‹ Mémoires, ou, Recherches anatomico-pathologiques surChapitre 19 sur 30 · QUATRIÈME SECTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SECTION

Communication des oreillettes et des ventricules , au moyen d'ouvertures pratiquées dans leurs cloisons.

XIV^ Observation. Un enfant , âgé de dix ans , avait eu, peu après sa naissance, la respiration courte, surtout quand il prenait le sein; alors sa figure devenait rouge et vultueuse, mais elle reprenait assez promptement, par le repos, sa couleur naturelle. A l'âge de six ans il était petit et maigre, avait la peau fine et blanche, les pieds et les mains froids et livides, les doigts et les orteils terminés par un renflement mollasse , la figure d'un rouge foncé , livide , les lèvres violettes, et il était sensible au froid. Bientôt la dyspnée fit de gt<ànds et continuels progrès, lesbattemens du cœur devinrent plus tumultueux, et des menaces de suffocation empêchaient l'enfant de prendre part aux amusemens de son âge ; il mangeait peu , et avait fréquemment des flux de ventre. L'abdomen enfla six mois avant la mort, qui fut précédée d'une agonie de vingt-quatre heures.

Quand on fît l'ouverture du cadavre, on trouva le cœur très-volumineux, placé transversalement ; l'oreillette droite très-distendue , la gauche petite et contractée, la fosse ovale très-large et très-profonde , son tissu membraneux, percé de plusieurs trous ; l'aorte d'un calibre extraordinaire, communiquant avec le ventricule droit par une large ouverture faite à la base de ce dernier. Un peu au-dessus et à gauche de cette ouverture, en était une autre beaucoup plus petite, garnie de deux lèvres calleuses, s'abouchant dans l'artère pulmonaire, qui était fort petite. Il y avait de la sérosité dans le péricarde, les plèvres et le péritoine. Les poumons étaient tuberculeux , le foie d'une couleur bleue, ardoisée. [Bulletin de la Faculté deméd. d'eParis^ année 1809, pag. i33, obs. rec. par M. Gallois, D. M. )

XV^ OfesERVATiON. Un homme de vingt-quatre ans, d'une constitution assez forte, habituellement bien portant, éprouva, à la suite d'un travail violent, une courbature, qui fut assez promptement acompagnée de toux, de fièvre, de diarrhée , et de douleurs au-dessous de la mamelle gauche ; bientôt les crachats devinrent sanguinolens , et il y eut un peu d'œdème. Une saignée diminua les accidens sans dissiper la fièvre, qui augmenta par l'ingestion d'une grande quantité de vin chaud : les crachats sanguinoleijs reparurent, accompagnés d'anxiétés , de bouffées de chaleur à la face , de vertiges et de palpitations violentes, qui se montraient pour la première fois ; le pouls devint irrégulier , les battemens du cœur semblaient se faire à travers un liquide qui frémissait sous la main ; les

pommettes, le nez et les lèvres étaient violacés, la diarrhée continuait. Les mêmes symptômes , avec quelques variations en plus ou en moins, persistèrent ; il y eut un peu d'œdème dans les dix derniers Jours, et dans la sixième semaine, à compter du début de l'affection , le malade mourut suffoqué.

A l'ouverture du corps , on trouva les cavités du cœur dilatées, sans altération d'épaisseur, si l'on ea excepte l'oreillette droite, qui en avait un peu plus que dans l'état ordinaire; le trou botal existait, et dans le point où la cloison des oreillettes et celle des ventricules se réunissent, on voyait une ouverture large, irrégulièfe, dont le pourtour était formé par des franges membraneuses jaunâtres, et qui faisait communiquer ensemble les quatre cavités. Le cerveau était sain, la muqueuse gastro-intestinale rouge et un peu épaissie, les poumons plus rouges qu'à l'ordinaire , et gorgés de sang. ( BuUelln de la Faculté de méd. de Paris, année 1819, p. 355, obs. rec. par M. Tliibert. )

XYP. Observation. Un enfant qui avait la figure bleuâtre depuis sa naissance, éprouva, pour la première fois, à l'âge de seize mois, des mouvemens convulsifs, avec perte de connaissance et coloration violette de la face. Dès ce moment les syncopes reparurent à des intervalles très-rapprochés, à la suite d'un effort quelconque, ou d'un mouvement de colère : tant qu'elles duraient, l'enfant était comme asphyxié, et l'on sentait à peine quelques frémissemens à la région du cœur. A l'âge de cinq ans, le petit malade eut une épistaxis considérable, devint sensible

au froid, et les accès s'étant rapprochés, il mourut à l'âge de onze ans, au milieu d'efforts pour aller à la selle.

A l'ouverture de son corps , on trouva le cœur volumineux, le trou botal conservé, de quatre lignes de diamètre ; un trou placé à la base de la cloison des ventricules, pouvant admettre le doigt , à bords parfaitement lisses , qu'embrassait l'ouverture de l'aorte. L'artère pulmonaire était très-étroite à son origine , davantage encore un peu au-dessus , après quoi elle reprenait promptement le volume qui lui estnaturel. Le canal artériel, oblitéré, se rendait dans la sous-clavière gauche. Les tégumens de la face, de la poitrine et des membres étaient d'un violet tirant sur le noir; les intestins et les autres viscères abdominaux d\m brun foncé ; à peine pouvait-on distinguer la substance corticale du cerveau de la médullaire. ( Même Bulletin , année 1807 , pag. 21 , observ. çle M. Caillot. )

XVÎP Observation. Un enfant qui avait eu la coqueluche à l'âge de deux mois, avait aussi depuis cette époque le visage rouge et violel. Il était faible, habituellement couché , d'une maigreur extrême , sujet à des lypothimies qu'annonçait une oppression extrême , et pendant lesquelles on observait une lividité ou une pâleur générale de la peau : son accroissement avait été très-retardé. Il mourut dans un coma profond, à la suite d'une hémorrhagie.

Le cœur était situé tout-à-fait transversalement, l'oreillette droite égalait le volume du reste de l'organe, les parois du ventricule correspondant étaient

DES CAVITÉS DROITES ET GAUCHES DU CCEUR. SsS

épaissies, et sa cavité rétrécie. Le trou ovale pouvait admettre une sonde de femme. A la base de la cloison des ventricules se trouvait une large ouverture qui communiquait avec l'aorte; on ne pénétrait dans l'artère pulmonaire qu'à l'aide d'un stylet , et le canal artériel, oblitéré, se terminait dans la sous-clavière gauche. Les doigts et les orteils finissaient par une tête arrondie , recouverte par une peau aussi fine que celle du visage. [Même Bulletin. )

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