts ne touchent pas l'épreuve), et on la plonge immédiatement dans la première bassine d'eau pure.
« On prend alors l'appareil et la bouillotte qui doit être très propre et dans laquelle on a fait bouillir de l'eau distillée. On retire la plaque de la bassine d'eau e1 on la place de suite sur le plateau incliné ; puis, sans lui donner le temps de sécher, on verse sur la surface et par le haut de la plaque l'eau distillée très chaude, sans cependant être bouillante, de manière qu'en tombant cette eau forme une nappe sur toute l'étendue de l'épreuve et entraîne avec elle toute la solution de sel marin ou d'hyposullite, qui est déjà bien affaiblie par l'immersion de la plaque dans la première bassine (i).
« Il ne faut pas moins d'un litre d'eau distillée pour une épreuve de la grandeur indiquée. Il est rare qu'après avoir versé celte quantité d'eau chaude sur l'épreuve, il n'en reste quelques gouttes sur la plaque. Dans ce cas, il faut s'empresser de faire disparaître ces gouttes avant qu'elles aient eu le temps de sécher, car elles pourraient contenir quelques parcelles de sel marin et même d'iode ; on les enlève en soufflant fortement avec la bouche sur la plaque.
« On conçoit combien il est important que l'eau dont on se sert pour ce lavage soit pure ; car, en se séchant sur la surface de la plaque, malgré la rapidité avec laquelle elle a coulé, si celte eau contenait quelque matière en dissolution, il se formerait sur l'épreuve des taches nombreuses et ineffaçables.
« Pour s'assurer si l'eau peut convenir;! ce lavage, on en
(i) « Si l'on emploie l'hyposglfite, 1 eau distillée doit être versée moins chaude qu'avec le sel marin. »